Ben voilà, juste comme j'avais
commencé à te parler de cette Rando-« événement » local, j'ai jeté un
coup d'œil sur ce que je t'avais raconté à la même occasion l'an passé. Je
le faisais pour vérifier un truc : Le Thom' m'avait affirmé, au ravito de
Pouilly, que le tracé était en gros celui de l'an passé, à l'envers, et que,
donc, nous étions déjà passé à Pouilly-sur-Loire l'année dernière. Et ça
m'avait surpris. Inquiet de l'état de mes neurones, je suis donc allé vérifier
mon récit. Bon, non, Thom' désolé : on était resté sur le côté
Sancerrois !
J'ai réalisé par la même occasion
que je m'apprêtais à te raconter tout bien ce que représentait le "Rallye
des Vignobles" pour la région et pourquoi, peut être, ça attirait tant de
monde (en gros plus de 3000 personnes). Bref, exactement ce que j'avais dit
l'an passé. Donc, pourquoi pas ? Retourne-toi aussi en arrière et retrouve
cette page de haute littérature que je t'ai pondue l'automne dernier, et voilà.
Tu sauras tout de nouveau.
Toujours est-il qu'il y a aussi
cette année un sacré populo. La foule attire la foule, c'est classique, et ceci
explique que, malgré des côtés qui agacent souvent (j'entends dire chaque année
à l'un ou à l'autre : « Je ne le referai pas l'an prochain »), on se
retrouve toujours plus nombreux à VTT sur les chemins du Rallye.
Cette année pourtant les auspices
météorologiques ont annoncé de la flotte, et le matin même, encore ! Ce
que dément la lune qui brille derrière un peu de brouillard, à mon lever. On a
bien eu un peu de pluie (à peine) dans la semaine, mais rien de bien sérieux...
Par contre, côté température, ça sent l'automne.
Au stade où l'on cherche à
s'inscrire en faisant valoir (souvent en vain) sa licence UFOLEP ou FFC,
c'est la cohue habituelle. Un peu avant huit heures, c'est la foule des
marcheurs que j'ai croisée, et les cyclos s'agglutinent en groupes un peu
partout. Je rencontre ainsi Stéphane, qui s'apprête à partir avec un cousin,
sur la route justement. Il paraît que Jacquy, son paternel, est déjà sur les
chemins, Pieds Nus aussi. Pourtant, les vététistes ne vont débarquer en
nombre que vers 8 h un quart, c'est leur heure habituelle. C'est moment des
poignées de mains un peu partout et des premiers commentaires (sur le café
payant entre autres) et sur le parcours à faire que l'on vient seulement de
découvrir sur la carte affichée. On m'interroge et je confirme : il y
a de quoi s'employer au menu, avec pas mal de raidillons et un total annoncé de
66km. Faut pas traîner !
Arrive un petit groupe de
Gien-Relax (Eric « Œil de Lynx », Dudu, Pascal…) qu'on ne cherchera
sans doute pas à suivre et notre équipe habituelle : les deux Michel
(Actif et Léopold), Maurice (qui revient de Bretagne), Christian et le Manu « berrichon »
qui fait briller un autre maillot de l'UM Veaugues en plus du mien (et fait, du
coup, une petite sensation !). Au dernier moment arrive Jean-Paul,
que l'on croyait parti au Roc d'Azur, et puis mon frangin François qui fera
avec nous la longue première partie. Ça nous fait un bon groupe bien sympa,
mais on sait bien aussi que ça peut signifier risques de retards, en cas de Pb
mécaniques, par effet d'accumulation d'attentes. Et encore il manque le Manu
« Parisien » et puis Anne.
Tiens, à propos d'Anne, sa
tendinite persistante serait, plus précisément un « syndrome de
l'essuie-glace » ! Si, si ! Et pourtant, il fait sec ces temps,
non ? Ça t'intrigue ? Tu veux tout savoir ? Et bien va sur
le blog d'Actif et Anne et tu sauras tout. Un conseil : avale un comprimé
d'aspirine, préventif de mal de tête, et puis prends un bloc et un crayon et
interro à la prochaine sortie, c'est trapu, mais on en apprend de belles. C'est
là : http://michel120254.skyrock.com/.
J'ai croisé ou aperçu dans la
foule quelques Marsus : Thom', Francis… mais ne les retrouve pas au moment
où nous partons en faisant gaffe de ne pas en oublier: 8h et demie, il est
largement temps.
On débute par un tour en ville, très dispensable, mais dû
sans doute au souci de ne pas lancer cyclos, marcheurs et vététistes dans la
même rue directe qui borde, de plus la fête foraine, pourtant bien endormie à
cette heure matinale.
Après le pont de la Petite Loire
(on dit encore ça ? Il me semble que ça fait un moment que je n'ai pas
entendu cette dénomination…) On échappe à la grosse foule pour se lancer sur
les chemins du Val. D'accord on a laissé marcheurs et cyclos, mais on est un
fameux paquet de vététistes (le bilan indiquera un total de 752, plus que l'an
passé). On passe Bannay et l'on remonte le chemin empierré dans le fond du
petit vallon en direction de Sury. C'est large, ça roule et il faut ça
pour ne pas se gêner. Remarque, au Rallye des Vignobles, j'ai rarement vu des
singles ! On est le plus souvent sur des chemins « bi
traces ». On est à la fois
pris entre deux options : tendance à appuyer un peu pour gagner du
temps sur cette partie roulante, et, en même temps, ne pas trop en faire
sachant qu'il y aura pas mal d'efforts à fournir, aussi bien intenses que
prolongés. C'est pourquoi j'opte pour le bitume sur quelques centaines de
mètres lorsqu'on longe la route de Sury, avant de grimper à droite. De
plus je connais ce « cul de vigne », pour m'y être couché sur le côté
à la suite de roues bloquées par une boue collante, dans une terre à peine
mouillée. Pas de risque aujourd'hui : le sol n'est même pas humide (si,
si, Manu !) On aura même ici et là un (tout petit) peu de poussière, mais
rien à voir avec le départ du Roc d'Azur, t'as pas vu ce nuage, à la TV ?
On grimpe entre les vignes vers
Ste Gemme, quand Dudu crève. Le temps de l'aider, de repartir et c'est le tour
de Michel-Léopold ! Tout le monde est parti devant et nous les voyons
grimper au soleil, au milieu des vignes entre Ste Gemme et, en contrebas, le
Château du Nozay. C'est bien joli, une vue classique des
« Vignobles ». Autre vue classique, lorsque, à notre tour, nous
montons aussi sur le coteau : le soleil au-dessus de la brume qui flotte
encore sur le Val de Loire et aussi, en lambeaux légers, sur les vallons autour
de la colline de Sancerre qui domine tout ça... « Tout ça !… »
(clin d'œil à Maurice). On ne passe pas loin du hameau de « La
Chaise », en haut d'une côte que nous connaissons bien. Le tracé ne l'a
pas empruntée et c'est tant mieux car nous parcourons ainsi d'autres chemins
que, perso, je ne connais pas. Des variantes intéressantes quoi. On plonge
ainsi, par une descente assez accentuée, aux portes d'un hameau de Sury, pour,
illico, remonter en face, le long d'une vigne, bien sûr, par un raidillon assez
pentu et assez long aussi, qui impose le petit plateau. Celui-là, on va
sûrement l'utiliser un brin dans les kilomètres qui viennent. Sur le haut, on
longe le vallon dans le creux duquel je fais repérer à Michel-Léopold, une belle
côte bien connue aussi, et parcourue lors de Gien-Sancerre-Gien, sans savoir
que, quelques centaines de mètres plus loin nous allons la dévaler avec
délice ! Une première aussi, en forme de revanche un peu car, dans le sens
montant, j'ai souventes fois ahané sur ses cailloux. Belle montée, remarque,
mais alors, dans le sens descendant, elle est vraiment pas mal non plus ;
dommage que, fatalement, il y ait un peu de monde dedans et que la prudence, et
un restant de courtoisie, nous empêchent d'en tirer le maximum.
On passe Sury, puis devant la
maison de retraite où l'on pourra toujours (le plus tard possible) s'asseoir
sur le pas de la porte pour regarder passer les copains le jour du Rallye des
Vignobles (ça c'est pour couper l'herbe sous le pied de Manu, qui, à cette
époque-là, tirera la langue derrière son futur fiston qui se foutra de lui,
j'espère…et nous aussi!).
On sait bien qu'il va falloir
maintenant grimper ce fameux coteau entre Sury et Verdigny. Simplement la
question est :par quelle côte assassine ? Réponse immédiate :
hop à gauche, 50 mètres de plat et
un mur. Mais je reconnais ! J'avais bêtement cru, la semaine dernière pour
les « Birettes », que ce chemin avait été bétonné ! Tout en
basculant ma chaîne tout à gauche, ou presque, je pense (oui, oui, en même
temps, tu te rends compte de l'étendue de mes facultés ? ) je pense,
disais-je, que tout espoir n'est pas perdu, et puis aussi que pourquoi n'est-on
pas passé par là pour les « Birettes », surtout que ça aurait été à
la descente, et que (tout ça en même temps !) il va falloir s'accrocher
pour arriver en haut sur le vélo, vu le pourcentage, les cailloux, et les
autres qui décrochent et mettent pied à terre etc.… d'autant plus que, tout en
haut, il y a des spectateurs, dont Actif-Michel, qui photographie (en plus, le
sauvage, il guette notre faux-pas !). On le fait, Léopold et moi, excepté,
parce ce que là faut pas exagérer, les deux derniers mètres en petite gravette
blanche qui forment une véritable marche, en plus. Actif nous raconte qu'il
vient de voir une espèce de balaise, passer ce dernier mètre façon trialiste
qui monte en travers, en sautant,
tu vois ? S'appelait pas David, non ? Non,celui-là, il doit être, à cette heure-ci, au Roc d'Azur.
Petit passage sur la crête et
l'on retrouve, à l'envers, ce que nous avions monté pour les
« Birettes » : la route vers Verdigny... Descendre sur le
bitume, bof, par contre, un peu plus loin, sur la droite ce chemin encore un
peu caillouteux qui descend avec un virage sur le val Chavignol, miam ! Je
t'en avais causé la semaine dernière. Là je pressens quelque chose de furieux, le Michel-Léopold et moi, sûr, on
va faire voler la caillasse !
Justement, la caillasse, elle est
aussi en haut, à la bifurcation, et, comme on arrive assez vite et, qu'en plus
il y a un gars dans le début de la pente, en semi équilibre et tétanisé sur les
manettes de freins, le passage est délicat. Derrière moi, j'entends le bruit
classique qui fait « Scrouitch, bling guiling » ? Attends,
non, plutôt : « sssscrroutchchch, dang gan bling », oui, c'est
ça ! Je pense que Michel s'est vautré, ou le frangin qui le suivait, je
crois plutôt Michel. Surpris par la caillasse ? Ou il a voulu me faire un
« intérieur », tu crois ?.. Je stoppe comme je peux. Pas trop de bobo : il est déjà
reparti.
On est lancé sur la petite trace
roulante marquée par les passages, seulement, il y a du monde dessus ! Pas
facile de doubler, à côté c'est la caillasse instable, Michel, de plus,
risque d'arriver à donf, je double dans le virage, mais l'hésitation m'a fait
ralentir et perdre une bonne partie du plaisir de cette descente.
On gagne les caves de la Mignonne
et la cohue habituelle, où l'on tente de retrouver le reste du groupe, excepté
Christian, qui a décidé de partir devant. Michel-Léopold peut faire admirer son
avant-bras bien éraflé quand même, pendant qu'on se perd un peu dans la foule
du ravito.
Faut pas trop traîner malgré
tout, on n'est pas au bout ! le temps de se retrouver et on attaque la
côte du cimetière. Celle-là, c'est le challenge habituel : à qui
arrivera en haut sur le vélo. On s'y sort les tripes, en général. Mais,
aujourd'hui, alors qu'il nous reste encore plus de la moitié du parcours et pas
mal de côtes au menu, il vaudrait mieux se la jouer raisonnable, tu crois pas ?
En fait, si Jean-Paul, qui, après un arrêt, essaie de repartir et met son vélo
en travers, n'avait heurté ma roue avant, je crois bien que je me prenais au
jeu ! Pas malin ! Merci, Jean-Paul... et bravo à Michel-Léopold qui a
réussi la gageure !
Le même (Léopold) nous gratifie
également d'un virage surprise (pour lui) et plongeant dans la pente qui nous
descend théoriquement sur Ménétréol. Houhi !! On a bien failli se le
morfler de côté, le Michel !
Les traceurs se sont ingéniés à trouver un max de côtes, on
dirait, car, plutôt que de se laisser glisser, cool, sur Ménétréol par le haut
des vignes, on est descendu en dessous de la Ferme de l'Étang pour remonter,
évidemment, avant de basculer le long du viaduc, et d'aboutir à l'endroit le
plus dangereux du parcours : on débouche en angle aigu sur la petite route
qui descend de l'Orme au Loup, pour la remonter sur 20m et la traverser en
prenant à gauche.Il nous faut virer un peu large alors que dévalent, à fond la
caisse, des myriades de cyclos.Personne pour la sécurité ! Z'auront eu du
pot s'il n'y a pas eu de casse avant la fin de la matinée !
Ménétréol, St Satur, le pont de
Loire (eh oui, ce n'est pas le plus direct pour aller à Pouilly !).
Route : on enroule un peu, car il est plus de 11 h et on n'a pas moitié fait,
dis donc ! On bifurque sur Tracy en saluant le frangin qui rentre à Cosne
sur le 40 km. Lui, au moins, sera dans les temps. Pour Pouilly, c'est aussi du
grand classique pour les gars du coin : Boisgibault, les Girarmes, les
Loges. Michel, Maurice et Jean-Paul découvrent. Eux, il faudra revenir leur faire visiter le coin plus en
détails. Dommage qu'on ne passe pas par le "sentier découverte" de
Malaga, mais, outre le fait que les singles, ce n'est pas très « Rallye
des Vignobles », on n'a guère le temps. Ravito au Caveau de Pouilly,
consistant et bien. Pourquoi le Pouilly ou le Sancerre ne sont-il pas servis à
l'arrivée, plutôt qu'ici, où on ne peut pas en profiter ?
On a croisé en arrivant des
Tachetés et des Abeilles (= Frapadingues et Gien-Relax, tu me connais) mais pas
de Christian, déjà sauvé ? En
repartant, on se compte : où est Jean-Paul ? Une rapide enquête nous
mène à penser qu'il a suivi un groupe de « petits pneus » démarrant
dans le sens opposé… Après essai d'appel au portable, qui ne donne rien, on se
résigne à l'abandonner à son triste sort. Il n'est pas perdu,
remarque, mais, décidément, celui-là il va falloir l'attacher. Deux
ou trois fois qu'il nous fait le coup !
Montée vers St Andelain par le
chemin derrière les Criots que l'aime bien, puis un bout de route et on dévale vers le Château du Nozet.
Hé oui, encore un château, et, de plus, qui porte le même nom (avec orthographe
différente) que celui de ce matin. Celui-là, tu le connais forcément : tu
admires sa façade en passant sur l'autoroute près de Pouilly. Très bon vin,
mais chérot.
On remonte vers les Berthiers et
l'on contourne le haut de la butte de St Andelain pour aller chercher le long
chemin rectiligne qui descend doucement en direction de Moussard. Plus de côtes
maintenant, on peut emmener gros car, si on aperçoit Cosne, là-bas au
Nord, on n'y est pas encore. Des jambes deviennent lourdes, ici et là,
mais il fait bon en lisière de bois, au soleil, du côté de Fontenille. Le
chemin continue vers l'Étang des Granges à travers de grands champs un peu
dénudés. Moins joli mais rapide, tant mieux. Actif et moi sommes dans notre
pré-carré et l'on anticipe dans la tête: au hameau la route à gauche, puis
Villechaud, les bords de Loire et c'est plié.
Tu parles tiens ! À
l'aérodrome, on nous fait revenir en arrière pour un détour par les
Foings ! Merci bien, ce n'était pas la peine d'en rajouter ! T'as vu
l'heure ? Maurice s'inquiète pour Christian, son chauffeur, qui doit
l'attendre, les uns ou les autres c'est pour le repas qui doit refroidir.
Villechaud, le single des bords de Loire, on touche au but : Port Aubry.
Actif et Anne nous y ont prévu le verre de l'amitié, sympa et bienvenu mais le
groupe s'est effiloché et l'on ne reste que quatre à monter (avec le sourire!) l'ultime pente
herbeuse qui mène à la terrasse de la maison, où les verres attendent.
Moment sympa au possible. On a eu enfin des nouvelles de Jean-Paul qui a réussi
à rallier (par quel détour ?) sa voiture !
« Rallye des
Vignobles » costaud je trouve, et quand même un brin longuet : 70
bornes et 1000 m de D+ en gros, ce qui ne permet guère une moyenne faramineuse,
malgré deux épisodes roulants.
Mais, pour une fois, voilà un beau pot d'arrivée, à ce Rallye, mais, dis
donc Anne… t'avais ajouté quoi dans ton Pouilly ? Quand je suis remonté
chez moi sur le vélo, j'avais les jambes douloureuses, pas croyable !
Dimanche prochain : l'offre
est large. Au nord : La « Transgâtinaise » à Chalette-sur-loing
(=Montargis) ( 17, 28, 38, 55 km) un classique, du populo aussi mais très bien.
Au Sud : « La VTT St Patic » des copains de St Parize le
Châtel(= Magny-Cours)(20 et 40 km), la rando porte bien son nom. Enfin, au
milieu, à Thou, une petite rando (15 et 25 km) en Puisaye. Voilà le menu du
week-end, bon appétit !
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