Il y a des matins de rando où tu retiens ton souffle avant
de monter sur le pèse-personne et où, un peu plus tard, tu regardes à deux fois
le niveau de remplissage du Camel : ne pas trop en mettre dedans, surtout,
parce que, tout ça, tes kilos superflus et ton chargement, il va falloir le
hisser en haut des coteaux. Or, justement, aujourd'hui, il y a quelques côtes
au menu, puisqu'on va à St Satur pour la "Rando des Coteaux
Sancerrois". Il y a, comme ça dans l'année, quelques randos
« physiques », pas énormément il faut bien le dire et j'en connais
quelques-uns, des cadors du VTT (et d'autres moins cadors), qu'adorent pas trop
ce type d'efforts et qui évitent soigneusement de venir en particulier à St
Satur. Aujourd'hui, en plus ils auront une bonne excuse, au moins, car il a
fait un temps assez pourri hier, avec un peu de neige et, ce matin un risque
assez conséquent de verglas. On a eu connu ça, déjà, en cette occasion, et je
me souviens d'un pont de St Thibault que j'ai traversé, au pas, en voiture
derrière celle du Grand Jean-Pierre qui n'en menait pas large.
C'est presque
ça aujourd'hui, avec un joli coup d'œil, en arrivant, sur Sancerre et les
collines qui dominent la Loire, joliment poudrées de blanc. Manque juste un
petit rayon de soleil, car la brume du matin est venue boucher un peu
l'horizon.
On commence par se fourvoyer, car
le rendez-vous s'est déplacé de quelques centaines de mètres, à la nouvelle
salle culturelle toute flac et dont on va bien dégeulasser le nouveau carrelage en fin de matinée.
Curieux mais bon.
Je me pointe pas trop tard, pour
profiter de l'arrivée des autres mais Anne et Actif-Michel m'ont précédé :
doivent être en manque, vu qu'ils n'ont pas roulé depuis trois dimanches !
Équipement « hiver » d'autor
et petit café chaud, merci, en saluant les copains : les locaux
sont là, mais l'ECC n'est représentée que par Michel-Léopold de St Martin, qui
sera d'ailleurs récompensé pour son mérite d'avoir bravé les kilomètres
verglacés.
Actif-Michel et Anne ont déjà dropé
devant et, en compagnie d'Œil de Lynx de Gien-Relax (sont deux avec le Claude,
faudrait prendre un peu de risques les gars !!!), avec Léopold, on les
rejoint au moment où, après le petit échauffement bienvenu dans le plat du Val,
on arrive à Ménétréol, puisqu'on tourne cette année dans le sens des aiguilles
d'une montre. En face : l'Orme au Loup, c'est là que ça devient sérieux. Première grimpette, dans le village d'abord puis au-dessus, bien sûr. Le sol
est gelé et les crampons s'accrochent, si bien que cette première difficulté se
grimpe assez cool, et c'est peut-être bien la première fois que je reste sur le
plateau médian pour le raidillon final.
On commence déjà à croiser des
marcheurs qui font le parcours dans l'autre sens, aussi je me méfie et jette un
coup d'œil en contrebas quand il s'agit de se lancer dans la descente qui
ramène au pied de Sancerre : on la connaît bien, elle est assez large et
saine et l'on peut se lâcher, en faisant gaffe toutefois, tout en bas, au
virage dans la caillasse avant de devoir tourner ensuite à angle droit .
On est bien lancés : pas de
marcheurs à croiser. Roule ! On passe sans Pb une grille d'évacuation de
l'eau de ruissellement nouvellement installée. Plus bas, une vététiste à
doubler… je vise le côté gauche où elle a laissé de la place, quand, bien sûr
elle s'y déporte au moment où j'arrive à sa hauteur, à moi la caillasse du bord de la
vigne! Un peu chaud, mais c'est passé juste ! Le dernier virage, les petits
cailloux, des marcheurs qui s'écartent, apeurés, à droite et à gauche, comme
des poules. Tourner à gauche... eh ? c'est une impression ou quoi ?
J'aurais bien freiné trop léger…
Premier ravito, premières gorgées
de vin chaud…p'têt pas malin ça …Mais il faut bien se remettre, car on vient de
se rendre compte (le panneau était à l'envers) que nous venons de traverser un
territoire de chasse en cours… carrément !
Montée à Sancerre par la route,
puis on bascule sur la Mignonne, sans trop se lâcher car, tout de même, il y a
pas mal de neige, surtout au début… mais ensuite, banzaï!!! Sur ma lancée, je
manque encore d'emplafonner Anne qui, elle aussi, fait un écart pour prendre
une trace.
C'te fois-ci c'est tout à
gauche : on attaque la côte qui mène à Amigny : départ très raide,
puis ça s'adoucit progressivement pour finir sur le plat, à l'entrée du
village. Là, il faut s'employer sérieux. Bon, le vin chaud n'ayant pas fait de
ravages, j'escalade sans encombre cette deuxième difficulté, bien que, sur le
haut, le chemin se soit couvert de glace. Pas facile : pas de mouvement
brusque, bien rester le corps à l'aplomb du cadre. J'ai droit tout de même à un
petit écart imprévu ! Je m'arrête attendre les côpains (pas le Eric qui,
lui, caracole devant !). Le paysage est splendide : photo...C'est marrant de réaliser que le chemin qui, là-bas, monte au-dessus d'Amigny par une trouée entre les arbres, évoque aujourdhui une piste de descente de ski tracée dans la forêt!.. Mon séjour dans les Alpes n'est encore pas bien loin!...
On gagne, un peu prudemment, le
bas de la côte sur la dorsale entre Amigny et Chavignol (tu me suis oui ?
C'est toujours le même parcours, dans un sens, ou dans l'autre !). Ça
glisse parfois sérieux et j'ai encore failli percuter une fille à VTT qui s'est
brusquement mise en travers, décidément !!!
Bon, eh bien maintenant, à nous
cette troisième grimpette.Pas bien facile habituellement, car, outre qu'elle
est assez pentue, elle est recouverte de gravasse et il faut y choisir son passage. J'y ai souventes fois eu
des Pb d'adhérence. Aujourd'hui aussi, mais pas pour les mêmes raisons, tu
devines !
Avant de plonger sur Chavignolet, à droite, on roule
carrément dans la neige. Descente un peu prudente puis on remonte le fond du
vallon. On oublie souvent ce chemin dans les difficultés, peut être parce qu'il
est dans un fond, pourtant il grimpe pas mal et là, avec la neige, c'en devient
vite casse-pieds de le remonter, si bien que j'y mets un instant pied à terre,
tant j'en ai marre de mouliner en cherchant, avec difficulté, adhérence et
passage. Je me remets en selle un bout, mais, de toute façon, le raidillon à droite qui
remonte au-dessus de Chavignol est imprenable dans sa première partie. Déjà
dans de bonnes conditions, c'est
saqué, mais là...
Je passe quand même le haut sur
le spad et j'enquille le sentier entre les arbres bas : choc
esthétique ! La neige est restée sur les branches des fourrés, c'est
splendide ! De même que le vallon de Chavignol en dessous.
On gagne Verdigny, ravito chez
Prieur qui nettoie gentiment les vélos au jet: la classe !
Derechef vin chaud ? Bon,
mais juste un peu, hein ? Il ne reste plus beaucoup à grimper, je
crois…Quoique, s'il leur prenait fantaisie de nous faire remonter le chemin des
Blanchisseuses, hein ? Ça nous ferait drôle, non ?
Mais pas de fantaisie, on suit le
parcours classique (ouf !). Faut quand même remonter le bois de Charnes…De
là, on descend dans les vignes : zou ! Attention, prendre là-bas à
mi-pente à gauche... EH, c'est quoi, ça ? Je freine à bloc et ne ralentis
guère !!! Comment s'arrêter ? Tout droit ? Je prendrais encore
de la vitesse ! Je tente la bifurcation à gauche, en allant m'appuyer sur
une espèce de talus qui m'empêche d'aller dans les rangs de vigne. Ça marche.
Ouf ! Va falloir éclaircir la question. Purger le circuit
freins ? Sinon c'est quoi ?
Nouvel arrêt près de l'ancienne
gare (sans prendre de vin chaud.. quoique… Si on nous poussait…) puis petit
passage dans les vignes avant de plonger vers le golf.Le coin, qui dégage une
belle vue sur le Val et Sancerre de profil, est joli mais assez galère à
traverser, car on est en fin de matinée : glace et neige ont fondu dans le
secteur et ça patte un peu mon n'veu ! Pour extraire les roues de la
gadoue faut un brin tirer sur la chaîne !
On retrouve le chemin gravillonné
de la « Loire à vélo », le long du canal. Bof ! Eric appuie un
peu, et nous on essaie de suivre sa roue, comme on peut, avec ce gravier qui
freine !
Il n'est pas bien tard :
c'est vrai qu'on n'a fait que trente bornes mais quand même 600m de D+, bon, le
tour de Sancerre, c'est pas le Tour du Mt Blanc, mais quand même…
Lavage de vélos, boudin,
récompenses et apéro… Sympa, même si on se sent plus à l'étroit dans le hall
d'entrée de cette nouvelle salle que dans l'ancienne. La nouvelle équipe a
cherché à continuer dans la tradition avec un souci d'améliorer l'organisation.
Pas mal.
Et dimanche prochain ? Que
tu me demandes… Il y a Fourchambault.Le coin est sympa, avec les hauteurs de
Garchizy et de Pougues en toile de fond, si tu vois ce que je veux dire…Quoi,
c'est loin ? Bof, une demi-heure de Cosne et avec l'autoroute gratos, et
puis moi, quand je vais à Vieilles maisons ou Chalette, c'est quoi ?
Bon allez, bonne semaine à
tous ! |