Du brouillard dans
les phares : c'est l'automne mon vieux ; il fait jour bien
tard et, de plus on est partis tôt. Chalette/Loing, c'est un peu notre limite
nord, mais la « Transgâtinaise » c'est un truc qu'on n'aimerait
pas rater. Aussi sommes nous trois dans la voiture d' Actif-Michel, avec
Stéphane que nous avons pris à Myennes. Il ne fait pas bien chaud non plus,
mais ça, on y était un peu habitué déjà, depuis un moment. Simplement, on
savait que dans la matinée on aurait des températures sympas, alors
qu'aujourd'hui, on devrait rester dans une certaine froidure, ou du moins
fraîcheur. Jusqu'ici on rusait : manchettes, éventuellement jambières,
coupe-vent et gants de mi-saison. Et ben, tout ça est remisé au fond du tiroir
d'où l'on a ressorti les tenues d'hiver complètes. Et tout à l'heure, sur le
vaste parking du bord du lac, j'enfilerai même des sur-chaussures et un couvre
tête sous le casque. Fini l'été. Tout juste (et c'est encore un sacré
bol !) roulerons-nous encore une fois sur un sol dur et sec.
C'est vrai que ce n'est pas par
peur de peiner à trouver une place pour la voiture que nous sommes partis si
tôt : c'est bien la seule rando où il y a une telle capacité
d'accueil ! Mais comme il m'a fallu démonter un peu le vélo pour le
glisser dans sa housse, ça ne va pas m'aider à me préparer vite, déjà que…Et
puis, tiens, on sait que question accueil, il y a un sacré savoir faire au
Guidon Chalettois, dont certains seraient bien inspirés de... s'inspirer,
justement ! Et l'on veut
profiter du café et des viennoiseries offerts. Et puis du monde à saluer, car
on tourne ici à 900 vététistes au départ ! Oui m'sieur ! C'est pas
rien !
Le premier sur lequel on tombe,
devine, c'est le Maurice qui nous a inscrits ces jours derniers et est arrivé depuis un bon moment. Il
a déjà récupéré nos plaques de cadre. Préparation, sans avoir aujourd'hui,
hélas, le spectacle magique du soleil se levant au-dessus du lac, salué par les
canards et les cygnes. On restera dans la brume. Dans la foule des vélos et des
riders, j'ai le plaisir de faire connaissance avec Bruno, un visiteur assidu
(mais discret, pour le moment) de ce blog et qui vient me serrer la louche.
Sympa, à bientôt, peut être à la « Montargoise », en tout cas sur le
blog !
On retrouve Jean-Paul, Christian et même Pierre venu
« en civil » et en voisin nous saluer seulement, car des Pb de
cervicales le contraignent à l'inactivité vététistique. On se donne des nouvelles
du grand absent du jour : le Michel-Léopold. Tu sais, si tu as lu mon
article de la semaine dernière et ses commentaires, que le Michel a voulu jouer
le ramoneur savoyard et a chu de son toit ! Tu l'as chu ? Pardon, Tu
l'as su, oui ? Bon, il a su
choir sans bobo dramatique, mais un certain tassement vertébral et une fêlure
mal située ne lui laissent pas le choix : repos !
Bon je te parle, je te parle,
mais voilà que l'on nous demande de nous rassembler pour le départ qui n'aura
pas lieu sous le gros portique gonflable habituel. Moi, je trouve que ça manque,
ça donnait de l'importance à l'événement… Mais il y a toujours la sono et le
speaker qui n'en finit pas de retarder le lâcher des morfales du tout terrain.
On s'est à peu près massés (ouaf !) pour ne pas se perdre dans la foule du départ. Le Thom', unique
« Frapadingue » dans l'aventure du jour, s'est joint a nous et le
voilà qui fonce dans la masse des vélos qui sont partis à donf dans les chemins
du bord du lac. Stéphane doit être devant aussi et Actif-Michel les suit.
Je les ai « en visuel » (qu'est-ce qu'on n'invente pas comme
expressions débiles !) quelques vélos devant moi. Derrière, je sais
Maurice et Jean-Paul. Le départ est, comme d'hab' sur les départs groupés en
nombre, rapide. Rien à voir avec une compète, mais le souci est avant tout de
se placer de façon à éviter les bouchons sur les singles de la forêt de
Montargis où nous allons entrer, après un peu de bitume, et où sont tracés les
circuits. C'est devenu rare les départs groupés, en rando. Il en avait
davantage … Jadis ! Les
« Birettes », récemment, et puis aujourd'hui. C'est assez ludique et
puis ça change un peu, mais faut être assez vigilant. Des fusées passent à
droite et à gauche, pendant que tu essayes, plus modestement de te frayer un
passage et te situer avec ceux qui roulent à ton rythme. Pas la peine non plus
de bourrer comme un malade. Il faut simplement éviter d'être retardé. Avec un
départ à neuf heures, 55 km prévus, même roulants, il ne faut pas arriver trop
tard, surtout quand on a encore une plombe de route pour rentrer at home. Donc
pas pater quand même.
Mes deux lascars, devant, restent
à portée (j'ai perdu Stéphane de vue) et je suis sur leurs talons lorsque,
après le petit tunnel, nous pénétrons dans la forêt. Un premier single, qui
permet de jeter un coup d'œil derrière: tout le groupe est là, on est
dans le tempo. Un truc m'étonne: comment se fait-il que l'on continue à
doubler du monde alors que, normalement, les plus rapides doivent être devant,
après le départ sélectif. Tu as une explication ?
Passage sur une voie plus large.
Un mec m'annonce: « Ta roue arrière est sérieusement dégonflée dis
donc ! ». Ah, non !…
Que je te dise, vite
fait : cette semaine, au cours d'une petite sortie, le même truc m'est
arrivé. J'ai mis une chambre dans mon tubeless pour continuer et basta. Pas
d'épine à la réparation et liquide anti-crevaison à l'intérieur, encore
tout à fait O.K, même après l'été. J'ai regonflé et surveillé les jours
suivants et ce matin encore : pression constante. Alors ?
Je m'écarte du flot continu de vélos en sautant
dans le sous-bois pour regonfler vite fait. Ça suffira ? Vite
repartir !
Tu parles! Je ne fais pas cinq
cents mètres. Le chemin s'élargit, à proximité d'un rond-point. Faut réparer
sérieusement. Tout le monde s'y met : Jean-Paul, Michel, Thom'. (Maurice,
spécialiste du coup de main, n'a rien vu et a continué). Diagnostic :
valve fichue. Vite ! Une chambre à air à poser et regonfler, faut pas une
éternité. Oui mais, à chaque seconde, il passe 10 vététistes, alors tu parles
du populo devant quand on repart. Tous nos efforts du départ anéantis !
Le rouge de la culpabilité au
front et le feu de la hargne dans les mollets, je suis reparti en tête du
groupe. Doubler, doubler, doubler ! Coup de bol : le sol est dur et
les singles pas trop étroits. Rester courtois quand même, mais je suis surpris
de la relative lenteur de ceux que nous doublons. Ou alors, j'ai vraiment la
hargne. Mais bon, faut quand même forcer pas mal quand tu roules dans les
branchages du bord (on pourrait bien crever d'ailleurs !) et puis les
accélérations successives, ça pourrait bien se payer plus loin… Remarque, c'est
aussi assez amusant. Mais on double quand même des cas : des gens qui
mettent pied à terre sans que tu comprennes pourquoi, et qui bloquent tout le
monde, un mec qui fait un OTB de première au passage d'un tout petit
creux, même pas un fossé !..Distrayant, remarque… Depuis un moment on roule sur des plaques de cadres qui, ramollies par le brouillard, se détachent. On les sème façon Petit Poucet. Dire qu'on nous recommande (très justement!) de veiller à ne pas semer d'emballages ou autres papiers...
Tiens on arrive à Paucourt :
ravito. Un flash, un autre, un radar ? Tu rigoles, j'ai eu ce
réflexe !
On retrouve Maurice. Petit coup
de fil à Michel-Léopold qui doit ronger son frein (va encore descendre plus
vite !) ce matin. Petit coucou aussi à des copains de vacances, qui
habitent sur le bord de notre chemin. Et c'est reparti sans trop tarder. Pas vu
Stéphane. On saura à l'arrivée qu'il était lancé dans une sorte de challenge
« professionnel » avec des collègues. C'est vrai qu'il n'y a pas plus
local que sa boîte !
Quoi te dire sur la
suite ? Si tu n'es pas archi-familier avec la Forêt de
Montargis, il est difficile de te situer. On reste tout le temps en sous-bois,
avec des variantes de chemin. Agréable, mais comme on est un peu à regarder la
montre, on ne lève pas vraiment le nez. Nouvelle alerte : Jean-Paul a
annoncé des problèmes de frein avant, sans réparation possible. Donc pas de
halte. D'ailleurs on roule plutôt sur du plat. Enfin jusqu'à ce qu'on arrive
sur une large allée, avec un petit coup de cul (serions-nous sur la fameuse
« Montagneuse » ?). De l'autre côté : large et belle descente. On est un paquet à
s'y lancer, plus d'autres qu'on double, on occupe toute la largeur du
chemin, vraoum !
Gag : à mi-pente, on doit
brusquement bifurquer à gauche ! Cris de disques brutalement
sollicités ! Dérapages de roues bloquées ! Crissements de pneus sur
les cailloux ! Exclamations ! J'étais sur la droite, je m'écarte
encore plus, redoutant une collision. Bien m'en prend: tout en lançant
des appels d'avertissement, déboule, en un « tout droit »
impressionnant, l'ami Jean-Paul… qui ne réussit à s'arrêter que bien plus
bas !… Chaud !
Une brève sortie du bois : un
clocher, dans le brouillard qui fait parfois mine de laisser passer un bien
pale et fugitif soleil: c'est La Chapelle-St Sépulcre, seul point de
repère, avec Paucourt, site des deux ravitos, tout le long de cette rando.
Parfois, une tête connue qui nous dépasse ou que l'on double, un salut.
Deuxième passage au point de ravito : il ne reste presque plus rien à
becqueter. Pas possible ! Pourtant on roule bien. Je t'assure que le 30
s'affiche parfois au compteur et que la moyenne se maintient bien autour de 20.
Christian ne s'est pas arrêté et
Jean-Paul shuntera un peu plus
loin, sur l'autre circuit. Nous aussi, nous repartons assez vite. Les kilomètres défilent et on tient
assez bien le tempo. Rien de difficile à passer, pas de montée exigeante, mais
on est toujours « en appui », en quelque sorte. D'ailleurs un qui le
paye, c'est le Thom', qui commence à sentir les crampes qu'il connaît parfois
en fin de parcours. Une dernière
bifurcation pour une portion du « grand circuit » qui va nous amener
sur un passage en single sinueux, montant et descendant assez amusant, mais qui
vient un peu tard. On guette le moment où la sortie du bois annoncera la fin du
parcours. D'ailleurs nos compteurs ont passé le 50 km depuis un peu. Le
dernier single semble soudain déboucher sur le vide : Ouh ! Le plongeon de 3
mètres ! Surpris, j'ai freiné, d'autant plus qu'un gars était en bas. Trop
tard. Il fallait se lancer dans le mouvement. Difficile ensuite.
Passage dans le tube-tunnel, la
route, le lac et les oiseaux, « cygnes » que l'on touche au but, mais
les traceurs nous baladent encore un peu le long de l'étang avant de nous
ramener à la base. Tu crois qu'on se relâche sur ces dernières portions ?
Penses-tu ! On continue à appuyer à fond et Actif nous fait même un sprint
final, des fois qu'il ne resterait plus de T-shirts commémoratifs pour tout le
monde ! (ce serait dommage !)
Ben, c'est pas à ce point, mais,
quand même, on est sciés de voir que, malgré notre bonne moyenne et les efforts
déployés, on a l'impression que la plupart des gars sont déjà repartis. Il
est un peu plus de midi, c'est pas encore une heure indue !
Bon, un coup à boire : ben
là… côté ravito, sandwiches, coca, jus de fruits, c'est OK, mais pour le pot amical… nada ! Là, il y a un
bémol. Dommage.
Mais pas question de rester
là-dessus : sur notre route-retour, l'ami Maurice a prévu plus que le
nécessaire. On n'était pas en retard, on le sera un peu (beaucoup) mais rien ne
gâte la « Transgât' ».
Et voilà, je crois que le sol
sec, c'est râpé. Mais on roule où dimanche ? Pour ceux qui sont du coin ou
qui n'hésiteront pas à se lancer, il y a Vielles-Maisons (45) : la
« Vétuladomussienne ». Rien que pour le nom (mais pas que pour ça, je
confirme) ça vaut le déplacement. Pour ma part, je resterai sans doute dans le
coin. Tu connais quelque chose ? J'ai vu une rando pédestre à St Père (=
Cosne) de 50 km vers Alligny, Arquian… Ce serait sympa. On verra à négocier
notre participation vététistique, peut-être. Et puis quoi, les chemins sont
ouverts, non ? On se tient au courant.
Dernière minute: passe voir les commentaires de l'article précédent: Le VTT Nivernais organise une sortie en Forêt de Tronçais, ce dimanche.
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