Toute la semaine, les bulletins météo ont été
formels : dimanche pluvieux (plus vieux que la semaine dernière en tout
cas, sûr !), et pis tu pouvais regarder toutes les chaînes, les radios
etc... U-na-ni-mi-té ! Avec, parfois, un petit commentaire pour te tourner
le canon de soixante-quinze dans la plaie, du genre :
« Précipitations SOUTENUES » ou, variante, « Pluies
ABONDANTES »…Tout juste, au dernier moment, des cartes avec un léger mieux,
possible… l'après-midi !
Alors te dire qu'au lever, je
mets un moment avant de me décider à ouvrir les volets... Déjà que
j'entends le vent qui tourne autour de la maison, en ronflant… Aussi :
surprise quand je mets le nez à l'extérieur : pas de pluie du tout et c'est
même assez sec, signe que peut-être, il n'a PAS ENCORE plu ! Et, of course, lorsque, un peu plus
tard, je monte en voiture, c'est pour actionner les essuie-glaces ! Car cette fois-ci, ça a l'air de s'y
mettre sérieux.
Fait rien, Rogntidiou ! J'y vas !
D'abord on est invité pour une rando (j'ose pas dire une
S.E.C, vu le temps) que les VTTistes de l'ECCOnflAns organisent pour les autres
cyclos du club. Et c'est chez Maurice, à Nogent, que ça se passe. Alors… J'ai
su au dernier moment que la Rando de la St Vincent, à Neuvy/Loire, c'était ce
dimanche-ci et non le prochain. Flûte ! C'est toujours sympa, cette rando
pédestre qui nous accepte fort aimablement, et où l'on a l'habitude de se
regrouper pour allonger un peu les circuits prévus pour les marcheurs par une
boucle supplémentaire, que nous concoctent en général les
« Frapadingues ». Dommage qu'on n'ait pas pu synchroniser ça un peu
mieux !
Et Actif-Michel et Anne ? Se
seront lancés de ce temps ? Pas eu de coup de bigo ce matin mais pas
besoin, je n'ai pas atteint Bonny qu'un appel de phares, à travers le rideau de
pluie, me renseigne : ils sont juste derrière moi ! Quel timing !
Même chose quand on arrive chez
Maurice et Monique : en cinq minutes, tout le monde est arrivé ! On
s'engouffre dans un sous-sol visiblement conçu pour accueillir du monde :
la table est dressée : gâteaux, sucreries, tasses, verres, café, jus
de fruits… Ça c'est de l'accueil ! En pas longtemps, on a fait
connaissance avec les têtes peu ou pas encore connues et l'ambiance est au
top…On en oublierait bien l'extérieur. Mais bon, on n'est pas venu QUE pour
être autour de la table : on met le nez dehors pour constater que la
chaleur de l'ambiance à dû conjurer le sort : il ne pleut plus ! On
sort tout de même l'équipement ad hoc, photo et go !
Oui, bon, ça pleuvaille un p'tit
chouille, mais rien de méchant. Nous voilà partis sur les chemins qui longent
l'arboretum des Barres : Maurice nous a déjà emmenés par là et c'est sûr
que, malgré la flotte, on y roulera sans trop avoir maille à partir avec la
boue. D'ailleurs l'allure est vite bonne, malgré un vent que l'on sent même
entre les arbres, et le groupe s'étire au gré des conversations ou des niveaux
de forme. Histoire de regrouper, on fait un arrêt où certains se risquent à se
débarrasser de l'imper ! Audacieux, non ? D'accord, même s'il ne
tombe plus rien depuis cinq minutes et qu'on a aperçu un semblant de ciel bleu
entre deux nuées tout à l'heure, il faut être d'un optimisme assez démesuré, je
trouve, mais bon.
Ça ne rate pas ! Peu à peu,
mine de rien, la pluie reprend. On fait un peu semblant de ne pas s'en soucier
et de la traiter par le mépris, tout occupés qu'on est à admirer des
chevreuils : deux ici, trois plus loin, un autre encore qui réapparaît un
peu plus loin.
Vexée de notre attitude, la pluie
y va maintenant avec la grosse artillerie ! Des gouttes, mon vieux,
grosses comme ça ! Et serrées, avec ça ! Et froides en plus ! Le
vent a redoublé aussi et comme on est en plein à découvert, à travers champs,
on en profite un max ! Dos voûté, sous l'averse et les rafales, chacun a
le nez dans le guidon, l'eau ruisselle à travers les ouvertures du casque coule
sur le front, derrière les lunettes embuées, dégouline de la visière, imprègne
les gants, le cuissard, les chaussures. Pour résister au vent latéral, on prend
de l'angle avec le vélo, si bien qu'il arrive que l'on en perd un peu
d'accroche latérale sur le chemin détrempé ! Même pas la niaque pour aller
chercher un vague abri derrière un autre. On n'a pas même fait groupe pour
lutter. Nous sommes plus ou moins égrenés au long du chemin où chacun, vague silhouette grise au
milieu du gris, nez sur les pédales, s'attache à lutter contre les éléments et
tenter de progresser. Un tour de manivelles, puis un autre. On rêve de
s'arrêter? Idiot. Cela ne stopperait pas la pluie que le vent, parfois, te fait
même entrer dans les oreilles ! Il FAUT avancer. Certains s'essaient à
discuter, pour tromper la difficulté. Mais je crois qu'on guette tous l'arrivée
près d'une maison, d'une grange, d'un hameau où l'on pourrait souffler dans un
abri, aussi précaire soit-il.
Un peu après un panneau indiquant
« Les maisons sèches »(!!!) on traverse un petit hameau : dès qu'on a
pu, on a tourné à droite pour s'arrêter derrière le mur d'une maison, à l'abri
du vent et donc, un peu, de la pluie. Les autres passent tout droit : c'te
blague ! À cinquante mètres, il y a un beau et grand hangar. Quel superbe
refuge, où, de plus, nous attend un ravito comme on n'en a pas souvent pour des
randos officielles !
Le moral est bien revenu. Mais
bon, on ne va pas non plus passer le reste de la matinée là. D'autant pLus que,
bien sûr, en s'arrêtant un peu longtemps, on prendrait bien un peu froid.
Maurice et Christian, les deux locaux, se sont concertés : on va rentrer
au plus court, car, même s'il pleut avec moins de violence que tout à l'heure,
ça ne s'est quand même pas arrêté.
Alors on « prend la route en
long », comme disait mon papa à moi. Un petit détour quand même pour
passer par le site de direction de l'arboretum (intéressant !) et l'on
rallie Nogent. Trempés des pieds à la tête, on n'a plus qu'une idée : être
au sec ! On a investi tous les abris, garages et autres, de chez Maurice
pour tâcher de se changer. Un p'tit coup au vélo et hop, on retrouve la chaleur
du sous-sol de Maurice et Monique où nous attend, derechef, une table largement
servie.Les bouteilles passent de main en main, les « clings » sonnent
de verre en verre et les discussions vont bon train : on évoque, une autre
histoire d'eau, évidemment, la Rando des Gués, pour laquelle, malicieusement,
Michel-Léopold, enveloppé dans un peignoir d'un bleu tendre particulièrement seyant, semble
prêt ! Les verres se vidant facilement, on en arrive à lancer les paris
les plus fous, ainsi Pierre se dit partant pour la « Forestière »… s'il
perd 20 kg d'ici là ! Aussitôt un pèse-personne est apporté pour bien
mesurer l'enjeu, séance tenante! Belle gageure …À suivre !
L'heure a vite tourné et l'on
songe à regagner nos pénates, même si Maurice propose maintenant de prolonger par un repas à la bonne
franquette. Tentant, Maurice, bien sûr, on est si bien ici. D'ailleurs,
décidément, il semble que notre amicale réunion ait le don de chasser les
nuages, car, alors que nous regagnons nos voitures, la pluie a vraiment cessé
et c'est maintenant le ciel bleu qui nous accompagne et même le soleil. Mais
ça, nous l'avions déjà dans la tête et le cœur !
Pour trouver une rando organisée,
dimanche prochain, il faudrait aller jusqu'à St Cyr-en-Val. Ou attendre, bien
sûr, la « Rando des Crêpes » des amis d'Ouzouër sur Trézée, le 1er
Février. Pour ma part, je vais, entre-temps, passer une semaine à la montagne.
Avec des vététistes, bien sûr, mais pas nécessaire, je crois, d'emporter le
vélo sur ce coup-là !
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