Je ne sais pas si tu connais l'origine du mot
« Chandeleur » (ça vient de « candela », la chandelle) mais ce matin, il résonne comme
mon réveil qui me CHANTE L'HEURE
de me lever ! Et, crois- moi,
même si je suis revenu dans l'après-midi d'hier de mon épisode ski, (dont au
sujet duquel je t'ai côsé dans l'article précédent), j'ai un bon passif de
fatigue qui fait que le réveil est un poco duraille, je te dis, moi !
Car c'est la Chandeleur avant
l'heure, aujourd'hui (en fait c'est demain), puisque c'est la « Rando des Crêpes » chez les
copains d'Ouzouër-sur-Trézée, et la Rando des Crêpes, c'est un truc auquel on
se doit d'être fidèle. Je me demande de quand elle date cette rando, mais j'ai
l'impression de l'avoir toujours faite. Ce doit être une des plus anciennes
organisations de la région. Faudra demander à Pascal. C'est toujours une organisation nickel, et,
même si on patauge parfois dans la bouillasse, on se régale toujours, sur le
plan VTT et puis z'aussi sur le plan gustatif, avec la quantité incroyable de
crêpes qui sont préparées ce jour-là par une armada de cuisiniers et nières.
Mais en attendant d'en arriver
là, faut déjà le mériter. Il pince ce matin, et pas qu'un peu ; pourtant
il ne fait guère que moins 4, mais, alors que j'ai pris des moins 10 toute la
semaine dernière sans trop le sentir, j'ai l'impression d'avoir plus froid.
Zarbi, non ? Pourtant l'équipement est adapté dans les deux cas,
alors ?
Z'ont du succès les Ouzouër's
Boys : il y a des voitures partout et je me gare à perpète. Le froid a
peut-être, paradoxalement, attiré du monde : pardi ! Les chemins
seront durs (sinon secs) et donc agréables, aussi bien pour les marcheurs que
pour les randonneurs à roues.
Dans la salle d'accueil, je
retrouve tous les copains du coin : ECC, Gien-Relax en nombre et une bonne
harde de Marsus des Frapadingues. Tout de même, il manque quelques têtes.
Actif-Michel et Anne, rentrés tard hier soir, en sont encore à rêver des bosses
où je les ai parfois entraînés. Bossez, bossez, il en restera toujours quelque
chose !
Il fait bon dans cette salle, et
pas seulement à cause de l'ambiance amicale : là-bas, derrière une
batterie de cuisinières, on s'active sérieux : on se relaie pour préparer
les fameuses crêpes que tout le monde attend. Tiens-toi bien, ils vont en
cuisiner plus de 2500 !!! T'entends un peu ? Toi qui a, hier soir,
manié la queue (de la poêle) pour (faire) sauter quelques belles (crêpes)
blondes, tu te rends compte un peu de la performance ?
À peine de temps de s'en passer
déjà une derrière la cravate, de compatir un instant devant l'articulation plus
que fêlée du Sunn de Tom' que déjà mes compères Michel, Maurice and C° sont en haut de la côte du village. Eh ?!!! Ouf ! ouf ! Me faut déjà
bourrer, à froid, pour les rejoindre. Mes p'tits globules tout neufs ont peine
à suffire ! On revient vite vers le canal que l'on longe en allant vers
Briare (alors que nous pensions tous partir vers les étangs, encore utile,
pardon, encore eût-il fallu
repérer les flèches du sens de rotation sur la carte !!!). C'est
décidément parti assez vite et mes gambettes qui faisaient plus les
amortisseurs que les manivelles, ces temps derniers, ont un peu de mal à se
remettre à leur boulot de vététistes. Mais le profil est facile. Briare, premier
ravito et deuxième crêpe, puis sentier du bord de Loire jusqu'à Gien. C'est
quasiment notre pré-carré et l'on enchaîne sans, parfois à tort, regarder le
fléchage. Évidemment, plus on approche de Gien, plus on sait que la grimpette
qui nous ramène sur le dessus sera sévère. Effectivement, on se paye le fameux
petit coup-de-cul que l'on connaît bien, un peu avant l'entrée de Gien. Ça
réchauffe le bonhomme, remarque, et ce n'est pas plus mal : il gèle
toujours et l'on ne s'en plaint pas vraiment car, grâce à ça, les chemins sont
plus durs que s'ils étaient secs, ce qui ne manque pas de poser
problème aussi: pas toujours facile de ne pas se trouver coincé dans un
roin durci, ou d'éviter à la roue avant de ne pas avoir de problème
d'aiguillage entre toutes les traces. Pas pire qu'en été, vas-tu me dire ?
Et ben pas vraiment, parce que, à cette époque-ci, les tracteurs et autres
engins à bricole (euh… agricoles, plutôt) creusent des ornières assez profondes
dans la boue qui se trouve ensuite « brutalement » durcie par le gel,
alors qu' il y a peu d'ornières en été, vu ? D'où un autre problème auquel
on est confrontés : les pédales accrochent à gauche et à droite, dès que
l'on est, justement, enfoncé dans une ornière, ou seulement dans une trace un
peu profonde, et comme les bords sont durs, ça fait drôlement sauter le vélo
parfois !
Au fil du chemin, des arrêts
parfois, ou aux ravitaillements, on retrouve les uns et les autres. Il y a du
monde, je t'ai dit : on a toujours quelqu'un en vue sur le chemin, que ce
soit devant ou derrière, signe que, même sur le grand parcours (et surtout sur
celui-là, nous dira le président Pascal, au retour) il y a une belle affluence.
Pas de crêpes au deuxième ravito, je me souviens pourtant d'un barnum au bord de
l'étang de la Grand-rue, où les gars avaient carrément transporté des
gazinières pour préparer les crêpes, impressionnant crois-moi !
Pas trop de difficultés sur le
parcours, un peu de vent de face quelquefois, pas bien chaud, un ou deux
passages légèrement humides parce qu'à l'abri, deux ou trois fondrières
remplies de glace qu'il nous faut contourner, mais rien de méchant. Qu'est-ce
que ça aurait été par un temps doux et pluvieux !
On aborde soudain un curieux
passage : on est le long d'une rigole d'alimentation de canal, bien en
contrebas et il nous faut passer sur le bord, entre les arbres à gauche et la
pente bétonnée à droite, avec le plus souvent, tout juste la place pour le
passage des roues. ! Heureusement que ce n'est pas glissant ! Ça
aurait été passage impossible sinon. Risqué, mais, bien sûr, amusant… même si
c'est un peu long.
On a gagné, pour finir, le
secteur des étangs et l'on retrouve aussi les canaux avec leurs biefs, leurs
passerelles à balancier si pittoresques. C'est de nouveau plus roulant et
rapidement on aperçoit la flèche de l'église d'Ouzouër.
Dans la salle, c'est vraiment
bondé et il faut jouer des coudes. Entre les crêpes d'un côté, le cidre et/ou
l'apéro de l'autre, le parcours est, là aussi, très technique ! Tu parles
que personne n'est pressé ! Mais c'est vraiment sympa. Du coup on
s'attarde un peu aussi.
Bon, dimanche prochain ?
Autre menu, qui n'aura rien d'une crêpe, puisqu'il ne sera pas vraiment
plat ! C'est « Les Coteaux du Sancerrois » à St Satur. On donne
là dans le consistant. Pas bien long, mais on risque d'y passer du temps quand
même. Un conseil : vérifie bien, avant de venir, que la chaîne passe
correctement sur le petit plateau, ça vaut mieux ! |