Les traditions se perdent mon bon monsieur ! Onques
vit-on une « Rando des Beignets » sans boue, hm ? C'en devenait
sans doute même bien agaçant pour la bande de Marsus à Francis, cette
réputation collait au nom de la rando
comme la glaise de Puisaye
à nos crampons ! L'an passé, le grand circuit était super, mais
gâché au dernier moment par de fameux passages boueux ! Tant et si bien
que les Frapadingues en avaient envisagé de délocaliser (c'est à la mode) la
rando, soit sur le calendrier, soit géographiquement. Te dire !
Et puis, meilleure
solution : tâcher de trouver des zones plus dures, plus caillouteuses. Et
j'aurais bien aimé cette année fouiner sur la carte et à vélo dans la région,
avec Francis, pour chercher ces secteurs indispensables. Mais, cette année, je
suis trop pris par les travaux de maison et mes pénates à transporter, de 800m , mais à transporter
quand même !… Aussi quand j'ai vu, dimanche dernier, les
prévisions-météo annonçant une semaine printanière à souhaits, j'en aurais bien
bouffé mes pinceaux et rouleaux de
ne pas pouvoir aller participer, avec le René-Coupe-épine et le Tarnais, au
balisage des circuits. D'abord, pour leur donner un coup de main et puis, c'est
toujours une opération sympa : la préparation, de la fête c'est déjà la
fête, tu sais, comme quand on installe les projos, la sono, quand on sent
l'odeur des rideaux, la poussière de la scène. Tiens, je te placerais bien
encore un petit couplet souvenirs-nostalgie…la fête scolaire qu'on préparait à
Couloutre, la scène qu'on installait dans la classe avec des planches
d'échafaudage disposées sur de vieux pupitres, les structures portant les
éclairages (des ampoules peintes à la gouache dans de vieilles boîtes de conserves) et le rideau de scène, les
tentures qui délimitaient les coulisses, lieux magiques. Et je t'assure que les
cours habituels qui se déroulaient dans cette salle métamorphosée, n'étaient
pas ceux auxquels nous étions les plus inattentifs, au contraire ! Tout ça
comptait presque davantage que le spectacle lui-même qu'on donnait en fin de
semaine devant la salle comble… Enfin je te raconte pas, Actif-Michel va encore
me charrier !
Toujours est-il que je n'ai pu
résister à aller le jeudi matin, les accompagner symboliquement sur la portion
au-dessus de Neuvy. En culpabilisant deux fois, évidemment : une fois,
parce que je ne les aidais pas assez, et une autre fois, parce que j'aurais
quand même pu aller poser quelques lés de papier en plus dans la future salle
de séjour au lieu de m'amuser sur le vélo !
Du coup, quitte à ne pas aider,
je suis allé au bout de ma honte en participant en « extérieur » à la
rando. Mais ça, avec un sol sec, je m'en réjouissais plutôt.
L'Actif-Michel, justement, il
peut bien rigoler, mais il n'était
pas de la fête, enfin, de celle-là, parce qu'il a dû fêter un brin quand
même ! Et puis le Michel-Léopold non plus, et toute l'équipe de
l'ECC ! Il y avait de la désertion dans l'air, côté copains.
Ceci dit, comme j'arrive sur la
place d'Annay, faut s'employer pour trouver une place pour la voiture !
Bon signe ! Pourtant, j'ai cherché à arriver assez tôt pour profiter un
peu de tout le monde : une bise ici et là, des poignées de main un peu
partout…Ça rigole déjà autour du café-viennoiseries. Francis s'affaire ici et
là et chacun semble à son poste. Côté marcheurs, c'est la foule aux
inscriptions et puis les vététistes arrivent. Le Stéphane de Montargis et une
belle brochette de Gien-Relax, presque un essaim d'
« Abeilles », quoi. Manu
(encore un ! l'UM Veaugues
était riche de « Manus » !) nous hèle et se prépare vite pour se
joindre à Stéphane et moi quand nous décollons, avec le groupe de Gien-Relax…Hé
là ! Je vais où, moi? T'as vu
l'équipe ? Le Manu Vatan, c'est un rouleur, le Stéphane, je t'en cause pas...
et puis si on se mêle aux Gien
Relax !!! Je te le dis, moi, j'ai, vite fait, mis en route le
cardio : va falloir
contrôler !
Direction Neuvy quasi
directement : la montée douce qui sort d'Annay, après le cimetière, ça
fait déjà drôle de la trouver aussi sèche : du jamais vu, presque. Le
single entre la Vrille sûrement glaciale encore et le barbelé, la passerelle et
l'on se lance dans la montée vers Gardefort : pour un test, c'en est un.
Je la connais bien cette montée, alors pourquoi je suis parti à ce rythme
là-dedans ? Parce que ça allait bien ? Dans la première partie, oui,
mais la fin m'asphyxie un peu. Faut pas que je m'occupe du reste du
troupeau et que je monte à ma main. Point barre ! Coup de bol, mon
téléphone sonne : c'est l'Actif-Michel qui doit l'avoir saumâtre un peu de
ne pas être sur le spad par ce matin de printemps et qui nous fait un petit
coucou à son lever (Déjà ? Il est à peine neuf heures !). Du coup, je
reprends mon souffle et me ça me donne une excuse pour ne pas avoir à essayer
de suivre le train des rouleurs rayés jaune et noir. On suit un peu la voie
ferrée puis on dévale sur les bords de Loire pour rejoindre le point de ravito,
près du pont, un point très « Centrale » n'est-ce pas puisque
quasiment au pied des deux grandes tours de refroidissement, sur la rive en
face. C'est le mot, en effet, puisque c'est d'ici que partent deux
boucles : l'une qui fait l'aller-retour du pont de Bonny, de part et
d'autre de la Loire et l'autre boucle qui va monter un peu au-dessus de Sury-près-Léré
et Belleville. On peut faire son menu à la carte, quoi... Justement, côté menu,
la table est tenue par des pas tristes :le Tom, Pharmaton, Christophe, ça
ne génère pas vraiment l'ennui (voir le Dudu en train de mettre en scène ".. et la tête sous le robinet !!!"). Du coup, peut-être qu'on s'attarde un peu
plus que la normale. De plus, du côté de la centrale, en gars qui connaissent
le coin, on ne fait pas trop gaffe au balisage et l'on commence à se planter.
Pas trop mais, on gagne du temps, tout ça (!) .
Chemins roulants du Val, bon
rythme mais dans lequel j'ai du mal à être à l'aise... Pourquoi ? va
savoir ? C'est la côte de tout à l'heure que je n'ai pas digérée ? Je
ne réussis pas à avoir la niaque.
Bien sûr, on se grimpe le coteau en face, une fois, puis deux. Cette
fois-ci je ne me fais plus prendre et ne regarde pas trop les roues des deux
jeunes devant moi qui me prennent logiquement quelques longueurs dès que ça
s'élève un peu. On reste un peu en
haut, des cyclos nous croisent sur la route, repèrent nos maillots, à Manu et
moi : « Salut les gens de Veaugues !». Hé, ben !… Dans le
dernier « Régional de Cosne », un article sur la rando de Pouilly
saluait : « la participation importante du club
Veaugues… » ! On remonte dans le temps !!!
Un passage un peu à
l'ombre…Eh ? C'est de l'humidité ça ? Les roues marquent sur quelques
dizaines de mètres ! Pour qu'on repère ça, c'est te dire si le reste est
sec ! Sec et caillouteux, comme la descente délicieuse qu'on se fait juste
après . On remonte tout de suite ? Ça a failli ! En fait, on
regagne Belleville puis le pont et retour au ravito. C'est pas mal ce système de boucles en trèfle (c'est
de saison !). Non seulement on peut choisir son parcours, mais, en plus,
on croise les uns et les autres, des qui partent, ou repartent, d'autres qui
rentrent, des gens qu'on n'aurait peut-être pas aperçus sinon. On a ainsi salué
Pilou, remis, un pars habituellement plus matinal que nous. T'as compris que la
halte est encore une fois, peut-être, un peu plus longue que raisonnable.
On rattrape le retard (quel retard, après tout ?) sur la
boucle des deux rives où l'on roule sur la plaque presque tout le temps, sauf
au passage de la « musse à René », bien sûr, et un peu après. Je me
trouve un peu plus dans l'allure. RAS sur cette boucle à part un
« bunker » de sable caché juste après une bosse et où Manu a bien
failli plonger !
Troisième passage au ravito, qui
commence à être pas mal dégarni (sauf la « Trousse-pinette » de
dessous la table qui assure encore). On a un peu l'impression de faire
l'arrière-garde.… Pourtant, je témoigne que ça roule, non ? Alors
quoi ?
Aller on rentre ! Passage
sous la nationale et la voie ferrée et on pénètre dans le site du parcours de
santé (?). Un beau talus, en sous-bois, avec des chemins et sentiers en tous
les sens : sens du haut en bas surtout, d'ailleurs.. Enfin, non, vu le côté par lequel on
arrive, c'est plutôt de bas en haut !!! On l'a parcouru bien des
fois, ce secteur, du temps du Grand Jean-Pierre mais, l'autre jour, on y a
découvert encore un single inconnu, que j'ai trouvé génial. Le problème c'est
que, maintenant, faut le prendre dans l'autre sens, et je peux te dire que là,
c'est petit plateau d'autor ! Comme quoi, sur cette rando, on aura tout
usé, du grand au petit. C'est ce qu'il faut, non ? Comme on aborde le
sérieux, je m'aperçois que le Francis est revenu flécher une variante moins
inhumaine ! Dommage, non ? Je voudrais bien savoir combien auront eu
la franchise (si, si, j'appelle ça comme ça !) de voir la bonne
direction et faire le vrai passage ! Déjà, tu vois, le Stéphane, il était
parti en biais, qu'heureusement je l'ai rappelé à ses z'obligations, ah,
mais !
Eh ben, quoi ? Ça se
monte ! C'est pentu, OK, mais pas bien long. C'est vrai qu'il faut un peu
charger la roue avant qui a tendance à se prendre pour une montgolfière et sans
soulager trop celle de derrière que tu t'ingénies à faire tourner à force de
jus de mollet. Un petit replat et l'on continue le même genre de raidillon, en
un peu moins pentu, mais assez délicat à négocier parce que juste côté de petites marches (qu'empruntent,
en plus, un groupe de marcheurs !). Le Stéphane, comme tu peux voir, il te
monte ça quand même sur la roue arrière ! Il va même « faire la
descente » un peu plus loin, en dévalant sur l'étang de Marvy ! Eh
ben, dis donc, Stéphane !!!
Voilà, encore un peu de plat,
puis une montée longuette au bord de l'autoroute et l'on est presque arrivé. Le
temps de récupérer un gars à la dérive, de rater du coup nous aussi bêtement le
balisage et l'on retrouve le bon chemin en haut de la dernière descente. Je
bousculerais bien, tout juste, deux au trois vélos qui abordent la zone avec
circonspection, mais comment rater
ce dernier toboggan, plein de roins qui se croisent, de feuilles sèches, que
c'en est un régal ? Zou !!! Eh, attends, là, ces trente centimètres
brun foncé, dans un creux d'ornière, c'était pas de la boue ? Le seul
passage du jour, si on peut dire ! Parking d'arrivée : encore un bout
de conversation avec les Zabeilles qui remballent et l'on se pointe juste pour
vérifier qu'il reste bien encore (cette année) un peu de Kir pour faire passer
les beignets !
Bon, là encore j'aimerais bien
m'attarder encore. On "bilane" : 400m de D+ , 56 km à 20 de
moyenne, comme beaucoup sans doute aujourd'hui. On commente : « Faudrait prévoir deux circuits,
que dit Francis, on choisirait au dernier moment, en fonction de la
météo… » Il regrette presque de ne pas avoir repris celui de l'an passé…
Sûr : personne l'aurait
reconnu. On l'aurait peut-être même trouvé roulant ! Un comble !
Bon, dimanche c'est Pâques :
alors pas lerche d'organisations : Vienne en Val (45) pour les gens plus
au nord, sinon rien dans le coin... c'est… cloche ! (oui, je sais, j'ai
honte, mais je pouvais pas le laisser de côté, celui-là, t'es bien d'accord !). Sinon, le
Manu de Bué descend de sa région parisienne et propose un tour en Sancerrois.
On en recause ? |