J'étais un peu hésitant pour aller à Parigny, toute cette semaine. Déjà, il m'avait fallu bricoler mon frein arrière (voir précédent article); en fouillant dans mes ressources personnelles (c'est à dire une espèce de foutoir sans nom) j'ai réussi à trouver d'abord une goupille (et même deux!) et aussi une clavette grosse comme un demi-moustique, et ça, tu vois, ça tient du miracle, je te dis, moi! Et tant mieux, vu que les magasins “spécialisés” (hum!) locaux, n'avaient, évidemment rien à me fournir, même des plaquette , mais ça , j'étais heureusement pourvu avec les provisions faites pour la GTMC. Ça ne m'a pas empêché de mettre un sacré moment (par épisodes d'ailleurs car ça m'a l'air d'être ça la technique) pour réussir à effectuer le remplacement: réussir à écarter le piston et faire de la place pour le nouveau jeu de plaquettes, et ensuite pour le passage du disque, ça m'a demandé de la patience! Enfin samedi, côté matos, j'étais OK. Maintenant les interrogations venaient de mon genou qui m'avait fait souffrir dans la deuxième partie de la rando, la semaine dernière. D'accord, après applications répétées de gel anti-inflammatoire, tout semblait clean, mais... et si ça recommençait comme pour Anne, au bout d'une heur de vélo? D'autant plus qu'à Parigny, après une heure de rando, t'as déjà bien appuyé sur les pédales, vu le profil des circuits qu'ils ont l'habitude de nous concocter, là-bas.
Mais, quoi, A PRIORI, je n'avais aucune bonne raison de ne pas tenter le coup, pas vrai? Et puis, les “Randos Vertes” de Parigny, comme je te l'ai déjà dit, ça vaut vraiment la peine : tu te régales! Oui, je sais, il avait bien plu en milieu de semaine, tant que mon parisien de Manu, se sentait pas trop, qu'il m'avait dit, de se lever tôt pour aller à une rando de son secteur... Allons, le sol était tellement sec, ça avait dû ruisseler en grande partie...
Toujours est-il que je n'avais contacté personne, même pas Actif-Michel, tant je n'étais pas sûr, jusqu'au dernier moment... Et puis je voulais me réserver la possibilité de rentrer plus tôt, au cas où bobo, na!
Ben, justement l'Actif en question il a pas patté ! Sa bagnole est garée parmi les premières sur le pré-parking de l'accueil . Il est 8 h et le voilà déjà sauvé ! Pourtant,tu vois, je ne suis pas arrivé tard et j'ai pu profiter du paysage superbe de la brume au-dessus de la vallée de la Loire, avec Sancerre et l'Orme au Loup qui émergent au-dessus, dorés par le soleil. Ça vaut vraiment le coup de se lever tôt, des trucs comme ça, tu sais?
Bon, personne en vue, pommade chauffante sur les genoux, puis café (ça par contre c'est peut-être des toxines inutiles, non?) Comme je suis prêt, arrivent l'autre Manu,Berrichon celui-là et ex-UM Veaugues aussi, avec le maillot vert ad hoc, et puis une bande de Marsus, dont Jacqui et le “fiston” dudit: Stéphane. Ouh là là, ils comptent bien que je les accompagne sur le grand circuit! Ben, oui, carrément, j'ai des craintes que le physique ne suive pas ! C'est vrai que je je me suis inscris sur le grand parcours, mais quand même! Bon, j'ai bien étudié la carte affichée: des solutions de repli existent en masse. Ceci dit, suivre Stéphane et Manu, c'est une autre paire de manches!!! Paire de manches , tiens , justement : ça pèle autant que la semaine dernière et on est assez couverts, et, ma fois, pour les jambières, c'est tout juste. Mais je sais , qu'on aura vite tout pour se réchauffer!
Exceptionnellement, ça ne démarre pas trop fort (parce que j'ai déjà vu, ici, attaquer dans le dur direct, à froid !) Vite, on trouve, en passant près d'une ferme, une couche de boue glissante sur d'anciennees ornières durcies, tu vois? Ça rate pas: un passage risqué et ma roue arrière se barre tout à droite et moi je me retrouve assis le cul dans la boue. Rigolade. Mais la suite n'est pas heureusement du même tonneau. En fait, le sol est globalement sec, avec des creux plus gras et quelques flaques, c'est très correct, mais, c'est vrai qu'aujourd'hui, les rais de lumière en sous-bois ne joueront pas avec la poussière, pas de risque!
On sort du bois, après une petite grimpette: à droite des toits brillent au soleil et d'anciennes cheminées d'usine sortent de la brume: on surplombe Guérigny.
Oui, tu remarques que je te la fais “descriptif” aujourd'hui, vu que tu n'auras pas droit à des photos: je n'ai pas mon appareil!
On descend doucement sur le chateau de Bizy, dont on traverse le parc où il nous est déjà arrive de faire un ravito. On passe une bosse dans le bois, puis ce sont les étangs du Fly, remarquable lieu de ravitaillement aussi, lors de précédentes éditions. On longe en sous -bois les étangs et le chemin s'élève d'un coup pour un court raidillon bien senti. Suis contraint au passage à pied: je n'ai pas pu passer sur le petit plateau! Il va y avoir quelques réglages à faire. Cette fois-ci, on est au coeur de la forêt sur des chemins, ou plutôt des sentiers souvent monotrace, un régal. Je n'ose pas trop faire attention à mon genou, mais ça a l'air d'aller, qu'est-ce que ça sera au bout d'une heure d'efforts et plus? Je fais attention à ne pas trop forcer, même si je cherche à garder le contact avec mes deux lascars, qui d'ailleurs la jouent quand même plutôt cool, je crois.
Je ne connais pas le nombre de participants, mais il y a du populo sur la trace ! C'est du même topo que la “Sauvignoise”, et, vu la largeur des sentiers , ça bouchonne assez souvent.
Les aboiements de la meute de la “Grande Mare” annoncent l'arrivée au ravito. Impressionnant de voir au moins une cinquantaine de chiens se masser en aboyant contre le grillage de leur chenil, parce qu'un randonneur passe à côté, avec son chien en laisse. Se fait tout p'tit le clébard! Pourvu que le grillage tienne le coup, oui! Discussions au ravito avec les uns et les autres: Patrick, de Guérigny, m'explique comment il a dû renoncer à organiser sa si sympathique rando de Beaumont-la Ferrière, dans la verdure du coeur du Nivernais: il se retrouvait seul à tout faire! Dommage.
Replongeons dans les bois, on avance vers le nord, la boucle dessinant un aller-retour assez serré et allongé entre Parigny et Murlin, pas très loin ,d'ailleurs du Beaumont que je citais tout de suite. Une descente douce, le paysage qui change un peu, avec la forêt qui s'éclaircit et des maisons qui apparaissent : on arrive au village, avec sa coquette petite église et sa grande scierie. Un peu de bitume sur le plat, pour gagner les “Limousins” et longer l'étang : on a changé d'orientation et on repart vers Parigny, en profitant de cet instant d'acalmie, avant que les choses sérieuses ne recommencent, car la colline boisée est devant nous. On pénètre de nouveau la sylve sombre. (ouais la “sylve”, je te l'avais pas sorti encore ce mot-là? Ah oui, ça fait littéraire, je sais, poétique aussi , non? Un peu pédant peut-être, mais quoi, si on ne les utilise pas un peu de temps en temps, il y a des mots qui s'effacent du langage, ce serait dommage , non?)
Bonne nouvelle, mon genou ne dit rien, il y a eu un ou deux éclairs douloureux pas fugitifs, pas plus, ouf! Pourvou qué ça doure!
Cette rando est quand même un régal. Ils ont annoncé 859m avec “georando”... Pour le moment ça ne se sent pas trop. Il y a bien des montées assez longues, ça oui, mais rarement de pourcentages très forts, ils nous sont déjà fait bien pire. Bon, juste comme je t'en cause, voilà justement un raidillon assez costaud, traversant un espace herbeux. Tout le monde est à pied, car, curieusement, de grandes branches ont été posées en travers du chemin sur le haut; curieux... et pourquoi ce vélo abandonné sur le sol, derrière ? Un tourbillon d'insectes gros commack qui volent au-dessus dudit vélo dans un rayon de soleil donne l'explication: un nid de frelons ! Et, un peu plus loin , le propriétaire du vélo gît sur le sol, sous une couverture de survie, veillé par quelques copains. Ilsont prévenu le secours, et j'espère qu'ils ne vont pas tarder, parce que l'a une sale tête, le gars . Quelques paroles, mais quoi faire de plus?
On suit souvent le haut de ces talus qui délimitent les portions de forêt, c'est souvent technique, avec des cailloux parfois, mais surtout de fameuses racines qui risquent à chaque fois de t'envoyer en bas du talus. Bénies soient nos suspensions ! Également dans les descentes, et il y en a de très belles! Autrefois, je pouvais combler mon retard sur Stéphane dans ces descentes, mais depuis qu'il n'a plus un semi-rigide et qu'il a même tâté de la vraie descente au Deux Alpes, le Stéphane, il court devant !
Deuxième passage à la Grande Mare pour un ravito qui devient parcimonieux:... On me tend un gobelet “Du jus de raisin!” Ah oui? Tu parles, du pinard! Je me bois mon demi-gobelet de rouge, ça donnera un coup de fouet, tu crois?
Il y en aura besoin car, un peu plus loin, on attaque le passage costaud du jour: une longue montée, bien pentue. En bas j'ai croisé le Jacky local organisateur, sur sa moto,, qui m'a lancé: “Tout à gauche, mais ça se monte!”. Ouin! Faudrait que ce ne soit pas en fin de rando, et puis surtout, que ce ne soit pas gras comme ça ! Car ça colle un max. J'ai beau chercher le passage moins pire, arrive le moment où le vélo se plante dans un trou. Force est de faire une grosse partie à pinces. Comme quasiment tout le monde, même le Stéphane, là bas devant. Seul Manu a dû passer. Après: descente, on rejoint les grandes lignes droites descendantes, qui font toboggan sur Parigny. Sauf que, nouveauté: en plein milieu, on bifurque à droite pour gagner, par un passage montant puis un petit single en tunnel dans la broussaille, le hameau de Poulanges, pour un ultime ravito (à trois kilomètres de l'arrivée!), chez un vigneron du cru (bien sûr!). On s'interroge avec Manu: “Et Stéphane? Où est-il passé? Je te dis: la descente! Il avait pique tout droit !...Qu'il nousexplique en arrivant peu après.
On ne s'attarde pas plus: l'arrivée est à côté , il est midi et demi, Stéphane redoute d'avoir fait attendre le Tian et les autres, qui faisaient le 37 km et doivent être arrivés.
Sur le parking, le voiture d'Actif-Michel a déjà disparu. Il a laissé un petit mot sur mon pare-brise, où il n' a pas pris le temps de conter toutes ses aventures qui l'ont conduit à se planter dans la direction, se retrouver au départ et finir par une autre boucle pour avoir son total kilométrique !
On cherche en vain, aussi, les “Frapadingues” qui auraient dû être déjà là ! Ils arrivent peu après, bien cassés. Faut dire que le 37 km affichait aussi une prévision de plus de 700m de D+. Correct, non? Enfin ,calcul “georando”, parce que mon altitruc moi, il me donne 650m et celui de Manu 700 et quelques... Reste que cette édition n'a pas failli à sa réputation, comme on dit: physique, technique et pittoresque. La boue n'a pas été trop gênante, j'en ai même entendu dire que ça ajoutait un peu d'amusement à la sortie. À ce degré là, c'est vrai, on peu le dire... Mais rien ne vaut un sol bien sec!.
C'est bien ce que j'espère avoir la semaine prochaine: je redescend dans le Sud, pour une rando sur le Larzac: là , c'est cailloux, rochers et, parfois aussi, des pierres... Normalement le Manu de Paris sera là et on avait même failli avoir David!
Ici, tu pourras aller faire les “Boucles de la Trézée”, chez les copains d'Ouzouër sur Trézée. Renseigne-toi aussi, ça pourrait être les “Chouquettes” à Amilly. Je ne connais pas la date exacte. J'en connais aussi qui vont aller vivre un truc assez géant avec le “Roc des MOns d'Arrée”, en Bretagne. Chose rare: il y a des chances que ce soit à peu près sec! Profitez-en bien! En tous cas, on se retrouve, le 20, chez le Frangin, à Germigny sur Loire, pour la 13ème “Germignoise”! |