Quoi, je l'ai déjà fait, ce titre ? P'tête bien, il y a
deux ans, va vérifier si tu veux, mais tu vois, je suis un peu bousculé alors
tu me diras, mais quoi, ça me plaît bien de te dire ça plutôt que « Début
de Birettes » banalement, tu trouves pas ?
Car oui, je te dis que je suis bousculé, je n'ai pas pu
faire, à mon grand dam, tout le « Défi des Birettes » et me suis
contenté de la matinée…Enfin quand je te dis matinée... Ça a bien débordé sur
l'aprème aussi.
Mais que je te raconte plutôt :
Dans la bagnole qui me même aux aurores à Assigny, je caille
tellement que j'ai mis le chauffage à fond. De charger le vélo dans le tout
petit matin très frais m'a filé une caillance pas croyable. Il doit faire autour de 4 ou 7 ; c'est
selon, le thermomètre extérieur de la voiture varie énormément suivant le lieu
traversé ce matin, mais, sûr, il fait frais !
Je réussis à trouver le château de la Vallée, à côté
d'Assigny, où nous avons convenu, Actif-Michel de moi de nous retrouver.On va
laisser une de nos voitures ici, pour aller au départ à Vailly, dans l'autre,
étant donné que nous ne pouvons ni l'un ni l'autre faire la boucle intégrale de
90 km, on s'arrêtera au ravito-pause du midi, après 55 bornes, qui se trouve
donc en ce lieu dont j'ignorais le nom et l'existence. Et j'avais grand tort
car, entre le château-ferme fortifiée du XVIème, je crois, et le
château-résidence plus récent qui jouxte le premier, plus l'environnement de
pâtures et de bois qui sert de cadre à ce centre équestre, moi je veux bien me
réincarner en canasson pour vivre ici,tellement c'est chouette !
Bon, je me dis tout ça en attendant Actif qui vient
d'ailleurs de passer tout droit, là-bas, au bout de l'allée... cavalière,
évidemment, ça s'impose.
Enfin on arrive à Vailly dans les temps :
inscriptions, plaques de cadres et tout le toutim, tu connais. Arrivent
Stéphane, Pieds-nus et le Barbu, des Frapadingues, Michel-Léopold et puis Antoine et Jean-Paul, que je
n'avais pas revus depuis notre GTMC. Sympa. Dans la foule (si, si, quand même)
qui s'élance à... neuf heures (!), on essaie de se constituer un groupe.
D'accord c'est pas le Roc d'Azur, mais on trouve tout de même le moyen de
bouchonner à un passage de passerelle, car chacun a soigneusement évité le
premier gué, tu vois pourquoi ? On va vite régler ce problème : dans
un superbe chemin creux, un petit single en V qui monte un peu, Stéphane
attaque en danseuse, et s'effondre soudain sur le côté : rupture de
chaîne ! Il tente de sortir de quoi réparer, alors que les VTT défilent.
Un grand Anglais (?) perd l'équilibre et se rattrape en écrasant et
labourant la cheville de Stéphane, qui rugit de plaisir, tu parles !Va
falloir sortir la pharmacie, en plus des outils. On se réfugie dans le champ
d'à côté et le Stéphane me fait une démonstration de rapidité et de dextérité
dans la réparation. Le temps de chercher une attache rapide et le crochet
magique pour tenir les bouts de la chaîne, il t'a déjà dérivé d'un côté, puis
de l'autre, remis la chaîne en place et hop, que c'est reparti ! Je suis
scotché, « espanti », comme on dit du côté du Caylar.
On retrouve le reste de la bande
qui attend en haut de la côte. Plus de problème de bouchon : tout le monde
doit être devant ! Cool, non ?
Notre petit groupe (Les deux
Michel, Antoine, Jean-Paul et son pote Aldo, et, donc, Stéphane et ma pomme) ne
traîne pas trop mais quoi, il faut ce qu'il faut : alors que le Jacky
local, en grand connaisseur des chemins du secteur, s'amuse à nous perdre par
des sentiers tous plus pittoresques les uns que les autres, on se retrouve
soudain face au château de Boucard, dans son val de Sauldre, en dessous des
bois de Sens-Beaujeu, alors, normal, on prend des photos, on admire. On n'est
pas à rouler tels des bœufs !
On double un peu aussi et puis,
on retrouve du monde au ravito, qui permet à Jean-Paul de réparer une
crevaison… en repartant, bien sûr, sinon ce serait trop pratique.
Tu sais, on a déjà tombé un peu
les pelures, parce que le soleil s'est montré, il fait bon et puis le
profil n'est pas fait que de plat, même si on a, pour le moment, évité les
côtes assassines.
Mes collègues ont un peu de mal à
se situer, et je dois dire que le traceur a fait fort pour dépayser son monde.
Chaque fois qu'on tient un repère, on l'évite. Sens-Beaujeu ? On s'écarte…
Menetou ? Crézancy ? On ignore… Si bien que, sans avoir vraiment fait
du dénivelé, on arrive aux Epsailles sans s'en être vraiment rendu compte.Les
Epsailles ? Tu sais, c'est tout en haut sur la ligne de crête qui domine
la route de Sancerre à Bourges, derrière Crézancy et Bué. Le point de vue est
garanti : et, comme on s'avance un peu au-dessus de Bué, on découvre
Sancerre et 180 ° de panorama, depuis la vallée de la Loire jusqu'à la
cathédrale de Bourges, tout là-bas, noire dans la brume d'horizon ouest. Tiens,
à ce propos, tu en connais encore beaucoup, toi, des villes, où c'est la
cathédrale qui émerge de la cité et qui la signale de loin, comme au temps
jadis ? Maintenant, en général, tu reconnais une ville de loin à une forêt
plutôt hideuse et, en tout cas, uniforme, de bâtiments blanchâtres, immeubles
et HLM qui ceinturent tout et masquent la vraie ville. Ben à Bourges, non.
C'est encore le grand vaisseau à cinq ponts de ce que j'estime être une des
plus belles cathédrales de France, qui te sert de repère, de guide. Beau.
Là, on se dit que la descente sur
Bué, ça va être d'enfer. Depuis le matin, on s'en est fait de petites, souvent
sympas, mais rien de très marquant. Mais là, vu comme on domine le patelin
d'origine d'un des grands absents du jour (pour les non-initiés, j'ai nommé Manu), on
attend du sérieux !
Tu parles : du goudron sur
deux tiers+ un petit quart de vrai chemin seulement et un dernier tiers
(qu'est-ce t'as ? T'es pas d'accord avec mes fractions ? Moi je
m'exprime en ressenti, pas en scientifique !) en toboggan bétonné qui
arrive sur la place de l'église et le ravito. Forcément, il a fallu freiner et
mon frein arrière sent le chaud : maverdaveu ! Les plaquettes sont
collées au disque et ne se desserrent pas ! Quésaquo ? « Vapor
lock » que diagnostique Dr Jean-Paul, qui a bien connu ce genre de
problème dans le milieu des courses de moto, ou d'auto, je ne sais plus, il a
tout fait. Je décide de me restaurer et de voir après.
Bien m'en prend : quand nous repartons, le phénomène a
disparu (je parle de mon PB, pas de Jean-Paul !). Tant mieux, parce que
maintenant, on doit attaquer du sérieux, comme l'a promis le grand chef au
départ. D'abord, pour sortir de Bué, faut plus ou moins monter, si tu ne fuis
pas vers Vinon, ce qui n'est pas notre direction. Nous montons donc, pour
rattraper le haut du chemin du tacot et basculer, après avoir traversé la route
de Vailly, sur le chemin qui mène aux caves de la Mignonne. Pas bien méchant
tout ça mais, il y a là-bas un raidillon blanc qui nous attend sur la droite du
val de Chavignol. On en gagne le pied par la route (!!!???) de Chavignol et
l'on s'y attaque. Ce chemin, avec son virage au milieu, sa petite caillasse qui
roule, qu'est-ce qu'on aime le descendre à donf, dans l'autre sens ! Mais
là, c'est une autre paire de manches. L'occasion de passer un peu sur le petit
plateau.
Remarque, et l'on a eu l'occasion
de le constater, avec Actif-Michel, quand on a fait ensemble une sortie dans le
coin, il y a moins de huit jours, je ne sais pas quel engin ils ont passé sur
ces chemins, mais ça les a singulièrement râpés, en y tassant, ou enlevant une
bonne partie de la petite caillasse. Du coup, on ne perd pas autant en
adhérence. Est-ce pour cela ? J'ai la surprise de réussir à suivre
Stéphane dans cette montée (c'est vrai aussi qu'il s'est dit pas trop en
forme). Du coup, on prolonge tous les deux tranquillou sur la petite portion de plat entre les vignes, en
allant vers Verdigny, puis on attaque la route qui monte au-dessus pour gagner
la crête entre Verdigny et Mainbray/ Sury-en-Vaux. Là, je dois quand même
laisser logiquement Stéphane aller devant, mais, tout en haut, alors que nous
considérons le bon petit dénivelé que nous venons de gravir, on se gèle un peu
dans le léger vent, en attendant le reste de la troupe.
On suit la crête dans les vignes
et on dévale vers Mainbray ; bêtement sur le goudron et le béton. Je râle
de dépit : et les chemins? Il y en a bien non ?
...Et ben, plus tant que ça mon
vieux ! Souviens-toi bien de ça, c'est une époque révolue. De plus en
plus, dans le secteur, on bétonne à tout va . J'ai bien cru apercevoir une
goulotte bétonnée, là où descendait un chemin, vertical, plein de caillasse,
que j'ai vu certains passer à pied (en montant, logique, mais aussi en
descendant !) « Dangereux » qu'il était noté pour une rando, je
me souviens. C'était un régal de technique, pourtant. Et bien, je crois
que c'en est fini... De profondis.
On va vers Sury... cool, on va peut-être regagner Ste
Gemme, ça ne grimpe pas trop, qu'on se dit, mais tiens ! On vire à gauche
soudain : le chemin se redresse en un raidillon effrayant de prime
abord ! Tout à gauche !
En fait, ce n'est pas si dément. Sûr, mes cuisses renaudent vilain, en me
faisant bien sentir (aïe ! ça brûle !) que je leur ai beaucoup
demandé tout à l'heure, mais assez vite elles se remettent dans le rythme et
coopèrent docilement. Finalement c'est une belle montée, qui se fait. Avec
Jean-Paul qui m'a rejoint en cours de route et Stéphane, nous moulinons en haut
plutôt que de s'arrêter. Pas question de se refroidir de nouveau.
On laisse Ste Gemme de côté. À
gauche : les marnes de Menetou, à droite celles d'Assigny. On semble
éviter (ouf !) ces deux croupes dénudées. D'ailleurs, au vu de nos
compteurs, on devrait s'approcher du but. Un clocher : Assigny ? Non,
c'est Subligny. Quelques chemins pittoresques encore. Et poussiéreux !
Tiens, je ne te l'ai pas dit : depuis le matin, on a encore eu la chance
de faire lever la poussière sous nos crampons. Ce délice !
On vire à droite soudain :
ouah ! Du sable ! Ultime difficulté : en sortant du sous-bois,
nous découvrons les murs et les vieilles tours du Château de la Vallée. Belle
arrivée !
Dis donc, tu sais que ça devient
une mode ça : sur le modèle de Pilou, voilà que les traceurs s'ingénient à
trouver un ou des châteaux pour jalonner la rando. L'autre jour, à la
Germignoise, c'était déjà le cas. « Pas de belle rando sans un passage par
un château ». Personne ne se plaindra de cette vogue. Quoi ? Ça fait
pouêt-pouêt ? Charrie pas !
Ravito dans la cour : si la
soupe chaude est une super idée (miam !), c'est tout de même dommage qu'il
n'y ait pas eu plus pour un ravito de mi-parcours. Parce que, si, Actif et moi
arrêtons là, les copains qui continuent vont devoir faire avec un peu de pain
d'épice et de chocolat…un peu juste non ? Pourtant je les envie de pouvoir
continuer. Il fait vraiment bon, avec le soleil et les chemins sont si
beaux ! On a fait le plus dur, en dénivelé (500m en gros) et en distance
(57 ou 8) et les 35 km qui restent m'auraient bien tenté, d'autant plus que mon
frangin (P'tit Bill, le Germignois) vient d'arriver par la navette pour faire
la deuxième partie et j'aurais bien roulé un brin avec lui.
Reste que c'était vraiment une
bien belle édition.
Mais où les
« birettes » ont encore frappé ! (moi j'avais conjuré le sort,
avec la plaque numéro 13, faut c'qui faut !)
Dimanche : Rallye des
(V)ignobles. Une belle sortie, assez exigeante, habituellement. Il existe des
allergiques, évidemment. Ceux-là iront à Lavau pour la « Rando du
Boudin ». On se racontera. |