Je n'ose pas ouvrir les volets…Je sais bien que j'entends
une espèce de chuchotis, mais…et si c'était la tuyauterie de salle de
bains ? Ou, je ne sais pas moi, dans mes oreilles tout bonnement ?..
Non ? .. Eh, pardi, je le sais bien qu'il pleut ! Mais tant que je ne
le VOIS pas, tel St Thomas (je te parle pas du Tom, qui serait plus "seins" que " saint" !), je peux toujours espérer… Espérer qu'il ne continue pas à
dégringoler de la flotte à tout va, comme depuis hier soir. Que déjà cette pluie
a dû être la cause d'un truc pas ordinaire qui nous est arrivé : sur la
scène de la Maison de la Culture de Nevers, oui m'sieur, la Grande Salle, où je
participais à un concert. On était plusieurs dizaines de musiciens et
chanteurs, en pleine action, au deuxième ou troisième morceau quand :
« Pschhhhhhhhhh, boum !!!! » et voilà un projo qui explose
au-dessus de nous et tombe en morceaux, verre et métal, quasiment sur la
tronche d'un violoniste (chauve, en plus) qui n'a plus eu qu'à sortir un kleenex
pour se panser la main pendant que son voisin éteignait à coup de pied un bout
de truc qui cramait… Et qu'est ce que tu crois ? .. The Show must go
on, mon vieux !!!… Si,
si ! On a tous continué, avec juste un coup d'œil sur le pauvre musicien
qui avait l'air de s'en tirer sans trop de bobo… et pis un p'tit coup d'œil
aussi vers le haut, vers tous ces autres projos verts, bleus, rouges, jaunes qu'on avait au-dessus de nous, histoire d'évaluer les probabilités de finir la
soirée entier. À peine si on a un peu « savonné » une ou deux
mesures… Pros, j'te dis ! N'empêche, un qui a dû en savonner
quelques-unes, de mesures, c'est le mec au violon : il a eu un moment la
main qui tremblait un brin… no problem question trémolo ! J'me demande
pourquoi d'ailleurs, vu que, lui, il n'avait plus de projecteur au-dessus de
lui, il ne risquait donc plus rien, non, logique ? À la fin du spectacle,
l'éclairagiste est venu, éberlué, ramasser les morceaux et tenter un
diagnostic : une fuite d'eau, quelque part au-dessus.. la pluie…
Alors tu comprends que ce matin,
la pluie…ça devrait m'arrêter ! Parce qu'il vase, of course, et pas qu'un peu ! Et que je
me suis couché tard, et que je me suis levé tôt, parce que, normalement, ce matin,
je dois aller à Montargis. Te dire que j'hésite ? Et ben pas vraiment…Je
traite par le mépris… On verra bien…En attendant, les essuie-glaces y vont de
bon cœur !
Bon, trouver l'accueil :
c'est proche du point de départ de la « Montargoise », mais rien
n'est indiqué… Le « Vélodrome de l'ame de Montargis », dit comme ça
tu t'interroges : « l'ame » de Montargis ? Deux trois
voitures…devant une sorte de stade, un tennis, ça ressemble plutôt à un parc un
peu désuet, tu vois, genre parc thermal…Je vais plus loin… Se renseigner ?
Personne dehors avec ce temps… Le bigophone chante : c'est Michel de St
Martin, que je dois retrouver là, qui
m'appelle pour me guider. J'hésitais à faire sonner son téléphone, il
était de fiesta « Meunier » hier soir, cela ajouté au temps, p'têt'
qu'il n'avait pas bougé de chez lui. Mais non, lui et le Maurice sont fidèles
au rendez-vous. Alors c'est où ? Équipés de pied en cap, on s'avance dans
ce parc sportif du début du XXème siècle (1935, ou 25…) pour découvrir,
effectivement les structures inhabituelles et somme toute assez impressionnantes
du vélodrome de plein air. On entre sur la piste : on s'inscrit sous le
barnum monté au centre du truc et on se renseigne : l'ame de Montargis,
l'A.M.E, c'est l' « Agglomération de Montargis Et de … » le
reste n'est pas pris en compte dans le sigle.
Bien peu de monde aux
inscriptions mais les organisateurs ne sont pas accablés. Il s'agit de
l' « autre » club cycliste de Montargis, pas les cyclotouristes
qui s'occupent de la « Montargoise ». C'est leur première rando VTT.
Pas de bol pour le temps, une pluie au réveil, c'est radical pour te squeezer
l'affluence !
On prend des photos au pied de la
piste, je dis « au pied » parce que je t'assure que c'est
impressionnant : on se croirait dans une espèce de plat à cuire au four.
Quand tu penses aux pistards qui grimpent là-dessus avec des pneus quasiment
lisses ! En même temps, tu as envie d'essayer, de te faire un
« wall-ride », car c'est presque ça ! Mais, sur une piste
mouillée… tu vois, on a l'impression que ça ne le ferait pas. On se paye quand
même un petit tour… en bas… en mordant parfois un peu la pente et puis… à nous
les pistes de la forêt qui nous sont plus habituelles et plus familières !
Car on se dit, évidemment, que
l'on va retrouver le même genre de parcours que lors de la
« Transgâtinaise » et la « Montargoise ». En fait, très
vite, on se rend compte que les traceurs ont vraiment cherché à innover :
on va souvent rouler sur du petit monotrace, parfois très sinueux, en roulant
un minimum sur les grandes allées. Sympa ! Ça ne roule pas mal d'ailleurs, et dans cette première
partie, on « y emmène » plutôt bien tous les quatre, avec le Pierre
qui, lui, est venu en voisin nous rejoindre à vélo. On n'est pas bien nombreux
à participer, sans doute, mais, comme on est partis à peu près au même moment, on
n'est pas seuls à rouler. Nous, égoïstement, on se dit que moins on est
nombreux, plus ça nous donne de chance de gagner une de la dizaine de dindes
qui seront offertes en lot à l'arrivée, et déjà on se cherche une bonne
recette... Tiens, au Calva, par exemple !
Sais-tu ? Conformément aux
deux ou trois bulletins météo que suivi ce matin, la pluie a cessé !
Si ! J'ai même posé l'imper plastique ! Et finalement, autour du
superbe feu qui nous attend au ravito, il n'y a pas tant de monde car il ne
fait pas bien froid non plus. Après le ravitaillement, on se fait une boucle,
plus au nord de la forêt, un peu
gadouilleuse qui nous ralentira quelque peu aussi. C'est vrai que de la
boue, on en rencontre, évidemment, mais elle n'a rien de collant. Il faut
traverser, bien sûr, mais on ressort sans rien sur les pneus, c'est
appréciable. par contre ça glisse pas
mal, c'est vrai aussi. Tout à l'heure dans une petite montée étroite, le Michel, devant
moi, se grimpait ça en danseuse. Juste au moment où je lui dis mon étonnement,
sa roue avant glisse sur une pierre, ou une racine, et à bas l'bonhomme !
Après le deuxième passage au ravitaillement, Pierre nous
laisse partir sur une autre petite boucle du grand circuit : la boue l'a
bien fait peiner et puis on nous annonce deux grimpettes.
On se les avale sans mal, mais
c'est avec un brin de circonspection que nous arrivons en haut d'un bout de
descente un rien abrupte : on n'avait encore rien vu de tel à descendre
dans la forêt de Montargis ! Z'ont trouvé ça comment ?.. Michel s'est
lancé à gauche sur la trace déjà faite, qui me semble trop boueuse, aussi je me
risque de l'autre côté, plus haut car la piste est en dévers, mais où les
cailloux me semblent plus sûrs. J't'en fiche ! Ça glisse pareil ! Ma
roue arrière part en crabe et j'ai
la tentation de mettre un pied mais la pente m'a déjà avalé, force est de s'en
tenir à tenter de contrôler en restant le plus d'aplomb possible. Le vélo est
venu de lui-même se recaler trois au quatre mètres plus à gauche dans la trace
boueuse, freiner pourquoi ? Comment ? Les quelques dizaines de mètres
me semblent longs et je suis bien content d'arriver en bas entier. Chaud !
On retrouve le Pierre un peu plus
loin et, embarqués avec lui, on oubliera de reprendre une petite boucle de
quelque cinq kilomètres. Tant pis ! Depuis quelques minutes, il a
recommencé à pleuvoir, pas trop méchamment, mais quand même, et
trente-cinq kilomètres, ça suffira à notre bonheur pour aujourd'hui. Des
kilomètres supplémentaires, on devrait en avoir dimanche prochain : il est
question de Borne en plus, si rit le soleil… (astuce pour initiés, cherche
pas !).
Du coup, on en a profité pour
appuyer un peu plus sur les pédales…attirés par l'odeur de la dinde,
déjà ? Ou plutôt d'un vin chaud bien agréable qui nous attend au retour, car
pour la dinde, c'est loupé. Il nous resdera gue le Calavados dans nos berres…
hic !…
On reste un moment avec les
organisateurs, à profiter du vin chaud, bien sûr, et puis à leur assurer que
leur créneau est bon, qu'il faut qu'ils perd ses verres (bardon, ça c'est moi
quand mes « belles lunettes » se séparent en deux morceaux)...
euh…qu'ils père sévère, non, z'est bas za non blus… qu'ils persévèrent, ça y
est, car leur rando est bien faite et qu'évidemment on n'a rien d'autre à ce
moment-là depuis que la « Solognote » d'Aubigny n'existe plus
pour les VTT.
Et puis un p'tit tour de piste
encore, c'est trop drôle, lavage vélo et hop !
Ce coup-ci les copains, rien
d'organisé (question VTT, parce que côté agapes, je vous fais confiance… mais
attention au Calva !) d'ici
le début janvier, à Ménestreau (près de Donzy). À se contacter donc pour
trouver à rouler.
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