« Eux », ce sont ceux qui se retrouvent sur la place de l'église (normal, il
faut ce qu'il faut, en ce jour, non ?) de Bué, ce dimanche matin de
Pâques. Il y a là une forte délégation de Frapadingues sous la conduite de
Francis « La Tarnais » leur président et donc, Didier, « La
Soudure » et puis « l'Tian » et son alter ego Stéphane. Le
régional de l'étape, le Manu, né natif du lieu comme on dit, nous rejoint vite. Il a plu la veille et le
ciel est encore nuageux, mais ça a l'air de vouloir tenir, le soleil n'est pas
loin, il fait plutôt bon : on a sorti les cuissards courts, mais pour
certains dont je suis… avec les jambières encore ! Mais plus de
sur-chaussures.
Tu connais Bué, non ?
Juste derrière Sancerre, un
village vigneron au creux d'un véritable entonnoir à peine évasé côté sud… Te
dire leurs problèmes lors de pluies d'orage ! Pour nous c'est surtout pour
le moment : on sort comment ? On choisit l'option
« costaud » en s'attaquant aux fameuses grimpettes sur les coteaux
qui nous dominent, ou bien on fuit vers la plaine ?
En fait, on part en biais, on
descend vers le bas de Bué, l'Estérille, et l'on prend à travers les vignes à
mi-coteau. Surprise : le chemin, empierré, est sec et sain. Bonos,
ça ! Bonnes sensations dès le départ, ça met bien dans le coup ; on
vire un peu vers la pente au-dessus pour s'élever légèrement, histoire de
chauffer un peu les mollets. Le coin est chouette, sans que nous soyons très
haut, le regard porte depuis les collines de l'Orme au Loup vers l'Est, loin dans
la plaine vers le Sud et même l'Ouest vers Avord. Seules les hauteurs de la
Borne et d'Humbligny nous cachent Bourges et sa cathédrale.
Bon, point trop n'en faut et
après la première petite « élévation » (!!!) , comme ça renaude
un peu dans le groupe, on prend un nouveau chemin horizontal à gauche.
Mais là on change de
chanson : comme on le craignait au départ, en bons pratiquants des
sentiers locaux, on tombe sur cette terre de vigne qui, dès qu'elle est
légèrement humide, alors que son apparence semble anodine, devient une pâte
collante redoutable. Quasiment paralysant : tu as beau chercher les
quelques cailloux du chemin ou les brins d'herbes protecteurs, tes pneus se
recouvrent instantanément (un tour de roue suffit !) d'un manchon de terre
qui bloque la roue illico. Force nous est de mettre pied à terre, de chercher
entre les ceps un bout de sarment assez solide pour libérer les fourches, les
haubans de leur gangue de glaise (car c'en est parfois) et de porter les
bécanes jusqu'à un passage plus sain.
En tout cas, la décision est
prise : on va éviter les hauteurs des Epsailles, Bué et Crézancy pour
prendre l'option Veaugues puis Gardefort et Vinon.Plus plat sans doute mais on
essaiera de trouver des coins sympas quand même, la région est riche et Manu,
et même moi, la connaissons assez, normal.
Un peu de descente puis un peu de
bitume pour décrasser et pour gagner le « Grand Senais » : de là
le « Petit Senais » nous regarde de haut puisque le hameau est juste
au-dessus :entre les deux un raidillon, assez court mais bien pentu :
là c'est du tout à gauche (du moins quand on peut réussir à faire obéir une
chaîne que la boue n'a pas épargnée tout à l'heure !) et un effort bref
mais assez intense. On passe la
nationale et l'on dévale dans le bois de l'autre côté. Quelques flaques ici et
là mais rien de méchant on se régale bien. Lisière du bois, puis on reprend à
l'intérieur par un petit sentier qui monte de façon sympa au-dessus de
Veaugues. Pas mal de branches tombées récemment imposent un peu de technique et
l'on débouche soudain auprès de quelques vignes avec une vue sur le clocher
pointu de Veaugues, à gauche. Encore un chemin à mi-hauteur dans le bois et
l'on plonge vers le village pour arriver le long de la petite rivière.
Pittoresque. Traversée du village, de la place devant le « Centre de
Pleine Nature », ce qui génère toujours chez moi, et, j'en suis sûr aussi
chez Manu, un peu de nostalgie de la grande époque de l'UM Veaugues... Enfin
bon, il existe encore ce club : t'as vu mon maillot non ? Et puis je
suis sur le vélo ! Je roule !.. Un peu façon « Dernier des
Mohicans » je sais bien…
Allez, tant qu'on y est…
retrouvons le théâtre de nos aventures locales : on a failli rater
l'embranchement (maintenant goudronné au début) du chemin qui monte vers les
bois de Veaugues. On bifurque vite pour arriver aux carrières. Et
maintenant ? Eh ben, on fait ce qu'on veut : on marque une première
pause pour quelques photos de franchissements près de la grotte puis on dévale
à la hussarde pour gagner ce que Manu s'amuse à appeler le « Colorado
Veauguois »… Eh ?.. Pourquoi pas ? C'est moins grand que le
fameux « Colorado provençal » près d'Apt, auquel Manu se réfère,
mais, la couleur du sol aidant, on peut s'y croire un peu… D'ailleurs on ne se
prive pas d'en profiter. Tout le
monde, à son gré, s'amuse à chercher des passages sympas, des bosses, des
trous, des montées plus ou moins possibles, des plongeons impressionnants, où
l'exemple aidant, on finit par tous se lancer l'un après l'autre après, pour
certains, avoir juré leurs grands Dieux que jamais ils passeraient là !
Moi je cours un peu à droite à gauche, l'appareil photo en main pour tenter de
cadrer LA photo du siècle (au moins !), celle qui ferait baver les pros
des magazines ? Mais, tu sais, le site s'y prête vraiment ! Faudra
qu'on repasse par là sans tarder, lors d'une SEC qui partirait de
Veaugues, comme on a déjà fait, on pourrait bien se prévoir un petit
créneau horaire avant la rando ou au retour, pour faire un saut là-bas, c'est
juste à côté. T'en dis quoi, papa ?
On quitte le site, un sourire
jusqu'aux oreilles… On n'a même pas pris le temps de se restaurer un peu. Alors
une barre, vite fait, et l'on se lance à travers champs, direction Gardefort.
Le chemin est dur et on peut rouler « sur la plaque », pour tenter de
suivre le Manu qui a piqué, comme il aime le faire, une accélération des
familles. Faut dire que, à part une chouette vue sur les hauteurs ensoleillées
de Bué, où nous étions tout à l'heure, la traversée des champs n'offre pas un
intérêt majeur. On file tant qu'on zappe le changement de direction pour se
retrouver sur la route, à quelques centaines de mètres de l'endroit visé. Bof,
tant qu'on est sur le grand développement, on continue. Retour sur le bon
chemin et montée vers Gardefort. Eh, Manu, si on prenait dans le bois ?
Une petite variante…
Euh, ouais…mais un peu coton, pas
bien frayée la trace, et puis, dis donc, la tempête a fait un drôle de saccage ! Un brin de technique pour
franchir les petits troncs et réussir à suivre la trace. Du coup on peine un
peu à se reconnaître…. Faut prendre à gauche…Là, tu crois ? Ben, ça ne
s'arrange pas : on est obligé de relever les branches pour passer. Mais on
débouche sur un champ, avec le château d'Eau de Gardefort juste devant. Pas perdus...
et puis, tiens, notre chemin est là-bas en lisière de bois…Un peu de tout
terrain (après tout, hein ?…) et on
retrouve le chemin puis le bitume, qui s'est d'ailleurs bêtement étendu
jusqu'à une petite descente qui était pourtant si sympa à dévaler… Un chemin
herbeux et on arrive à Vinon. Il y a des jambes dans le groupe qui
commencent à devenir lourdes, aussi, après avoir gagné le pied de Banon, on
décide de ne pas monter jusqu'au « Crot à l'Âne », tout en haut, et
d'éviter l'Orme au Loup. Juste un petit bout de grimpette, qui est d'ailleurs
fatale à Stéphane qui casse sa chaîne. Réparation somme toute assez rapide.
Après tout, on n'est pas dans la neige, loin de là ! Manu a successivement
laissé tomber jambières, gants, T-shirt sous le maillot et on se demande, en le
voyant se précipiter sur le bas-côté, si, cette-fois-ci, ça ne va pas carrément
être le tour du cuissard !
On remonte doucement vers la route, le temps de regonfler
une roue devenue un peu molle et l'on attaque le petit single qui, du bas de la
route de Vinon, va nous permettre de regagner la nationale, en haut. Bien sympa
ce sentier, en sous-bois, étroit à souhaits, sinueux sans trop, que c'est
amusant…de le descendre !!! Mais là, on le prend dans l'autre sens !
Et, sans qu'il soit très très pentu, il risque de nous poser quelques problèmes
s'il est, comme c'est sûrement le cas, collant, malgré les quelques cailloux
qu'on y trouve en haut et peut-être aussi à cause d'eux (de Pâques !!!
J'insiste, des fois que tu n'aies pas compris !). J'ai des souvenirs d'y avoir bien perdu
le souffle, dans ce truc…
Donc, emmanchons nous (!?) dans
le sentier… J'ai Manu devant et je redoute de bloquer quelqu'un dans la côte,
car pas de possibilité de doubler dans ce passage. En fait j'enroule assez bien
et lorsque, vers le haut, je dois rapidement poser un pied pour me permettre de
suivre le roin qui est la seule trace, je me rends compte que celui qui me suit
est assez loin. Je me sens plus dans le coup que la semaine dernière,
finalement. Mais le tempo n'est pas le même non plus sans doute.
Regroupement en haut, traversée
de la route et l'on enquille le chemin du tacot qui redescend, vers Bué. Tu
sais, une ancienne voie ferrée descendante, sol roulant, pas de virages, c'est
le truc que tu prends cool puis tu te mets sur la plaque et, peu à peu tu
prends de la vitesse et tu te retrouves à tenter d'aller le plus vite possible,
pour finir à fond. Faudrait pas qu'un lapin traverse ! Au départ on en a
vu un qui donnait l'impression de courser un(e) écureuil(le) ! Les lapins
quand même !!!
On regagne doucement la place de
Bué. Belle sortie : une petite quarantaine de bornes, pas loin de 400m de
D+ , à la louche, on s'est bien amusé, en plus. Du coup, on projette… on
souhaite d'autres soties dans le coin… une sortie d'une journée complète
peut-être, qui nous mènerait vers La Borne…
En attendant, notez la rando de
Bué le 17 mai : je serai retenu, mais l'an passé, on avait vraiment
apprécié !
Pour le prochain week-end, je
fais un truc de oufs avec Gien-Relax,
mais lancez-vous à St Martin des Champs (89) pour la « 1ère
Poyaudine » organisée par les gens de Lavau, c'est à découvrir, à côté de
St Fargeau… Si, toutefois, vous
avez digéré le chocolat ! |