Sortie entre copains, derechef, puisque rien n'est
organisé ; une S.E.C., donc, mais bien humide cette fois-ci !
Pourtant, au matin, il ne pleut
pas et lorsqu'on se retrouve à 1000m de chez moi, chez Didier, avec Claude et
le Tom, trois de la bande des Frapadingues. On enfile un café mais pas l'imper
(qu'on garde quand même au chaud dans le Camel).
Où c'qu'on va ? Pas trop
loin, pour Didier, qui veut être renté à midi (et comme il est déjà neuf
heures…), plutôt face au vent qui a l'air de souffler un peu. De là à trouver
des coins pas trop patouillous…Vu le temps des derniers jours, et l'importante
crue de la Loire (qui a paraît-il bien baissé ces dernières 24 heures), faut
pas trop rêver.
Cap au Sud, en gros, direction
Fontenille, derrière Maltaverne, en passant par Bois-Rabot et L'étang des
Granges : la longue traversée des champs dénudés, le long d'un immense
arroseur, en face l'aérodrome, se fait plutôt pas mal : le chemin n'est
pas particulièrement boueux et le vent tolérable. La fuite de trois chevreuils
nous donne notre image « nature » du jour.
Près de l' « Aire des
Vignobles », on décide de la suite : St Andelain, dont le clocher
somme la colline là-bas, est trop loin pour un retour dans les temps, alors on
repassera l'autoroute un peu plus loin pour aller traverser la Loire par le
pont de St Satur, puisqu'il paraît que le passage est libre. Je sens bien que
l'ami Tom se grimperait bien une ou deux collines sancerroises, non ?
Tandis que l'on longe
l'autoroute, le long des vignes, pour gagner un pont un peu plus haut, les
gouttes qui tombaient déjà sérieusement deviennent une pluie nettement plus
organisée, que l'on entend bruire dans les feuilles des vignes alentour :
faudrait s'arrêter enfiler l'imper et, justement, mon téléphone qui sonne m'en
donne l'occasion. C'est Actif-Michel qui se demande où je suis : alors
qu'il m'avait dit ne pas vouloir rouler, le voilà qui, malgré la
pluie, est monté sur le vélo. Je
l'incite à venir nous rejoindre, ce serait assez facile, mais il redoute de
trop rouler. Dommage ! J'ai à peine raccroché que le bigo résonne de
nouveau ! C'est pas possible, il se passe quoi, ce matin ? Cette
fois-ci c'est le Grand Jean-Pierre, ex-Grand Marsu, qui du fond de son
Roussillon d'élection prend des nouvelles. C'te blague ! Il sait bien,
que, un dimanche matin, on est à rouler et qu'il touchera ainsi un max de
monde. Le téléfon passe donc de main en main et d'oreille en oreille,
l'occasion de blagues et de grands éclats de voix. Ça fait plaisir de
l'entendre, le Grand, et de savoir qu'il pense à nous (avec sans doute pas mal
de nostalgie !). On promet de se rappeler vite pour pouvoir discuter un
peu plus longtemps, parce que là, tu vois, il faut qu'on enfile le
plastique !
On descend longer les étangs de
Boisgibault pour remonter vers les « Froids » et basculer vers la
Loire par une descente caillouteuse
mais bien humide qui nous relooke le portrait vite fait. Sur la route et
le pont de Loire, les voitures qui nous doublent et nous croisent dans de
grandes gerbes d'eau roulent toutes les phares allumés… Euh ? Au fait, on
serait pas sur une route dans des conditions de visibilité médiocres ? Et
donc susceptibles de se prendre
une prune pour non-port de gilet fluo ?
Le pont vite passé, on tourne
vers le port puis on longe le canal, direction Bannay. Alors de grimpette,
point ? Faut dire que l'heure avance, comme on dit, et que la pluie, fait
plus rêver à une bonne douche chaude qu'autre chose.
Le golf, à droite, est semé de
grandes flaques, mais n'est plus inondé. Dis donc, on pourrait prendre le chemin
qui le rejoint, à droite, au lieu de suivre bêtement « l'autoroute à
vélos » qu'est le nouveau chemin de la « Loire à Vélo ». Sitôt
dit, sitôt fait. Nous voilà bientôt pédalant sur ce classique sympa (où, pour
les « Birettes », Antoine a pourtant cassé trois rayons !). Pas
de boue, spécialement, surprenant pour un chemin qui était sous l'eau il y a
encore peu. On rencontre quand même une ou deux belles flaques, inévitables,
que l'on passe quand même sans problème : on n'a guère de l'eau qu'au
pédalier, pourtant Didier a suggéré de remonter dès que possible en bord de
canal… avant de filer tout droit alors qu'une opportunité se présentait à
gauche. Va comprendre !
Une nouvelle traversée de ce qui
pourrait s'appeler un gué nous fait hésiter, avant de nous lancer, emmenés par
Tom : l'eau arrive quand même au moyeu, mais, stagnante, elle ne nous
semble pas vraiment froide. Les photos s'imposent même si, pour accéder à
l'appareil, il faut retirer l'imperméable, quitter le Camel, les gants…On
évoque la rando des « Gués de Sauldre » à Brinon, à laquelle ces
traversées font immanquablement penser, mais ça se passe en plein mois de juin,
petite nuance d'importance !
On arrive presque jusqu'au bout
quand, soudain, Tom s'arrête : devant lui, la dernière portion droite,
avant le double virage en pif-paf, disparaît complètement sous l'eau : il
y a bien au moins cent à deux cents mètres à traverser, et puis, derrière le
virage , quoi ? Je ne sais même pas si l'idée de faire demi-tour nous
a traversé l'esprit, aux uns et aux autres, en tout cas Tom s'est lancé dans la
traversée, en disant, à juste raison, que c'est pas parce qu'il y en a long
qu'il y en a profond. Ce qui peut ce concevoir, d'autant que nous savons ce
chemin, plutôt plat.
Je me suis engagé derrière Tom et,
du coup, les deux autres ont suivi. « Flofoflofoflofof » nos jambes
font un bruit de pédalo bien régulier, développement pas trop gros, nous
progressons tranquillement, de l'eau jusqu'au moyeu, en général. Ce n'est
pas pire que déjà passé, simplement beaucoup plus long. La roue avant fendant
la surface à la manière de l'étrave d'un bateau, je suis à peu près Tom, car
bien évidemment, il est impossible de savoir sur quoi nous roulons. Quand je
pense qu'il se plaignait de ça tout à l'heure alors que nous roulions dans les
feuilles mortes ! On remonte un peu et l'on a l'impression de sortir de
l'eau alors que nous n'en avons plus qu'au pédalier et puis on replonge un peu
plus. Comme nous approchons du virage, nous nous enfonçons soudain
davantage : alors là, c'est du jamais vécu : l'eau arrive quasiment
en haut des roues qui affleurent à peine la surface ! Mais, comme il n'y a
pas de courant, on arrive à rouler quand même. Ça baigne, quoi… Sensation
unique et quand même impressionnante. Comme il ne fait pas vraiment froid et
que nous en avons oublié la pluie, on prend le temps de quelques photos. On a
juste oublié le gel de bain, fait remarquer Claude.
Finalement ça fait tout drôle,
après le virage, de se retrouver à rouler « au sec ». Claude se met
même à appuyer sérieusement sur les pédales tandis que nous avançons sur la
digue pour regagner le pont de Cosne. Tout content d'avoir réussi à perdre
quelques kilos, il en profite. Comme, finalement, on serait assez contents de
retrouver au logis pour se (faire ?) sécher, on ne proteste pas.
On se sépare assez vite, comme il
se met à pleuvoir un peu plus fort : 36 km, un peu plus de 200m de D+ et
surtout un sacré moment vécu. Maintenant il va falloir s'occuper (aussi) un peu
du vélo, car il s'agit de pouvoir rouler mardi matin à la Montargoise :
circuits 25, 35, et 55km au stade Champfleuri, tout contre la forêt.
Dimanche : Rando orientation à Guérigny (Nièvre) et Rando « Entre
Loire et Forêt » à Ouzouër sur Loire, on en reparle.
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