Premier véritable froid : ce matin, le ciel est
clair, mais il a gelé. Le pare-brise est givré, il faudra faire tourner un peu
le moteur avant de partir. Dans le noir du petit matin, je charge vélo et
matériel avant de rentrer au chaud, choisir une tenue adaptée. Me suis pas levé
tard . La force de l'habitude de ces derniers dimanches, car j'aurais pu
traîner un peu plus que d'ordinaire : ce matin c'est le jour des
« pommes », la Rando de Bonny sur Loire. Tant mieux, je serai sur
place assez tôt et j'aurai ainsi le temps de voir les uns et les autres.
En fait, il y a déjà pas mal de
monde sur place, car c'est aussi un gros rendez-vous pour les marcheurs, qui
sont souvent à pied(!)d'œuvre de
bonne heure. Sur le parking improvisé, les placeurs s'affairent avec l'énergie
habituelle. J'ai le bol de me voir imposer (car ça ne rigole pas ici, je te
l'ai déjà raconté) une place pas trop loin et pas trop patouilleuse. Le René se
gare à côté de moi, ça me permet de me tuyauter auprès de lui sur la rando du
Téléthon de Santranges, qu'on avait bien appréciée l'an passé : ce serait
pour le dimanche 14 Décembre… à suivre.
Sous le barnum, pas grand monde
encore, côté VTT. De fait, c'est marrant, tous arrivent en 10 mn de
temps. Pendant que je m'équipe, je vois arriver les copains de l'EC
ConflAns, de Gien-Relax, des Frapadingues, d'Ouzouër/Trézée etc… C'est le
fameux créneau de 8 h 15 ! Bon. Tout est O.K ? Sur-chaussures (vains
dieux que c'est dur à enfiler !) veste thermique… Dès que je suis sur le
vélo, l'air vif me rappelle qu'il serait bon de couvrir aussi les z'oreilles.
Vite un saut à la voiture, sans traîner : c'est vrai que j'ai été content
de saluer bon nombre de gens que je n'avais pas vus depuis un moment, mais
comme on ne nous offre pas le café ce matin (et pourtant ça aurait été bien
venu !), personne ne s'attarde beaucoup au départ. Pas de Manu en vue, il
était descendu ce week-end, mais se montrait un peu circonspect hier. N'aura
pas pu sortir de sous la couette, si j'en crois son téléphone éteint. Il devait
être occupé aussi à négocier un séjour ski, m'est avis ! Faut c'qui faut,
pas vrai ?
Notre petit groupe habituel s'est
formé et a commencé à rouler sur un sol avantageusement gelé. La terre craque
comme des gaufrettes sous les crampons tandis que nous traversons les premiers
champs givrés. Sensation assez agréable, avec le soleil qui se lève derrière
les brumes. On respire l'air vif
et nos conversations font de la buée au-dessus de nous. Les chemins du secteur
nous sont si connus que nous avons l'impression de reprendre le même
circuit que l'an passé.
Vérification faite, il n'en est rien, puisque, l'an passé, le parcours était
assez différent : nous partions vers Neuvy et, de plus, nous n'avions eu
droit qu'à un seul ravito sur le circuit de 45km. Si, à Bonny, on n'a plus
notre compte en ravitaillement, ça ne va plus, car, justement, c'est un des
attraits de cette organisation ! D'ailleurs, c'est tellement connu que la
pub est faite en partie autour de ça. Les papillons qui annoncent la rando sont
barrés de la mention « Ravitaillements gastronomiques », c'est
dire !
Je roule un moment auprès de
Jacky, du VTT Nivernais : il organise, dimanche prochain, une journée de
rando en Forêt de Tronçais. La Forêt est nationalement connue, ce doit être un
truc à faire, cette rando ! Pour ceux que ça tente : départ de St
Bonnet-de-Tronçais à 10h. Renseignements : 03 86
93 40 57. Jacky, si
tu me lis, n'hésite pas à donner des précisions en commentaires de cet article.
Bon alors, j'en étais où ? On passe devant la
« Collinière » cette belle demeure isolée qui semble toujours déserte
et l'on gagne la voie romaine. Parcourus lors des randos de Bonny, de Neuvy, de
la Rando des Beignets etc… Ces chemins nous sont si familiers que l'on peut
anticiper le parcours qui va être suivi, pronostiquer l'état qui va être celui
de tel ou tel passage. Les marcheurs que nous croisons annoncent par leur présence
le ravito : enfin un café ! … Euh, après hésitation (du moins de moi,
d'autres se sont précipités, tu parles !), je me laisse tenter par un peu
de vin chaud. Ça réchauffe les doigts sur le gobelet et puis c'est pas dégueu
non plus, tiens !
Pourquoi le ravito me semble-t-il
moins fourni que d'habitude ? Tout est là pourtant : toasts de
rillettes et saucisson, et bien sûr les (petites) parts de tartes aux pommes.
Après tout, les cuisiniers(ères) bénévoles font ce qu'ils peuvent, c'est déjà pas
mal ! En fait, un coup d'œil sur les tables, derrière, où attendent les
réserves, m'apprend qu'il y a ce qu'il faut… Simplement, il faut savoir doser,
si on veut fournir jusqu'en fin de matinée.
Car nous donnons rendez-vous à tout à l'heure, en repartant pour
une deuxième boucle. On s'est correctement restauré, on a pu se regrouper,
papoter avec les copains arrivés avant ou
pendant, car on s'attarde nécessairement à ce genre de pause. On file
vers Neuvy, qu'on évite pour repartir vers Annay, après un vaste gué où il est
rare, sauf sur coup de frime, que beaucoup s'engagent, surtout en cette
saison ! Bien sûr, on l'évite (comme un moine tibétain en
méditation!!!--N'importe quoi !) soigneusement en passant sur un petit
sentier en corniche, où on ne sait pas trop ce qu'il faut le plus
craindre : les barbelés à gauche ou bien l'eau glaciale en dessous ?
Au fur et à mesure de l'avancement de la matinée, le sol
s'est vite dégelé et on roule souvent sur une fine couche de boue assez liquide
qui ne nous freine guère, mais commence à donner aux vélos et aux bonshommes la
parure hivernale habituelle, les garde-boue constituant, il faut bien
l'avouer, une protection toute relative. Petite halte au pont sur la vrille, à
Annay, pour se regrouper, puis grimpette au-dessus. On a retrouvé un bon groupe
des Frapadingues, que l'on suivra jusqu'à la deuxième halte-ravitaillement au
château de la Chaise. Derechef petit vin chaud, on y prendrait bien goût,
pardi, et honneur à la table, plus généreusement fournie cette fois-ci, comme je
le supputais.
Il ne reste plus que quelques
kilomètres et l'on file presque directement vers Bonny. Petit contournement
« habituel » du côté du camping, grimpette sous les remparts et
retour par le chemin toujours un peu collant qui revient par le champ au nord
du bourg. Christian a accéléré et Maurice, s'est collé dans sa roue, pour le
dépasser un peu plus loin. Sacré Maurice ! Alain démarre à son tour,
histoire d'aller l'asticoter, mais tiens ! Le Maurice restera intouchable,
devant. Cette dernière traversée a bien chargé les crampons et on sème de la
terre sur le bitume des dernières centaines de mètres qui ramènent vers les
vergers des Beaumonts. Vite se changer en gros, pas le temps de laver le vélo.
Un petit pot pour trinquer avec les potes, deux ou trois ponctions dans le
buffet d'arrivée (miam !) et je me sauve, parce qu'une répétition m'attend
à Nevers à deux heures. Tu me vois me pointer comme ça ? Déjà que l'air
frais respiré depuis le matin m'arrange bien la voix…
Va encore falloir faire un fameux
chemin dimanche prochain pour trouver une rando organisée : c'est à
Vielles Maisons, un (petit) peu plus loin qu'Ouzouer-sur-Loire (45). Sinon, tu
connais autre chose, toi ? Si
oui, signale-le vite dans un commentaire pour que tout le monde en profite !
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