Eh oui, dans l'équipe de l'ADL des Aix d'Angilon, qui
organise les « Coteaux de Morogues », œuvre (et pas qu'un peu)
l'Ex-président de mon club U.M.Veaugues dont il fait toujours partie,
heureusement. Ce Manu-là, j'en suis sûr, nous aura trouvé un tracé à la hauteur
et… en hauteur aussi !
Justement, les hauteurs de Sancerre, quand je pars ce
matin, on ne les voit pas, cachées qu'elles sont par un ciel bas : sûr que
du côté de la Borne, c'est pareil ! Mais bon, il ne pleut
pas, comme les différents bulletins météo nous l'annonçaient depuis
plusieurs jours, c'est déjà énorme. Toutefois, sur l'aire de départ, on
s'interroge bien un peu sur l'équipement à prévoir. Difficile de ne prendre que
des mitaines ou renoncer aux sur-chaussures quand il fait encore assez frisquet
(il y a en particulier un petit vent pas bien chaud), évidemment, on sait bien
que, dans la matinée, les efforts aidant, il va faire chaud sous les maillots,
mais pour le moment…
Pour le moment, et bien, on attend : Michel-Léopold
vient d'arriver, Eric-Œil de Lynx et son compère Pascal, que j'ai convaincus la
semaine dernière, ont fait le déplacement. Un seul « Frapadingue »,
en la personne de Michel-« Pieds-nus », qui s'y remet sérieux après une
coupure assez longue, et qui d'ailleurs part devant : « Vous me
rattraperez ! » Tu parles ! Maurice arrive : il lui a fallu
faire cent bornes pour être des nôtres ce matin, chapeau, hein ? Quid
d'Actif-Michel et Anne ? Coup de fil… Panne de réveil !
Du coup on évite la (très relative) cohue du départ
groupé, pour faire le notre particulier : Michel, Maurice, Alain, Francis
un ami à eux, vigneron dans le coin, et puis nos deux « abeilles » de
Gien-Relax, qui ont la gentillesse de faire au moins le départ avec nous, même
s'ils ne veulent pas « faire les avions » comme ils disent, je pense
qu'on ne suivra pas leur rythme.
Quand même, on n'est pas parti bien de bonne heure,
surtout que les 40 bornes du
circuit ne vont pas se faire en
deux heures, vu le profil du parcours !
Le problème de cette rando, c'est un peu comme le Rallye
des Vignobles et, dans une moindre mesure, de la « Germignoise »
aussi, c'est que le départ est excentré par rapport au site intéressant
proprement dit : ici, il faut faire la traversée de champs, souvent vides,
sur un terrain pas toujours très amusant, avant d'arriver « sur
zone ». Remarque, ça fait un échauffement…
Cette année d'ailleurs, l'aller est plutôt bien
choisi : dès Ruelle (je crois, je dis ça de mémoire, puisqu'on ne nous a
pas fourni la carte) on quitte la route
et, déjà, on passe un gué : l'affaire est lancée et l'on va tout de
suite avoir un parcours assez
varié, évitant les grandes étendues vides : on se confronte déjà même à
deux ou trois petits « coups de cul » que le sol gras ne rend pas
toujours facile à franchir.
Et Maurice se couche pour la première fois…
Pendant un moment on roule assez groupé, mais petit à
petit, les deux « abeilles » partent devant. De plus, ce que l'on craignait depuis
un petit peu en passant près de haies taillées s'est produit : une
crevaison. C'est Maurice qui s'y colle. On répare dans le petit vent, on avait
pourtant bien réussi à s'échauffer et l'on n'était pas mal.
Bon, espérons que l'on n'aura pas d'autre problème
mécanique, et que mon dérailleur
arrière, qui semblait un peu fatigué ce matin, voudra bien jouer son rôle sans
trop rechigner, car on va avoir du boulot : on a dépassé Morogues et nous
voilà au creux du vallon, près d'un lavoir où l'on est passé bien des fois.
Cette fois-ci, les hauteurs d'Humbligny sont juste au-dessus de nous: à
l'assaut !
On grimpe peu
à peu, parfois assez bien. Ce n'est pas, surtout au début, que ce soit
très pentu, mais le chemin est particulièrement difficile : un peu de
caillasse, pas mal d'eau ou de boue et surtout peu de place en dehors du roin
central.Parfois la pente nous laisse un petit répit pour mieux reprendre plus
loin, les pneus s'accrochent comme ils peuvent, on joue des manettes, la chaîne
saute d'un pignon à l'autre, passe, parfois difficilement, d'un plateau du
milieu au petit, un gars bloque devant, te contraint à un redémarrage
périlleux, on progresse assez lentement...
Et Maurice, bloqué, se couche pour la deuxième fois…
Dis donc, dans cette histoire, ça fait un petit moment que
je redécouvre une sensation « de l'été » : le picotement de la
sueur qui coule depuis ton front jusque dans tes yeux . Signe que
un : que ça grimpe bien et pas qu'un peu et deux : que la température
reprend, elle aussi, un peu de hauteur. Bonos, Non ?
On a surveillé les cadrans : côté cardio, ça c'est
maintenu, et puis côté altimètre, on passe les 420 m, comme la Motte
d'Humbligny, culmine à 430 m ( et domine ainsi, paraît-il, le quart nord-ouest
de la France! Tu savais ça ?), on peut en conclure qu'on est en
haut ! Satisfaction. (Tan,
tan, TAN, tan…)
Débute maintenant un moment d'intense plaisir
vététistique : on fonce à travers la forêt, les houx, par un petit single
sinueux assez roulant quand même parce que plat ou légèrement descendant et
plutôt sec, en direction du village de la Borne. Quel régal ! À gauche,
des excavations, sortes de trous de bombe (ancienne extraction de
minerai ?) nous font penser que, on va se trouver soudain, comme l'an
passé, face à un plongeon
impressionnant dans un de ces trous : si tu hésites, tu n'y vas pas !
Aussi, se prépare-t-on mentalement… Mais finalement le traceur a, cette année, privilégié le plaisir
du single qu'il n'interrompt pas : un petit bout de descente pour arriver
au ravito et on repart sur le même genre de tracé, on dépasse le village de La
Borne puis on quitte la forêt : joli point de vue, et jolie descente
aussi, assez longue, avec virages où tu vas chercher les appuis extérieurs,
mais gaffe quand même, dès que disparaissent les cailloux, ça glisse et la roue
avant pourrait bien n'en faire qu'à sa tête !
On passe près d'un étang et puis... Il faut bien franchir
encore cette ligne de hauteurs, devant ; là je ne connais pas bien,
mais on nous a parlé d'une montée dans l'eau.
Effectivement le chemin s'élève de nouveau, un petit
sentier en creux où l'eau descend : il faut solliciter sérieusement les
cuisses et jouer du guidon pour tâcher de trouver la bonne accroche : là
encore, le mieux est de rouler dans l'eau. La pente n'est pas bien forte mais
longue : ça commence à marquer les organismes et l'on est égrenés tout au
long du sentier.
Et Maurice s'est couché pour la troisième fois…
Comme on sort de la forêt, on s'arrête un instant pour se
regrouper et surtout profiter de la vue. Quel bol on a d'avoir ce temps !
T'imagines ça sous la flotte ? Là-bas, le clocher des Aix, et on reconnaît
même la toiture du gymnase ! On y est, quoi …
Mais, attend un peu : pas si vite, mon titi !
D'accord on se fait encore une chouette descente, mais, après, il reste encore
un dernier ressaut dans les vignes
et qui est fatal à Alain : le voilà tordu de crampes. Pendant que nous
l'attendons, un coup de klaxon : c'est Pascal qui repart déjà. Alain
choisit (il n'est pas le seul) de suivre la route que l'on coupe pour rentrer
directement au village que l'on voit tout au bout... Nous rentrons par un
chemin herbeux, à travers de grands champs. Seul point positif : le vent
nous pousse un peu.
Retour à la base : on est loin d'être les premiers
mais loin aussi d'être les derniers : boudin chaud et pot. Ambiance sympa.
Vraiment belle rando : 700m de dénivelé mais je suis loin d'être vidé
comme il m'arrive parfois. Sympa aussi que la pluie ait attendu l'après-midi
pour se manifester ! Même si
« Les Aix » ça veut dire : « les eaux », nous on
préfère que ce soit « les hauts ».
Au fait : Maurice, plus fort que Jésus, se serait
couché une quatrième fois !
Pas de rando pour moi la semaine prochaine, mais il ne
faudra pas rater la « Ronde de Sully » à Henrichemont, une rando bien
pittoresque, au profil varié, qui déroule sur l'autre versant, nettement moins
pentu, des hauteurs de la Borne. Mais je vous recommande aussi la « Rando
de Printemps » à Bouhy, qui se déroulait autrefois en Janvier et que nous
avons toujours faite dans la neige ! (va voir plus en arrière). Une
organisation à soutenir aussi si on veut qu'elle se perpétue.
Voilà, roulez bien et rendez-vous le 22 à la Rando de
Pilou à Donzy ! |