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Chronique VTT
mercredi 07 octobre 2009, a 00:18
C’était Sète (14, évidemment !)
 


Et pis, avec le Manu et son GPS, on s'est fait deux sorties, je ne sais même pas si je vais oser te raconter ça, tellement tu vas pleurer de ne pas avoir fait ça !

lundi 25 août 2008, a 12:30
Murs et murailles
 

 

Comme je te disais dans l'article précédent, je me suis borné à de petites sorties sur les  contreforts du Larzac, tu sais (ou tu sais pas, dans ce cas je t'apprends !) que le Larzac se balade autour des 600 à 700 m d'altitude et qu'il se termine en général par des falaises calcaires qui dominent la « plaine » du Languedoc (qui n'est souvent pas plus plate d'ailleurs que le Larzac ne l'est !) de plus  500m. Bon, moi où je suis (près de Lodève, t'en as entendu parler ces temps, il me semble), j'ai  3 à 400m à grimper pour y  accéder, donc j'ai déjà de quoi m'occuper. Mais, voir article précédent, j'ai pas eu trop l'occasion. Juste quelques « petits tours » le matin, avant la chaleur, mais qui me faisaient en quelques kilomètres atteindre des dénivelés respectables.

Par contre, et tout autre chose, j'ai fait une escapade de quelques jours en bord de « Grande Bleue » à la Grande-Motte et, bizarrement, en ce lieu coincé entre la plage surpeuplée et les étangs dédiés aux flamants roses sans compter encore le canal du Rhône et où rien ne semble fait pour le VTT, tu trouves à l'Office de Tourisme un plan de quelques circuits et il y avait même , il y a deux ou trois ans, un club local qui te faisait des sorties accompagnées gratos une fois par semaine, vachement sympa. Par contre, ce dernier truc, comme tout ce qui est bien et pratique, ça a disparu.

J'ai donc fait deux ou trois petits tours dont une incursion aux marges de la Camargue, entre les chevaux, les vachettes noires, les marais salants, les vignes de « vin des sables » (et ça, c'est pas du pipeau, les ceps sont vraiment plantés dans le sable !) et les inévitables Pink Flamingos (et pas Pink Floyds ! Tiens à ce propos, t'as pas raté la rediff' cet été de ce mémorable enregistrement du Floyd à Pompéi, j'espère ?). C'est comme ça que je suis tombé sur un vieux fort Vauban en ruines, les pieds dans les eaux du marais et noyé de mosquitos. Désolé et pittoresque.

Et puis, autres remparts, plus nobles et justement célèbres, ceux, magnifiquement épargnés et toujours tels que Saint Louis les a vus, de la ville d'Aigues-mortes. Avec mon heaume, mon destrier fringant, je n'ai pas pu résister à la photo façon : « Bayard ! Du Guesclin ! Sachez vos lances manier ! Oncques ne faiblirai face à vos assauts ! »

N'empêche qu'en près de 60 bornes, j'ai fait 40 m de dénivelé ! Un exploit, je te dis car plus plat que ce coin-là, y a pas !

lundi 25 août 2008, a 11:49
Mise sur « Orb »ite
 


Salut à tous ! Petit passage local après un séjour estival méridional. Moins de VTT que l'an passé : peu ou pas de rando organisées. Difficulté pour les détecter peut-être ? Les Offices de Tourisme ignorent en général tout, les vélocistes, quand on en trouve, semblent peu au courant aussi, et la lecture des calendriers de nos mensuels spécialisés ne nous renseigne guère non plus, beaucoup d'organisateurs oubliant de signaler leur manifestation sur ces vecteurs. Il faudrait contacter les clubs locaux, peut-être…Enfin, bon, à part la rando que je te narre ci-après, nothing ! Faut dire qu'il faisait sacrément chaud cet été dans le coin et que, par 36° à l'ombre, tu manques un peu de motivation à partir suer sur une bécane. T'as pas connu ça, toi, cet été ? Justement, je n'ai pas eu de visites de copains vététistes non plus, du coup j'en ai été réduit à quelques sorties en solo quand même autour de mon fief Lodévois et puis, donc cette rando dans les « hauts cantons » comme ils disent là-bas, autour du lac d'Avène. Une rando que j'ai déjà faite deux fois et, du coup, les organisateurs, tenant sans doute beaucoup à ma présence, m'envoient chaque année un petit courrier, sympa non ?

 

Ce lac est un lac de barrage, avec des tas de vallons boisés qui convergent vers lui, de sorte qu'il affecte un peu la forme d'une étoile de mer, ou d'une pièce de puzzle si tu veux... Il n'est pas très étendu mais dans un site encaissé et, donc, assez biscornu et il a la particularité de n'être accessible qu'à ses deux extrémités opposées : d'une part, du côté du barrage qui domine, façon film-catastrophe, la petite station thermale d'Avène (Tu ne connais pas mais ta douce sûrement, ou du moins les produits de beauté qui portent ce nom) et donc, d'autre part, à Ceilhes, côté début du lac, seule partie à la rive douce (il y a même une mini-plage) et là où se jette la rivière « Orb »(euh, attends, elle se jette dans la Méditerranée, c'est donc un fleuve, un fleuve côtier mais un fleuve quand même !). Ça y est j'ai encore fait une phrase interminable !

 

C'est donc là que je me pointe ce dimanche matin, pour la « Rando des Monts d'Orb »qui, alternativement, part soit d'Avène, soit de Ceihles à l'autre bout. Comme je te l'ai dit, je l'ai déjà faite deux fois et j'ai même dû déjà te raconter ça, remonte voir pas mal en arrière sur le blog, tu devrais trouver ça sous le titre : « Quand on a de l'Avène », je crois, ou une autre subtilité de la même eau.

Le parcours est qualifié de « sportif » (le petit s'appelle « familial », mais plutôt, à mon avis, pour familles sportives aussi !).Il fait le tour du lac et je t'entends déjà réagir : « Ouah, un tour de lac, pépère, oui ! » mais ne te leurre pas : si aucune route n'accède aux rives, c'est que celles-là sont du genre abruptes et qui dit abruptes dit « pentes », donc « grimpettes », vu ? Comme de juste, le parcours ne varie pas ou très peu d'une année sur l'autre, mais c'est la première fois que je le fais avec un départ de ce côté. Voyons…

 

On est une cinquantaine à se lancer sur la première difficulté : une côte pas trop accentuée mais bien longue, sur un chemin forestier comme on en suivra les trois quarts du temps. Il serpente au flanc de la colline, au milieu de la végétation locale, genre méditerranéen : ce n'est pas bien haut (à part les pins) ça sent bon et c'est plutôt piquant. Au bout d'un moment de montée que je ne gère pas trop mal (style assez cool, ne pas s'asphyxier dès le départ), la végétation se dégage un peu et bonjour la vue sur le lac tout bleu en dessous ! Superbe !

À partir de là, ça monte et ça descend en fonction des différents vallons dont je te causais plus haut et qu'il faut bien franchir : le balisage est O.K et, ici et là, un gars en tenue de « soldat du feu » (sans le casque quand même, c'est réservé à nous et, crois-moi, il fait chaud dessous !) assure la sécurité et l'orientation. Au long de la grande montée de départ, on s'est un peu égrené sur le parcours et je me sens un brin seulâtre. Un signal d'un gars en uniforme : il faut enquiller une petite « musse » descendante à droite. Je m'en souviens en effet et je saute illico du vélo : les premiers 15 m sont suicidaires, dans la caillasse énorme et sur pente accentuée. Instruit par mes deux gamelles de l'an passé (j't'ai pas raconté ? Si, une je crois, l'autre faudra que je trouve un instant  pour le faire : c'était pas une sortie ordinaire !), je descends  ma selle de quelques cm pour, quand même, me faire plaisir à descendre le reste du passage sur ce single bien tabasseux. Ce sera le seul passage très technique de la rando. Pour le reste : chemin forestier, mais jamais ennuyeux  car toujours varié et pas vraiment roulant.

On arrive sur la route qui plonge vers Avène. Dommage de le faire par la route, il ne doit pas y avoir autre chose…

Moi, tu vois, je me dis : on va avoir le ravito au patelin : ça doit être pratique, et puis on est à mi-rando, mais les mecs me dirigent sur le pont : « Ravito un peu plus loin ! ». Bon, c'est vrai qu'il y a un peu de route, pas trop montante encore, avant d'attaquer le gros morceau : une grimpette qui te fait remonter à l'altitude du barrage et encore au moins deux fois plus haut. Mieux vaut ne pas faire ça le ventre creux !… Ah ! Un organisateur : le ravito ? Penses-tu ! Il me crie : « Il est en haut de la côte ! » Quouaxxx ???? Il est 10 h et quelques, on a passé 20 bornes pas vraiment faciles, le Mahomet cogne en plein sur les cailloux du chemin et il  faut se farcir THE côte avec simplement du jus de Camel ???

En râlant, je me  mets au taf : cette côte, elle m'avait occis la première fois que je l'avais grimpée. Depuis, connaissant sa longueur et ses fluctuations de pourcentage au long de ses différents lacets, j'ai appris à la gérer… je préférerais digérer, oui ! Car mon estomac réclame, tout au long de la montée ! Pas marrant… Je pense bien à une barre de céréales plus ou moins écrasée, voire périmée, qui doit se trouver au fond de mon sac, mais je suis dans mon effort et répugne à le couper, je suis parti, tant pis… Heureusement la montée se fait en bonne partie à l'ombre. D'ailleurs, c'est  justement là où elle est le plus dense, l'ombre, et quasiment en haut de la côte, qu'attendent les gars préposés au ravitaillement : des anciens, assis au fond de leurs fauteuils de toile, façon portail de maison de retraite et que ça l'air d'amuser de te voir arriver la langue pendante, ou presque. Côté ravito, c'est menu minceur : aqua simplex et pain d'épices ! Et ça pour 6 € ! Il faut réclamer pour obtenir une pâte de fruits dont je vois une réserve à l'arrière de la fourgonnette. « On ne les met pas sur la table, parce que les gars s'en bourrent les poches… » Ben, c'te blague ! Vu comme on a attendu le ravito !

À partir de là, c'est un peu comme de l'autre côté du lac : chemin forestier un peu plus roulant mais sans ennui : c'est sinueux, jamais plat avec de super descentes et des vues splendides. Attention les virages gravillonneux en surplomb au-dessus du lac ! Justement, là, le chemin semble devenir un tremplin : au bout, le vide ? Un pompier posté là me crie  « À gauche! »? Euh…mais j'avais pas l'intention d'aller tout droit non plus !

Deux gars m'ont doublé, bonne allure, que je repasserai pus loin, à la faveur d'une crevaison de l'un d'eux, puis qui me redoubleront. On s'arsouille un peu avec un autre gars qui roule presque à mon allure : un peu plus vite que moi en descente, un peu moins en montée. On se passe, et repasse  ( comme « L'eau ferrugineuse » sur le fer de ce célèbre vieux sketch) et puis vient le toboggan final après un chemin bien orniéreux et amusant qui ramène sur la route (plate !) du bout du lac et l'arrivée…

Je suis un eu surpris de ne nous voir que quelques-uns. Au pointage de l'arrivée, on m'a dit, sans que je comprenne bien :  «  8ème », d'accord c'était un départ groupé, mais on ne faisait pas la course non plus…et puis, faut relativiser : le premier est arrivé il y a vingt minutes, même si je me suis arrêté prendre une photo. Bon, je ne suis pas mécontent : je ne  suis pas trop rincé et cette rando était à taille humaine », pas comme d'autres que j'ai pu faire dans le coin.

Par contre je trouve que le contact avec les autres n'est pas chaleureux, c'est le moins que l'on puisse dire… J'ai connu plus sympa…Tu crois que c'est le fait qu'ils ont couru cette rando comme une compète ? Décidément c'est pas un truc qui me branche trop. D'ailleurs, « compète » ça commence comme … ?  Et ça finit par… ?

 

lundi 10 septembre 2007, a 09:16
À cœur « Vailhan »… (bis)
 

Deuxième rando au milieu des collines languedociennes. Le village de Vailhan (on prononce « vaillant » tu l’as compris), accroché aux pentes au milieu des garrigues, domine le petit lac des « Olivettes », lieu de départ.Le lac est formé par le barrage de la rivière « La Peyne » et c’est vrai que j’ai beaucoup peiné l’an passé lors de cette rando, par un cagnard d’enfer, sur des pentes difficiles. Alors, malgré un temps beaucoup plus propice au VTT, je me suis engagé en me promettant de doser mes efforts. On est 150 environ à se lancer dans l’escalade, parce que, évidemment et comme prévu, on commence par une fameuse grimpette jusqu’au village, là-haut au-dessus, mais, heureusement, par la route ! Une fois arrivé au village, pendant qu’on y est, on prolonge la grimpette en direction des ruines du château médiéval, cette fois-ci sur quelque chose qui ressemble davantage à un chemin. De là, pendant qu’on est chaud, on continue la grimpette au delà du château, cette fois-ci sur un single comme ils savent les faire par ici, sans changer le pourcentage mais en ajoutant cailloux et rochers + buis ou végétation un peu agressive. Résultat : on se retrouve tous à pied au bout d’un moment. Remarque ça donne l’occasion de profiter d’un panorama superbe qui mène jusqu’au littoral où pointent les deux petites bosses de Sète et d’Agde. Ces sacrés singles réclament bien plus d’efforts que ce que la simple pente demande, car il faut toujours en rajouter ici et là pour franchir un rocher, un passage caillouteux, un trou etc…On s’est bien élevé de 200m d’un coup, ce qui explique le point de vue dont on bénéficie. Fort heureusement on a accédé ainsi à une sorte de plateau: le parcours devient alors bien plus amusant et l’on se régale des petits passages plus ou moins techniques, entre vignes et bosquets, à travers les touffes de thym odorant. On passe parfois près d’une « capitelle », pittoresque abri circulaire de pierres sèches que beaucoup de touristes ne connaissent que par les cartes postales locales. Un plateau, c’est bien connu, c’est tout sauf plat ! Aussi le parcours est-il rythmé et très sympa. En roulant sans trop forcer, on prend bien du plaisir. Comme la semaine dernière à Gabian, on a droit à de superbes petits monotraces dans des boyaux de sous-bois, de véritables tunnels végétaux où il faut vraiment prendre garde à gauche, à droite et au-dessus, avec aussi toujours ce dilemme : regarder un peu devant, pour caller sa trajectoire, mais en même temps voir ce qui se passe immédiatement devant la roue avant, pour trouver le passage entre deux roches, éviter la grosse pierre, la racine ou le trou… Mais bon, c’est du vrai VTT. De temps à autre, un passage plus exigeant : il faut mettre pied à terre. Ça arrive même assez souvent : pas forcément à cause du pourcentage de la pente , mais parce le passage rocheux est infranchissable sur le vélo par exemple. Le ravito se fait attendre mais j’y parviens en meilleur état que celui de l’an passé, où j’avais, honte à moi, bifurqué sur le parcours plus court pour pouvoir rentrer à temps… Te dire ! Là, pas d’hésitation, j’opte résolument pour le « Grand » de… 32 km ! … Rigole pas, je t’assure qu’ici ça vaut largement un 50 bornes de chez nous ! Demande à Manu et Michel qui ont expérimenté (tu liras plus loin) ! Dans la descente qui suit, single sympa et pas trop pentu, je suis un gars qui descend cool. Mais je passe soudain15 cm plus à gauche que lui, pourquoi pas ? Malheureusement quelques herbes cachaient là un trou… Dans lequel ma roue avant vient se bloquer… Tu connais le résultat d’une telle occurrence : Over The Bar ! Et un modèle d’école (c’est surtout moi qui décolle, d’ailleurs !) J’atterris (il y a finalement peu de temps entre le décollage et l’atterrissage, tu remarqueras !) brutalement sur le sternum ! Ça secoue un brin ! Je me retrouve en sandwich entre le sol et mon vélo qui a suivi le mouvement et ne s’est pas fait mal, lui… puisqu’il m’est retombé sur le dos (merci la protection du gros « Camel » !). Sa roue arrière me sert maintenant d’auréole pivotante et figure assez bien le ballet d’étoiles que l’on met autour de la tête des gars sonnés, dans les B.D. De quoi se croire arrivé au Paradis vététistique ! Je me dégage et me relève, en vérifiant que tout fonctionne côté bonhomme et côté vélo ; réconforté par les gars qui me suivaient, je repars doucement. On enquille maintenant une montée longue et difficile en « sous-bois ». En peu de temps, on est tous à pied, car il semble absolument impossible à quiconque, même à un trialiste, de passer ces énormes pierres à vélo. On pousse donc ou porte la bête en essayant de ne pas se tordre les pieds entre les cailloux. Et on continue comme ça pendant un sacré moment ! En distance, ça se compterait en centaines et centaines de mètres, peut-être de kilomètres, tant cela semble long. Quand je pense que chez nous, on râle dès qu’il faut passer à pied à cause de la boue ! On parvient enfin en haut…Quelle belle descente doit suivre, logiquement ! Tu parles ! La moitié au moins de ladite descente est du même tonneau ! Comment quelqu’un pourrait-il descendre ça sur un vélo : on passe entre des rochers ! Bravo le tracé ! Quel plaisir à faire ça ? Au village de Pézène-les-mines (pittoresque, il faudra que je revienne visiter !), je suis tenté de revenir par la route, mais, tu me connais.. alors, je reprends le chemin … qui monte…et nous à pied de nouveau ! Ça récrimine un brin parmi les participants… C’est quoi ce plan foireux ? On va arriver à quelle heure ? Au ravito où s’exprime notre ras-le-bol, on nous « esplique » : « Y en a qui veulent des sensations !… » Tu parles de sensations à porter ton vélo ! On nous ajoute : « Il ne reste plus que 12 km. » Quoi ? D’après mon compteur, je calculais 8 ! Mais « plus roulant » paraît-il…Tu parles, moins, ce serait difficile ! Du coup la rogne me prend et, malgré une pédale de gauche qui agonise en râlant à fendre l’âme, je me mets à rouler le nez dans le guidon. Je comprends pourquoi j’avais eu des débuts de crampes à l’intérieur des cuisses la semaine dernière : les descentes sont tellement exigeantes qu’il faut les prendre en suspension sur les jambes, le cul très en arrière et ce sont les cuisses qui encaissent ! Après plusieurs passages de cailloux que j’ai franchis les dents serrées et en force (je suis surpris de ce regain d’énergie !) sur une partie mollement ondulée, on enquille enfin ce qui ressemble à la vraie descente finale… J’y rejoins deux gars devant moi, entre lesquels je m’intercale : dans le single pas trop étroit, mais qui tabasse un max et où les cailloux claquent contre le cadre et les jantes, j’ai le réflexe de laisser deux ou trois longueurs à celui qui me précède, on ne sait jamais ! Bien m’en prend, le voilà qui « déripe » de la roue avant et se paie un valdingue de première sur la roche ; je réussis à m’arrêter à temps (merci mon 180 !) et à prévenir celui qui suit. Devant, le gars ne bouge pas. Soit il est sérieusement sonné, soit il est occupé à vérifier qu’il est encore vivant et en état de fonctionner. Sûr qu’il lui faut un minimum de temps pour refaire surface ! Il bouge enfin et, plus ou moins aidé et réconforté par nous, se remet sur ses jambes. Pas trop de mal et c’est miraculeux, vu le gadin qu’il vient de se prendre ! Je repars devant et finis ma descente sans ralentir pour autant, tellement c’est bon d’en finir enfin. J’arrive sur l’aire d’accueil à plus de midi et demi… pour trente-deux bornes! Je récupère le T-Shirt collector que tu vois (une olive à VTT… Manu, lui, y voit autre chose…)J’avais hésité à revenir faire cette rando et, tout à l’heure, en rogne contre ce type de parcours, je me promettais de ne plus y remettre mes pneus… Pourtant ces descentes sont si belles, ces petits sentiers si souvent amusants que, ma fois, je reviendrai peut-être à Vailhan… vaille que vaille…

mardi 04 septembre 2007, a 15:44
Rando en « Thongue »
 

Voilà donc le premier volet de mes z’aventures méridionales de l’été ; je suis basé à Lodève (pas loin du moins) là où ce que le plateau du Larzac (entre Millau et Lodève, justement) , table calcaire un peu bosselée, s’arrête en falaises qui dominent de 400m la plaine (elle aussi bosselée je t’assure) du Languedoc. Deux paysages, deux sites bien différents mais où tu peux t’en donner à cœur joie avec ton VTT ! Voilà la situation. Prévoyant une dose importante d’écriture à la rentrée, j’avais un peu anticipé et écris (sur papier, je n’ai pas encore de portable !) C’est parti : Cette fois, c’est vraiment les vacances ! La preuve : la rando de ce samedi 14 Juillet a pour base un patelin du nom de Gabian (c’est une espèce de goéland, je crois, les Bretons préciseront) ; bref, ça sent la mer, quoi ! Gabian, c’est à l’ouest de Pézenas (tu connais forcément, non ? Pézenas, Molière, et Bobby Lapointe, ça te dit nécessairement quelque chose, sinon dépêche-toi de combler ces lacunes !). En plus le village en question est situé sur une rivière qui s’appelle la « Thongue », on se sent à la plage non ? En fait la région n’a pas vraiment le même profil ! C’est situé en Languedoc dans une région de petites collines qui m’ont déjà pas mal fait souffrir l’an passé. Elles ne sont pas bien hautes, mais leurs flancs sont escarpés. Départ place du village : sono, accueil sympa « avé l’assent ». 35 bornes pour le grand circuit, en été ça ferait rigoler par chez nous, mais je suis sûr qu’ici il va falloir se les digérer ! Un petit vent marin amène quelques nuages de brume, ce n’est pas plus mal de ne pas avoir à subir, en plus, le cagnard ! Le ton est donné au bout de 200m : une ruelle étroite pour sortir du village et gagner les vignes au-dessus t’oblige à prendre tout de suite le petit développement ! Comme échauffement, c’est direct et sans détours ! Pas vérifié le dérailleur qui a dû bouger un brin au cours du trajet vers le sud et ça craque un peu. Je règle ça à peu près bien, dès que l’on est sur du plus plat au-dessus. Sympa d’ailleurs : on tourne autour des petites vignes, c’est varié et plaisant. On s’emmanche dans des passages improbables, que tu ne peux rencontrer que guidé par un gars du cru ou lors de randos organisées parce que, seul avec ta carte au 25 000 ème et ton pifomètre, tu n’oserais pas . C’est vrai que les systèmes GPS qui enregistrent ton parcours et que tu peux trouver sur internet pour les refaire sont certainement une solution intéressante à venir. Je n’en suis pas encore là. Pour ma part je trouve toujours un intérêt à faire parfois du chemin pour participer à un truc organisé. En plus, tu roules avec d’autres, c’est plus sûr et surtout plus sympa. J’ai déjà commencé à échanger un peu avec deux ou trois qui roulent un peu comme moi. Il fait bon, le paysage est superbe, on est bien ! On s’est déjà franchi quelques passages un brin caillouteux et techniques, deux ou trois coups de grimpettes bien senties et je me dis que, rien que pour le petit circuit « familial », il faut déjà s’employer quelque peu. D’ailleurs, s’il y a bien des jeunots, je n’ai pas vu de clientèle « promenade dominicale ». Au ravito, les organisateurs, un brin hilares, nous souhaitent bon courage pour ceux qui bifurquent sur le 35 km… « Ça devient sérieux !… » Ah bon ? Parce qu’avant, c’était quoi ? On nous avait annoncé des singles et ça, on en a eu déjà quelques-uns très chouettes, mais il paraît, selon un gars qui en bavait de gourmandise, que « Là-bas, c’est que des singles dans la forêt !… » Le fait est…Mais il faut te dire que ce qu’ils appellent « forêt » ici, c’est fait d’arbustes qui culminent plus à 3 m qu’à 30 m ! T’imagine pas ce que je viens de te raconter dans la rando de Parigny ! C’est pas Les Bertranges ni la Forêt de Montargis ou d’Orléans ! En plus, sur la carte au départ, j’avais bien noté que le passage en question était situé dans une zone zébrée de courbes de niveau… et ben… Ça correspond bien …Alors, voilà la problématique : tu es sur un single bien étroit, plein de cailloux fixes ou non ; de chaque côté , des petits troncs noirs ou des buis qui t’accrochent la peau des mollets et toi, la gueule ouverte à chercher de l’air (la « forêt », tu comprends !) et tu te demandes pourquoi tu es obligé de rouler sur un tout petit développement que, bon sang, ça n’a pas l’air de tant monter, que tu ne réussis pas à tenir l’équilibre de la bête, vu la vitesse réduite, les cailloux et l’étroitesse du monotrace. Écœuré, tu te dis que le VTT ça devient trop dur pour toi, qu’il va te falloir rouler seulement en bord de Loire, que tu ne vaux plus rien et que, tous comptes faits, il vaudrait mieux que tu clamses simplement là, dès maintenant, d’une bonne attaque au milieu des buissons : finalement, le 14 juillet, comme il disait le Big Chief de « Little big man », serait « un beau jour pour mourir »… et... tu mets pied à terre…pour constater, en regardant derrière que, effectivement, ça grimpe un peu, mon neveu, et que même en poussant le vélo, c’est pas facile ! Bon, on a fait ça une fois, pour ensuite redescendre pas plus facilement par un single pentu, entre les arbres qui accrochent le guidon, avec le cul complètement derrière la selle, la roue arrière bloquée, c’est pas facile non plus ! Et…on recommence à grimper etc… Cette fois la grimpette, je sens que c’est la bonne, moitié à pinces, moitié sur le vélo, on va toucher le ciel, y a pas plus haut ! Le chemin s’élargit un peu et l’on s’imagine un court instant parvenu en haut, mais alors que la montée continue, en fait, à droite, le traceur, ironique, a bombé sur le sol : « VENI, VIDI … » et, un peu plus loin … « VICI ? » avec un gros point d’interrogation ! Z’ont de l’humour et de la culture latine dans le secteur ! L’occupation romaine de la Septimanie a laissé des traces: on cite César, ou du moins Larousse ou... Goscinny! Déjà, au pied d’un raidillon, j’avais remarqué un gros signe « % » annonciateur !…Les traceurs se marrent comme ils peuvent ! Enfin un peu d’horizon à se mettre sous les yeux…C’est vrai que la région, ressemble un peu à ces matelas mousse pour randonneurs (les « spatz », je crois), pleins de petites bosses… On roule un peu sur le plat avant de redescendre : ce single !!! Jamais vu un comme ça, même en bord de Loire ! Les gars, avec vos cintres, façon « Harley », vous passez pas ! ! À un moment, je m’arrête : je passe tout juste avec mon cintre à taille réduite, il n’y a pas 5 centimètres de marge ! T’imagines en descente ?… Deuxième ravito…On discute un peu et ça repart : on se retrouve à trois dans un profil descendant, toujours à travers les mêmes petits arbres : le mec, devant (un jeune, façon Manu ou Stéphane) enchaîne bien sur ce single, ça aide de l’avoir comme repère. Aux changements brutaux de direction, il annonce : « Droite ! », « Gauche !... »… il n’annonce pas « cailloux » ou « branche », parce qu’il n’y a que ça ! Cette descente là-dedans, de te raconter, j’en frémis encore, mais je suis plus à l’aise sur ma chaise que je n’étais sur ma selle, enfin, plutôt derrière la selle ! Avec le gars devant que je ne veux pas lâcher et l’autre derrière que je ne veux pas freiner, je ne me pose pas de questions : le « Camel » frotte les branches au-dessus, les coudes les petits troncs noirs des arbres, j’enquille des trucs en me disant : « Surtout ne freine pas, tu vas passer par-dessus ! » Cailloux, marches, et toujours à droite, à gauche et équilibre sur les pédales quand on ne relance pas…la roue avant saute, se faufile... quel boulot pour la fourche ! La roue arrière suit comme elle peut…et tout le vélo saute entre mes jambes, tu m’étonnes que ça peut casser un cadre, quand on voit ce qu’on lui fait endurer ! Un dernier toboggan et on arrive sur la route où l’on partage un grand rire de plaisir (et de soulagement de s’en être sorti aussi, non ?), le souffle court et les muscles durcis de tension !… Il serait peut-être temps qu’on arrive quand même… je ne sens plus mes pattes, ou plutôt trop : en remontant un peu sur la petite route, j’ai senti des débuts de crampes sur l’intérieur des cuisses. Faut dire qu’à aucun moment depuis deux heures, je n’ai pu mouliner tranquille : c’est soit du raidillon, soit de la descente en appuis sur les cuisses, en tension maxi… Alors tu vois que la « montée impossible » que les organisateurs nous ont concoctée façon cerise sur le gâteau (ils s’amusent, je te dis), je l’attaque avec courage et détermination… à pied ! Et je suis déjà content d’y arriver ainsi. D’ailleurs pas un ne réussira à la grimper sans mettre pied à terre : pourtant un petit trapu, plutôt rondouillard, mais sans doute hyper puissant parviendra à atteindre le haut, en posant le pied une ou deux fois, mais sans pousser le vélo. Le poids fait l’adhérence peut-être ? Mais ce mec m’a « espanti » (=scotché) comme on dit dans le coin. Derrière c’est, comme annoncé, une super descente sur le village : pas un single, c’est large, caillouteux juste pour le fun… un miel ! Le mec qui me suivait tout à l’heure semble m’avoir attendu en haut et on se la fait façon "dual" : ça fume de poussière, le vélo saute sur les cailloux, passe des zones rocheuses cassantes. T’es con, Bill, de lancer ta belle machine et ta vieille carcasse là-dedans ! Mais quel pied !… Retour au village et discussions autour du vrai pot d’arrivée, servi avec le sourire. 5 € la rando, super organisée, le T-Shirt (encore un !) et les sourires. Beau feu d’artifice pour ce 14 juillet. Finalement j’ai bien fait de survivre encore un coup !

lundi 07 mai 2007, a 14:58
Bill est roi en Bitérois !
 

Sûr que ce matin-là et dans cette région ouest immédiat de Béziers, je suis le roi ! Pourtant, je ne savais pas trop : cette rando que j’avais trouvée sur le calendrier de Vélo-Vert (et Vélo-Tout-Terrain pour ne pas faire de jaloux) me semblait bien loin de Lodève : une heure de route d’après mes renseignements auprès de l’organisateur. Mais, tout bien réfléchi, si ça se passait « normalement », je risquais seulement de rentrer plus tôt que lors de ma dernière sortie, pourtant au départ de la maison ! Et puis c’est tout de même plus sécurisant de ne pas rouer seul, plus sympa aussi et donne l’occasion de découvrir un nouveau coin. Donc en route pour le Bitérois (région de Béziers pour ceux qui n’ont jamais vu un match de rugby de la célèbre équipe locale). Je redoute un peu un paysage de petites collines couvertes de garrigues qui cachent des sentiers plutôt pentus, comme j’en ai expérimentés l’été dernier. Tout petit village de Cazedarnes mais grand parking déjà bien rempli : il y aura du monde. Inscription : 8 € !!! Et le café est payant ! Eh ben ! C’est une rando de luxe ! Je pars sans tarder, ni attendre un éventuel départ groupé, comme d’autres que j’ai vu se lancer avant moi. Il fait légèrement frais, mais le soleil est déjà bien levé sur le paysage environnant fait de petites hauteurs calcaires, avec de petites barres rocheuses et tout plein de légers vallonnements et d’accidents de terrain qui donnent envie d’y rouler, sur des sentes couleurs ocre que je vois serpenter là-dedans. A priori, ça a l’air d’un super site pour le VTT. D’ailleurs le départ me le confirme, rien de difficile, mais on tourne, on vire, on monte sur quelques mètres pour redescendre illico. Tout ça sur un sol de terre durcie où affleure souvent la roche : je suis parti sans forcer et je me régale déjà. Dans un léger raidillon : un vélo en travers de la route et un jeune gars allongé. C’est quoi ça ? Le mec devant moi s’arrête, moi aussi bien sûr. Le jeune se relève un peu et se tient la tête. On cherche à l’aider, à comprendre. Il semblerait qu’il se soit fait un malaise : parti trop vite ? Du haut de ses quinze ans, peut-être a-t-il voulu tout bouffe, et peut-être partir sans se faire rejoindre par un autre. Il se relève, on le conseille, puis on repart. C’est vrai que ce terrain est piégeux. On dirait un immense bike-park, ça incite à se lancer à fond, sans mesurer ses efforts… Erreur. Tu es vite rappelé à l’ordre par ton physique ! Mais c’est vrai que c’est assez enthousiasmant. Je voudrais rouler à fond, mais aussi m’arrêter, prendre des photos, du paysage si pittoresque et aussi des passages où nous roulons. Les singles s’enchaînent entre les bosquets de végétation méditerranéenne et les petites vignes, au fond d’un vallon et dominées par une barre calcaire ou, au contraire sur les petits plateaux au-dessus. C’est plutôt technique, et l’ANTHEM, tout léger et un peu sur-gonflé (j’ai, sur ce type de terrain, bien peur des pincements) déjà naturellement nerveux saute partout, se cabre, ne se montre pas très simple à contrôler et du coup, n’est pas très sécurisant. Comme il est assez bas, il accroche souvent sur un passage rocheux et comme il est un peu petit, je dois vraiment me porter sur l’arrière dans des descentes souvent raides avec de nombreuses marches rocheuses. De quoi se faire quelques chaleurs, d’autant que sa fourche de 80 mm montre ici ses limites. D’ailleurs, alors que nous descendons un single très cahoteux un service de sécurité nous arrête : passage hyper délicat, abrupt et rocheux sur cinq mètres de haut qu’il est déjà bien difficile de descendre à pied (il y a même un gars pour aider les participants !) On demande « Il y en a qui ont réussi à passer ? »-« Ouais, trois ou quatre… » et, comme je déclare à mon voisin que j’aurais aimé voir ça, voilà que se présente, en haut, un gars qui hésite à peine et se lance. Moi qui suis juste en dessous, je me dis que je vais me le prendre en plein s’il rate son coup, c’est tellement étroit ! Eh ben, the two fingers in the nose, qu’il te fait ça le mecton ! Wouahou ! On bouffe la poussière, c’est tout. Chapeau ! Mais l’avait l’air équipé quand même. D’ailleurs au ravito qui suit peu après, je constate que les vélos du coin sont plutôt adaptés au terrain : c’est en général très typé enduro voir free-ride, avec des proues qui se relèvent sous l’effet de débattements de fourches impressionnants. Pas mal de « S-WORKS », quand je disais qu’il fallait du matos spécialisé, c’est carrément du SPECIALIZED…Du coup, certains ont une façon de rouler particulière. Je le constate un peu après où j’ai trois gars ainsi équipés qui me dépassent, je les entendais s’amuser comme des fous dans la précédente descente, je les laisse doubler pour ne pas avoir leur pression derrière moi, ils escaladent le raidillon qui suit, logiquement, mais s’arrêtent en haut pour souffler un brin parce que leurs machines, il leur a fallu se les monter. Du coup je repasse devant... et on fait comme ça plusieurs fois de suite. On en rigole d’ailleurs. Je manque les perdre car le balisage (en flèches bleues au sol, peu visibles) est souvent succinct et de grands coups de patins marquent les changements brusque de direction. J’ai vu comme ça par deux fois, des gars qui me précédaient se planter, pour retrouver le chemin plus loin d’ailleurs, car tout ça se fait sur un secteur assez réduit. On est déjà deux fois repassés par le village pour en repartir ! Pratique pour organiser les ravitos. Je te dis : ce coin, ça doit être le bike-park de Béziers. Dommage que la descente finale se fasse sur un bout de goudron. On se regarde tous à l’arrivée en se demandant si on n’a pas une nouvelle fois raté une bifurcation, il doit largement y avoir de quoi nous faire une belle descente d’arrivée…C’est un peu paradoxal. Surprenant aussi: le dénivelé total de 800 m, alors que l'on n'a pas l'impression d'avoir réellement eu de côtes à gravir! Dernier paradoxe: l’accueil où l’on a tous droit à une bouteille du pinard local, mais où il faut (de nouveau !) payer pour le pot du randonneur ! N’importe, c’est la rando qui compte et là, je ne regrette pas mes huit balles. On reviendra… avec un autre vélo !

vendredi 04 mai 2007, a 17:21
La tentation du « Single »
 

Dimanche matin au départ d’Aubaygues, petit hameau de St Etienne-de-Gourgas, à deux pas de Lodève. C’est dans l’Hérault, au pied du plateau du Larzac dont le rebord calcaire surplombe en rochers ou falaises toute la région. Ici il forme le « Cirque du Bout du Monde » dont la façade arrondie domine la vallée de ses 600 et quelques mètres. C’est le but de ma sortie : partir vers la droite du cirque rouler un peu en haut, le suivre et redescendre de l’autre côté. Trois cents mètres de grimpette, dès le départ, ça chauffe les muscles ! Heureusement le profil est assez bien adapté : deux ou trois kilomètres de montée relativement douce par des chemins assez larges dans la forêt domaniale de Parlatges (ouais « par-ci, parlatges » on l’a déjà fait !). Il fait assez bon et c’est ma première vraie sortie en tenue d’été. Alors que le chemin devient un peu plus plat, je bifurque à gauche sur le GR qui grimpe sur le plateau : ça devient du sérieux : la montée est soutenue, toujours un chemin large sans être trop ennuyeux, et réclame un bon effort. Je l’ai déjà fait une fois, il y a une dizaine d’année (au moins !), derrière un copain qui se mettait au VTT mais dont la spécialité était le marathon ou le semi-marathon, qu’il avait l’habitude de courir pour la gagne… Te dire le souffle qu’il avait ! Ben... j’avais été assez content de réussir à le suivre. Là, je me contente d’être assez content de réussir à monter, à mon rythme, sans trop de peine. À gauche, je suis ma progression sur le paysage que j’aperçois entre les pins. Jolis points de vue. Arrivé sur le plateau, je constate à ma grande surprise que celui-ci, s’il est grillé en été, se trouve, à cette époque-ci, beaucoup plus vert et surtout que le sol en est piqué de petits iris jaunes et violets, tout à fait comme ceux de notre région mais beaucoup plus petits : leur tige ne dépasse pas 10 cm ! Arrêt photos pour tester la position « macro » de mon nouvel appareil photo. Je retrouve le plaisir de rouler sur ces terres rocailleuses et sèches, et profite du très relatif plat pour récupérer de ma montée. Je repère le départ d’un petit sentier qui descend vers le village de la Vaquerie : je pourrais continuer sur le large chemin qui y conduit aussi mais quoi, un « single », ça ne se refuse pas ! Je le sais très rocailleux et parfois « limite » pour passer sur le vélo… Du moins, il était comme ça il y a dix ans … Car j’ai vite fait de constater que, depuis, il s’est sérieusement raviné ! Si certaines portions sont encore très amusantes, beaucoup sont devenues plus que délicates ! Je roule encore sur « l’ANTHEM » de prêt, très (trop ?) léger et surtout trop bas et trop court. Il me faut donc passer à pied quelques zones trop rocheuses. Enfin j’arrive à la Vaquerie, petit village typique du Larzac, aux maisons de pierre locale (il y a ce qu’il faut !) serrées les unes contre les autres, avec de petites rues étroites pour se protéger du soleil. Il se fond presque dans le paysage local. Je retrouve (pas facile, j’y vais au pif, même si j’ai emporté des cartes) un sentier plus accessible (quoique…) qui remonte vers St Pierre-de-la-Fage. Juste comme j’y arrive, ma roue avant est à plat. Je répare tranquillou, en grignotant une barre, sur un espace en bord de la Forêt où sont garées quelques voitures des nombreux randonneurs (pédestres) que j’ai croisés. Le pneu « piranha light » se démonte avec le petit doigt et j’en sors une chambre à air hyper-light elle aussi : une vraie feuille de papier ! Eh ben, avec la végétation épineuse et le terrain rocailleux qui caractérisent la région, j’ai pas fini de faire des trous ! Le village passé, je gagne, par un chemin malheureusement bitumé depuis peu, le haut du Cirque du Bout du Monde : quelques maisons, autrefois des ruines, ont été retapées, d’où le bitumage du chemin et, hélas aussi, quelques barbelés qui ont condamné l’ancien passage. Un contournement a heureusement été prévu et j’accède au bord de la falaise. Arrêt spectacle sur la vallée de Gourgas et, là-bas, le hameau d’où je suis parti. Le sentier serpente entre les petits buis et s’approche parfois du bord, à un mètre pas plus : il y aurait de fameuses photos à faire, mais il faudrait être au moins deux ! Dire que je roule là-dessus ! Après un raidillon (non, le Larzac n’est pas une étendue plate ! Il ondule entre 600 et 750 m d’altitude, ça laisse de la marge !) je gagne la deuxième partie du Cirque : plaisir intense de progresser en choisissant son passage entre les cailloux. Ça sent le thym et le miel des genêts en fleurs. Une variante à gauche, en forme de single : pourquoi forcément le choisir ? L’autre passage, un peu plus large, semblait sympa aussi ?.. Non, c’est le monotrace qui attire, promesse de portions plus techniques, plus ludiques …Tiens, prends 100 vététistes et donne leur le choix, 80 passeront par le single, et les 20 autres iront tout droit uniquement parce qu'ils n'auront pas vu la bifucation ! C'est dire ! Au fond, la véritable différence (et elle est énorme!) entre le cyclo et le vététiste, c'est que le mec à VTT, il cherche à s'amuser D'ABORD ! C'est quelqu'un qui est resté gamin quelque part. T'as beau avoir un nombre respectable qui s'affiche au compteur des années, sur ton VTT, tu es surtout un môme. Je te dis ça en connaissance de cause: je me souviens très précisément de mes premiers tours de roue sur un VTT (un truc de supermarché, t'imagines !), eh bien, j'ai immédiatement retrouvé des sensations de quand j'étais minot, qu'on roulait dans les bois et les chemins sur nos vélos qui n'étaient pas encore des VTT, depuis rien n'a changé... c'est toujours le single qui l'emportera !... Bon, justement, maintenant, il me faut redescendre en évitant la large route forestière qui serpente vers Soubès. Je réussis à retrouver le départ d’une voie, que l’on dit « romaine »ici, en tous cas très ancienne : ceux qui l’ont tracée, il y a quelques siècles, y ont aménagé des marches assez longues, pour faciliter le passage des mulets et des gens. Elles ne sont plus entretenues depuis longtemps et leur irrégularité, leur usure et les nombreux cailloux qu’on y trouve en font un passage de rêve pour un vététiste un peu averti et doté d’un matériel correct. J’y suis passé, il y a...du temps, sur mon « SUNN 2000 Max » avec une simple MAG 21, c’était un peu plus hard mais ça passait… Simplement, 300 m plus bas, je ne sentais plus mes bras (qu’on dit quand, au contraire, on ne sent plus qu’eux ! La langue française est amusante, souvent !). Avec les réserves faites plus haut concernant ma monture, aujourd’hui, je me régale ! Pas question toutefois de prendre de la vitesse : il faudrait un vélo spécialisé (non, je n’ai pas dit un « SPECIALIZED » Stéphane !). Je descends en choisissant mes passages, ce qui donne déjà de quoi s’occuper ! L’heure s’est singulièrement avancée (la matinée aussi, du coup) et au lieu de descendre à droite vers Soubès, ce qui me contraindrait à un final par la route, sans doute, car je ne connais pas encore d'autre passage, je voudrais bien trouver une option vers la gauche, le pied du Cirque et St Étienne-de-Gourgas, seulement, je suis encore bien haut… Un « single » part en épingle à cheveux sur la gauche… Toujours cette tentation… Je m’y engage bien sûr… sans savoir du tout où il va me conduire, ni s’il va me conduire quelque part…Simplement il semble descendre doucement et… il est superbe ! La sensation que j’en ai, c’est qu’il doit être accroché à la falaise : un mince rideau de végétation me sépare du vide à droite et il n’est pas question de croiser quelqu’un ! Moi qui ai une sainte angoisse dès que je m’éloigne un peu du sol, je roule là-dessus avec délice ! Comprenne qui peut ! Le sentier descend régulièrement et je me dis que, si jamais je dois faire demi-tour, je ne vais pas m'amuser à remonter ! Au moment où je vois, à une dizaine de mètres en dessous, de la vigne et des cultures, bref, du « civilisé », voilà que mon sentier se heurte à un chaos de rochers entre lesquels cascade un torrent : pas facile de passer, j’en suis quitte pour un sérieux bain de pieds (de jambes même !) dans l’eau glacée qui doit sortir de quelque galerie souterraine. Mais mon sentier semble maintenant remonter… C’est bien ma veine ! Il remonte tant, et par des lacets si serrés qu’il me faut parfois passer à pied. Puis ça se calme. En fait, au bout d’un moment, j’ai plutôt l’impression, si j’en crois le paysage que je domine, qu’au lieu de descendre au fond du Cirque, mon sentier le traverse à mi-hauteur et que je m’en vais ressortir à l’autre bout : d’ailleurs il me semble voir, au bout, le vert sombre des pins qui annonce un retour sur la Forêt de Parlatges, donc vers des voies forestières. De fait, mon sentier débouche enfin (je souffle de soulagement, je te dis !) sur une voie carrossable qui descend sur le village. Mais, à gauche, un chemin tout aussi large me rapprocherait sans doute davantage de mon but. « Arrête, Bill ! Et si tu te plantes? T’as vu l’heure ? Vers le village, en dessous, c’est plus sûr ! » Qu’est-ce que tu crois ? Je me lance à gauche ! Et ça monte ! Mais j’ai tout de même senti juste et je débouche sur la route qui monte sur le plateau, St Pierre-de-la-Fage et, plus loin, le Cirque de Navacelles. Je suis en terrain connu maintenant : un brin de descente sur la route, pour me rendre compte que ma roue avant n’a pas trop aimé la caillasse et ne semble plus rigoureusement circulaire, j’enquille une voie forestière à gauche et je retrouve mon chemin de départ : retour à la maison avec seulement 500 m de bitume sur la matinée et 750 m de dénivellé... Quelle balade ! Et quels « singles » bien sûr !

mardi 05 septembre 2006, a 19:08
À coeur Vailhan...
 

Voici le first épisode de mes z ‘aventures vététistiques estivales !!! J’ai d’abord retrouvé mes marques du côté de Lodève . Tu vois où c’est ? Tu passes le viaduc de Millau (mama mia ! c’est haut ! Mais en fait , et évidemment, pas plus que la route traditionnelle qui surplombe la ville en venant du sud…simplement, là, on a du vide EN DESSOUS !), tu continues sur le plateau du Larzac et puis vroumm ! Tu descends, en gros vers le lac du Salagou (là, ça dit peut-être quelque chose à ta partie de cerveau consacrée au VTT !). J’ai mes quartiers d’été par là, mais, cette année, les potes avec qui je roule se font attendre, et puis c’est la canicule, tu te rappelles, alors, rouler… alors qu’il y a la piscine… et l’ombre ! Mais enfin, bon, ce dimanche une rando s’annonce à Vailhan (tu prononces «vaillant », comme Michel) . Je serais bien allé refaire la «Rando des Huîtres » à Bouzigues, comme il y a deux ans, l’organisation y était très moyenne mais la balade au-dessus de Sète plutôt jolie et surtout, surtout, on te servait des huîtres en veux-tu en v’là, à l’arrivée ! C’te ventrée !!!. Mais pas trace cette année… Alors direction Vailhan. Malgré sa réputation de rando physique, à ce qu’on m’avait raconté. C’est vrai que ces collines Languedociennes, entre montagne et plaine, personne ne les connaît mais une fois que tu y es passé, t’oublies pas ! Il fait déjà plus de 30° à l'accueil et je choisis raisonnable : parcours moyen de 36 bornes. Dès le départ, ça monte… Normal, on est au fond d’un trou, au bord d’un lac, faut bien en sortir... Mais ça monte longtemps et déjà la sueur me coule sur les lunettes. Pour agrémenter, on continue la montée, qui se faisait sur un chemin assez large jusqu’ici, par un single qui serpente entre des épineux, ouh là là, je te dis que ça ! Sûr, tout le monde va crever ! Pis voilà que dans les petits chênes de la garrigue, il faut un portage à cause de marches et même d’escalade carrément. On va où, là ? On croirait un parcours de coupe France. Les uns et les autres s’arrêtent le souffle court. Hop, petite descente, le cintre passe à peine entre les branches et, sous les roues, c’est des cailloux meuh meuh, quant au pourcentage, c’est simple, quoique placé à l’arrière de la selle je sens que je suis limite OTB. C’est d’ailleurs ce qui se passe, dès la première petite erreur (avec la chaleur et la fatigue…) . Pas trop de bobo mais, flûte, j’ai perdu le petit bout d’entretoise entre le levier de frein arrière et le piston … 1 cm maxi ! Tu parles, facile à retrouver dans la rocaille et les feuilles mortes. Plus de frein arrière, déjà , avec deux c’était limite... Un mec s’arrête (comment il a fait ?) sentant ma détresse (sympa quand même, t’en aurais fait autant toi ?) et sais-tu quoi ? Le mec, il repère sous un cailloux, en un rien de temps, la fameuse pièce perdue. Pas possible, quel oeil de lynx ! Il doit bouffer des myrtilles et des carottes à tous les repas ! Je lui roule pas une pelle reconnaissante mais le coeur y est. Je remets tout en place et repars et hop ! Re-gamelle quasi immédiate, vu que je n’avais pas réussi à enclencher une pédale tout de suite… mais ça mérite même pas d’en parler, ça participe simplement à la mise en place d'un moral en loques. Petite portion de plat que l’on occupe à franchir puis refranchir puis re- puis re- encore le lit à sec d’une rivière. Quel dommage que ce ne soit pas des gués, par cette chaleur ! C’est plat, OK, mais ça use bien aussi vu que on roule dans les galets ou le sable. Ouf on en sort… pour attaquer une falaise . Enfin p’têt’ pas, mais c’est un sacré raidillon, en plein cagnard comme de juste et avec bien de la caillasse pour que ça adhère mieux, you see ? Juste comme je me dis que je vais bientôt crever là en plein soleil, style Clint Eastwood dans la Vallée de la Mort, voilà que c’est ma roue avant qui rend le dernier soupir! Super, les tubeless avec bave anticrevaison ! Ça fait une semaine que je le surveillais, ce pneu et jamais, jamais, il ne se dégonflait quand je le regardais, mais, là, hein, bien sûr !… Enfin, ça fait l’occasion de s’arrêter un brin de faire recirculer le sang dans le fondement et de recueillir les dernières volontés de ceux qui passent et qui pensent, justement, qu’ils vont passer... l’arme à gauche, d’un instant à l’autre!… Enfin, à force d’à force, on arrive à un point haut. Ravito. J’le crois pas (comme ils disent) :il est onze heures et j’ai à peine fait un peu plus de la moitié du parcours ! Du fond de ma désespérance, je pense que cette fois-ci je suis bon pour raccrocher le vélo, m’acheter un scrabble et m’inscrire au club des anciens du coin !!! On a tout de même l’air d’être quelques-uns à penser ça et l’on s’enquiert de la suite : il paraît que il y a encore de la fameuse grimpette ! Eh ben !.. En chuchotant, pour pas que les autres entendent, je demande comment ça fait sur le parcours de 26 km ? « En gros 8 km de descente. » qu’on me répond. Et ben, si les copains me voyaient ! Me voilà , rouge de honte (et un peu de fatigue aussi), qui prends la fin du petit parcours…. Alors je constate que tout le monde fait comme moi, ça console un (tout petit) peu. Voyons à quoi ça ressemble ? Ouahhh quelle vue, de la haut ! Tout en bas, (regarde la photo) c’est le lac d’où on est partis. Eh ben, honte ou pas, moi je vais me prendre un super pied à descendre ! Na ! Et hop… Euh... après 100 mètres roue arrière bloquée (si, si, même avec mes Formula pourris !) et dents aussi et fesses bien serrées j’te dis (que tu m’y colles une olive je t’en sors un lire d’huile, sûr!) de descente verticale (ou presque) dans la poussière, on attaque quelque chose de bien plus ludique de single en zigzags, avec sauts de petites marches et cailloux bien francs, juste ce qu’il faut, avec un peu de visibilité entre les petits chênes (quoique…) pour pouvoir se lancer. Bref, un régal ! Mais alors c’te soif à l’arrivée ! Pourtant, la question se pose : suis-je encore capable de rouler ou est-ce le début de la décrépitude ? Chers lecteurs, mes z’amours... Vous le saurez à la prochaine édition !!!

Présentation
Bill
Après avoir beaucoup aimé le Commençal Doktor n°138 qui a fini en Z, roule maintenant sur un "Elément 70" de Rocky Mountain avec une fourche Fox RLC, un amorto Fox Float RP3 et des freins Hope Mono mini.
Pratique: la rando, le plus possible avec des potes des clubs de la région (bords de Loire, Sancerrois,Puisaye, Gâtinais) avec une préférence marquée pour l'Auvergne ou les terres du sud (sèches!)... et les raids sur plusieurs jours!

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Bobo à Bonny . (25/11/2009 22:31)

Eh ben dis donc, c&#...

Bobo à Bonny ACTIF MICHEL (25/11/2009 17:27)

L'hécatombe con...

Bobo à Bonny Michel de St Martin (25/11/2009 09:33)

Bravo et merci j...

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Sur les pistes des hommes de l’ASCO Michel de St Martin (18/11/2009 09:40)

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