Boudiou, le bulletin météo du samedi soir ! Tu parles
que, comme beaucoup d'autres, je me colle devant la carte télévisée du ciel du
lendemain : là, c'est : « Restez chez vous, ne circulez qu'en
cas d'extrême nécessité », le tout assorti de mots comme : risque
important, niveau de vigilance, neige, verglas, brouillard et même rafales de
vent (et derrière et sur les deux côtés !) tout le toutim, quoi. C'est
bien simple, j'ai zappé avant que le reste de la famille ne voie ou n'entende
ça de peur qu'on ne me séquestre au petit matin.
Car j'ai bien l'intention de voir
de quoi il retourne en réalité !
À travers les persiennes, je ne
perçois dans la nuit du petit matin (il est 5 h 30 tout juste) aucune clarté
particulière, caractéristique d'une couche de neige, c'est déjà ça ! Pas
de bruit de vent non plus et, lorsque je mets le nez dehors : pas de
pluie ! Le sol est archi détrempé, c'est sûr, mais, bon, on a eu connu
pire !
Les essuie-glaces ont bien balayé
un peu de neige, trace d'une averse de la nuit sans doute. Si ce n'est que ça,
pas bien grave. Il est tôt encore et je ne reconnais pas encore les émissions
radio qui rythment mes départs du dimanche matin. J'ai prévu une heure de
route…
En quittant la RN 7 à Briare, mes
phares balayent des champs blancs de neige et, plus loin, à Gien, la route de
Lorris, que je trouve non sans avoir un peu hésité, est, elle aussi, d'un blanc
juste marqué par le passage de quelques voitures. Bon, ben… Je tente quand même
de m'aventurer plus loin, vers des contrées inconnues. Je t'avoue que l'idée de
faire demi-tour et de passer un coup de bigo à Michel de St Martin m'a effleuré
un instant. Mais ça roule quand même sans PB, simplement j'ai levé le pied,
évidemment et lorsque je découvre le petit et coquet village de « Vieilles
Maisons », tout près de Lorris, il y a déjà du populo arrivé, comme
quoi, « Neige du matin… tu
viens ! ». Tout près de l'accueil, je vais vite m'inscrire et
signaler aux copains, que, si ! si !, je suis bien là, des fois
qu'ils partent sans moi ! Car il va falloir du temps quand même pour
m'équiper : une couche, une
autre, une autre encore et, surtout, protéger les pieds. La sortie de Bonny avait marqué
mes chers nougats… bobo ! Alors je sors le grand jeu : crème
chauffante sur mes arpions mignons, chaussettes de soie, coussinets chauffants
sous l'avant-pied, chaussettes étanches, chaussures et ces damnées
sur-chaussures si difficiles à enfiler. Inutile de te dire qu'avec tout ça, je
n'ai pas eu le temps d'aller avaler un café, pourtant j'aurais bien aimé…Les
copains piaffent, impatients de partir. Un coup d'œil circulaire : pas ou
très peu de têtes connues. La distance et le temps ont rebuté les gens du
« Sud ». Actif-Michel a renoncé, une rando plus une heure de route
pour rentrer, dur d'être à temps à la maison…Pas eu de nouvelles des
« Frapadingues », salué juste Claude de Gien-Relax, qui m'a semblé
bien esseulé. Michel m'a signalé quelques Trézeéens d'Ouzouër. D'autres sont
peut-être partis pour Vouzeron, ça ne devait pas être mal non plus par là. Je
me demande si Jacky aura maintenu sa sortie à la journée en Forêt de Tronçais…
On est partis sur le parcours de
44 km. Les deux circuits de 61 et 72 km ont été annulés, sinon, tu
parles !…
En fait, si j'avais été tout
seul, je crois bien que je m'en serais tenu à 35 km car je sais d'expérience
que des sorties dans la neige… (vois plus en arrière sur mon blog !).
Mais, bon, ici, on ne dépassera pas 180m de D+… N'empêche, dis donc, que les
baliseurs ont dû s'amuser : bonjour le marquage au plâtre dans la
neige ! Il leur a fallu tout refaire avec un fléchage de couleur !
Sympa le départ, le long d'une
rigole d'alimentation de canal. Ça ne roule pas trop mal, dans une neige peu
épaisse qui ne freine pas trop. Il ne pleut pas, comme annoncé et l'on ne sent
pas de vent, et, en plus, c'est joli ! Curieusement, malgré les conditions,
on dirait qu'il y a du monde, côté participants (que des VTT, dont on nous dira
plus tard que nous avons passé la centaine) et jamais on ne sera isolés sur les
chemins. Évidemment, dans un décor pareil, on pense photos mais attention,
poser le pied par terre (par neige plutôt) te fait repartir avec un sabot de
neige qui ne décolle pas. Bonjour les PB de pédales automatiques ! Je
roule ainsi quelques kilomètres sans pouvoir réussir à accrocher les miennes.
Canaux, écluses
pittoresques, forêt, étangs… Le décor, magnifié par la neige, est superbe.
On longe un étang par un single sinueux bien sympa et j'entends derrière moi un
participant commenter : « On fait LA partie technique du jour ! ».
Oui da ! Tu verras plus loin, mon gars ! Car, après avoir emprunté
une allée forestière large et juste un peu collante où Christian et Maurice
placent une mine qui m'asphyxie, on enquille une série de singles pas piqués
des hannetons : arbres, zigzags, racines glissantes, cailloux, ch'tites
passerelles de bois bien mouillé, tout y est. J'ai posé pied à terre pour un
passage délicat qu'un gars, un vrai, un costaud, s'entête à vouloir passer sur
la machine : ça ne rate pas, il dérape, se met en travers, peine à
récupérer son spad. Tu parles que j'ai perdu les copains de vue dans tous ces
tours et détours. D'autant que ça ne s'arrange pas, on suit maintenant une trace
étroite, en surplomb au-dessus d'un fossé bien creux, c'est sinueux au
possible, de temps à autre un trou risque de t'emmener dans le fossé, à
gauche! Entre ça, les racines, deux trois cailloux cachés par les bruyères et
le terrain quand même un peu (oh, si peu !) glissant, tu vigiles, mon
vieux, tu vigiles ! (Quoi?" vigiler" c'est pas dans la langue française? Tu chipotes, je trouve, tu m'as compris, oui? Vigiler, c'est rester en état de vigilitude, O.K?). Et puis, tu vois, malgré la nécessaire prudence, on appuie comme des malades pour faire ce passage le plus vite possible, c'est pas radoxal, ça? Le « seul passage technique » qu'il disait
t't à l'heure l'autre gars ? Et celui-là alors ? On l'avait déjà
suivi lors d'une rando d'Ouzouer-sur-Loire et je rêve de revenir passer là par
temps sec, ça doit être un vrai régal avec, en plus, les parfums qui doivent
flotter dans ces coins-là, quand il fait bon.
Ouf, on arrive au ravito, sous
une sorte de kiosque bâti dans une clairière, près d'un bon feu autour duquel
il y a du monde. Ravito unique, eh oui, mais bien pourvu : on y trouve, je
ne me rappelle pas avoir déjà vu ça, je crois, des yaourts et des crèmes
desserts ! Le chocolat chaud et le café ont plus de succès, je pense. J'ai
la surprise de retrouver là le « Pharmaton » des
« Frapadingues », accompagné du Tom, sur la boucle de 44, qui arrive
justement. Eh ben, la ville de Cosne est bien représentée ! Je me croyais
le seul fou à m'être lancé sur les routes. Reste, qu'ils me font remarquer
qu'on aimerait bien trouver des randos plus près, côté Nevers par exemple…
Attends, je t'en annonce une tout à l‘heure.
On est repartis à travers cette Forêt d'Orléans, dont
on ne se lasse pas. Organisation nickel : pas de faille dans le balisage
et bénévoles à tous les carrefours routiers, ici et là on salue même un
photographe. C'est vrai que le cadre prête aux clichés, on s'en met plein les
mirettes, comme avec cette vue sur un étang figé, semé de canards et d'une bonne
dizaine de cygnes blancs, cygnes (signes) de neige…C'était peut-être avant le
ravitaillement, je ne sais plus, mais tu ne m'en voudras pas ? On passe même à côté d'un ensemble de bâtiments modernes, isolé dans la forêt et on s'interroge: labo? Centre de recherche?... Un panneau nous renseigne: il s'agit d'un monastère ! Eh ben, on est loin de l'image médiévale de la chose !
Comme on avance dans la matinée,
la neige, déjà molle devient plus
pâteuse encore. On ne rencontre pas de bourbiers infranchissables à proprement
(si l'on peut dire) parler, mais tout est, au moins, fort mouillé de patouille.
Dans les passages plus difficiles, on sent (et on entend) les disques
et les plaquettes se livrer à un
corps à corps…usant, et sur les portions bien roulantes, l'eau boueuse jaillit
des roues, empattant les lunettes et donnant aux plus rapides, donc plus
arrosés, des airs de mécaniciens sur les locos d'antan. Eric, de Gien-Relax,
(tiens, un deuxième !) nous salue ainsi au passage et je t'assure que j'ai
eu du mal à reconnaître notre Papy Mac Cain sous la couche de boue qui lui
recouvrait le visage ! Par contre on n'a pas revu notre duo de Marsus…
La traversée du camping de
L'Étang des Bois (c'est ça?), désert mais pittoresque, annonce l'arrivée.
Finalement on n'a pas mal roulé : il n'est pas midi. Dans la salle
d'accueil, le pot nous attend avec une tombola, des coupes (et encore une,
chouette, pour Maurice) et, je vois ça pour la première fois, la projection en
continu sur le mur des photos de la rando prises au long du parcours ! En
voilà une idée qu'elle est bonne ! La Maison des Loisirs et de la Culture
sait organiser, il faudra recommander cette rando qui a lieu normalement le
dernier dimanche d'octobre, je dis ça pour que tu notes.
On se sépare vite, il va y avoir
du boulot de nettoyage à la maison ! Et déjà sur place pour être en état
de remonter en voiture. On serre des louches : à la prochaine, le
Dimanche 7 décembre, rendez-vous à Santranges, c'est dans le Cher au-dessus de
Belleville et Léré, pas trop loin donc, et c'est pour la bonne cause (Téléthon)
et puis l'an passé on s'y était régalé : c'est l'ami René qui avait tracé
le parcours, un connaisseur du coin, je te garantis. Au programme 16, 30 et 50
km. Info que je viens d'avoir à la mairie. Profitez-en bien et merci de laisser
le balisage pour que je puisse la faire le lundi, car je suis pris dimanche.
Je penserai bien à vous !
Et puis, pendant que j'y
suis : le 14, il y aura la
Rando Agglo Noël à Montargis (20, 30, 40 km, au Vélodrome de l'âme de
Montargis) |