| mercredi 11 janvier 2012, a 16:15 |
| De l’Ocre en Loire |
Ah… l'ocre…. Tout de suite, ce mot t'évoque des sites
extraordinaires, des trucs que tu vois dans les magazines et qui te font
fantasmer : de belles
machines, pilotées par des chanceux qui roulent sur et dans des cadres de rêves
(euh, t'as dit quoi, là ?)…Tu entrevois des sites comme dans le Lubéron…
Roussillon et ses carrières d'ocre, tu sais ces photos où la terre et la roche
délicieusement ravinées, semblent avoir avalé, absorbé le soleil qui, du coup,
éclaire depuis le sol, le « Colorado Provençal » aussi et puis
d‘autres endroits encore, près de Pézenas : c'est plus petit, mais dès que
tu y arrives, tu as des fourmis dans le petit plateau, tant grande est l'envie
de se lancer sur ces corniches, ces bosses et au long de talwegs délirants…
Là, tu te dis, le Bill, les fêtes
ne lui ont pas trop réussi, il a consommé des trucs pas clairs ou trop pleins
de bulles et sa tête pétille encore…
Sûr que ma tête pétille à
t'évoquer ces spots de rêve ! Mais, je te rassure, mes agapes de Noël
furent plutôt sages, de méchants microbes s'étant invités bien malgré moi à la
fête. Tiens, au fait, j'ai voulu écrire « agapes » suivi d'un
adjectif formé sur Noël, comme on dirait « agapes pascales » pour
celles de Pâques… Et puis, je me suis retrouvé le doigt en l'air au-dessus du
clavier…Euh ?… On dit
quoi ? … Et puis rien, pas d'adjectif… T'en connais un toi ? Allez,
un beau, bien inusité, tu sais le genre comme « hiémal » pour
« de l'hiver », le mot qui pousse le lecteur à ouvrir le
dictionnaire... Quoi ? Tu dis que
« hiémal », tu connais ?
Ah oui... « Après une grosse
sortie hiémal partout ! Oui… », je vois, c'est cela…
À part ça, non ? Bon ben,
tant pis, on va pas passer le réveillon là-dessus, hein ?
Justement pour le réveillon, j'ai
pu me rattraper un peu, mais assez raisonnablement, donc, tu ne peux pas
incriminer mes consommations. Non, c'est simplement le mot « ocre »
qui a déclenché ce délire…
Car ocre y a ! Ou devrais-je
dire « Ocre », plutôt, car il s'agit ici de la rivière qui arrose St
Martin, terre, ou plutôt fief, de
Michel-Léopold, Sire de St Martin, Ocrien s'il en est, qui nous avait, dimanche
dernier, convié en sa noble demeure pour une expédition dans cette contrée
bordant la Loire, la dominant même souvent ! L'Ocre se jetant (par
désespoir ?) dans la Loire, on peut donc dire qu'il y a de l'Ocre en Loire
. Par ailleurs, nous avons constaté qu'à St Martin, l'Ocre y est…je pourrais
tremper, donc, la plume dans l'ocre y est pour écrire ces lignes (et
là, quand même, on est dans le grand « à peu près» qui caractérise le
style de l'auteur, n'est-ce pas, docteur ? NDLR)
Bon alors, tu la racontes, c'te
sortie, parce que ça fait un paquet de lignes et l'on a toujours pas
bougé !
…en quelque sorte… pas encore
levé l'ocre, quoi… (Aïe ! On ne me frappe pas !!!!)
Le Sire de St Martin nous attend
depuis ses hauts murs, du moins c'est comme ça que je le vois, dans le petit
jour un peu brouillardeux :
sa veste de l'ECC le pare pire que pour (j'adore, excuse !) un tournoi,
tel qu'il apparaît au-dessus des créneaux qui dominent les lisses… (en fait il
est derrière sa haie, en haut de la pente qui surplombe le site où nous sommes
garés... mais dit comme ça, t'avoueras que ça a moins de gueule, non ?).
Bref, nous voilà bientôt une
belle équipe autour du café d'accueil, où même dame Noëlle apparaît !
Michel fait le compte : 24 !
« Gien-Relax » évidemment et puis les irréductibles de
l'ECC. Ça discute pas mal et l'heure tourne tant que l'on a du mal être au
départ à l'heure dite ! Une photo rapide, juste pour voir combien les
équipements sont différents : le ciel est couvert et il pleuvaille sans
que ce soit nettement affirmé, si bien que, selon le degré d'optimisme ou de
pessimisme de chacun, les tenues adoptées diffèrent.
Tantantan !!! C'est parti,
Michel-Léopold emmène son monde : il pourrait dire à l'instar du
« Cid » :
" Sous nous, donc, cette
troupe s'avance Et porte sur le front une mâle assurance..."
.. .Et là, tu vois, soudain,
à lire je m'esclaffe
Car sans y prendre
garde, ni même faire gaffe...
Ouh là, voilà que j'ai continué
en alexandrins ! C'était pas prévu mais, le souffle épique du père
Corneille m'a emporté ! Dis, tu verrais pas que je rédige le blog en
alexandrins, façon Victor Hugo narrant la bataille de Roncevaux, la mort de
Roland et la prise de Narbonne ? Ça aurait du souffle, je te dis !
Faudra que je m'y essaye, tant pis pour toi !
Du coup j'ai raté mon
effet : oui, j'étais sur les vers cités plus haut et te disais que j'en
rigolais : « Et porte sur le front une mâle assurance… » en nous imaginant tous avec, collé sur le front, le
papillon vert de l'assurance auto… et ça me faisait marrer, voilà, c'est
tout. Faut bien que je rigole un
peu tout seul, parce que s'il faut que je compte sur tes commentaires !…
Maintenant le côté
« mâle » ça colle aussi (pas que sur le front), vu que la bande est
exclusivement masculine (je sais, c'est facile, aussi) : pas de Coralie,
pas d'Anne non plus…
On roule. Michel nous emmène vers
le sud, en gros vers Châtillon, sur le dessus, en s'écartant du Val de Loire.
Il a prévenu : vu ce qui est tombé comme flotte ces temps derniers, il a
choisi un peu de route, mais de la petite route, toute petite, où même les
voitures sont rares, et donc surprenantes. Personne ne se plaint de ce
choix. Ça ne roule pas trop vite,
même si un groupe de tête s'est formé. Pas trop au courant d'une forme que je
redoute très moyenne après les aléas que j'ai évoqués pus haut, je m'applique à
rouler régulièrement, tâchant de me maintenir sans trop forcer à l'arrière du
groupe principal. Et, ma foi, ça va. Après tout, à des degrés divers, nous
avons sans doute tous fait un peu relâche, ces temps derniers, côté vélo.
N'empêche que les plus balaises se laissent parfois glisser vers l'arrière pour
te repasser ensuite, tels des jets qui te donnent des envies furieuses de
troquer ton beau spad contre un VAE qui te permettrait d'en faire autant ! Tiens, la marque « Moustache », rien que le nom ça m'irait…
Difficile de te dire où l'on
passe, tout ce que je sais, c'est que, bien qu'ayant roulé avec Michel
plusieurs fois dans le coin, je ne reconnais pas grand-chose. Et les autres
aussi, si j'en crois ce que j'entends autour de moi. Le Michel a réussi à nous
trouver du neuf ! On découvre donc avec plaisir. Pas de difficultés spéciales sur le
parcours, même si, dès que l'on passe sur les chemins, on rencontre des
zones boueuses, ce n'est jamais paralysant.
Comme on approche de Châtillon,
on arrive près d'une rivière qui coule à pleins bords. Pas question de franchir
le gué et nous nous risquons sur les passerelles, lorsqu' arrive un gros tracteur
agricole vert, qui se lance dans la traversée du gué avec force éclaboussures
tout autour. Impressionnant et remarquable. Là-dessus arrive un
« Picasso » que nous encourageons vivement, du geste et de la voix, à
se lancer dans la même traversée (qui lui serait évidemment fatale) …mais non,
ça ne marche pas…
On en profite pour
pause-ravitailler frugalement et l'on remonte (forcément, après le ravito, il y
a toujours une côte !).
L'approche de Châtillon
annoncerait bien, justement une série de côtes. Malgré ce que m'en a dit
Michel, je pense qu'il a dû avoir bien envie de nous faire franchir
quelques-uns des fameux raidillons dont le bourg et ses alentours sont riches.
Et il y en a des casse-pattes, je t'assure !
Mais, dans sa grande sagesse, le
seigneur (sans « S » majuscule !!! Je parle du seigneur de St
Martin !) nous fait
contourner la petite ville de façon plutôt cool, quoique pittoresque, et nous
n'aurons qu'une remontée à faire sans trop de difficulté, si l'on excepte un
court raidillon assez gras qui réclame quelques efforts et un peu de technique.
Nous aurons d'ailleurs tout le loisir de nettoyer un peu les pneus : je
crois que quelqu'un a fait un crochet par son domicile local pour un pb
d'amorto à regonfler, si bien que nous patientons un moment, avant de remonter
franchement, passer la route de Léré et basculer vers le Val de Loire et le
site de l'écluse de Mantelot.
On traverse le passage au
ralenti, pour l'intérêt des lieux sans doute, mais aussi pour apprécier la
hauteur des eaux de la Loire :
« Le fleuve roule à grand
bruit un flot rapide et jaune... »
Ça y est, revoilà Hugo (Victor !) sur ses
douze pieds (tu peux compter)!!!
Pas question,
Dans ces conditions
.. . de tenter un passage sur la chevrette qui rallie
le milieu du pont ! Et dont certains supputaient pourtant la
possibilité…avant d'arriver sur place !
On se retrouve bientôt en bord de canal. Roule ma
poule ! Le reste du parcours est dans les têtes, on est sur un tracé
connu. Toutefois, Michel a prévu deux options : pour les cadors, des
variantes par toutes (?) les grimpettes sur le coteau au pied duquel nous
roulons, et pour les autres, du plat quasi intégral pour renter. Du coup, pas
la peine de rester sur la réserve. Comme je ne me sens pas trop mal, je me
permets d'appuyer un peu pour rejoindre les copains devant qui m'avaient
distancé à la suite d'un bref arrêt technique. Ça fait du bien de sentir les
pattes qui répondent aux sollicitations… du moins tant qu'on reste sur le
plat, faut quand même pas exagérer non plus !
Des qui ne restent pas sur le plat, ce sont ceux qui se
lancent dans les variantes (balisées par Michel, si you plaît !)
raidillons de Beauregard and C°... mais, malgré tout, ils ne sont pas légion
non plus. À ma grande surprise, je vois des gars, que je suis bien incapable de
suivre le plus souvent, décliner l'offre et s'en tenir à un retour par le
chemin de la Loire à Vélo que nous allons sagement suivre pour rentrer. Ceci
dit, on ne traîne pas non plus sur cette partie roulante. Seule côte : la montée dans St Brisson et comme, là,
je fais un petit aller-retour jusqu'à la grille du château, je prends un retard
sur le groupe qu'il me faudra tout le tronçon St Brisson-St Martin pour
combler, tout en dépassant quelques attardés déjà cuits. Au moins ai-je trouvé
du plaisir à finir sur la plaque, bon signe.
On arrive pilepoil à midi,
les « costauds », grimpeurs ayant grimpé, nous rejoignent alors
que nous lavons les vélos. Nous lavons et ils l'avouent (ben voui, j'ai pas
résisté) : ils n'ont pas enchaîné toutes les grimpettes prévues, s'en tenant
à deux déjà bien difficiles. Comme quoi, même les plus affûtés…
Nous avons eu raison de ne pas tarder, car sous
« l'abri aux copains » sont préparées moult victuailles qui nous
invitent à force ripailler. Chapeau bas pour l'organisation !
C'est vrai qu'ici, c'est Noël(le) tous les jours !
Dimanche prochain 15 janvier: « Rando des
Gâteaux de riz et de semoule » à Ménestreau (à côté de Couloutre)
organisation des amis de St Père. Le circuit te semblera plus long qu'il n'en a
l'air sur le papier. C'est un coin très pittoresque et, question ravito, ça ne
craint pas les meilleurs. Tu connais beaucoup d'endroits où tu es servi à
l'assiette à l'arrivée, toi ?
Bon et puis, ils m'ont mis en photo sur leur affiche,
alors… Je serai au moins présent comme ça.
Le dimanche 22 : St Vincent. Il y avait la rando
pédestre de Neuvy/Loire qui nous accueillait volontiers, mais il faudrait
rajouter quelques kilomètres... Ma
foi, quand on connaît le coin…
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| vendredi 23 décembre 2011, a 19:39 |
| Dîne, Dinde, Dons… |
Tiens, je reprends le titre d'un article que j'ai fait
pour le journal local : il y était question de la rando de la
« Dinde » (Rando de l'Agglo Noël » de Montargis) où je n'étais
pas allé, pourtant. Après tout, le titre est tout à fait de saison : les
dîners vont se succéder, les dindes seront sans doute à certains menus et les
dons évidemment… Et puisque Noël est une fête carillonnée…
Donc justement pas de rando de la
« Dinde », comme on l'appelle en raison de l'opportunité qu'il y a de
se voir offrir le festif bestiau lors de la tombola qui marque cette rando. Pas
le temps ce matin-là de faire l'aller-retour de Montargis et d'être rentré
suffisamment tôt, invitation oblige…Donc, rendez-vous cosnois pour une petite
SEC : Actif-Michel et Anne qui n'a pas roulé depuis quelques semaines,
« La Soudure » et « L'Tian » de chez les tachetés et voilà
le groupe composé pour un simple « tour des deux ponts ». Il fait
humide même si la pluie nous épargnera et l'on recherche surtout du terrain le
moins boueux possible, alors... Bords de Loire… Bannay, le canal puis direction
le Golf de St Satur où, avec Didier (« La Soudure »), nous
évoquons un passage sur le même chemin un jour de crue de Loire et où nous nous
sommes retrouvés avec de l'eau jusqu'au
guidon !!! Si, si !!! C'est peut-être sur le blog, cherche un
peu en arrière…moi, je n'ai pas le temps de tout faire à ta place, faut que je
rédige, rédige pour toi !
On fera une petite digression hors de la boucle classique
pour monter sur les viaducs au dessus de St Satur et Ménétréol puis retour au
pont de St Thibault et zurück nach Cosne, via les bois de Villechaud. Pas
cassant et roulant, on est de retour avant onze heures. Mission accomplie.
Le « Tian » nous propose, en repartant à Myennes (eh oui, il est venu
à vélo !) de partir de chez lui la semaine prochaine pour un tour du côté
de la Puisaye, une quarantaine de bornes, un peu plus sérieux quoi. On fera
passer l'invite sympa.
Retour tôt, donc, comme ça on ne
se fait pas... sonner les cloches (ça c'est pour re-justifier le titre !)
Donc ce dimanche : RV chez
« L'Tian ».
Seulement… T'as vu le temps de la
semaine ? Le vent, c'est une première chose : on risque de trouver
quelques branches, sinon plus, en travers des chemins, c'est sûr. Mais surtout
faut voir ce qui est dégringolé !!! Et puis, il ne fait pas bien chaud et
puis je me suis couché un peu tard. Enfin, des tas de choses qui me
donneraient bien des envies d'hiberner… Michel-Léopold m'a appelé pour une SEC
chez les « Abeilles », les chemins de St Gondon me séduiraient bien
davantage que ceux certainement archis collants de la Puisaye. Tu sais que
c'est par là qu'on trouve de la terre à poteries, de l'argile quoi…t'imagine un
peu !
Mais quoi, ce qui est dit est
dit…et puis ce sont des coins où je ne suis pas allé souvent, alors
« changement d'herbage réjouit les vieaux », pas vrai ? Mais de
là à me rendre à Myennes sur le spad, faut pas exagérer ! J'y vais,
c'est déjà pas mal !
Je te dis ça parce que, sur la
route, je double Actif-Michel et Anne sur le vélo ! Eux ça leur fera déjà
7 bornes avant de partir, et autant au retour à ajouter!
Déjà, on ne part pas de bonne
heure. Pas question du classique 8h 30 sur les pédales ! D'abord parce
qu'on a fixé l'heure un peu plus tard, on ne va pas partir avec les gilets
fluos, quand même, et puis faut s'équiper, et puis, et puis…
« L'Tian » et son voisin Jacquy ont préparé le caoua… le p'tit
déj' même presque… Et puis la photo du groupe… et on se décide à partir.
Montée au-dessus de Myennes, pas
mal pour s'échauffer doucement sur cette petite route. L'autoroute
enjambé, on attaque notre premier
chemin. Qu'est-ce que ça va donner, ça ? Bonne pioche, le chemin a un fond
empierré et n'est donc pas vraiment boueux. Évidemment, on y trouve de la
flotte, mais ça fait partie du fun d'éviter les flaques, ou bien de faire comme
les éléments les plus jeunes du groupe, qui redécouvrent le vieux gag
consistant à sauter dans la flaque pour asperger les voisins ! Ça me
rappelle les premiers temps de l'U.M. Veaugues et certains Manu ou David qui
pratiquaient volontiers ce genre d'espièglerie… (là, j'ai choisi mon
vocabulaire, parce que quand même, hein ? Mais tu peux utiliser un autre
mot qui finit d'ailleurs pareil et qui signifiera la même chose, c'est comme tu
le sens)
Les chemins se succèdent sans que
l'on ait à lutter contre la boue redoutée et comme, de plus, on découvre carrément ce parcours, ça
devient bien sympa. Pas de gros raidillons mais pas de plat non plus. Des montées
fréquentes qui, petit à petit, nous amènent assez haut. Il faut bien entendu
faire de petits ralentissements ou même des pauses pour se regrouper. Si un
gars comme l'ami « TV-Jeff » (il a une caméra sur le casque) pique des démarrages de Jet
et fait des allers-retours le long de la colonne qui s'allonge dans les
montées, d'autres sont plus sur un autre tempo. Du coup, on profite du soleil,
que l'on n'attendait pas, et surtout d'un super point de vue de 360° du côté du
hameau des « Mouillères », les bien nommées en l'occurrence. Gueuchés
(comme on dit dans le coin, c'est sûr) sur cette hauteur, on domine la région
depuis « les Marnes d'Assigny » à l'Ouest jusqu'aux hauteurs de Bouhy
à l'Est. Sympa.
Qui dit montées dit aussi
descentes. On s'y lance même si il faut veiller à la stabilité de la roue avant
sur le sol détrempé et aussi à ne pas la coincer (la roue !) dans un roin
mauvais...
Et je m'en vais / Au roin mauvais / Qui m'emporte / Deçà, delà / Pareil à la feuille morte...
Verlaine aurait-il fait du VTT ?
Comme on se regroupe en bas d'une
telle descente, je retrouve des repères un peu plus familiers, quoique anciens.
On serait bien pas loin du « Gué de Frise », un hameau proche de St
Amand en Puisaye, où s'est établi un centre équestre que j'ai connu un peu il y
a … disons dans une vie antérieure… Tiens « Vie antérieure », v'là un
autre poète, Baudelaire cette fois : « J'ai longtemps habité sous
de vastes portiques… »
Eh ? Qu'est-ce qui m'arrive
à moi, ce soir ?
Bon, le « Gué de
Frise » c'est aussi une petite côte bien sentie. Hardi mec !
Heureusement que c'est sur du caillou bien franc. Le rendement est bon. Puis
traversée d'un petit bois : là il y a des branches à éviter, à retirer de
la cassette ou des rayons, ça ne manque pas… gaffe au dérailleur, c'est fragile
ces petites choses-là !
On traverse la route Myennes-St
Amand pour arriver sur des chemins un peu plus encombrés de boue, mais rien qui
colle, simplement c'est mou, mais c'est aussi très pittoresque. Claude, le
« Marmiton », commence par s'empêtrer la cassette avec une espèce de
ruban plastique qui traînait sournoisement entre deux eaux dans les flaques du
chemin.Et cela marque curieusement le début d'une suite d‘arrêts-incidents qui
vont nous retarder sérieusement.
On a pris tout à l'heure un
chemin creux qui ne manque pas de charme, puisqu‘il en est bordé… ( ???
NDLR : on suppose que l'auteur signifie par là que les arbres bordant le
chemin sont des charmes, de la charmille, quoi…)
Qui dit chemin creux, dit flotte,
évidemment. On navigue donc (c'est
le mot) de part et d'autre du chemin entre les cailloux, car il y en a, les
branches, plus ou moins visibles sous les feuilles mortes et l'eau. Ça a dû
ruisseler singulièrement vendredi dans ce chemin, car les paquets de feuilles
portent encore la trace des courants qui les ont amoncelées. Technique comme
passage, mais on y arrive car le chemin a la bonne idée de descendre
légèrement. Heureusement, tu vois, qu'on ne le fait pas dans l'autre
sens ! Anthony, « Moumoule », s'arrête soudain et ausculte avec
inquiétude sa roue : crevaison ? En fait, dans les cailloux du chemin
doivent se nicher quelques silex dont l'un a entaillé son pneu : la
chambre à air est à nu sur un cm… Intervention nécessaire !
Nous sommes ainsi quatre à nous
affairer avec le plaisir que tu penses, connaissant l'état du
terrain. Mais ça devient un vrai délice quand on découvre que la chambre à
air est garnie de liquide anti-crevaison qui poisse tout mains, outils et finit par obstruer (c'est son boulot
après tout) la valve elle-même !!! Enfin, bon, on y arrive. Il est
simplement dommage que, de ce fait, nous rations un épisode qui se passe un peu
plus bas dans le chemin, là où l'eau a formé plus qu'une flaque, une véritable
baignoire. Je te raconte le truc :
Le reste de la bande, ignorant
notre arrêt, a continué à descendre un peu et s'est évertué à passer sur
l'étroite bande, plutôt glissante, le long de ladite baignoire, tu me
suis ?
Of course, l'alter ego de
« Moumoule », l'ami Alexis « Dindon », s'est trouvé
bloqué, pour une raison X au ras de la flotte. Quand t'es bloqué, tu
déclanches aussi vite que possible les pédales, pas vrai? Et si l'opération ne
réussit pas, le verdict est clair : tu te couches, et, en général, du côté
où ça ne déclanche pas, you know ?
Or la pédale qui ne déclanche pas
est… du côté de la baignoire, ce ne serait pas rigolo, sinon !…et notre
« Dindon » plonge dans la mare aux canards !!!
Rigolades, mais lui doit quand
même rire un peu jaune, même s'il est jeune !
Enfin, moi je te raconte ce que
l'on m'a dit parce que, si tu as bien lu, on est restés un peu en arrière à
réparer la roue d'Anthony.
Et nous, vieux briscards, on
passe la zone délicate les doigts dans l'nez… Avant de remonter de l'autre
côté. On n'a pas longtemps à forcer, le « Marmiton » nous gratifie
d'une nouvelle pause : crevaison, qu'il aurait peut-être pu repérer au
précédent arrêt, mais tu sais ce que c'est, c'est toujours en repartant qu'on
s'en rend compte !
D'accord le coin est
agréable : un joli chemin en sous-bois, avec un rayon de soleil et une vue
sur la région poyaudine non loin de St Amand-en-Puisaye…Il n'en reste pas moins
que l'on commence à regarder du côté des montres : la matinée avance plus
vite que nous !
Normalement on doit arriver dans
les environs de St Verain. Si tu ne connais pas, sache que c'est un coin très
vallonné, joli et tout mais vallonné, donc… tu vois. Pas mal, on commence à
descendre, seulement, pour gagner le village médiéval, il faut s'employer un
brin ! Chez certains, ça commence à tirer, ou à souffler sérieux. On se regroupe à l'arrivée dans le
village avant de continuer à monter pour en sortir par la partie haute, où se
dressent encore les ruines, récemment dégagées de leur couverture de lierre, du
vieux château féodal que l'on appelle, ici, le Donjon. On est passé tout à
l'heure sous la « Porte de Cosne », fortifiée et presque intacte. Il
faudrait pouvoir prendre le temps de parcourir les rues et les ruines, plus
importantes que l'on ne pourrait le croire, de ce qui fut une place essentielle
de la région à l'époque médiévale. Certains passionnés essaient de
sauvegarder les murailles et les tours et les mettre en valeur, malgré les freins, les lenteurs, les
obstacles dûs à d'autres intérêts ou bêtement à des rancœurs villageoises…
Nous débouchons (c'est de
saison !) sur la route de Cosne, en haut de la côte. On tient conseil, car
se pose maintenant la question du retour : il est 11h 30, il reste un bon
bout à parcourir sur la boucle prévue… On parle de son profil, de l'état
possible du terrain… et l'on convient que, de toute façon, même en revenant par
la route, il sera difficile d'être à Myennes avant midi. Dresser cet état des
lieux, c'est donner la réponse: on va finir sur le bitume.
Allure bien différente :
odeur de l'écurie ? Souci d'être dans les temps ? Hâte de déguster le
pot d'arrivée?.. Ou plutôt facilité de rouler sur le goudron et… profil
légèrement descendant, puisque nous revenons vers la Loire ! On est le
plus souvent sur la « plaque » et même ceux qui tiraient un peu la
langue tout à l'heure sont maintenant nez dans le guidon, (dis don' ). Tian,
qui emmène son groupe, a soin de nous faire suivre de petites routes
tranquilles et figure-toi qu'on est de retour pile à midi !
Remarque c'est tant mieux, parce
que, avec ce que les épouses ont
préparé comme apéro, il va falloir un moment : dans le garage, magiquement
transformé en salon, les plats de « grignotteries » se succèdent,
tant et si bien que le déjeuner sera quasiment fait !
Mais, bon, vu ce qui nous attend ces prochains jours,
un petit entraînement en matière d'agapes n'est pas inutile avant l'épisode
« Dîne, Dinde, Dons ».
Bonnes Fêtes à tous ! |
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| samedi 10 décembre 2011, a 10:32 |
| Des Louanges pour Santranges |
« Faut souhaiter que ça s'arrange, à
Santranges ! » qu'ont dû se dire les organisateurs et tous les
vététistes potentiels, devant la carte météo du week-end, tu sais, quand tu en
es à te demander si tu y vas ou pas, si tu mets le réveil (ou pas), si tu
installes les garde-boue (ou pas) etc …(chez les Marsus, on a dû se dire :
« Houba, ou pas ? »). Ciel calamiteux carrément… enfin, plus
« cala » que « miteux », parce qu'il n'y avait pas même les
trous de mites (MMMMites, Manu, j'ai bien dit !) entre les nuages de
pluie. Bref le genre de prévisions que redoute tout organisateur de rando, pas
trop suicidaire : ça te noie toute la clientèle potentielle !
Mais bon, prévisions, hein ?
Tu me connais et sais que c'est
pas trois gouttes… Suffit de bien s'équiper…. De là à dire que j'allais rouler
pendant 50 bornes, c'est une autre histoire ! Mais y être :
impératif ! Et rouler un peu, tant qu'à…
Faut dire que la forme grand
« F », c'est pas encore ça… Ce sont les vieux gênes d'avant « erectus »
(allez, Manu, celui-là je te le concède… aïe, j'en rajoute !!!) qui
parlent encore et m'incitent à hiberner, tu crois ? Toujours est-il que
j'ai l'humeur plus maussade que le temps ce matin.
Car il ne fait pas si
mauvais ! D'accord le ciel est couvert, le sol mouillé, mais côté pluie,
c'est sage…Ça crachouille bien un peu mais sans trop…
Trajet des matins d'hiver :
il fait encore nuit à 8 heures et les premières décos de Noël brillent dans les
rues de Sury-près-Léré et aux façades de certaines maisons. Je roule, en position fin de nuit, radio, dans la
douce chaleur de l'habitacle. Je suis une voiture qui traîne un VTT sur
remorque. Les clignotants sont contradictoires : à gauche sur la voiture,
à droite sur la remorque… un centriste sans doute… mais qui ne s'abstient pas
aujourd'hui : de bon augure, non ?
Autour du centre de secours il y
a de l'animation : d'accord, c'est l'heure classique d'arrivée des
participants, mais les voitures remplissent l'espace devant le local et je dois
me garer à l'arrière. Inscription
rapide et salut aux autres, avant de passer à la phase équipement : ne pas
s'habiller trop chaud car la région est vallonnée, mais le plus étanche
possible parce qu' il ne faut jurer de rien : et si la météo avait
raison ? Hein ?
Bon petit caoua : la
cafetière, posée contre la tuyauterie et le moteur d'une moto-pompe ouverte,
donne l'impression d'un énorme alambic… amusant.
Voyons un peu les présents :
Hormis Maurice (en Bretagne) et Anne (restée sous la couette) toute mon équipe
habituelle est là.
« Gien-Relax » semble bien représenté et les
« Marsus » n'ont pas
fait honte à leurs collègues « Stranger » et « Coupe-épine »,
co-organisateurs de la rando : il y a une bonne délégation et puis les
maillots roses de l'équipe de Pascal d'Ouzouër/Trézée affluent également :
ceux-là ont même décalé une rando prédestre pour pouvoir venir participer,
plutôt sympa !
Tout en sirotant le café, on
prend connaissance du parcours : j'ai opté pour le 30 km (le 18 quand même
pas, encore s'il y avait eu des trombes d'eau…) les autres ne sont pas trop
farauds non plus. Comme nous avons tous été dotés d'une carte du parcours
(point très positif), ça nous permettra d'aviser en cours de route (ou de
chemin plutôt).
On est partis une bonne bande,
avec Didier « la Soudure » et Jacquy des « Frapadingues »
auquel on ajoutera Francis
« le Tarnais » un peu plus loin.
Dès le départ, une petite
boucle presque autour de
Santranges, les chemins sont sympas sous les arbres et entre les haies et puis
surtout : ils ne sont pas si détrempés que ça, et c'est une sacrée bonne
surprise ! C'est peut-être aussi pour ça que je reprends un peu de niaque,
du moins par rapport à mes précédentes sorties. Devant, Jacquy et
« La Soudure » vont peu à peu prendre de la distance à la faveur de deux oui trois arrêts, même
brefs, que nous devons faire.
Conscients du mal que nous
aurions sur le grand parcours, physiquement sans doute mais aussi pour être
dans les temps, et puis par fidélité à notre choix lors de l'inscription, nous
ne nous lançons pas dans la boucle supplémentaire relativement brève (en distance du moins) qui part sur notre
gauche, mais ce n'est guère plus loin qu'il nous faut faire le véritable
choix : 30 ou un petit 50 ?
Tout à l'heure, je n'aurais pas
hésité un instant : le 30 !!!
Mais, comme je te disais, j'ai repris un peu de poil de la bête, un peu
de moral aussi, grâce au parcours sympa et au temps pas trop désagréable :
alors je soutiens Michel-Léopold qui nous encourage à partir sur la grande
boucle, Actif-Michel redoute un peu la longueur, et c'est vrai que je lui avais
promis de m'en tenir à 30 km… Finalement nous ne lâchons que Francis « Le
Tarnais » et nous engageons, téméraires que nous sommes (lol), sur le
grand parcours (que nous avons, tu l'as remarqué, déjà un peu raccourci). Après
tout, nous connaissons le coin et possédons une carte… s'il le faut, on
shuntera d'une façon ou d'une autre…
Enfin, on connaît…pas tant que ça… Car les chemins que
nous parcourons (très sympas, ça se confirme), nous sont assez inconnus :
finalement on est, bizarrement, et malgré le peu d'éloignement de la région,
dans une zone où l'on ne roule jamais : un peu plus au Sud, c'est le Nord
Sancerrois, Léré, Savigny-en-Sancerre, Assigny… Plus au Nord, c'est le secteur
que l'on visite en venant plutôt de chez Michel-Léopold, St Martin-sur-Ocre, ou
bien de Gien… Là, on est entre les deux et, finalement, on découvre…
Aussi mettons nous un bref
instant à réaliser que nous arrivons soudain aux abords de
Châtillon-sur-Loire ! Surprise ! Mais là, on retrouve des passages
connus, cette grimpette-là, bien sûr, et puis la descente vers le site
remarquable de l'écluse de Mantelot. Quelques « abeilles » de
Gien-Relax et un groupe de « Roses » d'Ouzouër nous ont rejoints (une
deuxième fois, grâce au fait que nous avons shunté un bout de circuit) et nous
rejoignons les bords de canal et de Loire ensemble, sans toutefois faire une
halte « Des Racines et des ailes » à l'écluse.
Familiers du secteur, nous
anticipons déjà : allons nous suivre le petit single sympa dans les
frondaisons du Val, un peu plus loin, ou bien rester sagement sur le large
chemin empierré et roulant ?
En fait, les organisateurs ont
vraiment balisé soigné et nous proposent les deux ! Pas
d'hésitation : tu connais le principe de la « tentation du
single », pas vrai ? On passe la chicane pour l'aventure, qu'évitent
toutefois quelques timorés, ou rouleurs z'impénitents.
Tout de suite il faut descendre
de vélo pour passer une passerelle de rondins hyper-glissants : les
godasses patinent sur le bois mouillé et l'on tient l'équilibre comme on peut,
en s'entre aidant au besoin…
Et puis on se lance dans les
zigzags du single : je sens derrière moi Éric, un « Rose »
d'Ouzouër, et ne veux pas le ralentir, aussi j'appuie un peu plus. Du
coup, nous arrivons, avec une petite avance sur mes autres compères, à la
passerelle qui marque la fin de cette variante. Elle tout aussi glissante que
la première: vite une photo ! Michel (Léopold) va peut-être encore une
fois y « marcher sur
l'eau », comme il avait su le faire une fois, ainsi qu'en atteste une
photo d'il y a quelques années. Mais l'eau est plus haute et il évite
l'exploit…
Le temps pour moi de ranger
l'appareil et la bande a déjà disparu sur le chemin et enquille le bord de
canal dans le Val d'Ousson. Christian et Michel, entraînés par le passage
roulant, et aussi certainement par les « Roses » avec lesquels ils
roulent, avancent pas mal et moi je rame en surrégime pour les rejoindre, un
peu avant le ravito au hameau de « l'Étang ». Ouf !!!
Notre petit groupe repart, en
attendant Christian parti saluer un collègue. Finalement nous devons même nous
arrêter un instant car, alors que la carte n'en dit rien, les deux parcours qui
s'étaient retrouvés au ravito se
séparent de nouveau, le grand allant suivre les petits chemins qui suivent
le bord de Loire au plus près, alors que l'autre option coupe plus directement
vers Beaulieu.
Évidemment , nous avons choisi de
nous amuser en bord de Loire : ces petites variantes, on les connaît
quasiment par cœur, pour les avoir parcourues mille fois, lors de multiples
« SEC » ou lors de la « Rando des Beignets ». Ça roule pas
mal et il faut que Christian crève près du petit terrain ULM, au droit de
Beaulieu, pour nous arrêter un peu. En fait, il fait mieux que ça puisque son
pneu, un chouïa usé tout de même, baille misérablement sur quelques cm, en bord
de jante. Mais c'est un mec correctement équipé (pour la réparation, du moins )
et l'on repart assez vite. Tant mieux parce que, tu vois, on se gèlerait bien un
peu :il brouillasse un petit crachin comme c'est arrivé une ou deux fois
depuis le départ, heureusement jamais longtemps (on a même pu aussi apercevoir
le ciel bleu, par quelques déchirures des nuées !).Pour corser la chose,
il souffle un petit vent qui n'a l'air de rien comme ça mais que l'on va
particulièrement sentir quand le parcours va s'orienter brusquement de 90° vers
l'Ouest !
Car il faut bien revenir vers
Santranges, là-bas dans les terres ! Finies les amusades sur le terrain
sec et sablonneux des bords de Loire : nous voilà à regrimper vers
Santranges, vent debout, sur des chemins herbeux qui tirent bien les
pattes ! Ce n'est pas la même chanson ! Alors, on tente la recherche
de l'abri derrière la roue et le dos du plus costaud devant, mais lorsque le
passage devient plus dur, chacun progresse selon ses moyens, appréciant qu'une
haie propose un refuge ou que le chemin soit parfois plus roulant.
Malheureusement, c'est lors de ce retour que l'on rencontre aussi les passages
les plus boueux du parcours. C'est là que l'on commence à en avoir
littéralement « plein le dos » ! Et comme ces temps-ci je suis
sensible de ce côté-là, je commence une espèce de calvaire. Lors d'un arrêt de
regroupement, ou pour une photo, je tente de m'étirer pour atténuer « là
où le bât blesse » ce qui justifie peut-être la photo : quelle
analogie avec les baudets ? Nos efforts de bourricots ? Peut-être pas
les oreilles, ni ce qu'il y a entre elles… d'aucuns, vantards, évoqueront
peut-être autre chose…
En tout cas on a hâte d'arriver !
Un œil sur le compteur des kilomètres, l'autre sur l'horizon qui peu à peu se
meuble de fourrés et de bosquets, on guette des maisons, un clocher. Pourtant
difficile de faire trajet plus simple et rapide dans son principe : c'est
quasiment tout droit depuis le bord de Loire !… Sauf, selon la carte,
juste avant l'arrivée… Aussi quand, après une dernière montée éreintante (c'est
le mot aussi !), nous tournons à gauche dans un sous-bois pittoresque,
c'est une sorte de soulagement : le but n'est plus loin, d'autant plus que
nous reconnaissons un chemin suivi dans l'autre sens lors d'une précédente
édition. Un bout de descente sympa, un petit « coup de cul » pour
rejoindre la route et nous revenons en descente douce vers le village immédiatement
à gauche.
On lave les vélos (première fois
où ça s'impose vraiment cet
automne), en jetant un coup d'œil autour : il ne reste plus beaucoup de
voitures, qu'en a-t-il été de la fréquentation ? Nous autres, sur le
circuit, avons toujours vu du monde avec nous ou presque : c'est en
général bon signe. D'accord Claude, de « Gien-Relax », qui arrive
juste après nous, a fait ses cinquante borne stout seul, mais il était parti à…
10 h !!! Aussi sommes nous assez désappointés d'apprendre que seuls cinquante
vététistes se sont inscrits à la rando. On avait pourtant fait de la pub, des
clubs s'étaient déplacés, les « Frapadingues » les
« Gien-Relax », Ouzouër/Trézée… Des mordus, quoi, mais il a manqué la
clientèle familiale que la pluie annoncée (plus que vraiment présente) a
découragé. Symptomatique est le fait que le parcours de 18 km n'a vu aucun
inscrit sauf… un marcheur ! Dommage encore une fois pour cette rando qui
n'a pas de bol avec la météo. Pourtant quelle qualité des circuits et quelle
organisation impeccable !
Peu de monde aussi à
l'accueil : on aimerait féliciter les copains organisateurs, mais ils ont
été appelés en intervention. Pas de pause pour les pompiers ! Quelques
discussions autour du pot amical et je vais jusqu'à la voiture ranger le vélo et
me changer un peu, car il ferait bien frisquet… Le temps de revenir saluer les
autres avant de partir et j'entends les moteurs et vois les voitures partir sur
la route : tout le monde s'envole !
Et ben ?… Salut les
copains !
Dimanche : « Rando
Agglo Noël », au départ du vélodrome de l'AME de Montargis. Le site est
bien particulier, un tour dans la forêt de Montargis, c'est un terrain qui
convient bien par ce temps humide, et puis…il y a la dinde de Noël à gagner
peut-être ! J'aurais bien aimé en être (j'étais absent l'an passé) mais,
de nouveau, je ne pourrai pas aller jusque là-bas : il me faut être rentré
très tôt… Bon tour de vélodrome et peut-être bonne dinde à ceux qui feront
le déplacement! |
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| mercredi 30 novembre 2011, a 23:20 |
| Léré SEC |
Pas de Rando organisée ce dimanche (avis aux organisateurs
divers et d'automne : voilà un créneau !), entre « Pommes »
et « Téléthon », ça vaut bien entre poire et fromage, non ?
Donc occasion d'une petite sortie
club, histoire aussi de resserrer un peu les liens, côté « Marsus ».
Au fait, que je te raconte un truc : on a failli faire une Assemblée
Générale l'autre jeudi. Ça manquait un peu d'adhérents, mais surtout… le
Président himself !! Rien que ça ! Il avait une excuse,
remarque : il n'avait pas été prévenu !.. Non ? Si !
Si ! Je n'invente rien. Donc on a repoussé, bien sûr.
En attendant, donc, petite virée
façon SEC, au départ de chez
« Pied Nu » à Léré. Et là, on est déjà plus nombreux que le jour
de ce qui a failli être l'AG : c'est déjà pas mal. Faut dire que l'accueil
chez l'ami Pied Nu est toujours royal et que l'on annonce un temps
correct : l'air est sec (j'insiste, des fois que t'aies pas pigé l'astuce
du titre !) et, avec un peu de bol, on aura peut-être du soleil s'il réussit
à percer la petite brume en hauteur. On est une bonne douzaine, dont le Frangin
François qui a fait le déplacement depuis Germigny. Sympa.
Deux ou trois arrivent à vélo et
l'Antony vient déjà de casser sa chaîne en arrivant. Ça démarre très
fort ! Du coup la consommation de gâteaux double, en attendant.
Photos de groupe, en compagnie de
la mascotte, ce qui fait que nous sommes 14, voilà le truc. On n'est pas sur
les pédales à 8 h 30 mais un peu plus tard, mais bon, on part pour une
boucle d'un peu plus de 30 bornes, y a pas le feu, comme dirait Sylvain ,
« the Stranger », qui est justement pompier à Santranges.
C'est lui d'ailleurs qui est à
l'origine de la sortie, puisqu'il avait proposé de nous faire rouler sur les
circuits de la rando de dimanche prochain. Dommage de déflorer déjà le sujet,
alors « Pied Nu » a suggéré de rouler utile en pensant à un circuit
pour les « Beignets » du … 1er avril ! (oui, oui,
note bien, renote, encadre et surligne la date!!!!
On gagne, cool, le pont de Neuvy
sur le plat et l'on en profite pour s'arrêter un moment au pied des tours de la
centrale, on est radieux, évidemment, toutefois ce n'est pas un problème de
rayons qui nous a fait nous arrêter, mais une bête crevaison. C'est l'occasion
d'un test comparatif des pompes…
On gagne Belleville par un chemin
enherbé qui tire bien sur les mollets et, puisqu'on s'est tournés vers l'Ouest,
on attaque le coteau. Rien de méchant comme montée, ça n'a rien à voir avec le
même relief un peu en aval, en face Briare, mais faut quand même un peu
s'employer : d'ailleurs, Anthony, tout jeune qu'il soit, est bien contraint
de jouer des vitesses, si bien qu'il en coince la chaîne entre petit plateau et
base arrière droite du vélo. Tu connais la mésaventure : sympa au
possible, non ? Déjà que sa chaîne avait eu des vapeurs tout à l'heure,
ça va bien la finir ce truc !
Une chance, sa chaîne, sur
laquelle je tire avec acharnement, ne se casse pas une deuxième fois et se
décoince vite. C'est pas toujours le cas dans ce genre de figure !
Maintenant que nous voilà sur le
haut du coteau, nous allons nous lancer sur les chemins de cette région assez
pittoresque, située grosso modo entre Santranges au Nord et Savigny au Sud. Des
champs, des haies, de petits bois et de jolis points de vue. On aperçoit assez
vite les hauteurs des Marnes d'Assigny, avec les réservoirs d'eau, l'arbre
solitaire au sommet et le bouquet de sapins un peu sur le côté. Le versant Est
en est redoutable, qui propose deux raidillons presque aussi pentus l'un que
l'autre et dont l'ascension constitue un beau challenge ! C'est pas plus
mal que notre sortie du jour n'aille pas de ce côté-là !
On se contente de la Montagne des
Fanaux, plus douce à gravir. Son nom évoque quels feux ? Quels repères ? Quels
signaux ? L'imagination peut vagabonder, entre gens hospitaliers qui
secouraient autrefois les voyageurs perdus dans la campagne hostile, ou, au
contraire, malandrins cherchant à tromper ces mêmes gens égarés, peut-être. À
moins encore qu'il ne s'agisse de sorcellerie, de sabbats maléfiques…La région
porte encore de nos jours cette réputation sulfureuse…
Juste en contrebas, un toit
caractéristique apparaît : celui d'une « grange pyramidale » typique
du « Pays Fort ». Notre chemin passe tout près et j'entraîne le
groupe vers le bâtiment que notre ami Sylvain « Stranger » connaît
bien, puisqu'il a participé à sa reconstruction/restauration, et pas qu'un peu
puisqu'il a carrément refait tout le toit, ce qui constitue quand même
l'élément essentiel de ce type de grange ! Il s'agit en fait d'une grange
démontée et transportée ici par un particulier ; elle a été reconstruite
chez lui : une sacrée performance et une belle réalisation. En profitant
des explications techniques de Sylvain, nous passons un moment à admirer le
travail, en particulier la charpente et le toit ! Chapeau !
Lorsque nous remontons sur le
vélo, ce n'est que pour un bref instant : une descente, un virage et nous
voilà à la « Fontaine de la Balance ». Si tu as roulé dans la région,
tu ne peux qu'être passé par là : c'est un carrefour de trois chemins. Le
site bucolique est reposant à souhait et incite à la pause. On y grignote un
morceau pour « marquer le coup », en discutant un brin ou en guettant
le frisottis de l'eau qui sourd quelque part sous la surface du bassin naturel.
Le ciel s'est bien dégagé
maintenant et le soleil éclaire le paysage, allumant les derniers feuillages
d'automne des arbres sous lesquels passe notre chemin. Splendide ! Nous
nous sommes d'ailleurs divisés un court moment, le parcours offrant la
possibilité d'une variante un (tout petit peu) plus sportive avec une toute
petite bosse à grimper, ou à éviter, c'est selon…
Comme nous revenons peu à peu vers Léré, le grand Stéphane y
va de sa crevaison. Les pompes entrent de nouveau en action. Et elles le font
doublement parce que : un, il a dû remettre une chambre sans enlever
l'épine …donc re… et deux : parce que, pour supporter les 100 kg de sa
carcasse de deuxième ligne de rugby (qu'il freine avec des disques de 210 de
diam, excuse du peu !), il ne faut pas lésiner sur la pression !
Il n'est pas midi lorsque nous
arrivons en haut du coteau qui surplombe les maisons de Léré : une
descente et l'on retrouve le bitume ; un ou deux démarrages pour marquer
le coup et l'on se retrouve autour d'un pot particulièrement soigné par
« Pied Nu » et Madame. Il y a de quoi rester un peu autour d'un
verre, d'autant plus qu'il n'est pas bien tard. Les discussions tournent vite
vers des projets pour le club, comme si l'on commençait l'AG qui doit se tenir
cette semaine… Si… la salle est retenue… si… le « Barbu » est bien
allé chercher la clef… si…les convocations sont bien arrivées… si…si…si .
les « Frapadingues » ne manquent pas de condition, ou du moins de…
conditions !
Bon, dimanche, c'est l'étrange
rando des « Strangers » de
« Santranges »… (devraient faire une nocturne, rien que pour
le « Strangers in the night…. »), tu es déjà au courant bien sûr.
Horaires habituels et 4 circuits : 15, 20, 30 et 50 km. Le secteur n'est
pas plat et peut être exigeant. Soit paré ! |
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| samedi 26 novembre 2011, a 23:41 |
| À côté de la plaque ! |
Les randos sportives ? Les randos-course
d'orientation ? Les randos gastronomiques, voire œnologiques etc ?
Tout ça c'est, sinon dépassé (parce que quand même, hein ?), mais d'un
commun, mon cher !
Alors, mine de rien, certains essaient
d'innover,histoire d'attirer le chaland (et en l'occurrence, le chaland… ouaf !) : on a vu ainsi des
organisateurs s'essayer à la « rando à connotation touristique », à Germigny, Donzy, Parigny, par
exemple, avec des panneaux t'invitant à des variantes pour t'intéresser à telle
ou telle particularité. Pilou, pour sa « Rando des écoles », est même
allé jusqu'à la rando-facétie… Bref, ça phosphore sous les crânes !
Et puis récemment on a vu (ou pas !), m'a-t-il
semblé, une tentative de
« rando-jeu » :
En voilà le principe, du moins ce que j'ai cru en
comprendre : à toi de remarquer, repérer, tout seul, des trucs plus ou
moins cachés sur le parcours. Pour corser la chose, on ne te prévient
pas : trop fastoche ! Et puis, pire encore, on essaie d'attirer ton
attention sur un autre truc : t'as vu ce passage sur un escalier à
claire-voie impressionnant (si, si, pour moi en tout cas ) ? Et hop, t'es distrait, tu regardes
ailleurs et tu es à côté de la plaque !
Dans l'eau, ou dans l'os,
plutôt !
Alors voici la prolongation du
jeu, qui s'adresse, non seulement aux randonneurs impénitents, mais aussi (et
surtout, tu parles) aux lecteurs
fidèles de ce blog. Si tu as fait une lecture in-té-gra-leu (j'insiste) des
derniers épisodes, c'est dans la poche, sinon…
À toi de jouer… Top Chrono !
(Non, je ne m'adresse pas qu'à Michel-Top !, c'est une expression pour
être dans l'ambiance-jeu, évidemment , c' que t'es relou !)
Regarde la photo.
Question 1 : Lors de quelle
rando les participants se sont-ils trouvés face (je dis bien face) à cette
plaque (et, justement c'est après un épisode plat
queça s'est passé (si, je
l'ai fait exprès, c'est pour ça que je grossis le caractère, qu'est-ce que tu
crois ?)
Question 2 : Où se situait
cette plaque ?
Question 3 : (ne regarde
plus la photo, sinon tu triches) Qu'y as-tu lu (ou dû lire !) de
particulier, d'étonnant ?
Question subsidiaire : Quel
est le volume ? (Le volume de quoi ? Elle est incomplète ta
question ! – Et toi-même ? Si tu ne l'es pas, tu auras compris la vieille
astuce !)
C'est un truc béton, vraiment et,
sincèrement, faut le fer ! (et le dire c'est bien mais le faire,
c'est mieux, bien entendu !)
Bref un truc qui fait
d'l'Eiffel ! Car nous, bêtement, on aurait cru qu'il fait laisser l'Eiffel
fer !
WWWWoilà !!!! Les plaquistes
n'ont pas le droit de concourir, bien sûr ! Le cas des plaqués sera étudié
avec mansuétude, vu leur état, mais les planqués seront démasqués sans haine,
ou sans « n » !
Quant aux ploucs, ils seront négligés (savent pas s'habiller, évidemment)…
ça ne fera pas un plic, pardon, un pli !
Le jury réfléchit au montant (par l'escalier !) de la
récompense. Mais il ne faut pas s'attendre à un pont d'or ! Un condor
peut-être… mieux vaut un condor qu'anal !
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| lundi 21 novembre 2011, a 14:47 |
| Les Beaumonts : Je n’arrive pas pommier ! |
Ouahhh !!! Ce populo !!! Des qui explosent leur
record, ce sont les organisateurs de la « Rando des Vergers des
Beaumonts », « Les Pommes », comme ont dit ! Déjà, malgré
l'aide souvent un peu autoritaire des placeurs, ce n'était pas évident de trouver une place pour la voiture (on
en a vu drôlement manœuvrer entre les pommiers), pourtant en arrivant à huit
heures, je croyais être dans les temps…
C'est vrai qu'il fait beau, ciel
clair et soleil, mais plutôt pas chaud (ce sera cuissard long et même
sur-chaussures pour moi) ce matin, même si l'on annonce dix degrés de plus pour
la mi-journée.De plus, il fait sec depuis plusieurs jours et l'on a la
perspective de rouler à Bonny sans
être dans la boue ! Oui, oui, j'ai bien dit : « les
Pommes » sans boue ! C'est pourtant classiquement le menu de cette
rando, par ailleurs connue pour sa gastronomie. Aussi les vététistes, parfois
rebutés (ou pas assez gourmands), qui avaient barré cette rando de leurs
sorties, ont dû, c'est logique, profiter de cette occasion pour repointer
le bout de leur crampons Je m'y attendais un peu. Par contre, je ne pensais pas
que les marcheurs, habituellement assez nombreux ici, allaient aussi se faire
la même réflexion. Résultat : pus de 500 marcheurs et plus de 300
VTT !
En outre, on profite cette année
de locaux flambant neufs !… euh… c'est peut-être une expression mal choisie en l'occurrence
puisque, justement, les précédents locaux sont, il y a quelques années, partis en
fumée ! Enfin, bon, c'est tout neuf, tout grand (bien plus que le simple
barnum qui nous accueillait habituellement) mais aussi tout plein ! Plein
de quantité de gens que l'on connaît : donc serrages de louche, bises
éventuellement, et signes z'amicaux occupent, dispersent, même si c'est
évidemment très sympa. Les « Marsus » sont en nombre, il y a même le
« Tom' » et le « Tarnais » dont la tenue doit sans doute un
peu sentir la naphtaline, car on ne les a pas vus depuis des mois. C'est dire
si l'occasion a fait sortir du monde !
Pas facile d'être dans les temps
pour se préparer et mon groupe habituel m'attend… déjà !
Te dire aussi un truc qui va
conditionner ma sortie: restes d'une fameuse fiesta la semaine dernière (c'est
un peu loin) ? Fatigue ? Délicieuse blanquette maison, un peu plus
récente ? Je ne sais trop, mais depuis plusieurs jours (et nuits) quand je
te dis que je suis sur la selle, il ne s'agit pas du vélo ! Et comme, en
raison de deux ou trois sollicitations, je n'ai pu me mettre au régime adéquat,
j'ai la boyasse en huit. Pour te dire, je pensais bien, en fin de nuit, rester
ce matin papattes en rond at home… et puis, quand même, ne pas profiter de
cette occasion dont je te parlais de l'exceptionnalité plus haut… C'est donc un
mec dopé qui monte sur le vélo, mais dopé pour tenir la matinée sans guetter
chaque bosquet pour s'y réfugier, pas vraiment pour caracoler devant tout le
monde !
Parce que là, ça va un peu être
la galère.
Si, au départ entre Bonny et
Neuvy, sur le chemin plat du val de Loire, je peux encore (me) faire illusion,
dès que, à Neuvy, il s'agit de grimper sur le plateau en suivant le chemin qui
longe la voie ferrée, il n'y a plus personne… Dur !
Heureusement, la suite est sans
difficulté et l'on s'en va passer tranquillement sous l'autoroute. Mais
auparavant, il s'agit de franchir un gué, en bas d'une petite descente.
Jean-Paul n'a pas hésité et passe dans l'eau (il doit faire tout au plus 6 ou 7
°), c'est courageux, mais peut-être n'avait-il pas remarqué la passerelle sur
la gauche, que Michel ne semble voir qu'au dernier moment : elle est
métallique et peinte en vert. Attention : risque de glissade : c'est
ici que l'ami Pascal, d'Ouzouër-sur-Trézée, s'était sévèrement gamellé l'an passé. Pas de blessure, mais ça
l'avait sérieusement secoué et il souffrait du dos. Sa mine défaite m'avait un
peu inquiété, alors que nous étions au ravito.
Justement le
ravitaillement, le fameux ravitaillement du domaine de « La
Chaise » , nous est promis pour bientôt puisque, le boyau sous l'autoroute
passé, nous voyons le « château » et la ferme, avec leur bouquet
de sapin qui les signale de loin, un peu au-dessus de nous et assez proche. Des
marcheurs aussi, qui suivent notre chemin, c'est le signal classique de
l'approche du point de ravito. Finalement, cette première partie s'est faite
plutôt rapidement, c'était assez roulant aussi.
« Soyez bons envers les
animaux »… l'inscription que nous connaissons bien, orne le linteau du
porche de la grange, où est traditionnellement servi le ravitaillement. Le
local suffit à peine à contenir le monde. Pas facile de s'approcher de la
table : au reste, « Au reste, Ô reste, Oreste au resto ! » (cher
lecteur, excuse ce petit délire passager de l'auteur affaibli ! NDLR). Au reste, donc, je n'ai guère envie de grignoter
quoique ce soit : un verre d'eau et, symboliquement, un tout petit bout de
tarte, c'est tout. Dis donc, les parts de tarte habituelles ont dû être
partagées en 5 ou 6 pour faire face à l'affluence, je trouve !
Du côté populo, ça ne va pas
s'arranger, pour les préposés au ravitaillement ! Car, comme nous
repartons en montant au-dessus du domaine, nous croisons les marcheurs qui
arrivent à jet continu, par dizaines et dizaines, impressionnant ! C'est
tout juste si nous pouvons nous glisser sur le bord du chemin ! Jamais vu
autant de monde. Ça risque d'être la foire d'empoigne au ravito, !
On emprunte (et, à cette époque
de crise, emprunter…) la voie romaine une première fois. Roulant et descendant.
Bonne allure. Puis on bifurque à gauche, pour aller monter au-dessus de
Faverelles, après avoir aperçu les maisons et le clocher pointu de Thou, sur
notre gauche . Descente rapide sur Faverelles et traversée du village.
Antoine, qui traîne en queue de peloton avec moi, s'émerveille du pittoresque
du coin qu'il découvre. J'aime bien les gens qui lèvent le nez du guidon et qui
savent aussi faire le plein des petites sensations, visuelles le plus souvent,
que nous pouvons percevoir au cours de nos traversées de la campagne.
« Regarde derrière ! » me dit-il, alors que nous remontons de
l'autre côté du village, et que nous le découvrons dans son ensemble, éclairé
par le soleil du matin. C'est vrai que nous passons là par le plus sympa de la
rando.
Comme nous arrivons sur le haut
et que la route que nous rejoignons ne devient qu'un faux-plat montant, je
discute avec le Manu de
Thauvenay (Eh oui ? Je ne t'ai pas dit qu'il nous a retrouvés
au ravito et roule depuis en notre compagnie). Du coup, les autres prennent les
devant. Heureusement que nous prenons (oui, cette fois, on la prend carrément,
sans se gêner, plus question d'emprunter, ça va bien…) de nouveau, en
virant à droite, la fameuse voie romaine, cette fois-ci plus avant mais dans le
sens inverse, pour revenir. C'est une portion agréable, en orée de
forêt, roulante sans être ennuyeuse. Figure-toi, que j'ai vu un vélo y soulever
de la poussière ! Légèrement, mais quand même. Tu te rends compte ?
On quitte de nouveau cette ligne droite pour obliquer en
direction du « Grand Sermaise », cette ferme où l'on élève des
volailles, comme, il y a quelques années, un groupe de pintades très
discrètes ! Question gardiennage, ça vaut les oies du Capitole des
anciens romains !!! On est ici sur nos terres, celles où nous traçons
souvent les parcours de la « Rando des Beignets »… Où passerons-nous
cette année ?
Le retour vers « La
Chaise » et le deuxième passage au ravito est pour tout de suite et je
lève le pied pour souffler un peu.
Moins d'affluence devant la
table, par contre celle-ci fait penser à un champ de céréales après le
passage d'un vol de sauterelles ! D'ailleurs, les organisateurs en
sont à sortir les pommes directement (de ça il y a à profusion,
bien sûr) sans prendre le temps de les couper en quartiers ! Je profite de
la pause pour, avec l'aide précieuse de Maurice, nettoyer ma cassette,
encombrée par un mélange de terre et de feuilles. Ma chaîne accrochera
mieux, mais je ne gagnerai pas beaucoup de rendement, je le crains.
Comme nous repartons par une
portion doucement montante mais longue, je dois me résigner à ne pas pouvoir
suivre le groupe. Dur ! C'est
marrant, je n'ai pas l'impression forcément d'être cuit, de ne plus
avancer, simplement les autres sont devenus drôlement costauds, c'est tout, ils
avancent vachement vite !
Antoine m'a attendu et l'on
essaie de recoller, tout en parlant d'une plante type engrais vert aux fleurs
joliment bleu foncé qu'Antoine m'a montrée dans le champ d'à côté (ça a un nom
comme syphilis, et on en rigole, mais que j'ai oublié). De plus, ces fleurs
parfument délicatement l'air ambiant d'une odeur de miel… Sensations…
Pour la troisième fois, nous
retrouvons la voie romaine. Portion descendante : nous rejoignons Michel
et François qui, après le passage de la route d'Auxerre et alors que nous
bifurquons en direction de Batilly, vont nettement laisser les autres filer
devant pour nous attendre. Sympa.
Tu crois que j'aurais dû prendre
l'option « raccourci » que le balisage nous indiquait juste tout de
suite ? Mais je me sens tout à fait capable de faire le grand tour !
Le problème n'est pas là. Simplement, je ne peux pas aller aussi vite que les
mobylettes devant ! J'ai envie de leur dire de partir suivre les autres,
pour ne pas avoir à jouer « Boulet Bill », mais en même temps je suis
bien content qu'il soient là…
Chemins herbeux qui tirent un peu
les mollets : c'est la partie la moins marrante du parcours et encore,
nous avons la chance d'avoir un sol plutôt correct, à l'exception, ici ou là,
de quelques zones détrempées, assez facilement franchissables ou contournables.
On retrouve dans le coin
certaines portions du parcours de la rando de Batilly, au début de juillet, une
rando qui se tient un jour de vide-grenier, grillades, jeux d'enfants…c'est
sympa et familial.
Batilly, nous y voilà assez
vite et nous évitons le village pour repartir en direction de Bonny. Maurice et Jean-Paul sont arrêtés
là. Tu crois qu'ils sont cuits et n'ont pas pu suivre le tempo des
autres ? .. Non ? Ah bon… C'est que devant, ça doit rouler : le
Christian a retrouvé la pêche, le Manu, je t'en parle pas et Pierre, sur
le plat roulant comme on a maintenant, il doit drôlement « y
emmener » comme on dit !
Ben, je suis bien content itou
d'avoir du chemin « blanc » ou de la petite route, tout ça sur le
plat. J'ai peut-être aussi un petit regain d'énergie, on peut rêver…
Nouveau passage sous l'autoroute,
cette fois, ça sent l'écurie. Au fait, tout à mes efforts, je n'ai pas pris de
photo : juste un cliché de « Frapadingues » pour l'article de
journal, excuse, je n'ai que ça !
On déboule soudain au pied d'un
verger de pommiers. De la rubalise nous marque un passage sur un talus pour
ensuite piquer entre deux rangs de pommiers et remonter au point de départ.
François est passé tout droit, sans bien comprendre le pourquoi du balisage et
se retrouve, hésitant, sur la petite route. Nous le suivons tous. On peut
rejoindre sur le haut en prenant, sur cent mètres, la route d'Auxerre. Le
détour par les pommiers est surtout conçu pour éviter l'affluence sur la
route. C'est justifié d'ailleurs, car les voitures n'ont cure des allers venues
des randonneurs devant le site. Un 4 X 4 se lance sans complexe et à toute
vitesse dans un dépassement de notre groupe alors que nous nous écartons pour
éviter une troupe de piétons et que, de plus, arrive une voiture en sens
inverse. N'importe quoi !
Il n'est pas tard et, finalement,
on a digéré (le mot est peut-être mal choisi pour moi aujourd'hui) nos 46 km, avec les 500 m de D+, dans
les temps. Du coup, on s'attarde en profitant de la douceur du soleil de midi,
des diverses choses proposées à la dégustation. Maurice se voit octroyer une
récompense en tant que …marcheur (!) parmi les moins jeunes. Il repart
donc avec un cageot de fruits, mais on sent bien qu'il aurait préféré une belle
coupe... Ça présente mieux, sur l'étagère !
Mais bon, comme c'est une flèche,
il pourra toujours jouer à Guillaume Tell !
Dimanche pas de rando organisée. La prochaine
est à Santranges (au-desus de Belleville) le 4 décembre : si tu es venu à
Bonny, tu peux aller à Santranges, ce n'est pas plus loin : le site
est joli, les pompiers (pas les pommiers !) qui organisent sont sympas et,
côté rando, il y a de quoi faire. Donc, voilà : rendez-vous à
Santranges !
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| dimanche 20 novembre 2011, a 18:05 |
| Une rando (Mont)argis connue ! |
Bon, je te mets un petit mot concernant la
« Montargoise », je te sens frustré, non ?
La « Montargoise », c'est un cas
particulier : date fixée une fois pour toutes (c'est le 11 novembre)
et donc, nécessairement retenue facilement par tout le monde. Ajoute à ça le
fait qu'il n'y a pas de concurrence sur ce créneau et tu as déjà quelques
bonnes raisons pour que l'affaire marche bien. De plus, une rando en forêt de
Montargis, c'est quand même sympa, quoiqu'on puisse dire, car tu peux toujours
reprocher des tas de choses, mais bon…et puis on sait que l'organisation est
sérieuse. Si la météo se met de la partie en étant favorable, tu te retrouves
comme cette année à plus de 700 participants, et il ne s'agit là que de
vététistes !
Si l'on veut poursuivre
l'analyse, on ajoutera que Montargis est un centre important, bien sûr, et puis
je trouve que le coin est riche de clubs actifs et nombreux. Il est vrai
que la région parisienne n'est pas pus éloignée que nous, nivernais, de Montargis…
Pas de départ groupé qui s'est
fait un temps. Mais à l'heure classique du « 8h et demie sur les pédales », nous attendons
toujours Jean-Paul. Nous, ce sont les habituels Michel-Léopold, Pierre, Christian
plus Patrick de l'ECC qui nous accompagne parfois un peu, avant, le plus
souvent, de partir devant…
Bon, Jean-Paul ?
Bigophone : il a confondu avec le lieu de départ des « Chouquettes...
Jean-Paul, quoi…
Alors, si on s'en réfère à ce que
nous avons fait lors de la
« Transgâtinaise »,
il y a peu, les 55 km du parcours devraient être couverts dans les
temps, même avec un départ un peu plus tardif que prévu.
Seulement tu vois, c'est pas
parce que le terrain de jeux, la Forêt de Montargis, est le même que pour
la « Transgât' » que ce sera un copié-collé. Du tout. Et ce
n'est pas non plus une question de qualité du terrain. Le sol n'est ni plus ni
moins boueux, les conditions de « température et de pression », comme
on dit en physique, sont quasiment les mêmes. Alors ? Ben, c'est une
question de tracé. La forêt est vraiment vaste et les organisateurs ont
largement de quoi composer des variations en différentes tonalités, pour user
d'une métaphore musicale.
De toute façon, à moins d'être
particulièrement familier des lieux, c'est dur, une fois lancé sur le spad, de
s'y reconnaître. Peut-être que, en y roulant perso et en devant par conséquent
y faire son chemin, on pourrait prendre des repères, relever le nom des voies
forestières et donc s'y retrouver, mais le nez dans le guidon, comme souvent
ici, et attaché à repérer le balisage du tracé, tu te laisses guider et pis
c'est tout ! Tout juste si, de temps à autre, tu reconnais un passage un
peu plus familier.
Tout ça pour te dire que ce n'est
pas parce que l'on a roulé dans cette forêt, il y a moins d'un mois, que l'on
va avoir l'impression de refaire la même rando. Du tout. Alors ne me demande
pas de détails que je suis incapable de te donner. Sache pourtant
que, aujourd'hui, on franchit l'autoroute par un mini tunnel fait de
curieuses buses à section rectangulaire. C'est plutôt étroit et tu en vois qui
tendent la main sur le côté pour se tenir à l'écart du mur latéral. Par contre
le sol est parfaitement lisse et tu ne risques pas de surprise dans l'obscurité
du passage.
Ça nous permettra d'aller du côté
de « Griselles » et de passer près de moulins pittoresques que oui,
d'accord, on reconnaît, mais ce n'est pas désagréable au contraire.
Reste une anecdote :
Tu sais que l'on est le 11-11-11
(11Novembre 2011) et que, ici et là, certains ont fantasmé là-dessus :
favorable ? Maléfique ? Aucun de nous ne s'est posé de question en
partant ce matin. C'était « Roule ma poule » !
Toujours est-il, je n'invente
rien, que, le 11/11/11 à 11 heures moins 11…Michel-Léopold expose son pneu
arrière !… Un tubeless…
Et que le 11/11/11 à 11h 11,
Patrick casse sa chaîne (et qu'il n'a pas d'attache rapide !)
Voilà, je n'en tire pas de
conclusion… je dis, c'est tout…
Pour le reste, on va trouver que
la version « Montargoise » est plus rythmée, plus variée dans le
profil, que la version « Transgâtinaise ». Du coup on ne
tiendra pas non plus un rythme aussi soutenu, mais il nous en restera sous la
pédale pour le final, un superbe petit single plutôt rectiligne où Pierre s'est
lancé carrément. Le truc qui te fait arriver au stade le sourire aux
lèvres ! Belle édition.
Pour moi, pas de « Rando
entre Loire et Forêt » chez les amis d'Ouzouër-sur-Loire. Je suis de
fiesta et, au vu du soleil qu'il faisait ce matin-là, ça faisait regret
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| mercredi 16 novembre 2011, a 19:58 |
| La Belle Arrabloy Dormant… |
C'est parti vite… J'ai roulé sur le single de départ, pris
par le plaisir du passage, du coup je me suis arrêté pour quelques photos puis
j'ai rejoint le groupe emmené par François, le frangin, qui se laisse aller
dans cette portion roulante. Actif-Michel suit, il est venu sans son Anne, dos
coincé. Arrivent aussi Maurice qui se sort à peine de ses deux côtes cassées et
est un peu à court d'entraînement, Jean-Paul plus au top, Antoine, avec ses 35
ans tout neufs d'hier, mais qui bosse plus sur sa maison qu'il ne roule,
Christian pris par les travaux des champs ces temps derniers et puis Jacky, le
« Frapadingue » de service qui se dit hors de forme mais qui,
finalement ne roulera pas mal du tout. Voilà notre groupe, ou à peu près, qui a
décollé d'Arrabloy à l'heure dite, 8h 30 « sur les pédales ».
On avait pourtant pris le temps
de profiter de l'ambiance de départ : la grande salle polyvalente
d'Arrabloy, mise à la dispo de « Gien-Relax » et où tout a été
fignolé au détail près pour le grand jour. La table centrale où les
gâteaux seront offerts à l'arrivée, le grand écran TV avec l'ordinateur pour
les photos, l'expo de vélos de "Top-Chrono", et les derniers
« Giant » à admirer, et puis la grande table d'accueil en face,
où, tel un jury de concours, une brochette de « guêpes »
attendent les inscriptions. À droite, c'est le café-viennoiseries, rien que ça,
où j'ai symboliquement donné un coup de main, en arrivant un peu plus tôt.
Michel-Léopold, le sire de St Martin, accueille, va de l'un à l'autre, présente
les circuits en commentant la carte, a l'œil à ce qui manque et se précipite.
Il est tendu aussi : combien de participants répondront à
l'invitation ? Il a fait bon, on n'annonce pas vraiment de mauvais temps,
mais comment prévoir?
Après quelques isolés, une
première vague est arrivée vers 8 h. Impressionnante déjà, qui annonce celle,
définitivement synonyme de succès qui va déferler vers 8h 30.
Nous sommes déjà partis : il
faut être revenu pour la remise des récompenses, un moment majeur. Aussi ne
roulerons-nous « que » sur la boucle de 40 km. Avant le départ,
il y a eu quelques photos : les « Frapadingues » ont bien marqué
le coup. Le « VTT Nivernais » n'est pas là, je crois, pourtant François
et Catherine, qui sont du même coin, n'ont pas hésité à faire le chemin. Et
l'on voit des maillots qui affichent des origines assez lointaines…
Déjà, il faut souvent marquer un
arrêt pour le regroupement : les niveaux de forme sont inégaux
et, malgré la ligne doucement descendante, vers le val de Loire, et
l'aspect roulant des chemins, tout le monde n'a pas le même rythme.
On aborde vite, en passant le
pont sous l'autoroute, ce site bucolique dédié aux loisirs autour d'étangs, au
nord de Briare. Sur le coté, un groupe arrêté. Un gars au téléphone. Je
m'enquiers : « Un souci ? » Il me désigne une roue plus voilée qu'une Afghane, car elle
affecte carrément la forme d'un huit ! Eh ben, il a fallu faire des
efforts pour ça, car le secteur ne
chahute pas vraiment !
Après le petit boyau sous la route.
On pause un instant. Actif-Michel s'inquiète auprès de Maurice : « Tu
t'bandes toujours, Maurice ? »… Euh ? Il a demandé quoi ?
Et la confusion est à son comble quand l'interpellé
répond : « Oh oui, surtout au lit, la nuit ! »… Bref,
on discute entre hommes, tu l'as compris…
Deux trois tourné-viré dans ce
secteur toujours sympa, puis nous descendons carrément vers le Val de Loire au
nord de Briare, en franchissant la route et en passant près du site occupé par
le « Théâtre de l'Escabeau », la magistrale troupe locale.
Le premier ravito nous attend un peu plus loin. Nous y
retrouvons Catherine, partie sur le 20 km.
On repart direction Briare,
direct... Ah ? On ne se fait pas le single vers les anciennes
« chevrettes » (digues submersibles, assez communes en
Loire) ? En fait, c'est un piège : on doit vite bifurquer sur la
droite, en grimpant sur la première chevrette (pas facile avec le virage
surprise !) et on la suit sur le dessus (sympa, je ne connaissais pas ce
passage !)jusqu'à retrouver la voie « classique », à l'endroit
où il faut se lancer pour réussir l'escalade de la seconde digue. Avec une petite épingle à cheveux au
départ, faut le jouer fin !
Jacky est parti devant moi, mais
ne semble pas motivé pour tenter la brève grimpette « Fonce, Jacky ! »
que je lui hurle en me lançant, car je vois le coup où il va me bloquer. Au
dernier moment, il réussit à s'écarter et je passe avec juste assez de vitesse
pour passer les perrés et aller me percher en haut de la chevrette !
On enchaîne sur ce single qui
serpente dans cette végétation caractéristique qui envahit habituellement le
lit majeur de la Loire. Amusant à faire assez vite. Puis on débouche sur la
zone de courtes « Montagnes Russes », que certains aiment bien, mais
que, perso, je trouve assez inconfortables, tant ça te décolle le cul de la
selle si tu vas assez vite. Pas facile non plus de faire coïncider le rythme de
pédalage avec celui du passage des bosses. Mais bon, c'est du vrai VTT !
Ça annonce un autre secteur
délicat, en arrivant sur les quais de Briare : le passage du pont de la
jonction d'un ancien canal avec la Loire.
Le pont se situe en contrebas et,
si son passage lui-même ne pose pas de difficulté majeure, il faut descendre
bref mais pentu et surtout réussir l'accroche dans la remontée délicate, de
l'autre côté.
Évidemment il faut tenter !
Un peu de bol, un peu de
technique et pas mal de jus de cuisses et ça passe ! Enfin, pas forcément
pour tout le monde…
Et, en haut, je vois arriver
Antoine et Jean-Paul, qui ont esquivé le passage en choisissant un court détour par le pont d' à
côté !
Quais de Briare, passerelle,
bord de canal puis de Loire. On va aborder le pont-canal par où ?
Surprise, il faut monter
l'escalier métallique, au prix d'un portage. Inhabituel, c'est peut-être ce qui
est recherché. Il faut le mériter, ce passage sur le pont canal que nous
connaissons trop bien et qui nous deviendrait presque indifférent :
quantité de gens font le déplacement pour venir l'admirer et il ne serait pas
mal que, de temps à autre, nous regardions ces paysages ou monuments quotidiens
avec un œil neuf, non ?
Pendant que nous passons sur la
rive gauche, je cherche Jean-Paul : il a dû vouloir éviter l'escalier et
faire le tour possible pour aller aborder le pont par le haut. Ce n'est pas
bien long à faire, où est-il donc passé ?
Alors que nous arrivons au bout
du pont, je montre à Actif-Michel le coteau en face, au rebord assez pentu et
où la boucle du parcours 58km va aller se colleter avec quelques raidillons
bien sentis. Juste en face, justement ce sont les maisons de Beauregard
(ou Bellevue on trouve les deux désignations) en haut d'une des difficultés
majeures. Je l'ai grimpée hier pour baliser cette boucle et c‘était la
pre-miè-re fois que j'arrivais en haut pas e-ssou-flé-du-tout… du tout !
Si, si, je t'assure!
… j'étais à l'arrière d'un quad
drivé par Laurent, c'est p'têtr' pour ça…
Mais ce secteur est réservé à la
boucle des 58 km et nous tournons à droite pour suivre le chemin du bord de Loire. Très sympa dans sa première
partie en sous-bois, avec des portions un peu ludiques : virages, trous
dans lesquels descendre et remonter etc… Il faut un peu faire attention, car
nous sommes nombreux et, si ça ajoute à l'ambiance, il faut rester vigilant un
minimum. C'est d'ailleurs l'occasion d'avoir une indication sur la
fréquentation de la rando : ça fait un peu que nous sommes partis et nous
avons toujours eu du monde devant et/ou derrière nous. Bon signe,
non ? Ce qui confirmerait l'impression que nous avons eue au départ, à
noter le nombre de voitures garées sur le parking et débordant largement dans
les rues du village.
Suite du chemin du bord de Loire,
un peu plus monotone quand nous longeons les champs, puis on vire à 90° sur la
gauche pour nous retrouver face à St Brisson, tout droit devant.
Commissaire préposé à la sécurité
au passage de la route : justifié, cette dernière étant un véritable K.L.
Nous stoppons donc, mais refusons de repartir, à son grand
étonnement, quand il nous fait signe ! Raison : on fait un petit
regroupement, car, en particulier on n'a pas revu Jean-Paul depuis le
pont-canal de Briare ! Connaissant ses facultés d'orientation, on peut
tout redouter !
Mais il arrive bientôt avec
Antoine qui s'était arrêté l'attendre
(et, effectivement, il s'était planté !)
Il y a lieu en effet de composer
un beau cortège pour faire une entrée triomphale dans un des secteurs
remarquables de cette rando : telle une troupe de visiteurs de marque
d'autrefois, nous remontons la route qui nous amène tout droit (c'est le
mot !) à la grille d'entrée du parc du château de St Brisson, que notre
Michel local a su faire ouvrir pour l'occasion.
Tout en nous appliquant sur la
première grimpette du jour, nous levons les yeux à gauche, sur les murs et les
tourelles du château qui nous surplombe. Dire que Pilou n'est pas là pour
apprécier, lui qui s'ingénie chaque année à nous trouver un accueil dans un
château différent du Donziais ! Sûr que Michel aurait aimé son avis de
spécialiste !
Passage à côté du pont et coup
d'œil sur les machines de jet qui sont exposées à côté. Si bien que, arrivés à
l'entrée d'honneur du château, en haut de la côte, nous sommes trois ou quatre
à bifurquer vers le château pour en apprécier le site et l'architecture
Renaissance, ainsi que les commentaires d'Antoine et François qui connaissent
les lieux. Le ravito n'est pas loin, nous y rejoindront facilement les
autres.
C'est chez Georges, le vigneron
ami de Michel-Léopold que nous nous retrouvons, ou, du moins, dans sa cour.
J'ai eu l'occasion, hier après le balisage, d'apprécier la qualité de son
accueil et…celle de son… euh… de SES produits !
Quelle affluence ! Et bonne ambiance aussi : les
« Balbuzards », une joyeuse bande de vététistes, est en train de
faire une photo de groupe devant l'entrée du caveau et sa fameuse inscription
illustrée :« Plus je bois, mieux je chante » qui a dû les
séduire.
…Mieux je chante, sans doute,
mais mieux je pédale… pas sûr ! Nous verrons ça à l'arrivée, qui n'aura,
sur ce point, rien à voir, c'est sûr, avec les « Vignobles » !
Jean-Paul, toujours et encore
baroudeur, se désolidarise du groupe (lâcheur !) pour se lancer sur le
grand circuit.
On reste sur le haut du coteau
pour repartir vers Gien, via St Martin-sur-Ocre : pas question de passer
devant la demeure de l'ami Michel-Leopold sans s'arrêter ! Nous voilà donc
trois à chanter sous la fenêtre de la belle esseulée (ouais, en fait, à lui
raconter des blagues…) avant de vite tenter de rejoindre le groupe. Pas facile
de remonter ne serait-ce que
quelques minutes ! Christian et Antoine, de plus, semblent un peu
plafonner.
On arrive sur les quais de Gien,
rive gauche : les autres passent là-bas sur le pont. Comme je me sens des
fourmis dans les gambettes, je sonne la charge : tan,tan tan !!!
Pas de clairons, non, mais ce
sont carrément les cloches de Gien qui sonnent à toute volée : ça a de la
gueule, tu ne trouves pas, pour franchir le fameux pont, avec le château
(encore un !) juste au-dessus ?…
Je rejoins l'arrière-garde du
groupe, comme ils prennent le sentier de bord de Loire, en dessous de la
piscine. On retombe dans du connu et roulant que l'on passe à bonne allure. Je
guette, en l'espérant, le passage par la variante sur le single amusant qui
conduit vers une petite zone « mouvementée » avec passages possibles
dans des trous et petits virages serrés. Je ne suis pas déçu, les copains
traceurs n'ont pas évité ce secteur ludique : la rubalise tendue délimite un petit parcours
dans ce site. Devant moi, des mecs évitent, en passant sous les rubans, mais
pas question de rater ça ! Zou, on plonge, on remonte, on vire et re… Je
m'apprête à partager la rigolade avec les autres, quand je les vois eux aussi
éviter le secteur… eh ben ?
Reste à prendre le chemin du
retour : il va falloir escalader le coteau de la rive droite. Pas bien
facile habituellement. Quel aura été le choix du traceur ? Je suppose que
la « variante » annoncée comme costaude va se situer par là. On a
viré face au coteau et nous arrivons au rond-point de Croix-Méry pour franchir
la route. Le balisage indique, d'une part, une petite côte bitumée et… d'autre
part, effectivement, sur la gauche, une option qui tient de la montée
impossible ! Je t'assure que, vu du pied, c'est impressionnant ! Un
mec est dans la grimpette et s'acharne.
Je n'ai pas hésité : on n'a
pas fait tellement d'effort et l'on peut s'y lancer pour le fun, non ?
Mais j'ai beau appeler mes compagnons, seul Maurice me suit… pour renoncer de
suite et tourner autour du rond-point.
Bon ben, c'est pas le tout…Alors
que je vois mes collègues partir cool sur leur bout de bitume, je passe tout à
gauche… on verra bien jusqu'où ça montera…
Ça attaque assez fort, pour
s'accentuer. Surtout équilibrer le poids sur le vélo. Charger l'avant pour
éviter que la bestiole ne se cabre (je te dis que c'est archi-raidos !)
mais aussi garder du poids sur l'arrière pour conserver de l'adhérence…
Heureusement, bien que le sol soit d'herbe rase, ça ne glisse pas et le
« chemin » est aussi assez large pour garder l'équilibre sans trop de difficulté. Un peu plus
haut, l'objectif de « Roydudul », un des photographes-maison, me
braque : « Zoome, que je lui crie, zoome, je ne tiendrai jamais
jusqu'à toi !!! » Sur le côté, un quad et je reconnais Michel « Top », debout près
de son vélo couché et qui m'encourage : « Accroche-toi, moi je me
suis retourné comme une crêpe ! » j'aurais largement le temps de
répondre, vu la vitesse, mais je souffle pire qu'un phoque. Le passage est
devenu vertical (oui, enfin, presque..) j'ai le cœur qui fait la
mitraillette : un coup d'œil sur le cardio me confirme que je suis limite de
ce qui m'est théoriquement permis, mais le bout du raidillon est à quelques
mètres… Dents serrées, je parviens à la zone un peu moins pentue… Je redescends
progressivement les vitesses, au fur et à mesure de la reprise du contrôle de
ma respiration…Suis content de moi, mais je reconnais que, si j'avais fait la
grande boucle, je n'aurais sans doute pas pu me hisser en haut de cette côte…
Mais qu'est-ce qu'il a voulu dire le « Top » tout à l'heure, avec son
histoire de crêpe ? Eh bien, je le saurai en découvrant plus tard
l'instantané d'anthologie réussi magistralement
par Roydudul et que je n'ai pas résisté à te mettre en illustration. Tu vois
que ça grimpait !!!
Alors que je passe le petit pont sur le chemin de fer (?), je
me remets à appuyer un peu pour revenir vers le tracé qu'ont suivi les autres.
Où sont-ils ? Assez rapidement, je rejoins la petite route à l'endroit où
elle finit de monter. Pas de maillots connus à l'horizon, sauf celui de
Christian que je rejoins vite : rare de le voir en difficulté le Christian,
il est plutôt habitué aux premiers postes. Il suffit de quelques sorties
ratées. Il m'annonce Antoine pas loin devant, mais, même en me collant dans la
roue d'un gars que je me suis acharné à rejoindre et qui se relève
presqu'aussitôt, il me faut un moment pour récupérer
l'Antoine : « Viens, je t'emmène ! » que je lui dis,
façon France Gall, et nous voilà à rouler de concert. Côté souffle, ça irait
plutôt bien, mais les guiboles se souviennent de la petite grimpette de tout à
l'heure et renâclent un peu à faire ce que je leur demande. Néanmoins (qui,
à l'instar de « bonbon, bonbonnière et embonpoint » ne prennent pas
un « m » devant « b, p et m », je te le rappelle,
hein ?) nous réussissons à rejoindre
le groupe (qui d'ailleurs s'est assez effiloché dans cette dernière partie)
dans les derniers cinq cents mètres de la rando, alors que nous traversons une
partie agréablement boisée. Après avoir frimé tout ce que j'ai pu en passant
les collègues l'un après l'autre, je ne suis pas fâché de me relever et de
souffler !
Nous arrivons dans Arrabloy et
Jacky, enfant du pays, me désigne, entre les arbres, un château (encore un,
Pilou, tu vas devoir t'aligner !) médiéval tout ce qu'il y a de
romantique ! Tout à fait « La fille du Roy dans la tour »…dans son
Arrabloy dormant…
Justement, belle il y a… et
tout à fait façon contes de fées évoqués : bon, elle n'a pas de
pantoufle de vair ni de longue robe à crinoline, mais elle en est tout à fait
digne. Il s'agit de la fille de Pascal, élue récemment première Dauphine de la
Reine de Gien et du Loiret. Bardée de ses écharpes officielles, elle accueille
aimablement les participants dans la salle et va remettre les récompenses.
Est-ce à cause d'elle que tout le monde s'attarde ? Ou à cause de la
profusion de gâteaux et autres pâtisseries offertes aux arrivants ? Ou du
Coteaux du Giennois qui réjouit les gosiers (si, si !!!), ou bien encore à
cause du climat chaleureusement amical qui règne dans cette salle ? Ce
dernier est d'ailleurs peut-être la conséquence des deux autres causes, je sais
pas si tu me suis ?…En tout cas, c'est à qui fera la photo en compagnie de
la Belle... et tu parles que je ne suis pas en reste, comme tu peux en
juger ! (l'autre mec sur la photo, c'est le papa…rien n'est parfait…)
Les organisateurs, Michel-Léopold
en premier affichent une mine plus que réjouie, pas seulement à cause de
ce qui précède, mais surtout parce qu'ils ont atomisé leur record de
participation en passant la barre des 400 vététistes !!!
Le secret avait dû fuiter, au
sujet de la présence de la « Belle Arrabloy dormant » !!!…
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| jeudi 10 novembre 2011, a 21:57 |
| La « Preum’s »: une première ! |
Quelques jours en Languedoc et
recherche d'une rando du dimanche matin dans le secteur. Quelque chose assez
loin près de Béziers, une « rando œnologique », vue sur
"vetete.com" : cher (15€ !) et pas très clair : rando
sur la journée pour les petits circuits (!) et « vrai VTT pour les
45km ».Pas de tel, donc bien flou. Je contacte le club de Lodève qui fait
une sortie dans les Monts d'Orb, pas facile pour une première rencontre,
j'aimerais mieux rouler local avec eux, pour pouvoir rester autonome si je ne
suivais pas et devais à nouveau jouer « Boulet Bill ». Rien sur
« nafix ». J'essaie en dernier recours le calendrier de Vélo Vert et
là : surprise : une rando , « La Preum's », à St Félix de
Lodez, quasiment juste à côté… enfin, juste de l'autre côté de montagne
au-dessus, 20mn en voiture, en contournant. Coup de téléphone pour
vérifier : 45 km (ouh là, c'est beaucoup dans le coin !) mais le
responsable m'assure que l'on peut en couper un bout… j'aime mieux, tu vois.
Ce dimanche matin, à huit heures,
il fait à peine jour, mais il fait bien doux malgré un ciel un peu couvert, et
me v'là sur le parking de la Cave coopérative du village. C'est un lieu de
rendez-vous fréquent ça, les caves coopératives, dans le coin : pratique,
ce sont des bâtiments hauts (pour accueillir les grandes cuves-inox de 5 ou 6 m
de haut) et toujours pourvues d'un assez vaste espace d'accueil/parking. Ce
matin-là on a l'air d'y préparer différents stands ou éventaires, que doit-il
se passer là ? La rando ne
doit être qu'une des activités prévues.
Alors que je sors mon spad de la
voiture, mon voisin de parking en fait autant et remarque :
« Tiens ? Deux générations différentes ! » Il parle de lui
et moi ? (c'est sans doute le cas, note bien) Mais il s'agit de nos
vélos : deux « Rocky Mountain Element 70 », lui de
l'année, un rouge grenat tirant sur le bordeaux (on reste dans le
pinard !), le mien bien sûr, plus ancien, mais tellement plus beau
aussi !
Inscriptions dans le grand
bâtiment : accueil sommaire, petite carte du parcours pas bien détaillée…
On shunte où ? Le gars de l'inscription ne pige pas… « Ben il y a
juste un passage, vers le haut, que l'on peut faire par la route car le sentier
est assez délicat à monter à vélo, mais, au niveau kilométrage, c'est
kif-kif… ». Eh ben, c'est ça ou se contenter d'un petit 25 km, alors…Vite
un p'tit caoua et je m'y jette, mais la cafetière est vide et débranchée de la
prise de courant qui sert à alimenter un ordinateur/vidéo projecteur qui doit
retransmettre sur grand écran la finale de la coupe du monde de rugby, tout à
l'heure à 10 h. De grandes tables sont disposées entre les cuves…On attend du
monde semble-t-il.
Bon, ben…tant pis, y'a plus qu'à…
J'enfourche la bête, pas mal de
vélos sont déjà partis, c'est pas la grande foule, mais le parking s'est vite
rempli, tout le monde n'est pas devant sa TV.Quelques zigzags dans les rues
montantes pour sortir du village et à nous la campagne !
Je te plante le décor, si tu veux
bien :
St Félix de Lodez se place au
début de la « plaine » du Languedoc : au sud, c'est assez plat,
avant de toucher des collines qui séparent cette région de la mer.Au Nord, ça
s'élève assez régulièrement jusqu'à atteindre le pied des falaises calcaires
qui surplombent joliment, 500 à 600 m plus haut facilement, toute la région et
marquent le bord de la partie méridionale du Plateau du Larzac. En avant de ça,
quelques buttes dont le fameux « Rocher des Vierges », des sortes de
buttes témoin peut-être, mais je m'avance un peu car on trouve aussi localement
des pointements volcaniques qui
émergent du sol rouge, surtout à l'Ouest du village, ce sol de roche
particulière que l'on appelle des « ruffes » et qui forment l'écrin
célèbre du lac du Salagou, à quelques encablures plus à l'Ouest.
Voilà. Devine de quel côté on se dirige ? Au Nord, vers les buttes et les
falaises, tu l'as compris bien sûr… Ça promet !
Alors quoi ?
Alors on monte.Pour le moment,
c'est début de rando. À froid comme ça, c'est assez costaud, je te dis, même
si, pour le moment, on tourne encore un peu dans les vignes, ça ne va pas
tarder à s'accentuer, façon cailloux dans la garigue.
Ce qu'il faut, c'est trouver le
rapport qui fait mouliner sans trop et permet de tenir le rythme sans
s'étouffer. Tu penses bien aussi qu'il va me falloir quand même, sans trop
tarder, enlever une pelure, because échauffement consécutif à effort soutenu.
Donc brève halte et photo du paysage de « ruffes » assez joli, dont
je viens de te parler et dont l'aspect érodé, te donne envie d'aller rouler là-dedans.
Je mesure à cette occasion que,
ma foi, les efforts ont payé et que j'ai déjà pris un peu d'altitude. Pas de
végétation haute, quelques arbustes au-dessus de plantes ras-le-sol que je
devine fortement épineuses. Je continue un moment sur ce chemin large, sans
doute parcouru par des 4X4, seuls véhicules possibles, vu la caillasse !
Il faut y choisir son passage, mais c'est ça aussi le plaisir, au lieu de
grimper bêtement. Je suis, de loin, un petit groupe qui m'a passé pendant
l'arrêt et je les vois quitter soudain le large chemin pour s'engager sur un
single fortement grimpant. Ça se
corse !
À mon tour de prendre ce
single : assez raidos mais surtout hyper étroit : je commence à me
colleter avec un pb qui va devenir quasi permanent pendant une partie de la
montée (et je ne suis pas au bout !) : réussir, avec le peu de
vitesse (tu parles, il doIt me rester une ou deux couronnes sur la
cassette !) à réussir à garder le cap sans sortir du single, malgré les
diverses embûches que j'y trouve, cailloux, ornières racines etc…Voilà que je
regarde d'un peu plus près ce qu'il y a de part et d'autre du sentier :
une végétation vert amande, rase et constituée de…de véritables poignards,
dagues, épées et autres accessoires perforateurs. Ces épines !!!! Le moindre
écart de ma roue et c'est la pelote d'épingle ! Tubeless+No tube =
dérisoires en face de ça ! Décision vite prise : je poursuis à pinces
avec le vélo sur l'épaule ! Non, mais !… Je vais encore gagner du temps comme ça !
Un petit replat plus une petite
descente me permettent de remonter sur le biclou, et je t'assure que je
souffle (j'espère que mes pneus n'en font pas autant !) quand je retrouve
le chemin plus large… qui reprend la montée !
Je me repère un peu par rapport
au fameux piton rocheux que constitue ce « Rocher des Vierges », on
s'en approche de plus en plus et j'espère que nous allons le laisser largement
sur notre gauche, mais voilà que le balisage m'indique l'entrée d'un nouveau
single caillouteux et grimpant…presqu'en direction du piton en question !
Pas d'épines au sol, la
végétation est plus haute, faite d'arbustes au contact tout aussi sympa, mais
ce sont mes mollets et mes genoux qui dégustent… Moins grave. Toutefois, je
n'avance pas mieux. Garder l'équilibre, c'est déjà une chose, la direction une
autre, mais, en plus, il faut gérer l'effort : c'est pentu (je suis
« tout à gauche » ou presque) et il faut régulièrement franchir un
ressaut, une petite marche, un rocher, un passage caillouteux … Sans être
un balaise du trial, loin de là, je saurais surmonter la plupart de ces
passages délicats.. mais ça réclame un max de watts à chaque fois... et ma
réserve est ce qu'elle est ! Je ne tiens pas à m'épuiser trop vite (déjà
que…) ou, pire, de déclancher des crampes… Je suis donc souvent à côté ou sous
le vélo (puisque je le porte !). Et, à ma grande surprise, j'ai
l'impression de revenir un peu sur ceux qui me devancent, si j'en crois les
bruits de voix que je perçois et les maillots entrevus plus haut dans la
garrigue.
J'ai jeté un coup d'œil sur ma
montre : ça fait une heure trois quarts que je grimpe comme ça et j'ai
fait… 17 km !!! Tu sais que je ne suis pas au bout !
Bon, on ne va pas escalader le
fameux piton, c'est déjà un bel effort à pied (je l'ai eu fait), mais on arrive
à une espèce de col. Un premier, qui permet de souffler un chouïa et de
retrouver un chemin plus large. Qui, ouf, reste à peu près horizontal,
voire descend un peu en contournant une sorte de combe, sur la droite.
Je roule un moment avec le petit
groupe que j'ai rejoint au col. Je n'ose pas les doubler, car je sais bien que,
dans pas longtemps, on va devoir reprendre la grimpette, pour franchir cette
dorsale qui relie le Rocher des Vierges au soubassement de la falaise, plus
haut et en face. Un deuxième col, quoi. Alors cool.
Rapidement deux restent à traîner
en arrière et, plus loin, les deux autres vont s'arrêter les attendre. Me voilà
de nouveau chevaucheur solitaire.
Et le chemin attaque, comme
prévu, une nouvelle montée.
On fait ça en lacets, maintenant,
ce n'est pas trop raidos mais, par contre, pas aisé du tout. C'est caillaissou
au possible avec variantes dans le type de cailloux, ça va de la petite
gravette qui roule bien sous les pneus, aux pierres plus conséquentes qui
entravent le passage et entre lesquelles il faut slalomer, si possible ou qu'il
faut parfois tenter de franchir en force (aïe !), mais on trouve aussi
quelques passages sur la roche elle-même, évidemment pas spécialement plats et
roulants au contraire. Bref, ça ne monte pas très vite et un gars, qui me
rejoint peu à peu, ne me dépasse que bien lentement, ce qui nous permet
d'échanger quelques mots.
Lorsque, une fois sur deux, je me
retrouve face à l'Est, à gauche, j'évalue où l'on se situe par rapport à la
ligne de crête derrière laquelle, bien sûr, notre chemin se dirigera bientôt,
certainement pour basculer de l'autre côté, c'est évident. Aussi, juge mon
étonnement lorsque je me rends compte que l'on a dépassé cette ligne de crête
sur notre gauche et que l'on continue l'ascension ! Eh là ! Il y a de
l'abus, on nous trompe ! On va où comme ça ?
Le chemin se hisse sur une route : deux
flèches : une pour un début de single hyper étroit qui disparaît dans la
végétation « Dur », dit l'inscription sur le sol. L'autre flèche
montre la route qui grimpe à gauche : « Moins dur » ! Je
n'ai pas hésité. La route me suffira.
Trouver le bon développement, un
rythme à maintenir et ça monte ! C'est un peu casse-pieds, évidemment
mais, bon, je peux profiter du paysage : le Rocher des Vierges, à côté,
est ma fois, déjà un peu en-dessous, avec sa minuscule chapelle au sommet.
Au delà : la plaine, zébrée de vignes, puis quelques hauteurs piquées
d'aérogénérateurs (ça veut dire « des éoliennes », tu sais des
ventilateurs qui fonctionnent à l'envers, quoi !) et, au fond, la mer.
Devant et en bas, entre des bosses plus ou moins aplaties : le bleu du Lac
de Salagou…
Grimpe mec !
Un cyclo me rattrape et on
discute un peu : « Tu fais la rando de St Félix ? J'ai pas pu la
faire, j'ai pas de VTT en ce moment…temps idéal pour rouler ! etc… »,
Sympa. Je guette ce qui se passe plus haut : j'ai vu basculer deux trois
maillots de couleur, là-haut… On doit toucher enfin la descente…Mais lorsque
j'arrive quelques minutes plus tard au carrefour repéré, le fléchage m'intime
derechef de continuer la montée ! Alors quoi ? Sans doute des gars
qui connaissent et ont décidé de shunter par la route qui descendait à gauche.
J'ai aperçu derrière moi un
maillot jaune et rouge : un des vététistes que j'ai passés tout à
l'heure ? Et je me surprends à appuyer un peu plus fort ! C'est quoi
ça ? C'est fini cette réaction débile ? Je reprends mon petit rythme
et, un bon moment après, le maillot en question arrive petit à petit à ma
hauteur : un cyclo ! Du coup, bêtement je suis content de voir que,
tout routier qu'il soit avec ses petits pneus, il a mis du temps à me
rejoindre. Stupide satisfaction, mais bon… On discute aussi un petit peu.
Je la connais, cette route :
c'est celle qui descend du Col du Vent en direction d'Arboras ! Tu sais,
le Col du Vent, souviens-toi, j'ai fait une descente encadrée, cet été, qui
descendait de là !
On s'en approche
drôlement, les falaises sont juste au-dessus !
Un groupe de VTT sur la route,
sans doute au sortir du single « dur » qui doit monter de la
droite : comme j'arrive à leur hauteur, le fléchage me montre la gauche,
une mini trace qui GRIMPE à gauche !!!!
J'ai passé tout à gauche et
j'envoie du jus de mollets : je vais pas mettre pied à terre devant ces
mecs, non ? (tu sais que je vire con, moi ?). Il faut de nouveau
mouliner un max pour réussir à maintenir direction et équilibre sur cette trace
large comme une main écartée mais heureusement pas trop caillouteuse.
Je crois que je commence à
saisir : à tous les coups, on va tomber, un peu plus loin devant, sur la
descente dont je te parlais de suite, sur le chemin qui prend une centaine de
mètres après que la route a franchi le Col. Sûr.
Ça rate pas : nous
sortons sur ce chemin un peu plus
large, que je reconnais tout de suite :il vient de débuter 100 m à droite
(je dis « nous » parce que j'ai deux ou trois VTT devant moi).
Bon, eh ben, ça n'aura rien de la
descente sympa pas trop raide, et relativement tranquille et rapide dont je
rêvais depuis… ben, depuis le départ pardi !
Je commence par descendre… la
selle !
Bon, je ne vais par répéter ce
que je t'ai raconté sur cette descente la première fois. Retourne un peu en
arrière au titre « le Col du Vent » et tu auras les détails. Je
retrouve tout : la portion un peu roulante du départ, le single dans la caillasse
avec les trois épingles à cheveux (que je ne me risque pas à passer sur le
vélo) puis la partie en corniche, où je ne me sens pas trop à l'aise : je
sais que le fait d'être fatigué (même si là il n'y a pas de raison, hein ?
Meuh non !) risque de rendre mes gestes plus imprécis, mes perceptions et
sensations moins fiables, j'ai eu l'occasion d'expérimenter ça, pas toi ?
Puis de nouveau la partie plus
large et rapide, où un collègue s'était gamellé, puis le raidillon impassable
même à pied et où je vois arriver trois mecs à donf dans des grands bruits de
pneus qui dérapent et te passent ça, sans apparemment hésiter mais quand même
très très limite, j'ai bien failli en recevoir un dans les bras ! De toute façon, j'ai l'impression que,
dans le coin, on n'est pas impressionné par les descentes. Je ne réussis pas à
rejoindre les deux ou trois qui descendent devant moi, mais bon, ce n'est pas
non plus des passages à faire à toc, bien au contraire.
Donc, voilà, encore un secteur à
descendre le cul loin derrière la selle et la roue arrière quasi bloquée et
l'on arrive au village des « Salces » (j'en sais un qui déjà carbure,
avec nom pareil, il connaît pourtant un autre village près du Salagou qui
s'appelle carrément « Salasc », pas mal non plus !)
Le ravito nous attend un peu plus
loin. Pas un trois étoiles loin de là, mais sympa.On nous annonce encore un peu
plus d'une heure trente de trajet et une seule côte : « Quand vous
verrez les pylônes ». Un truc aussi : ils ont réussi à installer un
téléviseur avec un groupe électrogène : direct d'Auckland, pour la finale
de rugby. On s'enquiert du score et l'on jette un vague coup d'œil : dis
donc, les Français ne sont pas loin de la ligne d'en-but, on s'approche… pour
voir juste l'essai de l'équipe de France. Ben, voilà en 30 secondes, on a eu le
plus intéressant !
J'ai remonté la selle :
maintenant c'est du roulant descendant sans trop. Tout à droite, pour changer
et à fond ! Je double du monde,
mais j'ai, dans un coin de ma tête, le souvenir d'avoir explosé un Hutchinson
cet été dans ce passage…
Après quelques kilomètres où le
vent que je fends m'essouffle… (oui, je sais, je paraphrase bêtement José Maria
De Heredia : « Son flanc halète, l'air qu'il fend manque à sa
lèvre… » (Le Coureur), un poème qui ne
manque pas de souffle ! Tu l'as appris aussi à l'école ?).. bon j'ai
perdu le fil de ma phrase… donc après cette partie doucement et longuement
descendante, on attaque le secteur qui prend dans les terres rouges, les
ruffes : Arizona, nous voilà !
Quelques portions montantes, puis
de brèves descentes, rien de méchant, c'est sympa à parcourir, puis des pylônes
électriques dont le chemin suit la ligne : mouvementé sans trop, dans un
bout de descente, il se redresse soudain en un mur : mazette, ce raidillon !
Un gars est dedans et arrive en haut sans poser le pied. Je serre les dents et
m'accroche, le cul sur le bec de selle pour éviter le cabrement fatal de ma
monture. À bout de souffle, je parviens en haut : récupération, tout en
lorgnant sur la silhouette du vélo
devant : tu crois que je vais réussir à le rejoindre ? Notre sentier
se westernise en sinuant au fond d'un mini-canyon rougeâtre, Istwoud, tiens-toi
bien, je vais t'avoir !!!
Et mon téléphone sonne !!
Le temps de répondre, le mec a
disparu. Allez, c'est pas plus mal…
Mais c'est quoi, qui émerge à
peine de la poussière ocre rouge ? Des rails !!! Une voie ferrée
fantôme, presque perdue dans les herbes folles… On y est en plein ! La
Horde Sauvage va apparaître soudain dans une gloire de poussière ?
Où c'est qu'j'ai mis mon
flingue ? (tiens, encore une citation, si tu trouves, t'as gagné un
bandana et un blouson de cuir)
On suit un peu ce vestige de quel
passé glorieux (tué par l'autoroute voisine) ? En jouant un peu
avec : passe dessus, longe, franchit un pont sur … la
« Marguerite ». Là-bas, apparaissent les maisons du village de St
Giraud : chouette, on est au bout, on va sûrement contourner cette espèce
de dernier promontoire au bout duquel se niche le village, et derrière, ce
seront les vignes et St Félix. Ouf ! D'ailleurs, voilà la route…Mais c'est
quoi, ces flèches sur la gauche ????
Et ben, il faut simplement,
simplement…escalader cette barre qu'on aurait pu si facilement contourner en
prenant à droite !
Jouons le jeu…
Je suis surpris de trouver encore
de l'énergie pour gravir cette côte. Bon, je fais pas l'avion, évidemment, mais
ça va. Je vais te dire, je suis en train de revenir sur le gars qui roulait
devant moi tout à l'heure. Lui, par contre, à son allure sur le vélo, m'a l'air
d'être bien cuit. Comme, une fois arrivés sur le dessus de la dorsale, nous
devons continuer à la remonter en suivant le haut, au lieu de basculer de
l'autre côté, j'arrive assez vite à sa hauteur : quelques mots pour dire,
mais il a le regard plutôt vide et articule tout juste une bribe de réponse.
Bon, ben, comme je lui disais,
faudrait pas qu'on refasse un deuxième tour, car ça en prend le chemin, mine de
rien, avec cette longue ligne droite qui s'élève régulièrement.
Oups ! J'ai failli rater la
bifur' à droite. J'hésite à faire signe au gars derrière. Tu vois pas qu'il
continue tout droit ?
Mais je suis déjà avalé par la
descente.
Car ça descend ! Sympa, en
zigs et en zags entre les buissons, assez pentu sans trop, bref, que du
plaisir, et je me prends même à penser que la grimpette valait le coup pour
profiter de cette portion.
De gros cailloux … Ouh
là !!! Chaud ! J'ai bien failli y aller de mon OTB, roue avant
bloquée par une pavasse. Erreur de pilotage de ma part évidemment, la fatigue
fait faire de conneries.
Arrivée au bout de vignes,
sourire aux lèvres du plaisir de la descente... Ben ? On va pas direct au
village, à deux cents mètres ? Eh ben non, on va d'abord en faire le tour
par un chemin entre les vignes, en coupant la route où je vois passer des gars
qui ont visiblement shunté la dernière montée !
Je finis par arriver sur
l'esplanade devant le caveau. Ambiance musicale country, avec groupe de
danse s'il vous plaît ! J'ai rien contre la zique et la danse, mais les
bottines pointues, les chemises à franges et surtout les chapeaux de cow-boy d'opérette sont à
hurler !!!!
Je me glisse vite jusqu'au salon
dégustation, où le « preum's », le vin primeur bien agréable que l'on
célèbre, coule à flots, avec ce qu'il faut de tartinettes pour éponger. On
discute un peu entre vététistes : 1100m de D+ pour 42 km, c'est
respectable, non ?
Je repars avec mes cadeaux :
une bouteille de « preum's » et un T-Shirt du même métal. Effet du
pinard ? Je suis content de ma matinée : je n'aurais pas cru pouvoir
réussir ce circuit, dont j'avais vu des variantes sur « Utagawa » et
que j'avais laissées de côté, les trouvant redoutables.
Finalement cette
« Preum's » c'est une première !
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| dimanche 30 octobre 2011, a 21:55 |
| La TGV |
Traduction : la
Trans Gâtinaise Vouaouh !!!
Dimanche de Transgâtinaise
traditionnel : matin d'automne un peu frais, avec le sublime spectacle du
lever de soleil sur le lac de Chalette/Loing, juste face à la voiture que je
range sur le parking.
Je te la fais en trois
mots ?
Ça donnerait à peu près
ceci : départ groupé, on fonce et l'on continue sur le même tempo pendant
55 km parce qu'on est pressés, parce que c'est plat et roulant et qu'est-ce
qu'on s'est régalés !!! (J'ai même pas eu le temps de faire une
photo !).
Mais t'en veux un peu plus, je
suis sûr.
Alors voilà : pas encore
trop de monde sur l'aire d'accueil et de départ lorsque j'arrive, mais le temps
de s'équiper, poser la plaque de cadre, ça se remplit vite et c'est carrément au milieu de la
foule que Stéphane me trouve, puis Pierre et, surprise, Michel de St Martin, à
peine débarqué de l'avion et surtout, à peine levé ! On réussit à attraper
un café, les petites viennoiseries qu'on avait autrefois sont de l'histoire
ancienne, mais ça reste encore d'un très bon niveau, question accueil. On
attend Jean-Paul, qu'on ne verra pas, et le départ qui tarde comme d'hab'.
Pourtant on aimerait bien ne pas
attendre trop : le grand parcours est de 55 km, ça va me faire pas de
bonne heure à rentrer à la maison !
Les fauves sont lâchés à presque
9h 15 ! Ruée, bien sûr. La « Transgât' », c'est je crois, le
dernier départ groupé qui existe dans le coin. Pas désagréable, ça change un
peu et ça met une certaine ambiance, mais il faut bien dire que ça craint aussi
pas mal : entre ceux qui roulent peinards et ceux qui bourrent à fond, il
y a risque de frottement sévère ! Enfin, ça nous fait notre petit départ
façon « Roc d'Azur ». Je tente de suivre Stéphane et essaie de
vérifier que Michel et Pierre sont derrière, lors d'accalmies. Tant qu'on est
autour du lac ou sur le bitume des rues qui mènent à la forêt, il y a un peu de
marge, mais dès qu'on enquille les chemins de la forêt, juste à côté, ça
devient délicat : 1000 VTT lâchés d'un coup, ça ne s'écoule pas si vite.
J'ai bien failli mélanger mon cintre avec un gars à côté, et un autre s'est
quasiment rabattu sur ma roue avant, faut avoir les mains sur les manettes et
doser savamment les coups de frein ! Tout ça à plus de 25/h au moins et sans visibilité souvent.
On réussit à rester les quatre
ensemble. Le Stéphane se dit hors de forme et ne fera pas le grand circuit,
pourtant, il envoie quand même ! Un problème de résistance ?
Du coup on ne roulera pas
beaucoup avec lui, car notre parcours revient au centre de la cible que
constitue la forêt de Montargis en ralliant, pour un premier ravitaillement,
Paucourt, ce village plutôt
résidentiel au milieu d'une (grande) clairière, au centre de la forêt, façon
village d'irréductibles gaulois.
Ravito dans la cour
d'école : on consulte de nouveau la carte du parcours. C'est comme
d'habitude une sorte d'étoile dont
Paucourt est le centre. Pas bien facile de shunter, et puis comment s'y
reconnaître ? Quoique Pierre connaît bien. On verra en fin de matinée, si
on tarde trop. On essaie de repérer des passages plus exigeants. Il y a bien la
fameuse « Montagneuse », cette allée riche de quelques raidillons
assez sentis, mais on ne fait guère que la traverser : quelques courbes de
niveau à couper dans ce coin-là, effectivement…
On est repartis sur le même rythme : moins de monde, même
si on n'est jamais seuls, c'est un peu fonction aussi des portions où l'on
retrouve les autres circuits. On ne cherche pas à « faire une moyenne »,
ce serait assez ridicule, simplement c'est vrai que l'on aimerait bien ne pas
arriver trop tard et surtout ça roule vraiment bien. On ne s'ennuie pas une
seconde non plus. Le parcours est vraiment plaisant, c'est du classique Forêt
de Montargis, mais c'est un terrain vraiment sympa : on trouve de
tout, des allées, des singles sinueux, des champignons (non, là ce sont surtout
des chercheurs de champignons que nous croisons). On ne sort jamais du couvert
des arbres, même à proximité de La Chapelle St Sépulcre que je n'ai pas vu
passer. Et les côtes ? On les attend toujours et ça a dû être cette brève
montée de tout à l'heure pas bien méchante, car on se retrouve au deuxième
ravito de Paucourt sans avoir remarqué autre chose.
C'est là que l'on commence à se
dire qu'on devrait réaliser un bon truc : vu l'heure qu'il est et le
trajet restant.
On ne repart pas le nez dans le
guidon, mais il y a peut-être un peu de ça, du moins si j'en crois Pierre qui
me demande ce que j'ai bouffé au ravito. Impression. On s'est tous les trois
retrouvés devant alternativement et l'on a toujours mené bon train. Peut-être
que je finis plus frais ? C'est vrai que ce long single bien sinueux mais
roulant par lequel nous finissons est un truc qui me branche bien. J'avais
pensé, en étudiant le plan, qu'ils nous feraient peut-être passer par un coin
assez biscornu (mais situé où ?) sorte de parcours assez technique sur un
secteur un peu bosselé, que l'on a dû parcourir une autre fois, mais il
n'en est rien. Je reconnais ce final qui nous amène brutalement en haut d'un
bref mais pentu petit toboggan au sortir de la forêt. Wouaouh !
Retour par les bords du lac. On
arrive il est midi Bill, pardon, midi pile. Accueil sur l'aire animée :
musique, micro, tombola (eh ? j'ai gagné un pneu ! Le sponsoring
Hutchinson, ça paye !), rose à chaque fille (seule rando à faire ça, c'est
la grande classe), mais... mais... mais… pas d'apéro à l'arrivée !!! On
aurait aimé commenter notre matinée autour d'un verre. Le sandwich c'est bien,
le sac avec T-shirt, sachet de boisson énergétique, bonbons, c'est très
correct, mais je l'échangerais bien contre un verre avec les copains. Rien
n'est parfait !
Du coup, on ne traîne pas sur
place : on n'est pas en retard et il y a un Maurice, pas loin, coincé par
ses côtes cassées, qu'il fera bon passer visiter. Un pot autour de sa table
vaudra bien celui que l'on n'a pas eu ici !
Bon, je ne suis pas en avance sur
mes comptes-rendus : alors je te donne tout de suite le rendez-vous à ne
pas manquer : dimanche 6 Novembre. C'est la « Rando des Coteaux
du Giennois » à Arrabloy (juste à côté de Gien quasiment au bord de la N7, facile !)…Alors, tu ne
rates ça sous aucun prétexte ! D'abord parce que c'est les copains de
« Gien-Relax-VTT » qui organisent et aussi, et par voie de
conséquence, parce que ce sera forcément une rando de qualité avec accueil
soigné et une remise des récompenses qui devrait, euh..disons… te séduire, oui,
c'est le mot.
Alors à A dimanche Arrabloy
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| mardi 25 octobre 2011, a 22:54 |
| Margot parcourez les vignes, vignes l’eau !!! |
Excuse le titre, mais c'est une vieille chanson populaire
qui me trotte dans la tête, du temps que je pédale, ce matin du
« Rallye des
Vignobles », sous la flotte qui suinte de partout :
« Margot labourez les
Vignes
Vignes, vignes, vignelo
Margot labourez les vignes
bientôt »
Et moi, j'en ai fait « parcourez les vignes sous
l'eau »… et cette chanson pourrait bien devenir une complainte, narrant
nos déboires z'et malheurs tout au long du parcours.
« Pour les Vignobles, il
fait toujours beau ! » t'assurent les gens du coin (et surtout les
organisateurs de la journée) mais c'est un peu vrai. La dernière fois où il a
plu (et je ne crois pas avoir raté d'éditions de la manifestation) c'était il y
a perpète ! Je m'étais levé vers 7 h et ça tombait comme à
Gravelotte : Manu m'avait téléphoné pour me dire qu'il restait sous la
couette; la pluie s'était arrêtée avant le départ mais il restait une sacrée
quantité de boue, notamment sur un chemin en direction de Chappe où l'on était
tous à dépatter, porter les bécanes ou à les réparer ! Car, cerise sur le
gâteau, la boue était pleine d'épines ! Une jouissance, je te dis !
Bon, ce matin, c'est un peu
différent, comme dit Anna de Noailles :
" Il pleut
Comme minutieusement A petit bruit et peu à peu..."
(C'était le quart d'heure
culturel, pour monter que quoi, enfin, on peut être biker et aimer la poésie,
na !Voilà !)
Donc, il vase un fichu crachin (
traduction de ci-dessus en moins poétique !) que je ne vais pas qualifier
de « breton », parce que je vais avoir des commentaires incendiaires
des fans de chouchen, mais l'idée y est. C'était annoncé par la météo et l'on
sait que c'est parti pour la journée. Aussi ai-je opté pour la tenue que
j'appelle ma tenue « Aigoual », puisque c'est cette veste imperméable
et confortable avec capuche, qui m'avait permis de résister aux conditions
apocalyptiques que nous avions affrontées là-haut, lors de notre GTMC. Je
n'avais réutilisé cette veste que lors de notre dernière sortie dans le Jura et
bien m'en avait pris. Me v'là donc
imperméabilisé et paré pour le grand circuit de 60 km, auquel je me suis
inscrit hier (alors qu'il pleuvait déjà, comme quoi, je l'ai fait en toute
connaissance de cause, maso que je suis.)
Anne ayant déclaré forfait dès la
veille, c'est un Actif-Michel esseulé que je rejoins, juste avant l'arrivée au
départ du stade de Cosne. On ne devrait pas trouver grand monde pour nous
accompagner dans l'aventure : Michel de St Martin est parti voir les
grecs, Maurice s'est cassé deux côtes et ne peut donc affronter celles du
Sancerrois. Les autres sont trop au Nord, les « Relax » invisibles ce
matin et les « Marsus » ne font guère mieux. On croisera en
partant Manu de Thauvenay à qui
l'on fait confiance pour nous rejoindre et le frangin François, qui réussira à
faire de même, eh oui !
Pour le moment, on se retrouve
dans la salle de départ où l'on est loin de la foule et de la bousculade même
qui y règne habituellement !
On se colle devant la carte du
circuit. Alors je te narre un peu la chose :
Hier, donc, j'ai dû passer une
demi-heure à tenter de me faire décrypter les indications portées sur la
carte. Deux anciens du club organisateur, avec toute leur gentillesse mais
sans leurs lunettes, essayaient de me montrer par où nous devions passer :
le doigt sur la carte (en général 5 cm à côté de ce dont ils parlaient) ils
suivaient un parcours auquel il m'a fallu un moment pour comprendre qu'il manquait
la partie finale, presque tout le retour. Au lieu d'une forme de 8, la carte
montrait un 6, si tu vois ce que je veux dire, moi aussi. Je leur avais
conseillé de compléter le tracé sur la carte pour le lendemain matin pour ne
pas désorienter les participants : ben c'est réussi ! Le parcours est
complété, mais doté de flèches qui le font tourner dans le sens contraire et le
retour se fait de l'autre côté de la Loire (comme le 40 km alors que nous
restons côté Sancerrois). Il n'y a qu'à espérer que le balisage est bien fait
et compter sur notre connaissance du terrain, sinon ce sera épique ! Il faut dire que la feuille de parcours
que l'on nous donne traditionnellement est constituée d'une liste des lieux-dits
traversés, lieux rarement nommés sur le terrain et dont nous-mêmes, locaux, ne
connaissons pas la moitié ! À moins que de coupler ça avec une carte IGN
perso… et encore ! Quitte à photocopier une feuille à chacun, autant
copier une carte !
C'est parti pour 65 bornes (oui,
parce qu'ils nous en ont ajouté un peu dans la nuit, dirait-on !). Pont de
Loire, Château de Branlure (pardon : Buranlure !), On tourne autour de Boulleret, pour suivre ensuite un
chemin qui monte peu à peu et régulièrement sur les hauteurs de Ste Gemme (je
répète qu'on dit : « Sainte JAmme », comme dans
« femme »). Je vais te dire, c'est carrément agréable : on roule
entre deux haies, sous des arbres ou même en sous-bois, le crachin n'est pas
trop sensible et le sol, à peine humide et souvent encore sec, est semé de châtaignes ou de glands qui craquent
sous nos pneus. On est partis assez tranquilles, sachant qu'il y aura
suffisamment d'efforts à fournir plus loin, en plus de la distance à couvrir.
Des « avions » nous dépassent, partis bien après nous, il faut même
carrément faire gaffe de ne pas se faire bousculer, pourtant le chemin est
large !
Le Manu croisé tout à l'heure
nous rejoint peu avant que nous ne débouchions dans les vignes, à proximité de
Ste Gemme (« A » je t'ai dit !!!). Je ne dis pas « en vue
de Ste Gemme », parce que question vue… faut pas trop compter dessus pour
s'orienter ! On est dans le nuage, le brouillard, la pluie, c'est à peine
si l'on distingue vaguement, à travers les lunettes embuées, une ombre de
clocher de village… Sancerre est, bien sûr, rayé du paysage… Quand je pense que
c'est, habituellement, un des moments chouettes de la rando, que le lever de
soleil sur les collines !
Plutôt que de passer par le haut,
on redescend sur la gauche pour, ensuite, remonter en direction des
« Chaises », en passant auprès de la Métairie Rouge : une montée
classique, mais aussi un premier test de la forme du jour. Puis on bascule
vers Sury-en-Vaux, Chappe, pour, bien sûr, se retrouver face à l'une des deux
ou trois montées bétonnées verticales à travers les vignes. Pas moyen de s'économiser sur un truc comme
ça : tout sur le petit et langue sur le guidon !
C'est heureusement court et on
halte en haut pour commenter le passage avec les autres
participants : des épreuves comme ça
créent tout de suite la convivialité. Michel commence son calvaire à
pinces : le petit plateau ne passe pas ou quelque chose comme ça. Nous
rejoignent Jean-François, un néo-Frapadingue qui revient du Roc d'Azur hier, et
mon frangin François ! Bel effort !
On se regroupe plus ou moins et,
tout en traversant les vignes, je discute du Roc d'Azur avec Jean-François. Ce
n'est qu'un peu plus loin, alors que nous sinuons entre les vignes entre
Verdigny et Fontenay, que je me rends compte que le frangin n'a pas
suivi : pourquoi est-il resté en arrière ? Ou bien serait-il
devant ? Entre la flotte qui tombe, les nombreux participants tout
autour, la discussion, les roues qui « patent » parfois dans la
terre collante, je ne me suis pas rendu compte… Je culpabilise un peu et me dis
que le ravitaillement des caves de la Mignonne n'est pas très loin et que nous
allons nous y retrouver.
D'ailleurs, on est accaparés par
le parcours : le circuit suivi sur la carte montrait une traversée
« classique » du bord de la Forêt de Charnes, que l'on pouvait
atteindre juste à gauche sans redescendre…mais on vient de plonger sur Fontenay
pour remonter tout de suite entre
les vignes, en direction du Clos du Roc, par un fameux raidillon typique des
traversées de vignes, tu vois, plein de petits cailloux (ou de plus gros) qui
roulent sous les pneus et qui ajoutent à la difficulté de la grimpette, faut
calculer son coup, rester en équilibre malgré le peu de vitesse : c'est
intéressant mais délicat, en plus de l'effort à fournir. D'ailleurs pas mal en
sont à pousser le vélo. Mieux vaut ça que la boue et, finalement, on
aurait bien du bol, vu les conditions du jour ! Un petit moment de replat
tournant autour d'une vigne et ça repart de plus belle. Au moment où on en
termine, dans un petit bosquet, le chemin se redresse sur les dix derniers
mètres et met tout le monde à pied. Va-t-on redescendre tout de suite à
droite par ce que l'on appelle la descente du Clos du Roc, connue pour être au
moins délicate, voire plus, dans la grosse caillasse? En fait, on se dirige
vers les premières maisons de Charnes pour redescendre de façon connue entre
les vignes (attention, le freinage, les disques ne sont pas bien
propres !) puis vers le viaduc que l'on suit pour se retrouver au pied de
Sancerre.
Et maintenant ?
Tu crois qu'on va, tranquillou,
prendre la route qui contourne la butte et qui, passant devant le
collège, nous amènerait juste au-dessus de la cave de la Mignonne vers
laquelle on n'aurait plus qu'à se laisser descendre ? Trop simple,
beaucoup trop simple ! Alors qu'une côte est possible, juste en
face ! Hein ?
Te dire que c'est la fleur aux
dents qu'on attaque ça, ce serait exagéré, tu t'en doutes ! Les gants
trempés qui tournent péniblement les grips, c'est sympa, tu peux pas
savoir ! Les gouttes qui te descendent sur le front en se chargeant de
sueur et passent les sourcils qui n'en peuvent mais, pour venir te piquer les
yeux, c'est délicieux, tu sais ! Alors, tout ça ajouté à la côte !…
On rejoint la route qui monte de
Ménétréol et je redoute que nous ne devions la traverser pour nous hisser sur la rue qui arrive juste
sous la terrasse du château ! Tu sais qu'ils seraient bien capables de
nous demander ça, mais, bon, il y a des limites, et nous prenons à droite pour
monter plus tranquillement : un doute nous assaille (car, tu l'auras remarqué,
les doutes sont souvent assaillants, vois-tu), celui-là nous assaille donc,
soudainement, lorsque nous trouvons une flèche orange, tout comme celles que
nous suivons depuis le départ, qui nous indique un ravito à gauche (donc, vers
la terrasse de Sancerre) ! Quoi ? V'là du nouveau ! Mais les
cyclos que nous croisons nous détrompent et nous confirment bien le lieu de
rendez-vous habituel.
Pas foule à la Mignonne.
Figure-toi qu'on peut même passer un coup de jet bienvenu sur nos transmissions
embourbées, sans avoir à faire la queue. Idem à l'intérieur de la
cave : on est loin de la foule qui s'y agglutine quelquefois ! La
pluie décime les
participants !
Nous prenons le temps de nous
sustenter de façon conséquente et goûtons le répit que nous donne l'abri. Pas
trop de gens connus à rencontrer et l'on se retrouve sans trop tarder aux
vélos. Quid de François ? Pas vu…
Notre compère Manu a envie de
retrouver assez vite la douceur de son Tauvenay et nous laisse pour rentrer sur
le circuit de 40. Dommage, on l'aurais bien gardé avec nous et l'on ne lui
a pas dit « Vatan » (NDLR : c'est son nom) !
Un qui l'aurait bien suivi, c'est
Michel, mais comme il fallait repartir par la côte du cimetière, direct, et que
le grand circuit débute (très momentanément) par une descente, il me suit.
Tu remarqueras que je n'ai pas
hésité : peut-être parce que ma tenue de pluie me donne un confort, malgré
tout très relatif. Je m'en rends compte en particulier alors que nous roulons
sur cette portion de plat qui nous mène au fond du vallon entre Amigny et la
route de Vailly : on se prend le vent de face, chargé d'un fort crachin
qui te fouaille le visage et embue les lunettes. Un miel ! Nez dans le
guidon, on ne dit rien. Appuie, mec, on est plein Ouest pour encore un
moment, car, après la petite côte qui remonte sur la route de Vailly, on prend
le chemin du Tacot qui descend doucement
vers l'Estérille. C'est très roulant et, comme d'hab', je passe sur la
plaque pour avancer un peu. Mais mon Michel n'est décidément pas trop dedans et
ne profite pas de l'occasion… bon, ben cool…
L'Estérille, le chemin du bas des
vignes qui continue parallèlement à la route de Bourges, puis un autre qui fait
un arrondi en suivant à quelque distance la route qui monte vers Crézancy, tu
me suis ?
Michel aussi me suit. Je jette
parfois un coup d'œil comme je peux derrière et j'aperçois son imper bleu à
quelques longueurs derrière moi. La montée n'est pas trop forte, mais on trouve
le temps long quand même, vu les conditions. À travers mes carreaux pleins
de gouttes, je repère bien la flèche orange qui me fait bifurquer sur la
droite, il y a peut-être aussi une ombre de flèche au plâtre qui monte tout
droit, mais je n'ai aucun doute, d'autant plus que d'autres flèches oranges
font traverser la route pour aller en direction de Reigny, notre prochaine
étape. Je stoppe pour carrément ranger mes lunettes : marre d'essayer
vainement de les essuyer! Et puis, dans la côte de Champtin qui nous attend
là-bas, ce n'est pas le vent de la vitesse qui me gênera !
Tiens, si je prenais une petite
photo de Michel quand il va passer le virage, là. Je me grouille de
démailloter l'appareil, parce qu'il ne va pas tarder, déjà qu'il devrait être
là…
Qu'est-ce qu'il fout ?
Je reviens un peu en arrière et
regarde le chemin montant assez rectiligne que nous avons suivi : pas de
Michel… Il n'était pourtant pas bien loin derrière… Le ras-le-bol de la flotte
et il a fait demi-tour ? Pas le genre … et puis il aurait prévenu…
J'interroge les gars qui montent… Rien. Bon : bigophone.
Michel me répond qu'il se trouve
déjà à Reigny, proche du ravito. Gasp ? Il est passé par où ? Il a
suivi les flèches oranges ! Ben, ça ! Moi aussi ! Bon, on verra,
RV au ravito.
Je passe directement en direction
des maisons, sans faire le court crochet dans les vignes et rejoins Michel au
niveau du bref mais bien costaud raidillon qui conduit à la cave où nous attend
le ravitaillement.
On cherche à s'expliquer sans
comprendre, tout en grignotant. Classique au « Rallye des
Vignobles », on nous propose du Sancerre : le mec à côté décline
l'offre très justement en montrant la côte au-dessus de nous : « J'en
boirai à l'arrivée » qu'il dit. « Tu parles, mon vieux, aux
« Vignobles », tu auras, au mieux, un sirop à l'eau ! C'est
comme ça. ». Interloqué qu'il est... Comment expliquer ?
Bon, c'est pas le tout, question
dégustation, on a un fameux morceau à avaler de suite : la côte de
Champtin. Je t'en ai souvent parlé, tu la connais si tu es passé sur la route
de Bourges. Tu la vois l'allonger le long
de la ligne de « crête » du bout d'une sorte d'avancée du
coteau qui surplombe Reigny et Champtin, une montée sévère mais plutôt
régulière et que l'on suit rarement jusqu'en haut, parce que le chemin qui part
sur les hauts de Bué prend à peu près aux trois quarts de la montée. Du bas, tu
te dis que c'est dommage, pour la « beauté du geste » (comme elle
brait, l'autre), mais une fois que tu es à l'œuvre, ben, ma fois tu t'en
contentes, crois-moi !
Tout dépend aussi de l'état du
terrain. La dernière fois que nous l'avons escaladé, le chemin avait été nivelé
et l'on trouvait bien l'accroche, ça se montait bien mieux qu'aujourd'hui, où
le ravinement a ressorti les petits cailloux qui ripent sous les pneus et
t'obligent à chercher le passage le moins raviné et la bonne accroche.
Remarque, ça t'occupe le temps de la montée, c'est aussi ça le plaisir du
VTT !
Reprise de souffle en haut, où
nous cherchons, dans ce que nous apercevons du paysage traversé, les chemins
différents suivis par l'un et l'autre tout à l'heure. Doit y avoir des flèches
oranges en trop ! Malin !
Ça nous est confirmé un peu plus
loin, sur le long chemin qui suit, sur le plat, les hauteurs de Bué en
direction du « Carroir du Marloup » : un fléchage orange nous
intime de descendre vers Bué ! Même que Michel, tout rincé qu'il soit (au
propre et au figuré), est prêt à s'y engager (du moment que ça descend !)
mais je pense qu'il s'agit de cet autre fléchage qui parasite le nôtre depuis
un moment.
Normalement on doit traverser la
route et enquiller le petit raidillon technique qui part de la croix de pierre
pour plonger sur le fond de Chavignolet, puis remonter sur le chemin qui
surplombe le val de Chavignol. Mais, d'une part, la petite descente raide sur
les cailloux mouillés avec nos pneus boueux et la fatigue, je ne la sens pas
trop, tu vois, et puis remonter à gauche un peu plus bas, c'est déjà costaud à
négocier en temps ordinaire, alors là… et puis on n'est plus en état de faire
autre chose que de rentrer, si détrempés de pluie que nous sommes. De ce côté là, ça a l'air d'être moins pire en ce
moment… mais on ne se rend pas bien compte, tellement l'humidité est partout.
On a rempli le contrat. Je propose donc à Michel de rester sur le haut,
rejoindre le Graveron et, plus loin, retrouver le parcours pour descendre sur
Sury-en-Vaux. Lui, le Michel, il se dit que moins il y aura à monter de pentes
à pattes, mieux ça vaudra. Donc banco.
On rejoint Sury, suit sur Chappes
et le chemin plutôt plat en dessous de la Métairie Rouge puis, plus loin, le
Moulin de Ville. On évite la montée vers Fontaine Audon, qui doit conduire à
quelques zigzags supplémentaires dans les champs, du côté de Montconord et nous
filons direct sur le bourg de Bannay. Retour par la levée vers le Petit Pont de
Loire (ou le pont de la Petite Loire, c'est pareil). On se serre la louche de
l'autre côté de la Loire et je poursuis, par principe jusqu'au stade.
C'est pas la foultitude : il
arrive encore un peu de gars trempés et abattus, mais je crois que beaucoup de
ceux qui ont osé participer ont coupé (que ce soit sur route ou à VTT) pour
aller se mettre le plus vite possible au sec. Je saurai plus tard que c'est ce
qu'a fait François victime, en plus du mauvais temps, juste après notre
rencontre à Sury, d'une crevaison et d'une semelle de chaussure décollée.
Tu comprends qu'en arrivant je me
dirige vers l'abri de la salle où se faisaient les inscriptions. Deux trois
personnes qui ne s'occupent pas de moi, sur une table un pot de rillettes, un
bout de pain, deux trois gobelets et une bouteille de Sancerre… « Après
l'effort, le réconfort ! » qu'il disait, Machin… Pour une fois !
Ce n'est qu'après m'être servi que je réalise qu'il ne s'agit pas de l'accueil
des participants (je me disais aussi !…) mais sans doute de la base arrière
de quelques organisateurs ! J'en ai la confirmation en voyant à
l'extérieur un stand d'accueil où je vais vérifier que les rescapés de
l‘aventure du jour sont soumis au même régime que d'habitude… Ben moi, pour une
fois, je me suis fait mon petit pot d'accueil perso !
Je ne te narre pas mon succès à
l'arrivée à la maison, où la petite fille de Martine (3 ans) ouvre des yeux
énormes : « Oh Bill, t'es tout sale !!! » incompréhension
mêlée, je le sens bien, d'une sérieuse réprobation !
Bon, avec c temps là, je n'ai pas eu le loisir de sortir l'appareil photo: je t'ai mis la
salle de départ et une autre photo avec le beau temps (????)… Ben oui, c'est
juste pour le regret : on
avait, pour préparer les « Vignobles », fait, le dimanche d'avant, une
SEC en Sancerrois, histoire de monter quelques côtes. Temps i-dé-al ! On
avait trouvé le moyen de se mélanger les crayons dans la zone trialisante en
haut de l'Orme-au-Loup, puis Didier nous avait entraînés jusqu'au pied de la
tour-relais hertzien (je n'y étais jamais complètement monté !) d'où nous étions
redescendus, côté Bannon, par un single bien sympa. Une belle sortie.
Il y a vignobles et
« Vignobles ».
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| jeudi 20 octobre 2011, a 15:25 |
| Flayat : Giat d’y retRourener |
Ça avait dû commencer chez l'Maurice, après une SEC dans
son coin. Une sortie auvergnate, pourquoi, pas ? Et Pierre de proposer de
se retrouver à « Roure », chez sa môman, dans un hameau de
« Giat », une commune des Combrailles…
Fin septembre, nous y voilà
débarquant, toute la bande des « Meunier » de l'ECC+ Jean-Paul, Actif
et Anne et pis mézigue, bien sûr, avec nos dames. Une belle équipe, quoi.
Les GPS ont chauffé, les échanges
de cartes aussi, parce qu'il faut pouvoir trouver. Je vais tâcher d'éclaire ta
lanterne :
Les « Combrailles »,
c'est le nord-ouest de l'Auvergne physique, assez à l'écart des phénomènes
volcaniques qui ont formé le Massif des Mts Dores et de la Chaîne des Puys. On
est donc sur le vieux socle cristallin, un plateau couvert de bocages, qui
n'est pas le désert d'autres
contrées du Massif Central, car il est semé de petits villages ou bourgades
auxquels on n'accède qu'après avoir sillonné la campagne sur de petites routes assez sinueuses. Pas de ville,
pas de nationale. Seule l'autoroute vers Bordeaux permet un premier accès à la
région, gaffe de ne pas rater la bonne sortie, comme Actif et Anne l'ont
fait !
On a réussi à se retrouver quand
même et je te passe les détails sur le petit en-cas qui se transforme en
barbeuq-grillades de gibier préparées par Alain, spécialiste de la question (du
gibier sur pattes et/ ou grillé). Je te passe aussi l'étude approfondie de la
fabrication du St Nectaire et autres joyeusetés touristiques pour arriver à
l'incontournable truffade du samedi soir, (préparée par un chef qui a dû être
maçon dans une vie antérieure) arrosée de coteaux d'Auvergne comme il se doit.
Tout ça pour préparer la sortie
du lendemain, puisque, somme toute, on est venu pour ça.
Michel de St Martin avait planché
sur la question, pour GPSiser un circuit préparé à partir de cartes, jusqu'à ce
que Pierre découvre une rando organisée ce dimanche matin à Flayat, petit
village juste à côté.
Bonne idée.
On se pointe donc vers 8 h 30
puisqu'il est annoncé un départ groupé à 9 h. Trouver le point de départ au
stade dans un minuscule patelin aurait dû être simplissime, or il nous faut
tout de même nous informer auprès d'un mec qui passe : il nous renseigne
en ajoutant un : « Allez-y, j'arrive » qui nous laisse un peu
interloqués.
Nous commençons à comprendre,
arrivant au stade : No-bo-ddy !
Rien, personne ! ??????
Pendant que nous nous équipons,
arrivent deux trois organisateurs, dont l'un avec une table pliante qu'il
dresse derrière son fourgon : c'est là que l'on s'inscrit.Un thermos est
mis en batterie avec un peu de brioche et l'on peut ainsi boire le café en
échangeant avec ceux qui nous accueillent et nous assurent que tout est normal
et qu'à neuf heures il y aura d'autres participants.
C'est vrai d'ailleurs : deux
trois voitures arrivent, mais ça ne fait pas foule non plus et notre
organisateur en chef ne s'en émeut (comme on dit à St Gondon !) pas
spécialement. En fait de départ groupé, ça a plutôt l'air d'un départ
accompagné, car notre organisateur est monté sur le spad et part avec nous. Il
est président du RCF (non, non, pas la radio catho, mais le club sportif local.
Le RCF ? On risque : « Racing Club de Flayat » ? Mais
il s'agit en fait du Rando Cyclo de Flayat).
Le parcours est balisé et l'on a
l'impression que, si nous sommes accompagnés, c'est par pure sympathie.
D'ailleurs quelques gars sont partis devant. Notre groupe se constitue donc des
« extérieurs » venus du Nord que nous sommes, étoffés du frère de
Pierre de deux « locaux » et du président du club organisateur. On
sait déjà qu'un groupe d'une quinzaine ne progresse pas à la même vitesse qu'un
vététiste isolé ou un tout petit groupe : on a souvent besoin de se
regrouper, de marquer une pause ici et là, les causes de ralentissements se
multipliant par le nombre de participants, c'est bien connu. Et bien, je vais
te dire : on s'en fout royalement car, pendant toute la matinée, on va
s'en mettre plein les mirettes, tant le parcours est beau !
Il fait un temps superbe, juste
pas trop chaud et l'on va rouler au milieu d'un paysage en perpétuel
renouvellement. Pas de risque de s'ennuyer : ça change à chaque virage
avec comme seule constante la variété ! Aussi, comment te décrire :
ce n'est pas la forêt, et pourtant on traverse des passages boisés, ce n'est
pas plat et pourtant on ne monte jamais beaucoup et longtemps. Il n'y a
pas lignes droites sur ces chemins
caillouteux sans trop, en général assez larges mais que l'on quitte parfois
pour enquiller un single technique sous les frondaisons. On est entre des prés
piqués d'arbres ou de bosquets d'essences variées, aux verts nuancés. Un étang
ici ou là, une petite rivière à franchir… un « coup de cul »,
une petite descente, nos pneus écrasent les glands tombés sur le chemin dans un
bruit de gaufrettes. Le balisage, à base de « rubalise », est assez
discret, trop même parfois, et c'est le président qui nous remet sur la bonne
voie. Il est vrai que les fameux rubans sont, évidemment, plutôt accrochés en
hauteur, logique. Comme le paysage nous captive pas mal, tu l'as compris, on
est plutôt le nez en l'air et ça marche. Mais si on met dans le guidon, c'est
une autre chanson : ainsi dans cette pinède où une petite montée a piqué Alain .
Jean-Paul a suivi, moi de même et
quelques autres derrière : on appuie si bien que lorsqu'on entend des
appels derrière, on croit que l'on nous incite à lever le pied pour attendre
ceux qui n'ont pas suivi, et on ne relâche pas l'effort avant le haut de la
côte.
Mais il s'agit en fait des appels
d'Anne qui nous reproche d'avoir bourré comme des malades sans avoir remarqué
un balisage sur la gauche… Tout en bas de la côte !
« T'es sûre ? »
parce que, l'idée de redescendre pour remonter tout de suite…
Mais bon… comme les autres
n'arrivent pas… On redescend voir… qu'elle a, bien sûr, raison et que,
vraisemblablement, le reste du groupe ne s'est pas trompé et se trouve
maintenant devant, nous croyant, bien sûr, devant eux, you see ? Ou il
faut que je ré explique ? Comme,
dans le coin, les portables passent plus ou moins bien... Il nous faut un petit
moment avant que la jonction se fasse. Il faut dire que notre cornac nous a
laissés livrés à nous-mêmes depuis le ravito, où il a dû rester régler une
autre imprécision.Comme c'est un mec plutôt affûté et qu'il connaît sans doute
des variantes, il nous rejoint un peu plus loin, pour attirer notre attention
sur le fait que notre groupe a pris quelque peu du retard sur l'horaire. Il
nous propose de rentrer un peu plus court : il semble vouloir regrouper
les participants pour le pot final. Dommage un peu, car ce parcours est un tel
régal ! Mais nous devons, nous aussi, ne pas être trop tard pour le repas
qui nous attend et l'on accepte la proposition. Du coup, on se retrouve à finir
sur de la petite route : devant, Alain se prend pour un
« Gien-Relax » et place une mine ! Celui-là, voilà presque un an
que je ne l'ai pas vu sur un vélo, mais, au vu de son comportement aujourd'hui,
m'est avis que son biclou n'a pas pris trop de toiles d'araignées ces
temps ! Jean-Paul lance un : « Bon, on s'organise, faut pas le
laisser partir ! » qui met le feu aux poudres et nous voilà roue dans
roue et tête baissée, à appuyer tout ce qu'on peut ! Ce Jean-Paul !
Il oublie que, la dernière fois qu'il a lancé un appel de ce type, il
s'est retrouvé à l'hosto (voir « Argent » au printemps). Mais, pour
le lui rappeler, il me faut bien le rattraper et je bourre itou, plutôt pas mal
même, retrouvant brutalement des forces je ne sais comment !
Du coup on arrive au centre du
village devant les autres qui ont coupé par un petit chemin et débouchent au
bout de rue là-bas : nouveau sprint pour réussir à les rejoindre avant
l'arrivée au stade où nous nous regroupons. Décompte : il manque
Anne ! On s'interroge… Où était-elle ? Qui l'a vue en dernier ?
On pense à reprendre le vélo et revenir en arrière, quand elle s'annonce et
arrive en renaudant fort justement sur notre ingratitude qui nous a fait
l'abandonner en terre inconnue et la laisser se fier à son intuition (que nous
savons très bonne, bien sûr) pour réussir à rallier le point d'arrivée.
Le temps de ranger les vélos (et,
pour certains de prendre une douche, car ce petit stade en est équipé !)
et l'équipe d'organisation, à
peine moins nombreuse que les participants, a préparé le cocktail d'arrivée,
réalisé à base de produits locaux, charcuterie, fromages et petits amuse-gueule
chaud. Princier, mon vieux !
Du coup, on sympathise encore plus et c'est presque le cœur serré que
nous quittons les lieux… Peu s'en faut que nous n'agitions les mouchoirs !
Inutile de te dire que, le repas
qui suit aidant, pris sous les ombrages du hameau de « Roure »
(heureusement que l'on reste sur place !!!) on ne songe qu'à fixer de
nouveau sur notre calendrier vététistique la rando de « Flayat »…
d'ailleurs, on se demande si c'est nous qui devons noter la date
d'organisation, ou plutôt les organisateurs qui, s'il veulent avoir un peu d
emonde, doivent s'enquérir auprès de nous du jour de notre venue dans le coin pour fixer leur rando !
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| mercredi 21 septembre 2011, a 11:54 |
| J’ai r’mis ça à Germigny |
C'était quand même trop navrant ! Ce samedi,
j'imaginais bien mon frangin, et tous ses amis organisateurs de la
« Germignoise » de si flatteuse réputation (justifiée, je le répète),
subir le même sort que nous avions connu pour la « Rando des Beignets »:
de belles journées pour la préparation et puis, la pluie annoncée, la flotte qui gâche tout ton beau boulot
de préparation avec les plus petits détails mitonnés pour les vététistes. Et
ceux-ci qui se font peu nombreux, ceux sont venus parce qu'il sont vraiment
mordus, (qu'ils aiment la pluie, ça
je le mets entre parenthèses, parce que ça doit sûrement exister, mais
demeurent à mon avis l'exception au niveau pratique du VTT), ou d'autres parce
qu'ils veulent soutenir les organisateurs dans leur accablement.
Et là, si la météo n'annonçait
pas un déluge, c'était quand même
la pluie assurée partout à un moment ou à un autre…
Mais qu'y faire ? Sinon
attendre le lendemain et voir…
Et bien le lendemain, bien avant
l'aube, la lune brillait avec éclat et l'on voyait même les étoiles !
Bonnard, ça, le vététiste potentiel qui entrouvre la porte ou les volets ne
retourne pas sous sa couette. Pourtant, ça dégringolait bien au milieu de la
nuit !
Et maintenant que je roule vers
Germigny, le ciel est clair, à l'exception d'une bande de nuages bien noirs, un
véritable mur, au sud-est. Au fur et à mesure de mon avance, j'en arrive à
m'inquiéter : ce n'est quand même pas au niveau de Germigny ?
Mais je me gare, bien avant
l'arrivée de tout le monde, sous un soleil qui se lève. Si ça veut tenir
comme ça, ça ira. Sur l'espace devant la salle des fêtes, vont et viennent,
pour le moment, ceux qui s'affairent aux derniers petits points à vérifier,
comme le ferait la maîtresse de maison regardant sa table préparée pour le
repas, avant que n'arrivent les invités. Et tout est top : les deux
grands portiques gonflables du Conseil Général, les « flammes »
publicitaires, les banderoles du même métal, tout ça c'est pour le décor, mais
ça met dans l'ambiance de l'événement, et puis les barnums, petits et grands,
pour l'accueil et le remplissage des fiches, pour les inscriptions, le café
d'accueil, celui aussi sous lequel sont abrités les deux VTT, premiers lots de
la tombola qui clora la matinée et enfin les grilles portant les informations
et les plans des circuits, et enfin la sono qui donnera la touche finale et va bientôt accueillir les
premiers participants. Pas de fièvre particulière : tout est prêt, les motos et les quads sont
partis vérifier le balisage, et chacun prend peu à peu son poste.
J'en profite pour être le premier
inscrit, puisque Pilou n'est pas venu me disputer la plaque n°1, cette année,
et je vais tranquillou me préparer. Pas de précipitation, pour une fois que je
suis bien en avance par rapport à mes compagnons de rando.
« Pied-Nu » et Sylvain
« The Stranger », toujours matinaux, arrivent à pic (ou plutôt
« Epic » du nom de leurs nouvelles montures !) pour une photo de
groupe devant l'arche gonflable de départ, photo que nous demandons à l'un des
bénévoles de l'organisation de bien vouloir prendre et que je rechercherai
ensuite désespérément dans mon appareil…Simple comme un clic, c'est pas si
évident pour tout le monde, semble-t-il…
Actif-Michel et Anne sont là
depuis un moment, lorsque arrive la délégation de « Gien-Relax »,
Michel de St Martin, Eric Œil-de-Lynx et Dudu, qui découvrent la
« Germignoise » et sont salués au micro par François, qui parcours
l'esplanade de départ, micro en main. Ça commence d'ailleurs à grouiller de
vélos et de riders, petits et grands, quand nous nous lançons sur le circuit.
Fait frisquet comme un matin
d'automne et nous supportons largement les manches longues . Mais, enfin,
il fait quand même soleil et le ciel n'est en rien menaçant, au contraire de ce
qu'annonçaient les oiseaux de mauvais augure de tous les bulletins-météo, et
qui auront sans nul doute retenu à la maison pas mal de participants
potentiels.
Pas de bords de Loire pour le
départ de cette année. Il s'agit de filer directement vers Chaulgnes et la
Forêt de Bertranges. Ça n'empêche pas de s'échauffer assez rapidement avec une
première petite côte ; elles ne sont jamais bien loin des bords de Loire
ici, et on le vérifiera en revenant, en fin de matinée, vers ces hauteurs où se
perchent les différents hameaux du village.
Traversée incontournable de cette
partie un peu monotone de champs ouverts entre Germigny et les voies de
communication nord-sud, qui sont autant de barrages à nos chemins :
l'ex-n7, la voie ferrée et l'autoroute. On se dit qu'il suffirait d'avoir gardé
quelques haies pour que tout cela soit tellement plus agréable !
Notre petit groupe roule plutôt
bien, avec le vent dans le dos, il est vrai. Outre Anne, les deux Michel, Éric
et Dudu qui nous tiennent compagnie en ce début de rando, un ancien de l'UM
Veaugues, Pascal, nous a rejoint. On doit le rencontrer une ou deux fois par
an, en particulier ici, il roule toujours sur son « Sunn Revolt » de la grande époque ! Comme il se souvient encore d'avoir
été un véritable « avion »,
en ce temps-là, et qu'en plus il s'est chargé (!) de globules rouges
lors d'un séjour au Népal (mais c'était il y a plus de 15 jours, alors il
paraît, selon Eric, que ça ne compte plus), il est encore plutôt affûté et il
faut rappeler parfois le principe
de départ qui était de rouler assez cool.
D'ailleurs, quelques passages
boueux et/ou techniques calment un peu les ardeurs (je n'ai pas dit
les « hardeurs », Manu !!!). Le Pascal, juste devant moi,
vient de se mettre en travers complètement et, bloqué par la haie et n'ayant pas
pu déchausser à temps, s'est copieusement vautré ! Rigolade.
Passé le tunnel-boyau sous
l'autoroute, le type de terrain a d'ailleurs changé et l'on enquille soudain
une sorte de petit tunnel de verdure : un single de rêve protégé, sur les
côtés et au-dessus, par la végétation. Sensation de débuter vraiment la rando.
L'un suivant l'autre, nous progressons à couvert, pour ressortir brusquement
près de maisons. « Où qu'sommes t'on ? » comme disait
Coluche : on effleure « Le Chazeau », en prenant brièvement la
direction de « Châlon ». Des noms qui annoncent Chaulgnes. Et la
magie du petit single continue, mais cette fois-ci, ça grimpe ! Ça grimpe
même de plus en plus, et l'on n'en finit pas d'ajouter des dents derrière et d'en enlever
devant. Nez dans le cintre, on s'applique à choisir où l'on passe la roue avant, car le
passage est étroit et sol est maintenant devenu très irrégulier, pierres et
racines se mettant de la partie. Classique sur un passage pareil : il y a
du monde devant, il y a du monde derrière. Et pas des moindres : des vrombissements caractéristiques
annoncent les motos et quads de la sécurité qui piaffent derrière nous. Pas de
possibilité de doubler, bien sûr, et ça devient de plus agaçant de sentir cette
présence impatiente et bruyante, juste au moment où il faut s'appliquer dans l'effort et la
direction. Plaisir gâché aussi. Je finis par m'arrêter et laisser passer la
horde, plus quelques vélos. Maintenant, il faut réussir à repartir dans la
pente et arriver en haut. En fait, on coupe une petite route. Eric est là, qui
règle un léger Pb mécanique et je laisse passer une vététiste, que je pensais
bloquer. Mal m'en prend : le chemin, toujours à couvert et aussi étroit,
ne continue pas de grimper, mais devient descendant. Des virages, des cailloux
qui roulent sur l'étroit sentier et un peu de boue rendent le passage délicat
(il y aura des chutes paraît-il) aussi la demoiselle devant moi s'y
montre-t-elle peu hardie. Damned ! Je me serais pourtant bien lancé !
Je finis par réussir à passer, assez tôt pour profiter du joli toboggan qui
nous amène tout droit (façon de parler en l'occurrence) sur la prairie, en
léger contrebas de la salle des fêtes de Chaulgnes, où nous étions dimanche
dernier. Le ravito y est installé et, de part et d'autre de la table, on
s'affaire : d'un côté à fournir, de l'autre à engloutir. Petite
explication topologique pour les ceusses qui ne connaissent pas : là,
au-dessus, c'est la Forêt de Bertranges, il va falloir monter, tout de suite en
repartant.Un grand classique que le coup de la côte qui suit immédiatement le
ravito ! En général, on la sent bien !
L'avantage de celle-ci, c'est
qu'elle se fait sur un joli chemin (avec un virage brutal à gauche qui a dû en
surprendre plus d'un), mais également qu'elle évite les pentes les plus raides
que l'on trouve directement au-dessus du village. En cours d'ascension, Anne
quitte le groupe à la bifurcation
des deux boucles, pour suivre le circuit 30 et nous entrons dans la grande
forêt. Nous allons y rester une bonne quinzaine de kilomètres, autant dire
qu'on y est pour un moment. Quel est le menu du jour ?
Une ch'tiotte descente
d'abord, facile et puis, bien sûr, on remonte. C'est de la bonne montée,
qui se fait malgré une terre mouillée assez collante. On a vite de gros pneus
et, si ça n'entrave pas vraiment la progression, on profite quand même du temps
de regroupement, en haut, pour dépatter un peu tout ça.
Je te passe tous les détails du
parcours. On sera surtout sur des allées assez larges mais pas pour autant
roulantes, ni surtout, plates ! Et c'est peut-être tant mieux, car la
seule partie horizontale a gardé l'eau au fond de nombreuses ornières et il
faut un peu naviguer (c'est le mot, parfois !) entre les zones détrempées
et les flaques pour avancer. Sûr que dans des conditions sèches, nous pourrions
rouler ici à plus de 20, sans doute, alors que là, on a du mal à passer les 15
km/h.
Par la suite, le terrain sera
beaucoup plus ferme, mais certaines lignes droites et montantes,
sembleront bien longuettes !
Éric et Dudu sont partis devant
depuis un moment, après nous avoir tenu gentiment compagnie pendant la première
partie. On se retrouve ainsi, souvent, à trois : les deux Michel et moi.
Et je me rends compte que ma bonne sortie faite jeudi en Sancerrois semble
assez payante, côté forme, car je passe les montées sans trop de mal,
aujourd'hui. Comme quoi, la forme, c'est un truc sensible !
Une belle descente que je
reconnais de suite : on va arriver à la « Fontaine de Vaux », ce
fameux rond-point au cœur de la sylve (si, si, la «sylve », c'est la
touche poétique du jour, non mais ! On n'est pas que des bourrins, et il
faut que ce bloc respecte un certain quota de beau langage !). Un
vénérable platane trône en majesté au centre du rond, et une stèle rappelle les
maquis de la Résistance qui se sont abrités dans cette forêt.
Le ravito, à droite, n'est
pas pour nous, mais pour une rando pédestre qui emprunte pour quelques
kilomètres les mêmes chemins que nous.
Un chemin plus étroit nous
conduit sur une allée, qui borde une coupe claire : une sacrée grimpette nous
attend, tu sais, le genre qui se redresse au fur et à mesure que tu avances,
avec, pour te donner le moral, les gars que tu vois devant toi, à pinces !
Fait chaud, du coup, à cause de l'effort et aussi du sympathique soleil
qui éclaire la scène, mais nous permet de profiter d'un sol sain et donc
d'une accroche optimale : on arrive en haut !
Et maintenant ? Et bien, une
autre allée, au soleil et c'est le ravito… à l'ombre ! Les dames qui s'y
affairent se gèlent peu les
doigts : c'est ballot, il faut chaud à cent mètres !
Encore une quizaine de bornes,
théoriquement, mais il paraît qu'il faut compter large. Pas grave, il fait bon
maintenant, le sol est assez sec et le chemin que nous suivons, en longeant le
haut de « Eugnes », est un régal de petites variantes amusantes et
roulantes, qui évitent les grandes baignoires du chemin principal. On vire,
prend des appuis dans les goulettes. On trouve notre fun, comme dit Dudu !
C'est vrai qu'on va quitter le haut du plateau pour passer en contrebas : le
château de Mimont s'aperçoit entre les branches, sur la
droite. Super ! On devrait descendre par ce petit chemin creux qui
nous avait coûté tant de sueur à escalader, dans l'autre sens, lors d'une
précédente édition.
Je m'engage avec délice dans ce
goulet, suivi de Michel l'Ocrien, et nous dévalons le sentier en jouant entre
les pierres, trous ou bouts de branches que nous évitons en remontant sur les
bords relevés du passage. Dommage que cela nous semble bien court !
Tournons autour de Satinges et
arrivons à la deuxième bifurcation, qui permet de rentrer directement vers
Germigny. En fait, ce grand circuit est assez modulable et l'on peut panacher
au gré de sa forme et/ou de l'horaire. Si Actif-Michel se plaignait tout à
l'heure de ses cuisses durcies et parlait de shunter cette partie, il n'en est
plus question maintenant, le dernier secteur parcouru l'ayant ragaillardi,
semble-t-il. À nous le Mont Givre, donc !
C'est une bosse, un peu détachée
de la bordure du plateau qui porte la forêt. Elle surplombe Pougues-les-Eaux et
porte le bâtiment bien visible de ce qui fut un centre médical spécialisé. La
N7 la franchissait par la célèbre « côte de Pougues », avec ses
virages prononcés qui ont connu bien des sorties de route, dont certaines dues
au verglas ou à la neige, car l'endroit porte bien son nom, même s'il n'atteint
pas les 250 m.
François nous y a promis un fameux raidillon.
Nous approchons, sur un chemin
qui longe presque l'autoroute, comme si nous cherchions un angle d'attaque.
Puis faisons face, en allant traverser le hameau de… « Priez », ça ne
s'invente pas ! Une véritable injonction qui te donne bien le moral pour
te lancer dans la côte, tu ne trouves pas ? Un ultime répit sur un bout de
route, le temps de passer tranquillement sur le petit plateau, et le chemin
part à droite, vertical…Y'a plus qu'à envoyer du jus de cuisses !
Bon, faut s'employer sérieux,
parce que, sur le tout petit, c'est à la fois trop et pas assez. Pas assez,
parce que l'effort est violent, et trop, parce qu'il faut quand même maintenir
l'équilibre, pouvoir choisir sa trace et assurer l'adhérence. Heureusement, le
sol est juste un peu humide et l'accroche est bonne, reste que, heureusement
que la partie la plus pentue n'était pas plus longue, parce que, en fin de
rando, comme ça…
Bien sûr, on a droit un peu plus
loin à un bout de descente sympa, qui nous fait gagner les premières maisons de
Pougues. On entame ensuite le retour vers Germigny, par le pendant de
l'aller et la traversée de grands champs nus. On peut jeter un coup d'œil
derrière : il n'y a plus grand monde sur le circuit, sans doute. Il est
possible que pas mal de participants aient coupé cette dernière partie, nous
dira-t-on. Dommage, ce n'est pas la moins sympa!
On est maintenant vent dans le
nez et mes deux compagnons ont décidé que, puisque je montais mieux qu'eux
(aujourd'hui !), je me devais de rouler devant pour les abriter !
On pourrait croire que la cause
est entendue, mais Actif et moi expliquons à notre ocrien ami, qu'il reste
forcément encore un ou deux bouts de côte à gravir, étant donné que Germigny se
cache derrière le coteau que nous avons devant. Cela se fait par un bout de
route, puis on contourne, en laissant de côté la dernière pente qui nous a
souvent fait tirer la langue lors d'éditions précédentes. On arrive dans le
village par la rue principale, et je me demande bien quelle ultime surprise
nous fera atteindre le portail d'arrivée, derrière la salle des fêtes.
Réponse : bifurcation
surprise à droite, juste derrière l'église. Un bénévole en gilet fluo nous indique… un escalier à
descendre…recouvert sur la partie gauche par une rampe de bois… qui amène sur
une portion copieusement gravillonnée. Il faut donc encore appuyer un peu pour
franchir les derniers mètres. Accueil en nombre, on relève ton numéro, te
fournit un cadeau (une housse à chaussures très pratique), te demande si tu es
satisfait, te tend une coupe de
champagne et te propose un massage… euh.. pour les deux derniers trucs, pas
encore, mais tels que je connais les organisateurs, je suis sûr que c'est à
l'étude pour l'année prochaine ! (lol !)
Bilan en chiffres : plus de
500 vététistes participants, certes en-dessous des 700 et plus de l'an
passé, la pluie annoncée (qui n'est heureusement pas venue !) ayant fait
reculer le public familial, sans doute, mais on très loin de la
« cata » dont parlent certains ! Il y a peu de randos qui peuvent se vanter
d'accueillir autant de monde ! 50 km pour le grand circuit pour presque
800 m de D+. Et... un taux de satisfaction qui doit atteindre les 100 %, je suis
sûr.
Voilà pour la 15 ème
Germignoise. Dimanche prochain, tu as une rando à Concressault (18) et
puis ce sont les « Virades de l'espoir », renseigne-toi autour de
chez toi. Il y a une belle organisation à Bonny-sur-Loire. Perso, je serai
en Auvergne.
N'oublie pas non plus le
« Défi des Birettes » l'autre samedi, à Vailly-sur-Sauldre. |
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| vendredi 16 septembre 2011, a 11:18 |
| Allons, Berthe, Range ! |
« Allons en
Bertranges », t'as compris, j'espère.
Car, décidément, cette forêt, on
aurait pu y monter la tente pour être sur place d'un W E sur l'autre. Et l'on
va quasiment y passer le mois de septembre ! Si, Si ! Regarde :
Parigny, c'est aux portes de la forêt et, l'autre dimanche, on y a passé tout
notre temps sur un parcours superbe, et puis ce dimanche, une rando à
Chaulgnes, village assez proche de Parigny, disposé en un amphithéâtre adossé à
la forêt des Bretranges, et dimanche prochain : l'incontournable
« Germignoise », de mon frangin François, au départ de
Germigny-sur-Loire, bien sûr, donc un peu plus loin, mais qui nous promet une
bonne partie du circuit dans la Forêt de Bertranges, derechef !
Alors, envie de remettre ça, de
retrouver le même site ? Oui et aussi d'expérimenter une organisation que
je ne connaissais pas encore : la municipalité locale, qui a assez peu
fait de pub et pas par les voies z'habituelles. Une « multirando »
(pédestre , équestre et VTT).
Curieusement, on se retrouve
seulement avec Anne et Actif-Michel. Où sont les autres ? À St Saulge, à
Ouzouër- sur-Trézée ou aux « Chouquettes » peut-être ?
On a prévu de partir assez tôt
pour le grand circuit de 45 km, que l'on veut se faire assez cool, Anne et Michel
n'ayant pas roulé sur une rando depuis des lustres.Michel d'ailleurs espère
bien un parcours plat, mais, là, il risque d'être déçu car, s'il ne le sait pas
encore, il va vite se rendre compte que la Forêt des Bertranges, c'est tout
sauf plat. D'ailleurs, pour sortir de Chaulgnes et entrer dans la forêt, le
premier chemin, fort joli d'ailleurs, nous met vite dans le bain : une
vraie rampe de lancement ! Une petite pente qui s'accentue
(« s'adoucit » dirait Stéphane) de plus en plus, jusqu'à devenir un truc
pentu au possible avec cailloux et racines qui nous met tous à pinces, au moins
sur quelques mètres, avant de prendre un profil plus digeste.
Le ton est donné : je te
fais pas le détail, parce que j'ai tellement de trucs à raconter par ailleurs
que je déborde. Sache que l'on se régale bien sur des chemins beaucoup plus
secs que la semaine dernière à Parigny. Cela va-t-il durer ? Pas sûr, car
c'est une matinée à risque côté précipitations et le fait est que nous avons un
ciel bien couvert, ce qui rend le sous-bois particulièrement obscur : cela
tient parfois de la rando nocturne ! Tout juste s'il ne faudrait pas un
éclairage !
Par contre le feuillage joue
magnifiquement son rôle d'abri et nous épargne l'espèce de fichu crachin que
nous rencontrons lorsque nous sortons du couvert des arbres, ce qui est assez
rare de toute façon.
Et zig et zag et montées et
petites descentes, parcours varié mais tout de même plus roulant que la semaine
dernière : les traceurs ont parfois privilégié les larges allées et, même
si je jette un coup d'œil de regret sur les petits singles que je vois partir
ici ou là, je reconnais que l'on avance un peu mieux ainsi. C'est d'ailleurs pas
plus mal, car un seul ravito est prévu sur le grand circuit : pour 45
bornes, c'est un peu juste !
On roule depuis un moment l'œil sur le compteur : 20, 25 km et
toujours pas de halte : il commence à faire faim. Le « Rond de la
Réserve » où est prévu le ravito semble reculer au fur et à mesure que
nous avançons. Du coup nous nous arrêtons un instant pour avaler une barre… un
kilomètre à peine avant d'atteindre enfin le fameux ravitaillement ! Il est installé sous un abri bienvenu,
car il vase assez nettement depuis quelques minutes. On a déjà roulé 30 km et
tout le monde le fait remarquer aux organisateurs présents.
On s'est bien empiffrés, du coup,
et l'on devrait tenir les 15 bores qui restent. Mais la halte, un peu longue, a
fait son œuvre : Anne et Michel repartent moins fringants qu'ils ne
l'étaient avant. Pourtant on a fait attention de ne pas trop forcer l'allure
lorsque tout le monde était au top, après 20 km de parcours environ. Maintenant
il faut tenir la distance : on est descendus vers « Bois de
Raveau » et, tels les loups, on va un peu sortir du bois, après
« Tigran » et sa maison à tourelle, en allant vers
« Champvoux ». Les chemins ne perdent pas toutefois leur caractère
pittoresque, mais changent un peu de style : on roule entre deux
haies ou bien en lisière de forêt, tout en restant sur du vallonné. Bien joli aussi.
Côté Actif-Michel, on redoute les crampes et cela permet de rallier Chaulgnes
sans forcer. Finir sans être à l'agonie, c'est pas plus mal non plus, si
on veut qu'une sortie reste un plaisir.
Au reste on n'arrive pas trop
tard, un peu avant midi. Consciencieusement, on signale notre arrivée et
l'on cherche le pot du
randonneur : ben…il y a bien de quoi se sustenter avec les restes du
ravito qui attendent, mais côté apéro… nada ! Comme on réclame (et
comment !), on nous signale qu'il aura lieu plus tard… « Lorsque tout
le monde sera arrivé » !
Quand tout le monde sera arrivé,
tout le monde sera parti, oui !
Le parking est déjà quasiment
vide quand nous montons en voiture...
Adieu Berthe (range) !
Dimanche prochain, comme je te
disais, on remet ça ! La « GERMIGNOISE » où tout le monde
a rendez-vous, et qui part de Germigny-sur-Loire, nous emmènera, sur le grand
circuit de 48 km (annoncé 45, il doit faire un peu plus) de nouveau en Forêt de
Bertranges. Mais pas seulement : on reviendra par Pougues et son fameux
« Mont Givre » qu'il faudra escalader du côté de « Priez »
et il faudra en garder un peu sous les godasses si tu ne veux pas te
retrouver, ce dimanche matin, à genoux … à Priez !
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| mardi 13 septembre 2011, a 15:04 |
| Parigny sur Single |
Quel dommage que la flotte soit
tombée en masse samedi ! Des orages trop généreux qui n'ont pas fait que
faire ruisseler l'eau. Déjà la terre a commencé de s'imprégner et je crois bien
qu e s'en est fini des chemins secs pour cet été.
De toutes façons pas question de
manquer le RV de Parigny. D'abord c'est le « VTT Nivernais » qui
organise et j'ai bien des affinités avec ce groupe, et puis leurs « Randos
Vertes » de la fin de l'été,
c'est du cousu main, fait par des vététistes pour les vététistes, c'est
difficile de trouver mieux dans la région. L'an dernier (va voir en arrière) on
s'était régalés comme jamais. Alors, j'ai l'intention d'en profiter cette
année.
D'abord ne pas trop traîner et
être assez tôt sur place pour prendre le temps de faire le grand parcours.
Aussi suis-je rendu sur le parking de la salle des fêtes juste avant 8h. Seulement, tu vois, c'est un peu la
rentrée aussi, côté VTT, et je salue d'un côté, discute un avec un autre.
Quelques « Marsus » sont là, dont « Pied Nu » qui me
présente son nouveau spad, un « Epic » flambant neuf qu'il a bien su
négocier. Voilà un gars qui sera encore plus difficile à suivre !
Je laisse d'ailleurs ce petit
groupe partir sans moi : prendre un café, puis, inévitablement rencontrer
l'un et l'autre, de nouveau, échanger quelques mots et l'heure tourne. Le
Manu du Berry vient d'arriver et, bien que je lui conseille de ne pas
m'attendre et de rouler à son rythme (bien supérieur au mien), il m'accompagne
alors que nous partons, à 8h 30 bon poids, me semble-t-il.
Le trajet, dont j'ai le schéma
dans la poche, reprend la base du tracé de l'an passé, avec quelques variantes
et en sens inverse. Donc ce sera très chouette, reste à savoir ce que la pluie
aura fait du terrain.
Je ne te fais pas le détail.
Simplement on donne dans le monotrace très vite, et, très vite aussi, on
voit que ce sera assez glissant. Pas de bourbiers notoires (quoique) mais des
passages techniques rendus plus délicats, perso je cherche à doser les efforts
pour tenir les 46 km annoncés. Le début n'est d'ailleurs pas trop exigeant au
niveau dépense énergétique. Les côtes viendront plus loin, même si le dénivelé
d'environ 800m est assez régulièrement réparti sur l'ensemble.
Bien sûr qui dit single dit
affluence à gérer : il y a du monde derrière, parfois devant, mais tout
cela se régule de façon bon enfant, l'esprit des organisateurs doit déteindre
sur les participants. En effet, en Nièvre, je dois l'avouer à ma grande honte,
circulent parfois certains malotrus… Oui, oui, malotrus !(Quoi ? Tu
as quelque chose à dire sur l'emploi, la sonorité de ce mot ? Que ça te
fait penser à un autre qualificatif à employer pour ces gars-là ? Pense,
mon vieux, pense… moi, je n'ai rien dit, ce blog doit quand même avoir une
certaine tenue, quoi, sans blague !)
Après avoir dominé Guérigny puis dépassé la ville des anciennes
forges royales, nous nous engageons dans les sous-bois de la Forêt des
Bertranges. Un peu comme le Nautilus le ferait pour une expédition sous-marine.
La forêt se décline bien sûr en de multiples sections aux noms variés, pour le
moment nous voilà engagés dans une boucle qui s'étire loin vers le nord dans
les « Grand Bois Sauvages », de quoi te foutre les chocottes, un nom
pareil, non ? Ou au moins te faire sentir, sur l'échine, le souffle de
l'Aventure (avec un grand A, bien sûr ! Et même AAA, selon mon agence de
notation vétéstistique que je pourrais bien créer !).
En tout cas on se régale !
On commente un peu avec Manu qui, fidèlement, me précède sans me distancer. De
temps à autre, on jette un coup d'œil à la montre et au kilométrage : la
montre avance plus vite que le compteur, dis donc ! Je vais te dire un
truc : dans ta gestion du temps de parcours, il faut, certes, tenir compte
de la dénivelée, des conditions de terrain aussi bien sûr, mais la nature des
chemins ne doit pas être oubliée : on n'avance pas de la même façon sur un
single qui zigzague entre les troncs d'arbres que sur une allée
forestière ! Et les singles, ben, ici, on y est la plupart du temps !
Tel que je te connais, tu vas me
dire que je ne suis pas une référence, question moyenne, pas vrai ? Je ne te répondrai même pas :
parce que « La bave du crapaud etc… » et puis si je m'en réfère aux autres
participants, je n'ai pas trop à leur envier.Tiens, pas exemple, ça fait deux
trois fois qu'un groupe de mecs aux maillots gris marqués de rouge nous
dépassent, puis c'est à notre tour etc…On roule quasiment avec eux en somme, et
l'on finira le circuit dans leur temps ; tu vois, ils ne sont pas plus
rapides que nous, pourtant, si on les attend à la maison pour le déjeuner, ils
ne mangeront pas bien chaud, car, imagine un peu, ils sont d'un club de
Mehun-sur-Yèvre ! Oui mon garçon, de l'autre côté de Bourges et assez
largement ! Comme quoi…
On roule ainsi sous le couvert
des arbres pendant des dizaines de kilomètres. Aussi, quand, brusquement, on
sort du bois, ça fait un drôle d'effet : tiens, la lumière ! Quel
temps fait-il ?
C'est le cas lorsque nous
arrivons au deuxième ravito, joli cadre, table super bien garnie, boudin et
tout. Mais on ne traîne pas trop : t'as vu l'heure ? Allez, roule
Manu, m'attends pas, je rentre tranquillou. C'est vrai que j'ai le dos un brin
endolori, que disent mes papattes ? Ça va encore ?…Oui mais gaffe
quand même, je redoute les crampes. Allez, roule devant que je t'ai
dit !
On longe un bout de champ et,
devant, Manu disparaît soudain,
comme avalé par la forêt : l'entrée du chemin était quasiment
invisible ! Inutile de te dire que c'est reparti pour du monotrace qualité numérique !
Mon compère s'éloigne peu à peu
devant moi et je suis mon allure, sans être isolé toutefois puisqu'on a rejoint
le tracé des circuits de 35 et 29 km. De toute façon, il y a du monde sur tous
les circuits. Z'ont d'ailleurs pas de bol, les organisateurs : l'an passé,
une affluence record avait failli les déborder. Du coup, battant le rappel de
toutes les bonnes volontés, z'étaient parés et pouvaient voir venir, mais les
déluges de la veille ayant sans doute quelque peu douché les enthousiasmes, la
foule des vététistes n'était pas celle de l'an passé, tout en conservant un
total bien satisfaisant.
J'arrive à une bifurcation :
sur la carte, le grand circuit suit deux côtés d'une espèce de triangle
équilatéral, alors que les autres circuits ne font que le troisième (c'est
clair ?) Il ne doit pas y avoir une grosse différence, un ou deux
kilomètres peut-être et décide de m'éviter ce petit écart qui ressemble fort à
une descente suivie de …devine ? une côte, évidemment ! Donc
shuntons. Il y a encore du chemin à faire.
Du coup, quelques kilomètres plus
loin, je m'entends héler (et non haler, ce qui m'arrangerait un peu, pourtant)
par Manu, qui me rattrape après avoir suivi, lui, la petite variante
précédemment si bien décrite ! (faut bien que je m'envoie des fleurs, parce
que si je compte sur toi !…). Du coup, nous finirons la rando ensemble.
D'ailleurs, phénomène un peu curieux, mais que tu m'expliqueras peut-être, je
passe par un moment où j'ai soudain un regain d'énergie, je ne sens plus les
jambes lourdes et je trouve les moyens de grimper les petits raidillons qui
m'auraient posé problème un quart d'heure plus tôt. Ça arrive parfois et je
sais que, si c'est bien sympa, c'est hélas relativement bref, aussi je ne
« tape pas trop dedans »,
mais j'avoue que ça me permet de rester au contact de Manu. Malgré tout,
une fameuse dernière petite grimpette met tout le monde au moins un temps à
côté du vélo. Cette dernière montée, on la voyait bien venir dans le
paysage : un petit passage hors de la forêt, nous avait permis de voir une
hauteur, boisée bien sûr, en face de nous : il allait bien falloir
l'avaler à un moment ou à un autre et, curieusement, le chemin semblait
chercher à l'éviter, longeant la forêt en s'élevant à peine, comme cherchant la
petite « musse » pour y entrer et trouver un passage moins haut… Et
puis tournait d'un coup à droite pour, bien entendu, attaquer de face la pente.
On avait eu un peu de mal, tout
en sachant que l'on allait enfin basculer sur le val de Parigny et que l'on
atteignait le bout du bout.
En effet, une descente
(miam !), en suivant le fond d'un profond fossé, miraculeusement indemne
de boue, nous amène sur ce chemin doucement descendant qui sert souvent de voie
royale d'arrivée des randos de Parigny. Cette fois, on peut passer sur la plaque
(qui n'avait pas encore vu la chaîne aujourd'hui, je te garantis) et se régaler
du final !
Je te dis pas l'heure
d'arrivée : on est restés 3 h 40 sur le spad ! D+ de 800 et quelques
mètres et 46 bornes (un peu plus pour Manu). Accueil sympa, avec dégustation
commentée des crus des « Coteaux Charitois » qui gagnent à être plus
connus. Il y a de quoi s'attarder un peu plus encore… au point où l'on en
est ! Et tombola où, en lieu et place des traditionnels stylos, casquettes
que tu gagnes habituellement, je me vois remettre une paire de pédales
Look !
Preuve supplémentaire que les
« Randos Vertes » de Parigny, c'est un truc fait pour tourner !
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| mardi 13 septembre 2011, a 15:02 |
| Jura bien aimé qu’il ne plût point ! |
...mais quoiqu'il plût, ça me plut ! Pourtant s'il n'eut pas plu, ça m'eût plus plu!
- Arrête tu me fous mal au crâne à la première ligne! - Bon, d'accord, j'y vais, accroche toi!
Grôôôsse sortie dans le Jura, ce dernier WE d'Août. Sortie
collective, made in « Gien-Relax ». Depuis deux ans, je crois, les
« abeilles » s'organisent un truc comme ça, sur une fin de
semaine : l'an passé, la Suisse, chez Daniel, et cette année, donc, le
Jura. Minibus, remorque à vélos, gîte retenu et tout le tremblement.Par
contre, je ne sais pas si les cierges pour demander le beau temps ont été
allumés, j'ai des doutes sur ce point, faudra revoir l'organisation sur ce
point peut-être.
Période estivale. Moi j'ai plutôt
eu de la chaleur et du beau, ce qui fait que j'ai roulé ponctuellement, tu le
sais si tu es fidèle lecteur. De là, donc, à avoir une forme suffisante pour
suivre un tempo « Gien-Relax », il a une marge ! Pas pour autant
que je me sois posé la question : « Jura ou Jura
pas ? « . Car, quand même, une sortie comme ça, ça ne se
rate pas, il y a l'exotisme (hum !) et l'aspect convivial de la chose,
c'est essentiel, sinon l'essentiel.
Donc retrouvailles en début
d'aprème au point de départ, ça fait un bail que je n'avais pas vu la
bande ! Le Minibus est plein, on charge les vélos sur la remorque avec
moult précautions et en route !
Ben mon vieux, c'te
flotte !!! Depuis Auxerre et jusqu'à l'arrivée ça n'a-rrê-te pas !
Avec Michel l'Ocrien, nous sommes pris en charge par Dudu et Madame, nous à
l'arrière de la sssuuuperbe
voiture (j'ai presque la même !) c'est cool : discussions, petits roupillons… y a pas à dire, les
« abeilles » prennent soin de leurs vieux bourdons ! On roule
derrière/devant le minibus qui, conduit par Pascal, carbure fort ! Je plains les drivers : conduire
de ce temps, moi j'en aurais vite marre ! Ceux qui ne sont pas plus à la
fête, ce sont les vélos : qu'est-ce que tu dis de la flotte qui leur tombe
dessus, avec la pression de l'air quand on roule à 130 ? Ça vaux un
Kärcher, non ? Pas bon pour la mécanique !
Il y a aussi deux autres
voitures, toutes deux conduites par un Éric. On devrait être une bonne bande,
14 mecs sur les vélos, 6 accompagnatrices + les deux jeunes d'Œil de Lynx. Tu
verras sur une photo.
Arrivée à Prénovel, un peu à
l'Est de Clairvaux : le gîte est en fait un centre type vacances-famille
très sympa, au centre d'un village à l'habitat assez dispersé, juste en face de
l'église dont le clocher comtois rythmera nos nuits de son décompte des heures.
Ça dérangera peut-être certains mais, perso, je retrouverai mes habitudes
d'enfance, ayant vécu à moins de 50 m du brave clocher de … Couloutre, bien
sûr !
On s'occupe des spads en premier…
bien propres, les bêtes, tu penses ! On les range dans un local où les
skis attendent sagement leur prochain hiver. Puis on se range, nous, dans le
chalet annexe. La répartition des chambres est faite, quelle
organisation ! Michel et moi sommes perchés, avec Daniel, l' abeille
suisse, tout en haut sous le toit. Ça n'a pas l'air d'avoir de l'importance, et
pourtant je peux te dire que, le lendemain soir, on trouvera l'escalier plutôt
long… ce qui tempère un peu l'appréciation que j'ai faite plus haut sur le soin
à nous apporté par les plus jeunes !
Repas… ahhhh ! … Fondue au
fromage ! Ohhh… Ben oui, c'est bien sympa, couleur locale et même adapté à
la météo, mais question glycogène… T'en dis quoi de ça, Jean-Paul ? Mais,
bon, l'ambiance est chaleureuse et les serveuses choucardes. On va se
plaindre ?
Debout 7h. Dudu a dit :
« À 9h 30 sur les pédales ! ». Faut donc calculer le
timing ! Succession à la S.
de B., équipement, p'tit déj', casse dalle etc… Côté équipement : un coup d'œil
parla fenêtre nous a confirmé la
météo : il faut de l'étanche ! Après avoir un peu hésité,
j'opte pour la tenue « Aigoual « . Cette veste imperméable qui
m'a fait résister au temps que l'on a eu là-haut pour la GTMC me semble la plus
ad hoc, et je n'aurai pas à m'en plaindre, car l'embellie espérée pour
l'après-midi sera plutôt humide !
P'tit déj' le plus roboratif possible et c'est bon: il y a tout ce
qu'il faut. Côté casse-dalle fourni parla maison, on se trouve assez
circonspect devant ce qui nous est proposé. Oh, c'est tout bien prévu :
petites boites hermétiques et même de petits sacs isothermes
parallélépipédiques... Mais va caser ça dans un Camel ou même un sac à
dos ! Et comment faire un bon sandwich classique avec des salades, taboulé
etc. ? Bon, une petite boîte avec un mélange de toutes les salades, un
sandwich improvisé où je colle entre deux morceaux de pain ce qui peut y tenir,
fromage et un fruit… il faudra que ça tienne dans le sac !
Photos de groupe, on aime bien ça
chez « Gien-Relax », c'est symptomatique de l'esprit, remarque… et
puis départ. C'est Eric-Œil de Lynx qui conduit. Il a tracé virtuellement un
parcours qu'il a chargé sur son GPS et transmis à ceux qui en ont un et ont su
le charger (donc pas moi, natürlich !). Ici et là, quelques hésitations
aux carrefours, le temps de vérifier… Parfois des demi-tours. Pour le moment je suis, mais avec le
souci d'un frein arrière dont j'ai dû écarter les mâchoires de force et qui est
donc inopérant, pour un moment que j'espère le plus court possible. Je pompe
régulièrement, mais c'est long, je t'assure que lorsque je vais sentir qu'enfin
il y a un peu de résistance sous la manette, je vais me sentir mieux., On est
quand même partis pour la journée et 70 km prévus !
Fantaisie du GTPS : on
commence par faire la boucle du retour en partant, un bout de circuit pas loin
du village, ce qui nous permet de repasser devant l'église et refaire un départ
en quelque sorte.
Je ne te parle pas du ciel ?
Pour le moment c'est encore acceptable, il pleuvaille un brin, mais ce n'est
pas méchant. Ça le deviendra plus loin, des pluies plus fortes qui imposent
l'imper, bien sûr, que personne ne quittera de la journée. Une demi-heure de
pluie, puis une demi-heure de calme et ainsi de suite. Au milieu de tout
ça, nous avançons quand même, terrain vallonné, évidemment. Souvent nous sommes
sur des voies assez larges et pas trop techniques. Ce n'est pas très
pittoresque ni vététistiquement intéressant mais, lorsque nous trouvons des
sentiers plus étroits, la progression devient difficile : la moindre racine,
le moindre bout de bois sont piégeux, tant c'est mouillé. Même les pierres
sont glissantes et comme il faut aussi affronter parfois la boue, les pneus
n'accrochent plus de façon optimale. Quelques passages à pied. Au début, on
essaie de marcher sur les mottes d'herbes pour éviter l'eau et puis, à force,
les godasses ne risquent plus rien et le bain de pieds devient général. Des
raidillons en haut desquels on se regroupe, ou plutôt en haut desquels le
groupe nous attend, Michel et moi avec celui qui veut bien nous tenir
compagnie. Parfois une côte plus longue, où chacun grimpe à son rythme. On
finit par connaître la hiérarchie, je te parle de derrière, parce que, au-delà
de quelques-uns, ce qui se passe devant, c'est du domaine de l'imaginaire pour
nous. Remarque, ça permet aux moins performants d'être plus souvent sur les
photos de Dudu à qui nous donnons, de fait, le temps de s'installer. Cabots, on
est, finalement : c'est tout un art, tu sais, que de saisir l'objectif,
demande un peu aux politiques !
Entre deux douches, sous
lesquelles nous baissons le nez sur le cintre, on regarde ce qui est
perceptible du paysage : sous le soleil, ce devrait être sympa, belles
forêts, larges combes et multitude de lacs.
On halte auprès de l'un d'eux, à
côté d'une petite église typique : le temps de mâchouiller une barre ou un
gâteau sec (ou sensé tel), une photo près de la vasque en fonte d'une fontaine
un peu particulière et c'est reparti… Mais qu'est-ce qui m'a pris de vouloir
déchiffrer l'inscription fondue sur la vasque ? Me voilà loin derrière le
groupe qui s'étire en grimpant la route là-bas à droite. Pas la peine d'avoir à
faire des efforts supplémentaires !
La halte de midi se fait à l'abri
d'un vague auvent d'un petit bâtiment isolé, aux portes de St Laurent-en-Grandvaux,
une bourgade assez importante, que je vais vite aller parcourir pour y chercher
un abri plus conséquent, sans succès. Nous voilà « déjeunant »,
tassés sous cet auvent, debout pour la plupart. Bien sûr, on ne s'attarde pas
trop et j'avale comme je peux mes dernières bouchées… On pourrait peut-être… un
café ? Mais notre circuit repart dans la campagne sans traverser le bourg.
C'est vrai aussi qu'il faut gérer
la progression. On est loin d'être au bout !
Un rayon de soleil (si !
si !, je l'ai vu !) nous fait croire à l'arrivée des éclaircies
évoquées par Miss Météo. Aussi, l'averse qui suit est-elle particulièrement
démoralisante ! Et la baisse de moral s'ajoutant à la fatigue qui commence
à se faire sentir, pour moi du moins, ça ne te donne pas des ailes !
Quoique…
Nos allons pousser jusqu'aux
cascades du Hérisson, petite rivière qui s'amuse à franchir une succession de
barres rocheuses, formant ainsi une série de sauts et autres cascades réputées.
On se lance donc dans une assez longue descente sur un chemin caillouteux à
souhaits. Michel et moi, nous nous sommes lancés ! Malgré la pluie
sur les lunettes, les pierres un peu glissantes, je te l'ai dit, on se régale
un bon moment et c'est la seule occasion de la journée où nous attendrons les
autres !
Quand même, na !
Sourdement, nos sentons bien que
cette descente, il faudra la payer à un moment ou un autre, par une montée
douloureuse.
Elle ne nous décevra pas.
Mais, pour le moment, nous
longeons un lac qui s'étale dans un site superbe même par ce temps. Notre
chemin, plutôt pittoresque et assez roulant quand même, nous le fait le
longer un bon moment. On y arrive à ces cascades ?
Il faut un moment. L'arrivée au
site est précédée du passage devant des baraques à souvenirs et une
« Boissellerie ». Voilà un mot nouveau : on fabrique là des
z'objets en bois . Traditionnel dans le Jura. On n'a pas demandé pour les
pipes, on aurait peut-être dû…
Devant le « Saut
Giraud » : nous regardons tomber l'eau…alors qu'on en prend sur la
tronche depuis ce matin, c'est original. Photos, joli site, mais la plus
belle cascade, « l'Éventail », se situe encore plus
bas…Euh…Finalement nous passons outre et repartons.
Un peu de route, un petit lac et
on prend à gauche dans le bois le chemin qui s'élève. Qui s'élève énormément !
La voilà donc cette côte !
Attends, je souffle un peu avant
de te raconter, j'en suis épuisé, rien que de m'en souvenir !
On essaie tous, crânement, de
l'attaquer : tout à gauche d'autor ! Mais personne ne va bien loin,
même les plus balaises ! Parce que ce truc par lequel il nous faut
passer, non seulement il est pentu commack, mais en plus, ce chemin en est-il
vraiment un ? Hein ? Ou bien est-ce un pierrier ? Impossible de
rouler là-dessus, je me demande même si cela ne représente pas une belle gageure
que de l'escalader en 4 X 4 ?
Alors, force est de marcher à
côté du vélo.
Marcher ! C'est déjà en soi
une épreuve. Les cales des chaussures glissent sur la caillasse, on risque à
chaque pas de se tordre la cheville et, en plus, il faut prendre en charge le
vélo qui renâcle sérieux à passer sur la caillasse. Pas facile à pousser
dans cette pente rectiligne. Parfois on essaie le portage, ce qui en rajoute à
la difficulté de la marche, le vélo ne servant plus de support. Chacun gère
plus ou moins et le groupe s'égrène tout au long de cette montée qui n'en finit
pas. Je guette, là-haut, ce qui constituerait l'espoir du bout de l'épreuve,
mais le « chemin » disparaît peu à peu vers la gauche, en montant et,
tout au bout, les gars grimpent encore. Parfois un dingue, dans un essai
désespéré, tente de monter sur le vélo pour un mètre ou deux… Peu de paroles,
le souffle est court. On le reprend en marquant de courtes pauses : on
mesure la progression en hauteur par rapport au lac, dont on distingue la surface
à travers les arbres, en contrebas.
Et la pluie…
Je m'épuise dans cette ascension
de mon Golgotha. Et plus
l'épuisement gagne, plus j'en viens à penser : « Si Jura su, Jura pas
v'nu ! ».
Enfin, au bout du souffle, les
cannes en biais, j'arrive à ce qui semble être le haut. On se laisse quand même
le temps de tenter une récupération et puis on repart sur le vélo.
Te dire la suite ? Je ne me
souviens pas bien. La flotte reprend parfois, l'eau coule sous les
lunettes et, chargée de la sueur de ton front, te pique les yeux que c'en est
un délice, les mitaines trempées ont du mal à tourner les poignées, et encore,
j'en vois qui lorgnent sur ma veste de pluie, confortable par rapport aux
impers plastiques…Tu crois qu'ils risquent de se jeter sur moi pour me l'arracher ?
Tu sais, dans les situations extrêmes, le côté humain… On a vu pire !
Je rigole.. . ou je délire,
peut-être ?
On a retrouvé une portion de
chemin suivie à l'aller et nous nous engageons dans une espèce de tourbière
marécage. Déjà, à l'aller, ce n'était pas facile, alors au retour !
Of course, ma roue avant se bloque contre une motte herbeuse, je déchausse à
gauche et… me vautre à droite !
Quoi, la gadoue ? Qu'est-ce
que ça peut faire, au point où
l'on en est ? Tout ce que je ressens, c'est que c'est doux… et qu'on est
bien couché ainsi... Je
t'assure ! Et je prends mon temps pour me relever, comme je peux…
Combien de temps avons-nous roué
encore ? J'ai oublié. Toujours est-il que lorsque nous apercevons
« notre » clocher, dans le vallon où le temps s'est éclairci, c'est la ruée. Il faut dire
que nous sommes maintenant sur une route bien de niveau et au revêtement
roulant. Des démarrages fusent et voilà-t-il pas que je me mets sur la plaque
et appuie comme un malade pour recoller à un petit groupe qui vient de me
passer. Michel m'a « emboîté la roue », je crois, et nous voilà
callés à l'abri et roulant à bonne allure.
Eh ben, je j'te croyais
mort ?
Ah mais, tout espoir n'est pas
perdu ! Je vais peut-être claquer tout de suite, tu sais comme ces moteurs
qui s'emballent soudain, juste avant de s'éteindre par faute de carburant, tu
connais ? Un chant du cygne… Ou plutôt la joie de toucher au but, celle de
rouler facilement enfin, et puis aussi l'envie de ne pas être tout le temps à
la queue du groupe, de (se) faire illusion…
Lavage des vélos… Attention de ne
pas se mouiller surtout, ce serait dommage…
On se retrouve après avoir repris
figure humaine et enfilé un bon pull, autour d'un apéro-maison, destiné à
arroser (avec ce que l'on s'est
pris aujourd'hui, c'est un comble !) deux anniversaires dans le groupe.
Michel profite de la présence de Geneviève, promue naturellement infirmière du
groupe, pour se faire soigner la peau du genou, qu'il s'est bien brûlée sur le
ciment frais, il y a deux jours… Novice, va !
Tu pourrais penser que, cuits par
une pareille journée, on va être aux plumes sitôt dîné ?
Penses-tu ! Avec Michel,
pendant que Dudu passe la soirée à réparer dans le local à vélos, on zone un
peu côté fête locale, flons flons, manège et merguez, en attendant un feu
d'artifice qui se révèle bien plus
réussi que ce à quoi nous pouvions nous attendre.
Reste que les marches à monter,
pour regagner la piaule, sont raidos, je te dis ! Tu crois vraiment que je
vais remettre ç a demain ? Faudrait vraiment que la nuit soit réparatrice
sinon, bien que pas fan de baignade, je me verrais bien à la piscine-jaccuzzi
d'à côté, exposant mon corps endolori aux rayons réparateurs du soleil et
faisant la causette à ces charmantes dames de l'équipe, plutôt qu'à rouler avec
mes congénères de poilus-pue-la-sueur !
Le lendemain, il fait grand beau.
Mais vraiment grand beau, et je t'assure que le paysage de cette combe de
Prénovel est splendide. C'est vert comme dans tous les coins où il pleut
souvent, pardi !
Ben je suis sur le vélo,
évidemment… D'ailleurs, curieusement, pas trop mal, surtout vu l'état de la
veille au soir !
On est partis plus tôt que la
veille, et direct par une série de courts raidillons, dont nous allons illico
redescendre une bonne partie, vu que ce n'était pas la bonne direction. Mais on
se rattrape un peu plus loin en remontant juste sous un tire-fesses, tout
surpris de voir du monde à cette époque-ci. Bien sûr, on redescend la piste,
une large pente herbeuse ensoleillée, en jouant la file indienne sur de larges
virages bien arrondis, à l'instar de skieurs.Un bref arrêt en bas pour se
rendre compte que, alors que nous roulons depuis une heure, on est à deux tours
de roue du village, dont on aperçoit le clocher, au creux de sa combe. Très joli.
Je te le dis tout de suite :
on va faire une des moyennes les plus calamiteuses que j'aie jamais réalisées !
D'abord, on se ressent peut-être un peu tous de la veille, on prend notre temps
et c'est très bien comme ça, et puis les chemins seront vraiment pas faciles.
On passe dans la combe d'à côté par des petits singles pas vraiment roulants.
C'est parfois technique et c'est aussi, surtout aussi… très, très boueux !
C'est pas parce qu'il fait un splendide soleil ce matin que ça va tout sécher
d'un coup, bien sûr.Surtout que le couvert des sapins ne doit pas voir la
lumière souvent et que l'été n'a pas été dans le coin particulièrement
caniculaire. On est donc souvent, souvent, à pinces !
Reste que l'on s'amuse beaucoup
aussi : passages de clôtures, recherche de la bonne trace, petits passages
techniques, comme une fameuse descente dans une caillasse importante avec
des roins majuscules ! Cul en arrière et freinage tout en finesse, on descend
tout doux, en croisant les doigts parfois pour que la roue avant ne se bloque
brusquement… Mais c'est un bonheur ! Devant, Claude a pas mal négocié le
coup et, avec Michel, on n'a dû poser les pieds que sur quelques mètres… Les
autres, derrière, pas vu… J'avais assez chaud à me concentrer sur ce qui
arrivait devant ma roue avant, et que je commentais à Michel que je savais
juste derrière.
On s'arrête en bas, au soleil, au
bord d'une route qui passe sur un petit pont, le temps de tous nous regrouper,
de croquer une barre et de commenter ce dernier passage : celui-là, sûr,
Coralie n'aurait pas vraiment apprécié !
Ben…faut remonter, pas
vrai ? On fait ça par la route, avant de bifurquer sur un chemin sympa
dont nous profiterons à la descente et… à la montée, car il s'avère qu'il
conduit à une propriété privée avec des panneaux « interdit » tout
partout. On revient donc prendre la route, pour finir la côte. C'est assez
long, mais se monte sans problème. Évidemment loin des musclés de devant qui se
tirent la bourre à tout va.
Au village, tout en haut, c'est jour de brocante et ça me
fait penser à la foire de Pierrefitte-es-Bois que l'on traverse pour
Gien-Sancerre-Gien.
Tu crois que l'on a fini de
grimper ? Ben non ! Ça monte même un peu plus, d'abord par un bout de
route, puis sur un chemin qui part dans les bois. Si, sur la direction
générale, il n'y a aucun doute : il faut passer le petit col juste là
au-dessus, ça se complique un peu dans le détail. Des chemins partent ici et
là, qui montent tous, d'ailleurs, mais les GPS s'affolent et leurs
interprètes ont des avis divergents… Ceci dit, on y arrive quand même, le temps
d'hésiter encore une fois ou deux, et l'on finit par boucler notre boucle.
On aura beau faire, rouler à
fond sur le bitume final, dans l'emballage traditionnel, peu, sans doute
réussiront à passer les 10 km/h de moyenne !
Quoi ? Tu blagues ???
Ben si, je te l'ai dit : on a beaucoup marché, marché sur les cailloux,
dans le bois, dans la boue surtout, rencontré un troupeau de vaches particulièrement amicales aussi...
Le lavage de vélos, en plein
soleil, tourne un peu à l'arrosage, au grand dam des joueurs de boules d'à côté.
C'est l'heure des bagages, des
photos de groupes comme-ci, puis comme ça, des bises et poignées de main.
Toujours un peu nostalgique, ça, même si la parenthèse a été assez brève. Les
vélos sont de nouveau amarrés solidement sur la remorque. Cette fois-ci,
c'est à un séchage complet qu'ils auront droit avec le vent de la route !
Retour sans problème, merci les
chauffeurs. Gien et récupération de son matériel. Re-bises et serrage de
louches. Tu crois qu'on en a plein les pattes ? Que c'était moyen ? Penses-tu !
On est déjà en train de projeter la prochaine sortie. On recommence ?
C'est promis- Jura !
Plus de photos à: https://picasaweb.google.com/104915742901480159019/JuraPrenovel
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| mercredi 31 août 2011, a 12:08 |
| Frontignan : Muscles et Muscat |
Dis donc, tu sais que je ne sors pas le vélo beaucoup ces
temps ? Flemme des vacances ? Personne pour rouler ? Mais
surtout 34 ° à l'ombre et parfois
plus, il y a de quoi te calmer les volontés les plus trempées !
Je profite d'un accès à internet,
ce samedi d'après le 15 Août, pour jeter un coup d'œil, par acquis de
conscience, sur vetete.com (nada !) et nafix.com. Et là, surprise, il y a
une rando FFCT demain à Frontignan. D'accord ça fait un bout de chemin depuis
mon hameau du pied de Larzac, mais quoi ? C'est encore le rayon maximum
acceptable. Faut que ça vaille le coup quand même.
Mais, Frontignan, qu'est-ce que
ça t'évoque ?
….
Hmmm ?
…
Tel que je te connais, tu vas me
répondre : le muscat, hein ? Et puis sa bouteille au col vrillé,
dit-on, par Hercule, pour en exprimer la dernière goutte. Mais ouais, bien sûr…
mais encore, sur le plan VTT ?
Allez, je t'aide, Frontignan
c'est pile poil à côté de Sète, juste sur le bord de la côte, au milieu des
vignes, bien sûr mais surtout, surtout, au pied de la GAR-DIO-LE !
Quoi ? Tu connais pas ?
Une bosse qui s'allonge le long de la mer, sur une douzaine de kilomètres de
long et quatre ou cinq de large maximum. Ce n'est pas bien haut : ça doit
culminer à 230 m environ, mais, bien sûr, directement au-dessus du niveau de la
mer, littéralement ! C'est couvert de garrigue, intégralement, avec ici ou
là quelques arbres un peu plus hauts, genre pin. Et c'est intégralement aussi
constitué de cailloux calcaires et, mon petit lapin, c'est parcouru de chemins
et sentiers en tous sens !!! T'imagine un peu ce qu'on peut faire
là-bas ? Jette voir un coup d'œil, jute comme ça, sur utagawa : des
circuits proposés sur la Gardiole il y en a plus que partout ailleurs je suis
sûr.
Alors les organisateurs de la
rando de Frontignan, où crois-tu qu'ils vont tracer leurs circuits ? D'un
côté, la mer, de l'autre le port de Sète, au nord-est les étangs… reste la
Gardiole, c'est plus garanti que le degré d'alcool du muscat local.
Mais va falloir se lever :
inscriptions à partir de 7 h, une heure de route, préparation à la maison… Je calcule au plus juste, sachant qu'il
faut être le plus tôt possible sur les pédales, pour en avoir fini avant la
chaleur écrasante…
Qu'est-ce tu dis ? Y'a que
trente bornes de rando? Je
t'ai déjà moult fois expliqué qu'ici ça ne veut strictement rien dire. T'as vu
le temps qu'on a mis la dernière fois au Col du Vent ? (va voir le dernier
article !) Il n'y avait QUE 20 bornes et c'était en descente !!!
Donc, je me lève bien avant le
jour, eh oui, ça fait tôt à c't'époque de l'année ! Pour ne pas réveiller
la maisonnée conséquente qui dort encore (quatre adultes et autant de gamins),
je m'équipe quasi à tâtons, attrape quelques biscuits pour tout p'tit déj et
rejoint mon vélo dans la voiture.
Hue !
Coup de bol (?) une brume de mer
s'est levée et la côte est encore protégée du soleil quand j'arrive. Il m'a
fallu recourir à la bonne volonté d'un gars qui partait en solo sur son VTT,
sûrement pour la Gardiole et qui m'a conduit au centre sportif dont je n'avais
que le nom et pas l'adresse. Ça, plus le temps d'inscription et d'étude rapide
du parcours, ça va me faire presque 7 h 45 à partir on the bike. Organisation
FFCT qui me fait la réduction licence autre fédé (et toc !). Explications
sympas du circuit bizarre sur le schéma mais simple dans le principe : un
parcours « vert » qui ne suit que les chemins larges, et un parcours
« rouge »qui n'est fait que de variantes du premier, variantes
constituées de singles garantis purs cailloux et presque SGDG (Sûr Garantie De
Gamelle). Devine lequel je vais choisir, hein ?
Un p'tit café qui fait du bien
parce que rien que les biscuits, c'est un peu sec, et à moi la garde ! Pardon : À moi la Gardiole !
Il y a quelques gars qui
attendent pour partir, d'autres déjà devant ? Je ne sais : je suis
des espèces de chemins un peu goudronnés, à peine des routes, qui zigzaguent à
travers les vignes en montant légèrement, impeccable comme mise en jambes.
Balisage minimum mais sans défaut. On longe un instant la grosse route très
fréquentée qui arrive à Sète. Curieux ce contraste entre l'urbanisation très
poussée et ce monde de nature qui s'élève devant moi. On attaque côté le plus
haut, direct, déjà baigné du soleil matinal.
Près du terrain de moto-cross,
j'ai une hésitation : la rubalise qui pend à gauche, ou celle du chemin de
droite ? J'attends trois mecs qui arrivent derrière moi. Pour eux (ce sont
des locaux) c'est l'évidence même que l'on doit partir à gauche. Pourquoi, je
ne sais pas, mais sont sûrs d'eux. Alors, ma fois, je les suis, pas mécontent de
prendre le chemin qui monte le moins. Je me rendrai compte plus tard que
l'autre marquage était celui du retour.
Le chemin danse gentiment sur la
roche et finit par s'élever pour de bon. Je prends un rythme un peu en dessous
de celui des autres qui me distancent peu à peu. Voie « forestière »
(je mets des guillemets, parce qu'il faut de l'imagination pour assimiler la
garrigue à une forêt) qui monte régulièrement, en suivant le flanc de la
colline. Pas vététistiquement très bandant mais, ici, tu sais, il faut assimiler
ce genre de parcours à un remonte-pente. C'est une fois en haut que ça devient
intéressant. J'en profite pour regarder autour de moi : les pentes sont
donc quadrillées de ces voies larges qui sont autant d'accès aux véhicules de
lutte contre les incendies, (parce qu'ici, tu parles !) lutte que te
rappellent à chaque carrefour de grosses citernes vertes, réserves d'eau. Entre
ces voies : un lacis de sentiers qui courent la garrigue ! Quand tu
sais qu'il y en a presque autant qui sont dissimulés sous la végétation, tu
baves déjà !
Le temps que je te raconte tout
ça et j'arrive sur les talons d'un gars qui monte presque comme moi. Je reste
tranquille à une longueur de sa roue arrière car, depuis un moment, je scrute
la frondaison pour ne pas rater la bifurcation discrète, vers un single de
rêve. Autant laisser l'autre devant moi, qui verra peut-être ce que je n'aurais
pas remarqué. Or, je trouve que ça fait un bout qu'on roule sur du large et
qu'on a pris de la hauteur. Alors ? Ça vient ?
Et ben, c'est le gars devant moi
qui rate le ruban rouge et blanc
là sur la gauche : je le hèle (le gars, s'entend, pas le ruban, bien
sûr !) et m'engage dans la descente de la sente. J'aurais pu attendre
qu'il passe devant moi, il est peut-être plus rapide sur ce terrain, mais
j'avais tellement hâte de me lancer là-dedans ! J'espère simplement que ce
premier passage n'est pas trop hard, car j'en ai parcouru, avec l'ami Manu (le
Buéton), de plutôt coriaces !
Mais non, c'est un pur
régal ! Un coup d'œil derrière moi à la sortie du boyau, pour voir que mon
collègue s'en sort, mais un peu moins vite. Je peux donc continuer devant. En
fait nous allons très vite comprendre que nous roulons à peu près pareil et l'on
veillera à ce que l'autre ne se plante pas dans les directions et qu'il a
réussi à passer sans problème. Une sécurité confraternelle, très esprit VTT.
Parce que, à partir de maintenant,
ça ne va pas arrêter et l'on ne fera que de brefs passages sur les voies
forestières. Un single ici, un monotrace par là, souvent le cintre passe à
peine, que je me demande comment pourraient passer des cintres de plus de
70 ! La végétation te grafigne les coudes, les jambes, la figure parfois,
mais je t'assure que je n'en ai cure ! Quelle cure de singles, oui !
Ça tourne, saute, chahute le spad ! Ce n'est pas de la descente rapide
forcément, mais ça descend en général quand même.
Et tu remontes quand ?
Normalement, comme je te l'ai dit
plus haut, on remonte par les voies larges. Seulement, depuis quelques instants,
nous restons sur du presque plat, un single qui sinue de façon sympa avec ce
qu'il faut de roches à passer, à éviter, d'appuis à prendre. Le collègue me
suit et, sur une petite montée, je l'invite à passer devant s'il le souhaite.
« Je réussis à peine à suivre ! » qu'il me répond. En fait il
n'aime guère ce terrain où, au contraire, je me régale. On coupe pas mal de
petits sentiers, mais on remarque assez vite un bout de rubalise qui nous
indique notre direction. Simple et efficace.
Je crois que je repère où nous
sommes, si je me souviens bien du plan du circuit. Le traceur avait l'air tout
content d'avoir trouvé un chemin sympa qui devait nous faire remonter vers les
restes d'une abbaye. « Le chemin aux ânes » avait-il dit.
Et bien je crois que nous y
sommes, car le sentier se met à escalader la pente. Presque « tout à
gauche », il s'agit de se colleter avec un passage bien technique :
comment faire passer la roue avant entre les cailloux les plus gros ou les pus
instables, tout en conservant suffisamment de grip derrière, envoyer la sauce
avec les cuisses, sans trop et sans se griller. Mon compagnon pousse déjà le
vélo, tandis que je m'escrime à tenir le plus longtemps possible. Ce n'est pas
pentu à l'extrême et je réussis le challenge, tout en me disant qu'il faudrait
absolument prendre une photo de ce passage pittoresque, mais impossible de
s'arrêter !
Je le fais pourtant, en haut de
la partie la plus pentue, alors que le chemin part sur la droite, un peu calmé,
du moins momentanément. On coupe la voie forestière devenue une route qui mène
vers l'abbaye que nous dépassons par en dessous. Cette voie, nous l'avions
suivie avec Manu, lors de notre GTMC de 1997. Elle n'était pas goudronnée alors
et nous ne connaissions pas encore la richesse vététistique de ce petit massif.
La large voie que nous retrouvons
au-dessus de l'abbaye (photo de la vue), non goudronnée maintenant, nous ramène
sur le haut. On devrait trouver bientôt un ravito, et nos hésitations dans les
directions à prendre, car les voies aller et retour se croisent à ce niveau,
nous font rencontrer deux autres vététistes, un pas tout jeune et un beaucoup
plus, avec lesquels nous rejoignons le fameux ravitaillement. Très correct
d'ailleurs, et tenu par des gens sympas, au courant des circuits et prévenants.
Nous voilà repartis à
quatre : un peu de voie large et de nouveau un mini-single qui part entre
deux fourrés. On nous l'a annoncé très technique.
Il l'est.
Je suis entré le premier. Il
n'est pas question d'hésiter: j'ai du monde derrière. J'entends d'ailleurs le
premier de mes compagnons « rouméguer » ou « romioner » que
c'est du chemin à se casser la figure ou le matériel.
Puis je ne l'entends plus.
D'abord parce qu'il va rester pas mal derrière et surtout parce que j'ai de
quoi m'occuper pas mal. Pas question non plus de jeter un coup d'œil sur le
panorama en dessous ! Je crois bien que je reconnais un passage que
j'avais suivi, il y a quelques années, avec des gars du coin. J'avais fait un
OTB sur un passage de marche, dont je garde un souvenir douloureux. Les gars de
l'époque s'étaient apitoyés sur mes « Python » pas du tout adaptés,
selon eux, au terrain local. Donc, sur ce passage, (je ne peux pas dire sentier
ou chemin puisqu'il s'agit de roche brute entre les buis), je fais gaffe
surtout à ne pas bloquer la roue avant dans une anfractuosité, à placer le
poids du corps, à soulager le guidon s'il le faut. On descend des marches, on
en remonte, car on reste à peu près sur le dessus. Il faut se décider vite sur
l'endroit où passer, envoyer des watts parfois, caresser à peine les leviers de
frein et calculer son équilibre. Il y a bien un peu de sueurs froides parfois,
mais le plaisir est total.
Lorsque le sentier retombe sur
une voie plus large, on est partagé entre le « ouf » d'avoir réussi à
en sortir et de pouvoir reprendre un peu de souffle et puis d'un autre côté le
regret que ce soit fini.
L'autre ancien arrive peu après
moi, mais il me faudra un bon moment avant de voir mon premier collègue
arriver, toujours aussi grognant sur ces portions impossibles et dangereuses,
que, cette fois c'est décidé, il va revenir par l'autre circuit !
Ce qu'il ne fera pas, bien sûr.
Du moins va-t-il se rasséréner un
peu, car nous allons rouler un moment sur de larges voies qui contournent la
partie sommitale et nous amènent côté mer, au-dessus de Frontignan et Sète.
Panorama*****, car la brume s'est un peu levée et nous profitons à loisir de la
vue sur les étangs, le canal du Rhône à Sète, les plages et la mer, et puis,
devant nous, sur le port et ses grosses structures et bâtiments industriels et
sur la ville avec ses canaux et aussi ses maisons blanches, accrochées aux
flancs du Mont St Clair, éclairées par le soleil du matin. Superbe. On en
profite aussi pour envoyer du gros sur cette partie roulante.
Nous sommes repassés au ravito,
plus animé cette fois-ci, car les vététistes commencent à arriver.
Dernière partie du parcours et,
devine, puisqu'on est en haut… bouquet final de singles descendants, car il n'y
aura guère que ça, suffisamment techniques pour s'amuser mais pas trop pentus
non plus. En général, du moins. À force de passages étroits entre les buis on arrive aussi, c'est curieux, à un final entre les pins, pas le plus facile d'ailleurs, qui nous conduit en haut d'une large pente plutôt raide et copieusement
caillouteuse. Heureusement que j'ai un peu descendu la selle. Cul en arrière,
bras tendus mais pas trop, et surtout souples, nous atteignons le bas dans de
grands crissements de pneus dans la poussière et la caillasse.
Sais-tu : on est revenus sur
notre chemin d'arrivée, près du site de moto-cross.
Il ne reste plus qu'à regagner
Frontignan par la petite route suivie à l'aller.
Centre sportif de nouveau. Il
n'est pas onze heures ! C'est tant mieux car, côté soleil et donc
température, ça commence à donner !
L'avantage d'un centre comme
celui-ci, c'est l'équipement : se doucher et se changer dès l'arrivée, ce
ne devrait pas être un luxe, et pourtant je le ressens comme ça, tant c'est
rare.
Du coup je peux profiter à loisir du ravito d'arrivée
bien consistant et…. du muscat local, qui, assure le vigneron qui le sert, est
« tout de son cru » !!! |
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| jeudi 18 août 2011, a 18:30 |
| Le Col du Vent, chaud devant ! |
Comme t'es pas venu me voir dans mon sud, j'ai cherché à
rencontrer d'autres vététistes, et puis à trouver des trucs que je n'avais pas
faits localement. Côté randos organisées, je t'ai raconté précédemment ce qu'il
en était : archi pauvre ! Mais à l'OTSI local, je suis tombé sur un
prospect d'un gars qui t'organise quelques trucs, évidemment, en ce bas monde
capitaliste, moyennant finances. Enfin, faut voir. Une descente (« style
freeride » était mentionné !) de 1000 m downhill ! Ça méritait
peut-être les euros demandés.
Coup de fil d'info, rendez-vous est pris au bord du lac du
Salagou (je ne te présente plus le lieu, je t'en ai rebattu les esgourdes, et
puis de toute façon, ça n'a rien à voir avec la sortie du jour).
Me v'là à attendre, avec un gars en rouge (je te le
désigne comme ça, vu que je ne connaîtrai pas son nom et que j'aurai à t'en
reparler) monté sur un « Rush » (bon, ça peut être aussi le
« gars au Rush », en fait). On évoque la sortie en confrontant nos
doutes et ignorances : le parcours d'abord, mais ça, c'est normal, et puis
on parle vélo : « T'as pris ton vélo perso (remarque, un Rush…)?
Ils en fournissent … »-« Ouais mais c'est des rigides ou
semi ! »-« Quoixxx ??? Il était mentionné « vélos
haut-de gamme » fournis, avec protections et tout!!! »
Le fourgon qui se pointe avec remorque nous renseigne de
suite : à part les vélos des accompagnateurs (« Commençal
Meta ») ce sont bien des semi-rigides, même si la fourche fait 150 de
débattement, des Commençal « Ramones »…. Discussion… J'hésite et
choisis de repasser par la maison chercher mon spad à moi ! Je les
retrouverai au point de départ que l'on m'indique, en gros sur le plateau du
Larzac, pas loin du Pic St Baudille. Je fais bien ou quoi ? T'en penses
quoi ? Je doute un peu quand
même… Mes belles roues « Crosstrail » toutes flac, si j'allais en
bousiller une ? Mais on m'a dit que c'était quand même pas trop terrible…
Mais, quand même, je me vois mieux, dans l'épreuve, sur un spad que je maîtrise…
Enfin… Me voilà avec les autres que j'ai retrouvés au
départ de la sortie, au milieu des rocs, buis et épineux qui poussent comme ils
peuvent entre les roches sur une petite hauteur du plateau du Larzac.
L'occasion de constater que la remorque qui a apporté les vélos jusqu'ici est
équipée d'un système de portage tout ce qu'il y a de simple et pas con du tout,
qui permet de transporter pas mal de vélos et qui semble plutôt stable à ce que
j'ai pu constater.
Nous nous équipons. En fait de protections fournies il ne
s'agit que de casques ordinaires et vu que j'ai le mien… On m'avait conseillé
vêtements à manches et jambières, mais je constate que tout le monde est en
maillot ou T-shirt et short ou cuissard court, plus adaptés au temps qu'il
fait, il faut dire !
Un truc
encore: 1000 m de descente, comment est-ce possible, alors qu'on est au pire à
800m d'altitude ? …
- Ben, en fait, on a environ 300 m D+ aussi…
- Ah oui …
Tout ça en 20 bornes…
Petit briefing de départ : pas mal, le mec semble
plutôt responsable dans ses indications et conseils. D'ailleurs, à voir comme
ça, on n'a pas l'air du tout de spécialistes : cinq participants, le
« Rush » dont je t'ai parlé, un couple et leurs deux jeunes, montés
sur les « Ramones », des profs de gym, je crois. Je suis un peu
surpris de la présence des deux gamins mais, dès les premiers tours de roue, je
pige qu'ils sont nés vététistes, à la façon dont ils te maîtrisent leur vélo,
prennent des appuis dans les virages et tout… il y aura juste quand il faudra
appuyer qu'ils seront un peu courts encore, mais je te garantis que ça ne
durera pas !
Voilà, on est cinq, encadrés par deux mecs et une fille,
ça devrait aller, non ? Inutile de te dire que l'ancêtre c'est moi, et de
loin !
Nous voilà partis en suivant la piste de la Grande
Traversée de l'Hérault, qui se confond dans le coin avec celle de la
Grande traversée du Massif Central : c'est repéré par des bornes
métalliques vertes, scellées costaud. Pour le moment, on est cap sur le Pic St
Baudille, piton calcaire sommé d'une antenne hertzienne et qui domine à la fois
le Larzac d'un côté et, de plus haut bien sûr, la plaine du Languedoc au sud.
Pour le moment, ça descend doucement mais c'est un peu sinueux et l'on s'amuse
surtout à prendre des appuis dans les virages et à en rajouter dès qu'on peut
appuyer, cailloux, racines et le sable piégeux sont les seuls obstacles avec
lesquels jouer pour le moment. On remonte un peu aussi en se dirigeant toujours
vers le pic susnommé puisque les deux grandes traversées passent, bien entendu,
en haut de cet observatoire naturel.
On aurait peut-être pu partir de là-haut, non ? Mais on aurait dû
être tout de suite dans le dur… Pas recommandé, pédagogiquement parlant…
Une bifurcation à droite, on rejoint la route pour arriver
tout de suite au col du vent. Là, ça va se corser, nécessairement.
Que j't'esplique. Le plateau calcaire se termine
brutalement là : la route passe par une trouée entre deux murs naturels
(courant d'air garanti, d'où le nom du col, sans doute), derrière, c'est la
falaise, en à pic sur quelques
dizaines de mètres et la pente raide jusqu'à la plaine que nous dominons, en gros 500 m plus bas… On s'est
arrêtés le long du muret qui borde la route, pour profiter du point de vue et, accessoirement mesurer
l'ampleur de ce qui nous attend. La route part en corniche vers la gauche, mais
nous ?
Ben, on suit la route sur cent mètres pour prendre un
chemin qui part en corniche aussi dans l'autre sens, juste pour permettre de
passer la partie en à pic calcaire et… on patiente un instant, en raison d'une
petite crevaison (d'un des accompagnateurs !). Pendant ce temps-là, le
chef donne des explications sur la technique à suivre pour passer un lacet en
épingle à cheveux : position du corps, direction du regard etc… tu connais
peut-être… car c'est ce qui nous attend, juste en dessous. Quelques tours de
roues et nouvel arrêt : instruction est donnée descendre la selle,
dernières recommandations … Cette fois-ci on y est !
Single bien caillouteux, déjà pas très facile en soi, mais
heureusement pas trop pentu et dans les petits chênes. Premier lacet à
180 : deux accompagnateurs se sont postés en protection juste sur
l'extérieur : on passe au ralenti, un par un, avec des fortunes diverses,
juste après l'autre lacet me réussit moins : je dois mettre le pied,
pourtant, quand on sait faire déraper la roue arrière pour remettre le spad
dans l'axe, ça semble si facile !
On continue ce single étroit et caillouteux, en dosant le
freinage, cul en arrière de selle le plus souvent, un autre lacet, peut-être
moins serré, se passe sans Pb, les accompagnateurs ont l'air contents du
groupe. Le single débouche sur un chemin plus large, une belle pente. Herbe et
cailloux et quelques virages, là ça nous connaît ! Devant, le chef et le
gars au Rush sont partis, et je double l'un des deux jeunes pour pouvoir les
suivre, un virage large, pied sorti quand même, un autre… régal ! Mais je sens, sous ma roue avant, le
début d'un roin caché sous l'herbe sèche, attention ! Au même moment, je
vois juste devant un nuage de poussière, une boule rouge rouler sur le sol et
un « Cannondale » s'envoler… Ouah la gamelle !!!
Heureusement que le chemin était un peu large, que je ne collais pas au cul
du collègue et que la pente n'était pas trop forte. On réussit à s'arrêter en
évitant l'accidenté et à prévenir ceux qui arrivent derrière. On s'empresse aussi et surtout autour
du crash man : un peu sonné évidemment, mais il bouge normalement, par
contre pas question de baignades dans la Grande Bleue avant un peu s'il ne veux
pas danser : il est bien balafré ! Explications aussi, avec grimaces,
pendant que le patron sort la trousse de secours, nettoie et colmate : le
mec s'est trouvé coincé dans le roin que j'avais senti, a voulu en sortir et,
vu la vitesse… tu connais…
On s'est garés à l'ombre, dans le virage en dessous parce
que, en plus, l'autre accompagnateur en profite pour réparer sa crevaison. On
repart, après de nouvelles indications et recommandations pour la suite du
programme : « Mais on doit tous pouvoir passer, il y a juste
à… ». Le collègue accidenté
enfourche son Rush, mais nous laisse passer devant, ça t'étonne ?
Le chemin, toujours large à cet endroit, devient soudain
beaucoup plus pentu : cul derrière la selle, chacun dose son freinage
comme il peut, les roues arrières bloquées soulèvent la poussière… Ça devient
sérieux : je regarde ce qui se passe devant. Damned, je vois disparaître
brutalement les deux premiers vélos derrière une rupture de pente !! Pas
possible, c'est un trou ?
Pour juger de l'horreur du passage, je réussis à me ranger sur le côté,
m'arrêter et je m'approche : le chef est en train de se relever, la
pommette sanguinolente ! Deux autres ont passé en catastrophe ce raidillon
formé d'une seule ornière centrale, en bordure du vide….
Bon, ben… C'est quand même avec pas mal de difficultés que
les autres et moi-même passons… à pied, le vélo sur l'épaule !
Poireautons de nouveau en attendant la réparation 1) du
chef lui-même et 2) d'une nouvelle
crevaison.
On repart sur un fameux petit single, pas vraiment pentu,
puisque par moment, il faut même donner un léger coup de pédale. La trace n'est
pas plus large que deux pneus et on se fait un peu griffer les coudes et les
cuisses par la végétation du cru assez coriace, mais, tu sais, je ne lui en
veux pas vraiment et même, je vais te dire, je suis plutôt vachement content
qu'ils soient là, ces espèces de buis, parce que, vois-tu, ce que j'aperçois
furtivement sur ma gauche me ferait bien hérisser le poil : figure-toi
qu'on suit une corniche hyper étroite, accrochée à flanc de falaise sans doute,
et que l'on tutoie le vide !!!
J'ai un peu chaud soudain, si j'en crois la petite coulée
de sueur le long de mon échine et je t'assure que je ne m'attarde pas en
contemplation du site : j'ai l'œil sur la trace, heureusement sans
difficulté particulière, et tâche
de conserver un juste équilibre en pilotant le plus fin possible. C'est encore
loin, le bas ?
On pousse un peu un soupir lorsque le sentier s'élargit.
Un petit regroupement de tous et l'on attaque le dernier passage délicat :
une série de passages très pentus, heureusement assez larges, où les roues
arrières soulèvent la poussière en grattant le sol. Il a dit quoi, le
chef ? Bras souples, décontracté ? Place moi une seule olive dans le
fion et je te fais un litre d'huile ! Je n'aime pas beaucoup cette
situation où tu sais qu'il n'y a plus moyen de s'arrêter et qu'il faut
simplement tenter de rester en équilibre et attendre que ça se calme en évitant
la chute ou la sortie dans le décor !
Regroupement près d'un vague chemin-route. Cette fois on
peut remonter les selles. On a atteint le monde civilisé d'un petit village
endormi. Quatre quads passent près de nous : rançon de la civilisation
(?), justement, et signe que l'on retrouve des profils plus roulants.
On roule maintenant sur des chemins charretiers où l'on
peut se lâcher : la pente est douce et l'on peut mouliner sur la plaque.
Après toute cette descente où l'on a été tendus, quand même, et où l'on n'a
progressé que prudemment, on apprécie de prendre un peu de vitesse. C'est
d'autant plus sympa que le chemin n'est pas non plus un boulevard tout
lisse : on passe sur des dalles rocheuses, évite quelques trous, quelques
cailloux. Je t'assure que je suis devant et ne donne pas ma part aux chiens.
C'est pourquoi je vais grogner de me voir obligé de m'arrêter.
Il n'y a pas eu d'explosion cette fois-ci. Pas de coup de
fusil, mais un simple, brutal et bref « pschiiiiiiiiiittt ! » à
l'arrière. Me voilà sur la jante le temps du coup de frein. « C'est ton
pneu qui a dû se décoller de la jante ! » diagnostique le chef qui me
suivait.
Vélo pattes en l'air. On sort la roue et ausculte :
pneu ouvert sur la bande de roulement, une croix d'un centimètre sur les deux
sens ! Un pneu neuf, nom de bleu ! Qui n'avait pas plus de cinquante
kilomètres ! Un « Hutchinson Couguar » fourni avec les roues que
je viens d'acheter. Il est vrai qu'il n'était pas noté comme
« Hardskin », ce qui ne pardonne guère dans le coin. J'ai remarqué
d'ailleurs que les
« Ramones » qui roulent avec nous sont montés de pneus 2.25 ou
2.30, ce qui ne présume pas de leur solidité, mais qui t'indique qu'il vaut
mieux du maousse, en général, sur ce type de terrain.
Eh ben, du moins, la large bande plastique qui ceignait
mes pneus neufs m'aura été utile, puisque j'avais taillé dedans une petite
bande rectangulaire destinée à une réparation de ce type. L'astuce fait
l'admiration de mes compagnons d'équipée…Il faut dire que trois pneus dézingués
en moins de six mois, ça enrichit ton expérience, à défaut du porte-feuille.
Maintenant, placer la fameuse protection au bon endroit,
entre pneu et chambre à air, quand la blessure se situe sur la bande de
roulement, c'est pas du plus facile. M'enfin, j'y arrive quasiment du premier
coup : le chef étant doté d'une mini-pompe à pied en métal, efficace comme
tout et légère quand même, me voilà vite prêt à repartir. Quoi, non? Il en
manque deux ? Un premier coup de grelot nous annonce une crevaison en
arrière, un deuxième est un appel de détresse : il n'y a plus de chambre à
air adaptée (petite valve). Heureusement, il m'en reste une et l'on remonte
secourir le gars en rouge (the « Rush », you see ?) qui avait
fourni son unique chambre tout à l'heure et se retrouve sans, maintenant qu'il
en a besoin ! De ce côté-là, l'organisation laisse à désirer…
On termine notre parcours par un bout de petite route,
entre les vignes bien sûr, avec deux ou trois petites montées qui donnent
l'occasion de dépenser l'énergie que, en fait, on n'a pas sollicitée depuis le
départ. On passe près de St Jean de la Blaquière et l'on se retrouve au milieu
des «ruffes », ces grès rouges aux formes arrondies par l'érosion qui
forment, un peu plus loin, l'écrin du lac de Salagou. Nous n'irons pas
jusque-là, mais regrettons qu'il n'y ait pas plus de sentiers au milieu de ce
paysage qui constitue une vraie invite au VTT.
L'autoroute
nous barre la route et nous nous arrêtons à Salelles-du-Bosc, à l'accueil d'un
centre de vacances. Je me dis que l'accès à la piscine ou, au moins, à la
douche, est peut-être inclus dans le package, mais mon espoir est déçu. Une
simple menthe à l'eau et un bout de pain d'épice sortis du coffre d'une voiture
et l'affaire est pliée. Reste que le contrat est rempli : on s'est
descendu les 1000 mètres annoncés (en gros), donc, les promesses n'étaient pas
… du vent !
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| jeudi 11 août 2011, a 12:23 |
| Après les Monts Dore, les Monts d’Orb |
Pas facile de trouver une rando organisée en Languedoc en
été, je t'en ai déjà parlé. Sur Juillet et Août, j'en connais deux à portée de
voiture, toutes deux à proximité d'un lac de barrage, ça peut permettre une
étude sur place en vue d'un investissement. L'EDF n'étant plus, prochainement,
le seul sur ce créneau, les barrages vont se retrouver sur le marché : un
investissement rentable, crois-moi, pas trop d'entretien, peu de personnel et
une matière première gratos : la pluie ! Valable non ? Mieux que
l'emprunt national, sûr ! Quoi ? Faut avoir de quoi investir ?
Ben oui, c'est le seul détail qui fâche, mais tu chipotes, je trouve. Tu penses
que les grosses sociétés vont se gêner et revendre l'électricité produite un max
à EDF qui, bien entendu, répercutera sur le lampiste : tézigue ! Mais
les actionnaires seront contents, c'est-y pas ça l'essentiel ?
Enfin ! Tant que mon VTT ne
fonctionne pas à l'électricité… mais ça ne durera pas, sûr !
Car j'ai pris un an de plus il y
a quelque temps : aïe, les côtes seront plus pentues ! Mais,
chouette, j'ai eu une paire de roues « Crosstrail », toutes propres
et belles et tout ! (Ce qui fait que je mets sur le marché une paire de
« Crossroc », si tu connais preneur…). J'ai donc hâte de les
étrenner, comme tu penses ! Ce qui nous ramène à mon propos initial :
les deux randos d'été que je
connais dans mon coin de vacances. Et ben, figure-toi qu'elles ont lieu le MÊME
JOUR !!!! Malin, non ? Les organisateurs sont aussi balaises que chez
nous parfois !
Alors, la veille, je pèse
(attends, je te vois déjà rigoler avec une fine allusion graveleuse de derrière
la couette !) le pour et le contre, les avantages et désavantages des deux
randos que j'ai, bien sûr, déjà faites. L'une est à Vailhan (ça se prononce
comme cœur vaillant), à côté de Cabrières, pas trop loin de Clermont-l'Hérault,
au milieu des collines pentues qui entourent le lac des Olivettes. C'est du VTT
pas rapide : singles, cailloux en montant et descendant…très montant et très
descendant, en plus. Il faut faire gaffe à la fois là où tu mets les crampons
et garder un œil au-dessus, parfois, à cause des branches basses de la
végétation locale. J'y ai laissé des litres de sueur et un peu de peau aussi,
because gamelles, mais je m'y suis régalé. Il y a pas mal de monde (pas marrant
sur les singles) et, du coup, on se la joue un peu beaucoup à tous les niveaux.
L'autre se situe plus au
nord-ouest, dans les Hauts Cantons, les Monts d'Orb, des collines un peu plus
hautes et boisées : un lac de barrage, comme je t'ai dit aussi, entre
Ceihles-et-Rocozels à la queue du lac, et Avène, à l'autre bout, donc, bien
évidemment, dans la situation Ô combien rassurante du pied du barrage. Avène,
tout petit village-station thermale, tu connais peut-être vu que j'ai dû t'en
parler déjà (remonte un peu dans ce blog et tu verras) et sûrement faire
quelque jeu de mots à trois balles avec ce nom. En plus, demande à ta douce si
des fois elle se met pas des produits de ce nom sur sa peau (douce, par conséquent,
forcément). En crème solaire par exemple… Non, excuse, j'oubliais la météo
actuelle, je ne voulais pas te faire pleurer !
Donc on fait un « tour du
lac », mais te leurre pas, et ne fait pas comme mes collègues de la GTMC
qui, lors de l'étape partant de Florac et suivant les Gorges du Tarn, ont été
douloureusement surpris de nous voir faire sans arrêt de sévères
grimpettes : cela n'a rien d'une aimable balade « tout le long de li
le long de l'eau », le lac en question est enchâssé au creux des Monts
d'Orb et aucun chemin ni route ne le longe. Tout au plus, un chemin conduit
parfois jusqu'au bord et encore. Il y a donc de la grimpette prévue et les
organisateurs annoncent même, pour 40 km, 1200 m de D+ , ce qui me semble
beaucoup tout de même. Pas question aussi de shunter une partie du
parcours : quand tu es à un bout, faut revenir ou alors transformer ton
précieux VTT en pédalo… Par contre, c'est en général du chemin large, assez
roulant. C'est organisé par les pompiers du coin et c'est plutôt sympa… Il y
aura beaucoup moins de monde qu'à l'autre, alors, c'est mon côté militant,
j'irai donc les soutenir.
Huit heures pétantes, je suis aux
inscriptions : il y a presque plus de voitures rouges des soldats du feu
que de celles des participants, encore : fourgons, véhicules 4X4 etc…
impressionnant !
Pourvu d'un gros dossard 152 sur
le Camel, et connaissant le début du parcours, je pars sans attendre un départ
groupé prévu à 8 h 30, je tiens à rouler cool et déguster le menu du jour sans
risquer l'indigestion : je ne me vois pas bien avec des crampes à l'autre
bout du lac !
Deux cents mètres le long du plan
d'eau, sous les platanes, et voilà le chemin à gauche : une sorte de voie
forestière qui s'élève d'abord doucement, puis un peu plus fort, sans trop. On
peut y choisir son rythme même si, à chaque lacet, on se trouve soit aidé par
le vent, soit face à lui. Je constate qu'il en va d'une couronne sur la
cassette. Le chemin, quoique large, n'en est pas pourtant ennuyeux : il
est assez irrégulier pour que l'on ait à y chercher son passage le plus idoine
et puis la forêt autour est encore assez clairsemée et variée dans ses essences pour que je puisse profiter de
la vue tout autour et du parfum de la végétation. Pas de cigales
toutefois ! On est loin du temps qui leur convient : ciel bas pas
très sympa qui baigne de brume le haut des hauteurs boisées tout autour, je
supporte sans problème manchettes et coupe-vent et j'ai même emporté l'imper,
mais je n'aurai droit qu'à quelques gouttes.
Le profil du chemin s'adoucit et
je réussis à apercevoir le lac contrebas : pas engageant tu sais ! Un
gris acier sur fond de vert sombre sans la moindre clairière, sinistros au
possible ! Avec le ciel plombé comme couvercle, je me sens bien seulabre,
sais-tu, une fois ? Ils arrivent quand les collègues, derrière ?
Z'ont bien dû déjà être lâchés, non ? J'attends une moto qui ouvrirait le
bal, ce serait le style, mais c'est le silence total. Je m'ennuie un peu, tu
crois ?
Le gros de la côte s'est bien
passé, le chemin va maintenant suivre le lac en hauteur. On contourne les
différentes queues, un peu de plat, des descentes légères où l'on peut passer
sur la plaque (attention aux virages surprise !) et des portions montantes
non négligeables. Question variété, on trouve des passages un peu plus garnis
de végétation sauvage, l'entretien de ces voies laissant sans doute un peu à
désirer et puis, soudain, THE passage technique du jour ! Le seul et
unique, mais qui vaut son pesant de cacahuètes : sur la gauche et
plongeant sous les frondaisons, un single de bon aloi débute par une suite de
marches sur de gros cailloux ronds, un replat et l'on remet ça pleine pente
avec à peine de quoi passer le cintre, pour virer en épingle à cheveux juste à
mi-parcours. Inutile de te dire que j'ai mis, comme j'ai pu, pied à terre (ou
plutôt à rocher) manœuvre déjà pas aisée en soi ! Descendons la selle,
voilà, comme ça on continuera plus facilement : d'ailleurs le single est
sorti des gros cailloux et prend une allure beaucoup plus sympa. Mais ça ne dure
guère, dommage : on traverse une route, aussi incongrue dans ce paysage
que le mot de Cambronne au cocktail de Madâaaame la Baronne
(Eric !) : de l'autre côté, je retrouve une voie forestière du même
tonneau que ce que j'ai parcouru jusqu'ici. Ça roule pas mal et je guette,
lorsqu'une trouée entre les arbres me permet un aperçu sur le lac, la digue du
barrage qui me signifierait que j'approche de la mi-parcours. Une ou deux
voitures de pêcheurs stationnées ici et là sont d'ailleurs les marques d'une approche
de zone civilisée. Ah oui, parce que j'ai oublié de te dire un truc : je
roule sans compteur, ou plutôt sans qu'il ne me soit d'aucune utilité puisque
je n'ai pas réussi à adapter l'aimant sur les rayons plats de ma nouvelle roue
avant.
La piste se redresse légèrement
en passant sous des sapins : j'arrive sur la route qui descend à droite
vers Avène : un 4 X 4 des pompiers stationne à la sortie du chemin et il
me semble entendre qu'on annonce à l'organisation l'arrivée du premier
randonneur, le « cint cinquanneteu deux ». Descente par la route,
donc, en passant près du barrage. Dommage de ne pas faire ce dénivelé sur
chemin ! Premières maisons du village, l'église perchée sur la gauche, je
me dis que le ravito doit se trouver sur la place un peu plus loin : la
rando se fait alternativement une année au départ de Ceilhes, l'autre au départ
d'Avène, sympa, non ? Sympa aussi le village, avec le fond de vallée qui
s'élargit, son parc et le site thermal tout moderne. Seul truc qui m'y ferait
me trouver mal à l'aise : le mur du barrage juste au-dessus, assez
menaçant, je trouve. Je me souviens d'un stage de ski à Tignes : on était
logés dans un centre juste au pied du barrage, tu sais, celui avec la fresque
d'Atlas (ou Hercule, ou autre
demi-dieu aux gros biscotos) qui semble cramponné aux deux pans de la montagne
et maintenir le barrage. C'est peut-être destiné à te rassurer, la belle image,
et ben, en fait, pas trop… J'avais dormi moyen malgré les journées de descentes
sur les sommets. Quoi, j'ai trop vu le film « Les briseurs de
barrages » ? Attends, je vais te dire ce que j'ai vu quand j'étais
ado : le site du barrage de Malpasset, un peu en amont de Fréjus. C'était
quelques semaines après que le demi-dieu (peut-être qu'il y en avait un aussi
même s'il n'était pas dessiné) ait brusquement lâché le flanc gauche de la
montagne… une crampe peut-être, tu sais ce que c'est ?… Le barrage s'est
effondré, libérant des millions de m3 de flotte d'un coup, en pleine
nuit ! La masse d'eau a tout arraché : la végétation et même la
terre. La roche était à nu en aval de ce qui était le barrage. On a retrouvé
des morceaux de béton de la digue dans la mer, avec les bouts des maisons de ce
quartier de Fréjus et, bien sûr, les gens qui dormaient dedans… Pourtant
plusieurs kilomètres en aval… C'est tout à côté que l'on joue au VTT
maintenant : le Roc d'Azur ! Eh oui !
Donc retour au VTT : à ma
grande surprise, on passe l'Orb sur un charmant vieux pont de pierre et l'on
quitte Avène. Ben ? Et le ravito ? C'est qu'il va falloir remonter
tout ça, je voudrais bien me sustenter un peu avant d'attaquer la côte !
Je suis la toute petite route qui monte légèrement et doit amener au pied de la
montée : peut être que le ravitaillement est un juste peu plus loin…
Mais j't'en fiche ! Bifurcation,
et me voilà sur le chemin qui va regrimper jusqu'au point culminant du
parcours, en partant du plus bas. Pas d'espoir de ravito avant quelques
kilomètres de montée. Ils nous refont le coup du « On ne veut pas vous charger l'estomac avant
l'effort » que j'ai connu dernièrement ! Alors barre ou coup de
barre ? Mais j'ai déjà attaqué les premières pentes et je me contente de
m'hydrater consciencieusement. Et puis je m'attache (pas trop serré quand même,
ça fait des marques) à doser l'effort et choisir mon rythme. Un lacet, un autre etc… Ce qui est
sympa c'est que le chemin est suffisamment caillouteux pour que l'on
s'occupe à choisir son tracé, en
évitant les passages trop rocheux, ou les à coups trop marqués. Et puis il ne
fait pas trop chaud, même si le soleil a fait son apparition et que le temps se
dégage, ce qui est plutôt agréable. Pas mal non plus, le vent qui te pousse
parfois lorsqu'on se trouve bien orienté.
Bon, tout ça, je monte, je monte,
mais ils sont où les autres : j'ai quasiment fait la moitié du circuit et
personne ne m'a rattrapé ! On les a lâchés à quelle heure ?
J'attends, comme je t'ai dit, une
moto qui ouvrirait le circuit, mais c'est un vélo qui me dépasse enfin. Comme
on grimpe, le mec ne me double pas en coup de vent, mais tu crois qu'il me
jetterait un coup d'œil ? Même pas, ce bêcheur !
« Eh, ça se fait de dire
bonjour, t'as déjà plus de souffle ? »
« Bof, pas trop, mais ça va
quand même… »
Ah ! Ça cause quand même ces
bêtes-là !
Le deuxième qui me rattrape est
un peu plus loquace et l'on échange un peu pendant quelques mètres : comme
moi, il attend le ravito. Je lui dis de m'en laisser un peu tandis qu'il
s'éloigne devant moi. On monte depuis combien de temps ? Une demi-heure,
tu crois ? Plus, sans doute…Voilà des châtaigniers, le sommet n'est plus
très loin et, effectivement une camionnette rouge nous y attend. J'y rejoins le
gars qui vient de me dépasser et consomme sans même quitter le vélo… un vrai de
vrai, je te dis !
Remarque, ça vaut à peine le coup
de prendre un peu de temps : un coup de flotte, une pâte de fruits, une
tranche de pain d'épice parce que tu insistes et roule avec ça ! C'est le
régime thermal, ou le régime général dans le Sud ? Ça me rappelle
furieusement les ravitos de Cuxac d'Aude !
Bon ben… ça nous alourdira pas
trop pour la descente ! Car ça y va maintenant : piste large et
blanche, avec cailloux qui volent. On peut en rajouter en passant sur la
plaque, mais gaffe aux virages qui sont plutôt serrés ! Certains
d'ailleurs dominent le lac, devenu bleu avec le retour du soleil. Je
m'arrêterais bien prendre une photo… Justement, voilà un beau point de vue et
comme je trouve que je m'étais bêtement pris au jeu de tenter de suivre deux
jeunes mecs qui m'avaient doublé dans un petit ressaut, j'en profite pour poser
le spad un instant et clic. Me dépasse un tandem, bien lancé et sympa (font coucou) et je repars
pour doubler un peu plus loin un des deux jeunes qui répare une crevaison,
comme quoi... Voilà : je t'ai dit tout le monde que j'ai vu sur le
circuit.
Celui-ci se continue sur du très
roulant, avec encore une ou deux montées pas bien méchantes et l'on arrive en
vue du bout du lac. Une route à couper et l'on enquille le deuxième passage
vraiment sympa : une descente sur un chemin un peu sinueux et creusé de
quelques belles ornières. Des gilets fluos, postés ici et là, te demandent de
faire gaffe, mais il n'y a vraiment pas de quoi casser trois pattes à un
canard, comme on dit. On est même trop vite rendu sur la route : une ligne
droite sous les platanes et nous y v'là : il est onze heures. 40 km peut-être mais on est loin des
1200 m de D+… 800 peut-être ou un peu plus, même s'ils insistent.
Ravito d'arrivée : le même
que tout à l'heure. Tristounet, je te dis. Moi je pense qu'on va bien nous
offrir autre chose, il y a des récompenses, alors ça se fait de trinquer
avec.Je vais donc ranger et me changer un peu (en passant le T-shirt
« Sapeurs Pompiers de Ceilhes-et-Rocozels » reçu à l'arrivée).
Et j'attends…
Je vois arriver un à un les
participants, qui restent là un moment, puis le lieu se vide presque : je
finis par m'enquérir de la suite des évènements : « Les
coupes ? Ah bien oui… » (geste vague) « Un apéro ?
Ben, c'est prévu… »
Se le boiront entre eux, il n'y a
plus de participants ou presque quand je m'en vais, sur les quelque 80 que nous
devions être…
C'est vrai qu'Avène est une ville
d'eau…
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| mercredi 13 juillet 2011, a 18:18 |
| Pas de cul-de-sac à Cuxac |
Côte Languedocienne, pour quelques jours de bords de
« Grande Bleue » avant la ruée estivale. J'ai déjà eu l'occasion de
te dire que s'imaginer le Languedoc comme un plat pays, c'est se fourrer le
doigt dans l'œil jusqu'au fond du caleçon, au moins. C'est au contraire ondulé
de petites croupes (tiens voilà un mot qui semble éveiller ton intérêt, je
pense !) qui sont autant de garrigues, courues de petits chemins et
singles vététisables à outrance, je te dis !
J'ai déjà eu l'heur de te vanter
le site de la « Gardiole » près de Sète, parcourue de long en large
et surtout de haut en bas avec l'ami Manu (le Lafittien, pour l'heure Grau
royal), et bien le Massif de la Clape tient de ça. Avec un nom pareil, on
croirait presque voir des cimes neigeuses, mais il s'agit d'un simple
moutonnement allongé en bord de mer, qui n'excède guère les 100 m et dont le
seul aspect un (tout petit) peu impressionnant pourrait être une petite arrête
calcaire qui ourle la crête (ouh là ! « qui ourle » t'as vu
comment que j'cause aujourd'hui ? Impressionnant aussi, non ?).
Pourquoi je te parle de ce Massif
de la Clape, au fait ?
Parce que, mine de rien, j'ai
jeté les yeux sur le tracé d'un parcours balisé (du moins qui l'a été ! Ce
qui reste est digne de l'archéologie vététistique) qui annonce, pour 19,5
km, 3 h de parcours ! Voui,
rien que ça ! En fait c'est plus proche de 2 h mais quand même…
Ce qui t'expliquera que, ce dimanche matin lorsque je pars à
Cuxac d'Aude, un village un petit peu au nord de Narbonne, où, selon le site
« nafix.com » se déroule « L'Audoise Cuxannaise » la rando
des randonneurs du lieu, je regarde avec attention les tracés proposés :
35 km, ça peut déjà faire, mais on m'annonce ça cool. Et la boucle supplémentaire
qui pousse jusqu'à 45 ?
« Alors ça c'est TRRRès
DURRR ! » qu'il me dit le gars qui ne roule pas qu'à vélo mais les
« r » aussi. Et ça m'est confirmé par un autre…
Et pis on annonce 35° sur les
coups de midi…
Bon, partons sur le 35 km et l'on
avisera.
Il paraît qu'il y aura plus de
cent inscrits à VTT, perso je peux compter sur les doigts des deux mains ceux
que j'aurai vus sur les circuits, dont les trois que je double, qui roulent
tranquillou, alors que je pars à travers les vignes, vers le Nord-Ouest. Une
toute petite bosse, à l'écart d'un chemin empierré assez roulant, me fait
goûter au plaisir des cailloux sur un single un peu sinueux. Miam ! Et
l'on traverse un village.
Te dire aussi : je suis en
manque de « tout terrain ». Mon séjour dans la vallée du Var, m'a
laissé sur ma faim, vététistiquement parlant s'entend. Là-bas tout était quasi
vertical. Impossible de trouver le moindre chemin, la plus petite sente qui ne
débouche rapidement sur un cul-de-sac, genre accès à une maison perchée, à un
domaine privé quelconque. Force m'a donc été d'emprunter (pour quelques jours
seulement) les petites routes qui escaladaient la montagne, s'enfonçaient dans
des gorges. Or moi, le bitume… Ça
ne m'a pas empêché d'exploser mon pneu avant, dans une descente, tranquille
heureusement ! Tu te rappelles le Salagou à Pâques (va voir un peu en
arrière), c'était le pneu arrière cette fois-là. Même modèle, même type
d'éclatement : une ouverture de 5 cm au ras de la jante. Bravo les
« Vapor » de « Continental » ! Fabrikazion teutonne
pourtant (délocalisée où ?). Je te les recommande… pour le 14
juillet : joli son, sec, puissant, ça vaut bien un pétard !
Oui, je reviens à mon circuit
cuxannais. Je vois bien que l'on se dirige vers une petite hauteur, plus loin
en face. Non pas la barrière rocheuse qui ferme l'horizon, au- delà :
là-bas, ce sont les Monts de l'Espinousse et le Massif du Carroux. C'est le
modèle au-dessus, ça, avec le Pic de Nore, où se déroule tous les ans la
« Cap Nore » avec ses fameuses descentes, mais il faudrait que tu
viennes avec moi pour que je m'y risque.
Bon, à force de zigzaguer entre
les vignes, on aborde les premières pentes de cette petite bosse. Soleil en
plein derrière, face au coteau, ça cogne ! Aussi, le premier arrêt à
l'ombre est-il le bienvenu, même s'il ne s'agit pas d'un ravito en bon
uniforme : simplement eau et pâtes de fruits, mais bon… J'y trouve trois
joyeux collègues, au maillot coloré et humoristique, du moins si tu comprends l'occitan. Mais le « Roumègue
pas et passa davant » qui leur barre les reins, est assez explicite
(« râle pas et passe devant ! ». Ça fait huit VTT avec les deux qui m'ont dépassé dans la montée tout
à l'heure. Je repars en contournant cette première bosse et en profitant du
point de vue sur la plaine. Après avoir coupé une petite route, je vois arriver
à contre-sens un gars qui pousse son spad. Pb ? Pneu éclaté. Tiens, ça
arrive aux autres aussi ? Je m'apprête à l'aider, vu que je suis équipé
pour maintenant, quand il m'apprend que son problème c'est de réussir à dévisser
la valve. Ah ben, là…. Faudrait une pince, et j'ai pas, et Maurice n'est pas là
non plus… Alors… Je propose le numéro de tel de l'organisation, mais le mec a
déjà appelé madame au secours.
Je continue tout seulabre, dosant tranquillou mon effort
sur le chemin caillouteux et pittoresque. On devrait arriver bientôt à la
bifurcation. Que vais-je faire ? Il n'est pas tard, ça roule pas mal quand
même et les chemins sont tellement chouettes…. Je verrai.
Allons bon, encore un mec arrêté,
et pile à la bifurcation: cette fois-ci c'est sa chaîne qui s'est coincée entre
la cassette et les rayons, en voulant attaquer la côte qui débute le grand
circuit. J'essaie de l'aider, et nous voilà l'un tirant la chaîne, l'autre la
roue, mais on n'arrive à rien et il se résout à appeler l'accueil.
Bon, ben, devant lui, je ne peux
faire autrement que de me lancer sur le grand circuit, non ? T'aurais fait
pareil !.. En fait il m'a donné le prétexte.
Et ben, je me régale, mon vieux.
Jusqu'ici c'était sympa, pittoresque, agréable et tout, mais maintenant on
attaque du VTT grandeur nature, tu vois. Ce n'est plus que du monotrace ou
quasiment, entre les frondaisons du midi (= ça pique !) des raidillons
brutaux qui t'imposent d'envoyer les watts, de tâcher de tenir la direction
malgré le tout petit développement, des descentes brèves mais abruptes avec
parfois un gros roin au milieu ou des cailloux qui ne demandent qu'à bloquer ta
roue avant. D'où le pb : il faut un minimum de vitesse pour passer
l'obstacle le moins bloquant que tu as choisi, mais il te faut le temps minimum
aussi pour, d'un seul coup d'œil, juger la difficulté du passage, sa
faisabilité et choisir ou poser les crampons. Merci mon pneu neuf de l'avant,
un Michelin pour la caillasse qui subit son baptême du feu avec brio. Il faut
aussi qu'il me tienne bien le vélo sur des passages en dévers, en bordure d'un
rebord rocheux que je n'ose même pas regarder en contrebas (très bas !).
Si, quand même, le petit village enroulé sur lui-même, juste en dessous, est
bien joli. Bon je ne te cache pas qu'il m'arrive de poser le pied, surpris que
j'ai été par le sentier qui, derrière le buisson, s'est relevé d'un coup. Et
puis le passage rocheux, que mêmeu David, il neu leu passait pas ! Ou
encore ce plongeon dans ce trou, où j'ai trop hésité : si je me ramasse,
qui c'est qui me relèvera ? C'est vrai que j'ai un peu l'impression d'être
perdu dans ce paysage où je ne reconnais rien. De la garrigue, un peu de
sous-bois, mais du sous-bois d'ici, t'imagine pas une futaie ! On passe
juste sous les branches parfois. Paysages à gauche, côté mer, ou à droite, côté
montagne, parfois, mais rarement. Et les kilomètres qui ne bougent presque pas
à mon compteur. J'en ai une quinzaine à faire comme ça et je sens bien venir
l'usure. Le village, en bas, c'est le même que tout à l'heure ou un
autre ? Ce bout de massif, il est donc si vaste ? Enfin une descente,
longue, technique un max, qui te chahute le vélo qui te donne l'impression de
passer limite entre les cailloux. Je t'assure que je révise mes classiques :
« Le point G en arrière de la selle surtout ! » et te gourre pas
vieux salace, le point G c'est le Centre de Gravité du bonhomme, non
mais !
Épanoui, j'arrive en bas, à ce
qui n'est encore qu'un point de ravitaillement eau-pâtes de fruits ! Sont
sympas, mais je voudrais du consistant, et du salé ! Marre du sucré que je
bois, que je mange !
« Le ravitaillement est plus
loin, il reste juste une petite côte, après c'est du plat ! »
Une côte ? Ô fan de
chichourle ! Pentue et longue et qui repart à gauche et qui continue par
un raidillon après juste un petit répit qui m'a fait croire que c'était fini.
Cette fois-ci je suis à pied,
comme d'autres que je crois apercevoir là-haut devant moi. Mais c'est quasiment
aussi difficile, je ruisselle de sueur et puis j'ai faim aussi. Enfin la crête…
Que, bien sûr, on suit un moment avec des bas mais aussi des hauts… avant,
enfin, de regagner la plaine !
De nouveau des contours entre les
vignes… Il vient ce ravito, ou quoi ?… Et puis on se dirige vers un
alignement de hauts platanes : le Canal du Midi, au bord duquel je trouve,
enfin, un vrai ravitaillement ! Il a fallu attendre plus de trente
kilomètres ! un gars de l'organisation m'expliquait : « On n'a
pas voulu vous charger l'estomac avant ou pendant l'effort, on a attendu que
vous soyez sortis du dur… ». C'est un point de vue, mais, partant de là,
on peut attendre aussi jusqu'à l'arrivée !
Quand je remonte sur le vélo, je
sens l'intérieur de mes cuisses se tétaniser. Aïe ! Des débuts de crampes.
Ah non ! Pas déjà !
Et ben, je t'assure que je bénis
le Pierre-Paul Riquet, tu sais l'ingénieur qui a creusé le fameux et si
touristique Canal du Midi. Parce que grâce au chemin de halage que le parcours
suit presque jusqu'à l'arrivée, je reste sur le plat intégral. C'est pas que je
n'ai plus de jus, je pourrais, je suis sûr, parcourir la dizaine de kilomètres
qui restent sur la plaque en tutoyant les 30 à l'heure, ou bien, tout en menant
bon train, profiter en bon touriste de ce parcours à l'ombre, des multiples
bateaux qui flânent au fil de l'eau, des écluses nombreuses et animées, des
villages pittoresques au bord du célébrissime canal. Mais simplement, si j'ose
dire, je passe mon temps à essayer de gérer tant bien que mal (et plutôt mal
que bien, je trouve), les débuts de crampes qui me tordent les
adducteurs ! Ceux-là, depuis qu'ils se sont rendu compte lors de
Gien-Sancerre-Gien, qu'ils pouvaient s'amuser à ça, je te dis qu'ils en
profitent un peu beaucoup je trouve ! Alors je mouline tout doux, profite
dès que je peux d'un peu de roue libre pour étirer une jambe ou l'autre, car,
coup de bol, je réussis à maintenir une espèce d'alternance gauche-droite.
Bonne politique non ? Et je redoute la vraie, la grosse crampe qui te
jette à terre, mains crispées sur les muscles et grimaçant ou gueulant de
douleur.
Les kilomètres passent, guère
plus vite que tout à l'heure dans la zone technique. Je guette le village en
redoutant une soudaine petite côte, le compteur ne monte guère au-dessus de 15,
tu te rends compte !
L'arrivée, enfin, avec quel
soulagement, au vaste gymnase d'accueil : T-shirt, casquette, sourires,
pot généreux, D+ de 600 m dont
sans doute pas loin de 550 réalisés en 15 km, ce qui explique peut-être les
watts que j'ai dû dépenser à outrance. Quelques discussions avec les organisateurs,
mais bon, c'est pas tout ça, je ne suis guère en avance, tu penses, et dans la
région l'on ne se déplace pas bien vite, vu la sinuosité et l'étroitesse des
routes. Je vais te dire
aussi : j'ai un peu hâte de retrouver la vaste plage presque vide !
Pour les projets de sortie vététistique dans le Massif de la Clape qui la
« domine », eh bien, au ressenti de mes guiboles endolories, on verra
ça une autre fois ! |
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| mercredi 13 juillet 2011, a 18:17 |
| On s’incruste à Ciez ! |
Ouais , bon, pas facile de se renouveler,hein ? Je ne
te parle pas de la Rando des écoles de Ciez-Couloutre et Perroy, parce
que là, je te l'avais bien dit: c'est sûr d'être bien ! Alors
pourquoi n'est-on pas plus nombreux ce matin dans la cour de l'école ? Il
fait un temps idéal, ils sont où les fameux fous de VTT et de chemins ?
Les dévoreurs de singles ? Les dingues de dénivelé ? Les bouffeurs de
crampons ? Les ravageurs de
trips d'enfer ? Les dévaleurs
extrêmes ? Les carboniseurs de plaquettes ? Les D.J. des
freins à disques ? (T'en veux encore ? v'là que v'là ! J
)les nuageurs de poussière ? Les équilibristes des roins perdus ? Les
atomiseurs de raidillons ?
Les raidisseurs d'atome ? (J'arrête je sais plus où je vais et
puis, bon, ça suffa comme ci,
non ?) D'abord, il n'y a même pas une seule rando dans la région,
alors ?
Ben on sait pas. Il faut croire que, brutalement
aujourd'hui, tout le monde se trouve bloqué par une fête de famille, un méga
rhume des foins, une descendance à assurer, qui sait ? Une bécane out of
order ou une méga-biture de la
veille, et encore ça, ce n'est pas une excuse !
D'ailleurs sans en être arrivé là, Actif-Michel et moi, on
a un estomac un peu en délicatesse, si j'en crois les sensations du début de
rando, suite à une Fête des Voisins et un « after »de concert qui ont
vu beaucoup de mélanges. On est
partis avec Anne, bien sûr, le Jacquy, Sylvain « the Stranger »,
« Dindon » and Father et puis le Manu du Berry qui a le mérite
d'avoir fait le déplacement ! Francis « Le Tarnais » se pointera
après notre départ. Et donc, dès le départ, on s'égrenne le long d'une montée
toute droite, qui part vers les hauteurs boisées qui, juste derrière Ciez,
annoncent déjà les collines Bouhytates (ça veut dire : « de
Bouhy »). Même s'il fait un peu frais, le soleil est déjà là depuis un bon
moment et, vu comme c'est parti, on ne tardera pas à avoir chaud. Donc Actif,
tout en geignant qu'il va déposer son bilan sur le bord du chemin, grimpe comme
un forcené , mais, après tout, on dit bien « appuyer comme un
malade », pas vrai ? De
mon côté, j'ai plutôt l'impression d'avoir avalé un chalumeau, mais ce n'est
pas pour autant que je pète le feu, bien au contraire et je m'applique à
trouver un rythme compatible avec la difficile mise en route et à gérer la
montée. De toute façon, j'étais parti le dernier du groupe, comme souvent
(vérifier que la bagnole est fermée, ajuster la hauteur de selle, que sais-je
encore ?)… et , bon, les autres sont partis devant dans la côte et on
restera à 5 : Jacquy, Anne et Actif, Manu et bibi.
On continue à monter après une légère accalmie qui nous a
permis de donner un coup d'oil circulaire ne sortant du Bois de Jeangeloup,
quel nom savoureux que j'entendais dans le parler coloré de mes cousins de Villesauge, tu vois, là, juste sur notre gauche, ce hameau
allongé sur la bosse ? C'est là. Tiens, juste une petite anecdote :
jeune prof, j'étais venu déjeuner et participais, fourche en main, au
chargement d'une charrette. Le vieux cousin, l'œil brillant de malice sous la
visière de la casquette qu'il portait vissée sur le crâne, nous regardait en
frisant de ses doigts noueux sa longue moustache d'ancien « Poilu »,
un peu jaunie par les cigarettes roulées qu'il fumait jusqu'au bout du mégot :
« Eh, cousin, qu'il me fait, c'est plus dur à manier qu'un porte-plume,
pas vrai ? ». Quant au repas, j'te dis pas : entrée froide,
entrée chaude, des œufs (« Pardié, des œufs ça compte pas ! »,
une volaille PUIS une viande, des fromages, ben sûr et puis une série de
gâteaux, de crèmes… « Qu'ionc t'as, cousin ? Ceux jeunes, ça l'a plus
d'appétit ! »… Faut dire qu'on y passait du temps aussi, et que je
m'ingéniais à ne pas vider mon assiette trop vite, au risque de la voir
immédiatement remplie de nouveau, car on avait l'œil sur moi, comme de
juste ! Toute une époque qui finissait…
On arrive, après un nouveau ressaut
aux « Montagnes » étonnant comme nom ? On vient de s'avaler
cent mètres d'un coup. Qu'on entreprend de redescendre, en partie du moins,
jusqu'à « La Forêt »….
(suite quand je pourrai ! je marque surtout la
page pour que la chronologie soit OK, désolé. Faudra repasser !)
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| samedi 28 mai 2011, a 13:10 |
| Cher Achères |
- L'autre dimanche, je suis allé à
Achères
-
Ah ? Cher ?
-
Non, normal, quoi…
-
Peu cher alors !
-
Eh oui, peuchère ! Achères en Cher c'est chouette
-
On est bien en Cher ?
-
Pas mal, d'autres étaient à Bué, en Cher aussi.
-
Enchères ? Alors ça monte ?
-
Et oui, et si t'es bien en chair, ça te fait pas de
mal ! On s'est fait 550 m de D+ en 45
km, correct,
non ? Remarque, les ravitos, c'est un cas Achères !
-
Des ravitos kashers ?
-
T'es relou mon cher, t'es un cas aussi ! Je veux
dire que les trois ravitos (3 pour 45 km pas mal ?) étaient soignés comme
seuls des parents d'élèves savent le faire, et présentés nickel : fruits
secs dans une corbeille d'osier, bouquet de fleurs sur la table…
-
Ben, raconte !
-
On avait choisi Achères parce que c'était nouveau. En
fait ils avaient dû faire déjà une rando il y a
trois ans. Découvrir des chemins dans ce coin peu parcouru c'était tentant. On
roulait plutôt à l'Ouest d'Henrichemont, donc plus loin que là où les circuits
de la « Ronde Sully » nous emmènent et plutôt à l'Est de ceux de la
« Rando des Grenouilles »
de Pigny. En gros le secteur de la « Principauté de
Boisbelle »… Mais si, je t'en ai déjà parlé, va voir la Rando
d'Henrichmont, t'auras des détails. Sache que ça couvre les communes
d'Henrichemont, Achères évidemment, Quantilly et Menetou-Salon (tiens, là je
remarque que tu as dressé l ‘oreille : Menetou-Salon, vieux soiffard,
je sens que tu connais !). C'est vrai que leur rando ils devraient la
baptiser en fonction de ça, genre « le Tour de la Principauté »,
« Rando de Boisbelle », « de la belle au bois » enfin un
truc comme ça. Ils ont des idées c'est sûr. Vu ce qu'ils nous ont proposé, il
faut qu'ils continuent sur leur lancée, je te vais leur faire de la pub' sans
pb. On était déjà 120 ou 130 je crois, dont 80 sur le grand circuit, alors
qu'il y avait une concurrence comme jamais avec plus de 7 randos accessibles
pour nous ôtres, à Cosne.
Faisait un temps
superbe, mais frisquet le matin, que c'était limite d'enfiler les jambières.
Anne et Actif-Michel, mes compagnons du jour avaient carrément sorti la veste
thermique !
Remarque,
comme, au bout de cent mètres, ça commençait à monter, on s'est réchauffé assez
vite. Même que je tirais déjà la langue en essayant de suivre Michel, les vieux
diesels, que veux-tu… Ça s'est arrangé par la suite. D'abord, on a
commencé par se planter assez vite, en ratant une flèche sur la gauche. Leur
balisage était correct, mais ils ont économisé sur la taille des flèches et
fallait s'arreuiller parfois pour les repérer. Comme, en plus, on était en
groupe et qu'on suivait en panurgeant
bêtement… Quoi ?…Tu m'agaces à renauder sur mon vocabulaire,
tu connais les moutons de Panurge, oui ? Bon, eh ben j'en fais mon miel, voilà ! Et pis
ça tombe bien vu que le miel, justement c'était autrefois la spécialité
d'Achères… Eh ben oui, je lis les panneaux qui expliquent tout bien comment et
pourquoi… Il y en avait un au milieu du bourg, devant la mairie ! Quand on
visite, on se documente, mon vieux !
Et puis tiens,
je rigole avec l'histoire des flèches, car « Achères », c'est le nom
d'une meurtrière (je te parle pas d'une femme qui a commis un assassinat !
mais d'une ouverture dans une fortification médiévale), oui donc, une
meurtrière spéciale pour tirer avec un arc et qu'on appelle une « archère »
et Achères c'est une archère sans en avoir l'air…(ou l' « r »,
t'as pigé la vieille astuce, oui ?)
Bref, on s'en est sorti parce qu'un gus connaissait bien le secteur et a passé un
coup de bigo à l'accueil. Sinon pas de pb.
C'est vrai
qu'on était une bonne bande et c'est presque comme si on avait fait un départ
groupé. Il y avait toujours du monde devant ou derrière nous. Des clubs
nombreux, St Doulchard, les « Grenouilles » de Pigny, en voisins et
d'autres encore. Côté « Frapadingues » seuls les trois nouveaux, dont Jean-François
qu'on n'a pas eu le temps de voir bien longtemps vu comme il envoie !
Je ne te
raconte pas en détails le circuit, je n'en ai plus la chronologie en tête mais
je t'assure qu'on s'est régalés. Un parcours vraiment chouette ! On
passait d'un chemin pittoresque à un autre, comme si les traceurs avaient eu le
souci de te faire faire la visite exhaustive de tout ce que le secteur comportait
d'attraits vététistiques (et touristiques, pourquoi pas ?). Alors,
passages techniques dans les racines ou la caillasse (je me souviens d'une
descente pas trop pentue dans un chemin creux, où on pouvait se lancer en
tâchant de trouver au mieux où poser les crampons entre les cailloux et les
ornières, un régal !). Aussi d'un autre chemin, où les branches des arbres
se croisaient au-dessus de ta tête, te donnant l'impression de remonter une nef
gothique…mais pas celle d'une cathédrale, plus étroite, tu vois, genre cloître,
un peu celui du Mont St Michel, tu sais, la « Merveille » qu'on
l'appelle. Et ben voilà. Il aurait fallu LA photo. Je l'ai dans ma tête
seulement, parce que le temps de… puis s'arrêter, laisser le groupe et puis
voilà c'est passé…
Je t'ai parlé descente,
mais bien sûr on grimpe aussi, faut bien faire le dénivelé que j'ai évoqué plus
haut, mais je ne me souviens pas de grimpettes extrêmes, de raidillons
escarpés, mais plutôt de trucs qui se montaient en appuyant bien pendant un
moment, plutôt sympas. Bon, ajoute tout le reste pour faire une espèce de rando
idéale : quelques singles, des gués, une ou deux passerelles , et même (
mais oui Pilou !) la visite d'un château… d'un château d'eau (!) où se
trouvait le deuxième ravito… des points de vue aussi, où l'on essayait
d'accrocher du regard un repère qui aurait permis de nous situer. On a approché
Menetou-Salon en longeant de grands vergers de pommiers recouverts de filets de
protection, et puis, plus tard, on s'est rendu compte que nous passions près
d'Ivoy le Pré…
-
Ben oui, vous avez vu le pré !
-
Tu sais que t'aurais de l'esprit toi ? Pas cru…
Alors en fait, on a suivi une boucle assez allongée du Nord au Sud, tout ça sur
terrain magnifiquement sec, et on ne s'est pas ennuyés une seconde, sauf… oui,
sauf sur le tracé d'une ancienne voie ferrée, un peu rectiligne et assez
ensablée, tire pattes au possible ! Mais bon, on n'en fait pas une
affaire. Faut de tout. Le Michel, lui, ça avait l'air de ne pas le gêner plus
que ça…
On n'est pas revenus
trop tard et on a bien profité d'un ravito apéro de retour bien soigné aussi.
On en a profité pour tâcher de convaincre les organisateurs de nous refaire ça
l'an prochain, c'est pas dur, ils peuvent même garder le tracé, on n'en est pas
lassé, au contraire (quoique, si c'est possible de faire quelque chose pour le
passage sur l'ancienne voie de chemin de fer, je veux bien…).
Mais je ne veux pas dire
de v-Achèr-ie ! (un peu tiré par les cheveux, ça, je trouve, mais je racle
le fond du tiroir !).
Bon, à la date où je
t'écris tout ça, le rendez-vous que
je te donne c'est demain 28 à Ciez un peu à l'Est de Cosne, pas loin de Donzy
non plus, au pied de la butte de Bouhy . Encore une organisation école-parents
d'élèves … tout ça ! .. Donc
super !
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| jeudi 12 mai 2011, a 15:45 |
| Rallye « Demons and Devils age… » |
Je te préviens tout de suite : si tu n'aimes pas mes
délires, alors va m'attendre un peu plus loin, tu sautes tout le début… Mais ça serait dommage, et
puis ça me ferait de la peine…mais bon, tu es libre, hein ?
Bon, t'es bien accroché ? J'y vais, tu sais c'est un
peu le « train fantôme » alors…
Ah, ah, ah, ah, ah,
aaaahh !!! (Rire sardonique ! C'est juste pour mettre l'ambiance…) je viens de lire que chez Gien-Relax on se prépare à
une rando chez les « Diables rouges » appelée « La
Diablesse », tu parles d'une affaire !
Parce qu'on n'a pas attendu,
cheux nous !
Eh oui, tu croyais que dimanche
dernier à Donzy, on roulait sur le sympathique « Rallye des Monts et
Villages », avec un nom bucolique et tout mignon. Mais attends un peu que
je te décrypte : déjà, dans Rallye on entend bien un « râle », hein ? Et puis
le nom que tu croyais poétique cache carrément ceci : DEMONS and DEVILS
AGE !!!! , « l'époque, l'âge des démons et des
diables !!!! » Tu réalises un peu ! …Attends, Pilou, je
vérifie que j'ai bien mis un « s » à réalises » (verbe du 1er
groupe, indicatif présent, c'est comme ça), sinon tu vas me
reprendre (avecraison !). Oui, donc, tu piges le truc ?
T'avais pas compris déjà, avec tous ces vététistes et leurs vélos À CORNES ? Et puis, regarde, t'as
vu la première photo : tous rassemblés autour… d'une vache ! Des
cornes diaboliques, encore ! Oui, oui, c'est carrément le « Veau
d'Or », tu sais, ce culte païen que l'on trouve chanté dans… dans … ? Eh oui, « Faust », mon
vieux, Faust !!!! On y est en plein :
« Le veau d'or est
vainqueur des cieux (tan tan
tan !)
On encense sa puissan an an an
an aanceu…(bis) D'un bout du monde à l'autre bout."
… non, là on ne chante pas
Gounod, mais bon…
Et puis regarde de plus près :
le « Castor » Juju, sur son casque… une mini caméra tu crois… une
corne, une corne encore !
Et puis, t'as jeté un coup d'œil
sur la deuxième photo ?.. Qu'il est beau ce sous-bois ! Trompeur je
te dis, tu vois où l'on s'est glissé, furtivement, en dehors du circuit, vers
ce site connu des seuls initiés… un châtaignier carbonisé, car-bo-ni-sé, oui,
et par quoi ? La foudre, of
course, c'est pas sulfureux à souhaits ça ? Et si je te dis que cet arbre,
évidemment mort avec un pareil traitement, porte de jeunes feuilles vert
tendre, c'est pas satanique ce truc ? Alors, me raconte pas qu'on est
venus ici innocemment ramasser des marrons chauds…ça tiens du sabbat,non ?
En fait nous, le côté diabolique…
on attend en fait parce qu'on connaît la chanson de J. H. Quoi ?
Johnny ?????? Meuh non.. Jimmy Hendrix ?? Déjà mieux, mais pas
encore, allons, cherche… Jacques Higelin ! Attends, je l'aide :
« Soudain les arbres
frissonnent
Car Lucifer en personne Fait une courte apparition..."
Alors on attend : pas
vraiment Lucifer, c'est surfait un peu, mais le dernier mot de la
chanson : …Champagne !
Des fois que…
Voilà
J'ai fini mon délire du jour.
Ben oui, on est au pied de ce
châtaigner vénérable (qui a dit « de lapin » ? Malin !) où
l'on nous a drivés au milieu des bois de Couloutre. Le circuit, au départ le
long de la Talvanne, très habituel, a suivi soudain ce petit single découvert
avec la rando de Pilou et qui permet de s'élever (avec point de vue) au-dessus
du vallon, pour finalement, donc, gagner les bois où nous venons donc de
faire la halte ci-dessus décrite.
Tiens, je te recense le
groupe : Sans Maurice qui ronge son frein en attendant que son genou aille
mieux, ni Michel-Léopold qui roule avec les flèches de Gien-Relax, nous
sommes : Actif et Anne, Pharmaton, Thom', Pied Nu, Francis Le Tarnais, le
Manu du Berry et mézigue. Ça fait huit.
De vététistes inscrits, on est
davantage, je te rassure, on n'est pas 8 mais 45 (un peu plus en fait) mais
pour l'astuce, ça fait mieux…. t'as compris j'espère… en ce jour d'anniversaire
de l'armistice. Mais, j'y pense… 66 ans ! 6, le chiffre imparfait, celui de la Bête, de
Belzébuth !!! (en fait c'est le 666, mais on fait avec ce qu'on a…), vite
un crucifix ! Des têtes d'ail !!!!
Excuse, j'ai fait une rechute.
Si on parlait VTT ?
Tu sais qu'avec ce que j'ai
ingurgité comme kilomètres la semaine dernière, je m'inquiète un peu de ce que
je vais faire aujourd'hui ? Autour de moi, ça roule pas mal : Thom'
qui dit reprendre (qu'est-ce que ce serait sinon !), Pied-Nu évidemment,
le Manu Berrichon (je t'en parle pas !), Francis qui s'y est remis
sérieusement et assure un bon
train et Actif-Michel en retour de forme qui est heureusement (mais
momentanément) un peu ralenti par sa roue libre qui émet parfois une espèce de
plainte façon meuglement bizarre
(le « Veau d'Or », je te dis !). Moi, je trouve mes
gambettes encore un brin endolories et, par ailleurs je vérifie que les
plaquettes arrières ne serrent pas le disque de trop près. J'ai bien recalé
l'étrier, sur les conseils avisés d'Eric-Œil de Lynx, mais ça joue sur pas
beaucoup ce truc-là, alors…
On sait que l'on va vers
« Tête Ronde », ce promontoire arrondi (d'où son nom) qui porte une
charmante petite chapelle qui domine le village de « Menou ». C'est
le rendez-vous ravito habituel et fort sympathique de cette rando. Pour
l'atteindre, on sait que l'on ne quittera pas le couvert de la forêt. C'est
classique et, par ce temps presque chaud et ensoleillé, c'est plutôt agréable
d'autant plus que le sol est, en ce moment c'est magique, absolument sec…
Quoique, il nous arrive de trouver deux ou trois fondrières remplies d'eau (une
subsistance d'une époque où il pleuvait) et l'on contourne bien sûr, ce qui
peut être considéré comme une curiosité locale.
Donc sous-bois (Didier « la
Soudure » se régalerait mais on ne l'a pas vu !) mais par des chemins
un peu différents de l'habitude et cette nouveauté est bien sympa. Ce n'est que
dans la partie finale que l'on retrouve la ligne droite qui se termine par un
fameux raidillon que je ne voyais pas si pentu dans mon souvenir. Faut passer
tout à gauche et s'employer un peu mon n'veu ! On est passé par ici, dans
l'autre sens, avec Michel-Léopold en…Janvier, pour la Rando de Ménestreau et je
n'avais pas bien profité de la descente car mes lunettes étaient brouillées par
la pluie qui dégringolait à tout va. C'te galère ! Même en ahanant (eh
oui, j'ahane parfois, pas toi, quand ça grimpe ? Et Anne ? Anne ahane itou, na ! Donc même en ahanant,
je préfère cent fois ces conditions-ci. D'autant que l'arrivée, après une
légère descente, sur la clairière ensoleillée de « Tête Ronde »
est magnifique. La table du ravito a été un peu rapprochée du point de vue et
l'on peut presque profiter des deux à la fois, du ravito (avec boudin ou
saucisses) et de la vue. Belle
table, mais on fait attention, car la suite du parcours est plutôt
consistante, elle aussi. On profite quand même de la conversation avec les « Castors » de Pouilly et d'autres copains qui nous rejoignent, du
soleil qui joue entre les branches et je t'assure que j'aimerais bien profiter
d'un petit coin d'herbe tendre, un peu à l'écart où il doit faire bon
s'étendre.
Passons… Petit détour jusqu'à la
table d'orientation et l'on suit docilement le tracé prévu pour redescendre,
malgré la tentation que j'ai de faire passer mon monde par une toute petite
sente très pentue, qui part derrière la chapelle. Mais comme je ne m'y suis pas
risqué depuis une paire d'années, je redoute que les cintres de nos vélos ne
passent plus, c'est bien possible.
Tu vois, la première partie
était bien agréable, sans monotonie. Mais nous attaquons maintenant la
portion la plus remarquable : cela commence par un passage en haut de
l'allée cavalière du château en contrebas, et se poursuit juste après par un
chemin en bord de forêt,qui ménage des points de vue sur les hauteurs de Varzy
et Clamecy, peut être même au-delà. Là-bas, par exemple, la bute de
« Montenoison », célèbre point de vue sur le Bazois et le Morvan et
que les marcheurs connaissent bien. Puis on enquille notre première descente,
qui vire un peu à droite et à gauche dans le sous-bois et débouche soudain en
pleine lumière avec vue sur le val de « Colméry », le village en
dessous. Francis a failli rater la bifurcation entre les deux circuits et nous
faisons un bref arrêt pour compter le groupe qui continue sur le grand circuit.
Nous restons à 6 (aïe, ce chiffre nous poursuit !) pour continuer la
dévalade, large et rapide sur « Colméry ». Tu vois, franchement, dans
ces conditions idéales, c'est dommage pour ceux qui bifurquent et rentrent à Donzy direct. D'accord,
il va y avoir des côtes, mais c'est vraiment une partie pittoresque et sympa
aussi, vététistiquement parlant. C'est vrai que, pour s'élever au-dessus
du village, on en bave un peu, mais la plongée sur « Paray », c'est
pas délicieux ? Même si tu fais tout ça au ralenti, je suis sûr
que tu te régales.
On recommence cette petite
opération village, grimpette, descente sur un autre village, re-grimpette, deux
fois encore, en passant par « Paray », donc, puis « Cessy-les-Bois »
particulièrement en beauté aujourd'hui avec sa rivière qui baigne un vieux
lavoir fleuri. Après le dernier raidillon pour sortir de Cessy, nous
retrouvons, pour un temps, le sous-bois avec un relief adouci. C'est au second
ravitaillement, logé à un « rond » au cœur des bois, que Thierry,
« Barbu », nous rejoint. Il nous accompagne un moment, tant que le
profil reste descendant. C'est le
cas tout au long d'un talweg en sous-bois, assez curieux et amusant, que nous
suivons jusqu'au bout. C'est une sorte de faux plat descendant qu'il vaut mieux
suivre dans ce sens et qui te donne l'impression d'avoir une forme… d'enfer
(excuse, ça m'a échappé !).
Après « Ste
Colombe-des-Bois » que nous laissons de côté et le passage près d'un étang
où paressent quelques sirènes et que nous entrevoyons seulement derrière les
branches, l'ami « Barbu » part devant, accompagné de « Pied
Nu ». Manu a hésité à suivre, mais reste gentiment avec nous. Mais, bon,
on ne flemmarde pas non plus. Si c'en est fini des montées et autres
grimpettes, le chemin devenu plus sage est quand même suffisamment varié dans
son profil et son tracé pour que l'on ne s'ennuie pas. Actif-Michel a même
assez de reste d'énergie pour en
envoyer un peu dans les derniers kilomètres. Heureusement que nous regagnons la
vallée du Nohain que nous longeons jusqu'à Donzy, dans une fin de parcours que
nous connaissons bien. Je m'en veux un peu de suivre l'effort, au lieu de
profiter, façon balade, de ces coins de bord de rivière si agréables par ce
temps estival.
Les cérémonies commémoratives
nous imposent la traversée du vieux Donzy, sens interdits compris :
vieilles maisons (mais non je ne te parle pas du lieu de départ de
la « Valétudomussienne » de Vieillesmaisons !) donc,
maisons anciennes, roue de moulin à eau… et l'on regagne la cour de
l'accueil : une canette, un petit sandwich, quelques commentaires avec les
organisateurs et les copains, tout ça au soleil, c'est-y pas sympa ? Comme
dit l'autre, on ne demande pas … le Diable !
Pas sûr que les auspices météorologiques
soient aussi favorables dimanche prochain. Par contre, c'est le dimanche le
plus chargé de l'année. Dans un rayon de 3/4 h de voiture autour de Cosne, ce
n'est pas moins de 7 randos qui te sont proposées. Tu choisiras en fonction de
tes critères. Je vais te faire un peu le tour de tout ça :
Alors, côté Nièvre : à
Perroy (près de Donzy) : le plus proche, 43 km VTT (il y a aussi un
circuit pour tracteurs, c'est pas commun !). À Guérigny : dans
le cadre du Challenge de Bourgogne FFCT, je n'ai pas de détails, mais c'est en
Forêt de Bertranges, séduisant. Je continue et passe dans le Cher : à Bué
(près de Sancerre) 20 et 30 km c'est proche, mais connu, il y a de la grimpette
entre les vignes dans l'air et 30 bornes suffiront peut-être (rens: 02 48 54 11 30), à Achères (près d'Henrichemont) 25 et 45 km, plus loin
mais, avantage, c'est nouveau, peut être intéressant. Je passe au
Loiret : St Florent-le-Jaillard, près de St Gondon, donc de
Gien, plus plat qu'à Bué, c'est sûr. Cerdon-du-Loiret : au delà d'Argent/ Sauldre: ballade en Sologne donc, mais je n'ai pas de détails. Reste, plus loin, à
Langesse, l'ancienne rando des Choux qui s'est délocalisée en lieu mais aussi
en temps… Venir se placer sur ce WE chargé, ce n'est pas astucieux, surtout
que, du coup, l'ancienne date est bêtement restée vide…Enfin, tout au Nord, il
y a aussi Amilly (=Montargis) mais ça intéressera surtout ceux de là-bas, vu
l'offre que nous avons. J'ai oublié Marchais-Beton, dans l'Yonne, au Nord de St Fargeau, qui a bonne réputation. Il y a même une rando à St Doulchard (=Bourges), ouf!
Ça te suffira ? Si avec ça
tu ne trouves pas un coin à rouler qui te plaît…c'est bien le Diable !
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| vendredi 06 mai 2011, a 00:50 |
| Défilé du 1er Mai ! (aller) |
Direct, la brutalité des
chiffres : 7h 30 de VTT effectif, moyenne de 17,3 et quelques, fais le
calcul, ça fait 130 bornes, avec la précision habituelle de ce genre de truc,
tu as quand même une idée de la journée de premier mai qu'on a passée avec les
vététistes de « Gien-Relax » sur le fameux
« Gien-Sancerre-Gien ». Cool et reposant, j'te dis pas. Pour une fête
du boulot, on n'a pas ménagé notre peine. Garanti.
Je ne t'ai pas donné la dénivelée
globale, parce que je n'ai pas de chiffre fiable (mais en commentaire, j'espère
qu'on me précisera la chose), et aussi parce que le profil cette petite sortie
entre amis est un peu particulier. En gros : de Gien à Sancerre :
campagne doucement vallonnée, sans excès, suivies d'une succession de
grimpettes souvent sérieuses dès que l'on arrive dans le Sancerrois et à
Sancerre même. Le retour se faisant le long de la Loire, intégralement, on ne
monte guère plus haut qu'une levée ou un pont à franchir. L'essentiel se fait
donc le matin, en ce qui concerne l'élévation et là, à Sancerre, j'ai entendu
autour de moi des chiffres qui effleuraient les 1000 m, ce que je trouve
beaucoup, mais on me confirmera peut-être ou non, comme je t'ai dit.
Voilà.
Comment on a digéré tout ça ou
pas, voilà ce que je vais tâcher de te narrer, de mon petit point de vue
personnel à moi-même.
Déjà, pour être à temps au
rendez-vous de 6 h 45 à Gien, il a fallu se lever aux z'aurores, et même avant,
avant potron-minet, avant l'aube avant l'aurore évidemment puisqu'elle suit
l'aube, qui, elle, de ce fait, la précède, mais aussi avant le point du jour ou
encore, et là ça t'épate, avant le dilucule ! (si, si, ça existe !)
Bref, il fait encore nuit…
Et, comme la nuit n'a pas été
bien bonne, en raison de l'importance de l'occurrence, que l'on ne s'est pas
couché d'aussi bonne heure que voulu, et a fortiori endormi, t'imagine
bien que le lever se fait dans la fraîcheur et le dispos que tu imagines.
En attendant Actif-Michel et Anne
qui passent me prendre, je sautille sur place, tente quelques étirements
dynamiques (renseigne-toi si tu ne sais pas ce que c'est), tout en
check-listant ce que j'emporte : sur le dos (fringues) sur le dos encore
(Camel) et dans le sac d'accompagnement qui nous suivra dans le fourgon de survie
tout au long du trajet. Déjà, j'ai failli oublier la bouffe dans le frigo, pour
te dire comme je suis réveillé.
Tout en gagnant la cité d'Anne de
Beaujeu, je regarde poindre les premières lueurs de ce premier mai avec, en
tête, cette phrase qui revient en fil rouge dans la bouche du vieil Indien de
« Little big man » : « Aujourd'hui est un beau jour pour
mourir… ». Tu vois comme j'ai la pêche !
Au lieu de rendez-vous, ce n'est
pas l'affluence, mais finalement en 20 mn, tout le monde a monté le vélo, est
monté dessus, après avoir déposé son sac dans le fourgon tractant la remorque à
vélos sus évoqués. Les compteurs sont à zéro (le trouillomètre peut-être aussi)
les GPS parés, le soleil éclaire les façades des maisons outre Loire, c'est
déjà magnifique. On passe le pont de Loire pour la première photo de groupe
traditionnelle sur fond de ville de Gien, et forcément à contre-jour puisque
c'est face à l'Est !
Sans trop se poser de questions,
on part effectivement, en quittant peu à peu Gien. Le tempo est gentil, heureusement,
et l'on s'échauffe doucement en moulinant et discutant à droite à gauche, en
fonction de ce que le hasard te donne comme voisin. C'est sympa, toujours, et
plus ou moins facile en fonction du terrain : sur la route
(« Attention, pas plus de deux de front ! » a rappelé, avec
raison, le président Lionel) ou sur un chemin large et roulant, pas de problème
mais sur des sentiers où les aléas du terrain te séparent soudain de celui avec
qui tu discutais, ça rend la conversation un brin hachée et difficile à suivre,
façon feuilleton, quoi.
On n'a pas eu d'accélération, pas
de côte non plus et dans la campagne encore fraîchotte, notre groupe de 22
vététistes (20 mecs et deux nénettes) avance régulièrement, encadré par celui
qui, GPS au guidon, guide son monde (le plus souvent Éric-œil de Lynx) et celui
qui serre-file sagement, SuperDudu et plus tard, Pascal. Égrené parfois entre
les haies ou les pâtures, notre défilé coloré a fière allure.
Première halte technico-urinaire
à Autry-le-Châtel, où certains déjà déposent quelques éléments de
vêtement : c'est vrai que l'on profite mieux maintenant des rayons du
soleil.Pas d'inquiétude au niveau du ciel, du moins pour la matinée: les impers
sont en général restés dans le sac du camion.
C'est vrai qu'on a un bol fou
côté conditions pour cette sortie. Temps idéal : on sait bien que la
fraîcheur, réelle de tout à l'heure (5 à 6 ° en venant), se muera en
température assez chaude, mais sans trop, dans la journée. Et puis, aussi et
presque surtout : on roule sur du sec de chez sec. C'est un régal pas
croyable. Évidemment, on a des roins bien durcis, parfois cachés par l'herbe
qui a déjà pas mal poussé et gare à la chute si l'on se fait surprendre (ça a
failli m'arriver tout à l'heure, t'as vu ?). Ce que l'on redoute, en fin
de compte, et à quoi chacun pense, c'est la crevaison ! L'édition 2009 a
marqué les esprits (et les pneus donc !) et l'on jette un coup d'œil en
biais à chaque haie un peu taillée, près de laquelle on passe.
Tu me diras qu'on peut craindre
aussi d'être percuté par un chevreuil. Je n'exagère pas puisque le fait s'est
produit l'an passé (remonte voir en arrière sur ce blog) et l'on ne manquera
pas de saluer l'endroit fatidique en y passant tout à l'heure. Car on suit,
globalement, le même parcours que celui de l'an passé, et on repère ici ou là,
certains détails du paysage que l'on reconnaît et qui sont parfois devenus
familiers ou apparaissent comme des points de repère.
Peut-être comme les autres, j'ai
un œil sur le compteur pour voir la progression et je guette mes
sensations : ça va
(« Jusqu'ici, ça va… » tu connais la blague du gars qui tombe
de l'immeuble), mais pourtant, peu après le départ, une côte minuscule, qu'on a
avalée dans le rythme, m'a essoufflé de façon disproportionnée, me faisant me
poser des questions. Manque d'échauffement sans doute, depuis pas de problème.
À Cerdon-du-Loiret, nous faisons
notre première pause ravito : la table est sortie du fourgon qui attendait
et se garnit de tout le nécessaire en un clin d'œil. L'intendance est
nickel : on a même droit à un café grâce à un thermos d'eau chaude,
c'est-y pas chouette ? On adopte la tenue de croisière, car il fait bon
maintenant et l'on prend le temps de discuter un peu au soleil de la place.
Comme toujours, on est souvent le nez sur les vélos et l'on parle matos :
aujourd'hui les pneus auront beaucoup la vedette… tu crois que c'est encore
l'effet « crevaisons en série » qui joue ?
Prochain ravito :
« Assigny », on y pense en se disant que c'est là que les choses
commenceront à devenir sérieuses en abordant le Sancerrois. Pour le moment on
traverse le Pays Fort : un paysage de bocage léger, vallonné sans excès.
Quand le profil du terrain nous amène sur une hauteur un peu dégagée, on se
tape des panoramas splendides. J'y guette des repères qui pourraient me
permettre de nous situer. Mais on n'a pas encore passé Pierrefitte-ès-Bois et
le coin ne m'est pas encore si familier. Je me contente donc de suivre notre
progression sur mon GPS, sur lequel j'ai pu charger notre trace du jour (merci
Eric !) et qui, c'est à noter, semble s'acquitter de sa fonction de
lecture très correctement.
Bon qu'est ce qui se passe
jusqu'à Pierrefitte ? J'oublie un truc ? Dis-moi… Y'a Michel-Léopold
qui nous a fait une descente canon en zigzagant comme un dingue entre les
vélos ? Ben oui, mais c'est comme d'hab' non ? Quoi encore ?
C'est chouette ? Ah ça oui, vraiment, je l'ai dit et le répète, puisque tu
me le demandes, c'est vraiment beau.
Mais, attends, voilà le clocher
pointu de Pierrefitte, on arrive.
C'est la « Foire au
Chieuves » et le bourg est occupé par les déballages et autres éventaires.
Moyen de contourner ? On décide de suivre la trace normale et on se lance
(façon de parler car on roule au pas) dans la traversée de la Foire. Et, du coup, on en mesure
l'importance : on pourrait croire à une aimable animation de village, mais en fait ça tient de l'événement : il n'est que 9h 30 et la
foule se presse entre les stands. Le gros jeu pour nous sera de tenir le pari
de la traversée sans mettre pied à terre ! Il faudra parfois
singulièrement solliciter le sens de l'équilibre ! Détail qui
m'amuse : au-dessus de cette foule, les haut-parleurs crachotants de
l'animation diffusent un Goldman : « Je marche seul ! ». Tu
parles !
Ici ou là quelques tentations de
piquer à l'étalage aiguillonnent notre côté obscur : ils sont si
appétissants ces « St Nectaire » ou aussi ces saucissons-ci si
secs !
On devait retrouver le camion un
peu plus loin, mais il a dû rater le point de rendez-vous, fixé dans la
campagne à défaut de pouvoir se tenir à Pierrefitte. On ne le retrouve donc
qu'à Assigny, qu'on atteint en laissant de côté le « Faît des
Marnes », et ses 360 et quelques mètres, qui domine le village et que l'on
salue au passage.
Histoire de marquer l'entrée en
Sancerrois, Dudu et Lionel font péter une bouteille de blanc. Est-ce bien
sérieux ? On trempe les lèvres, parfois un peu plus, mais on fait la fête
au salé, biscuits, voire rillettes et fromage. On va bientôt faire dégouliner
la sueur !
D'ailleurs on repart, sur la
route, par une petite montée qui peut déjà donner lieu à vérification du
système musculaire adéquat, puis une descente assez longue sans être accentuée,
permet d'autres sensations, pas vrai, Michel ?
Le passage au-dessus de St Gemme….Comment
ça, je vais vite ? Eh, on n'est pas au bout ! C'est toi qui tapes sur le clavier ou moi ?
Je risque les crampes, oublie pas. Faudra d'ailleurs que je fasse aussi une
pause ravito, moi, mine de rien. Tu sais que j'ai déjà mal au bout des doigts,
un peu comme quand t'as pas joué de guitare depuis un moment, et que tu t'y
remets, tu vois ? Non ?
M'étonne pas de toi, tiens… Et puis j'arrête pas de revenir en arrière, tiens,
là j'avais mis deux « r » à guitare, comme en allemand ... quoi, tu
savais pas ? et maintenant tu sais, ça te fait une belle jambe hein ?
Ben, c'est toujours ça de bon pour le vélo, non ! Ce blog, c'est pas
croyable, c'est un carrefour culturel ! Tu crois que je devrais me faire
subventionner, p'têt?. Oui, donc,
revenir en arrière, repartir, t'imagine faire du VTT comme ça ? T'en
pourrais plus, non ? Eh ben imagine ce que j'endure à te pisser du
texte pour le plaisir de ta lecture !
J'en étais où, moi, au
fait ? C'est pareil qu'à vélo, quand t'es parti, t'es chaud, faut qu'ça roule,
faut que j'écrive, vite, vite… Un ravito, un arrêt et t'es coupé, quoi, faut
repartir, tout est à refaire...
Bon sang, j'ai soif quand
même, tu sais que ça fait deux heures que tape, comme ça? Attends, bouge pas je
reviens…
………………………………..
Ouf, ça va mieux. Bon, St Gemme à
gauche. On est sur le haut et l'on se regroupe juste avant « Les Chaises »
(Quoi ? Mais non pas la pièce
de Ionesco !… Depuis que je t'ai parlé culture, on peut plus te
tenir !)
… et, donc, on salue l'arrivée en
vue de Sancerre. Cette fois-ci on y est. Sur l'écran de mon GPS, des brassées
de courbes de niveau viennent d'apparaître. Te dire !
Commençons par le mieux :
une première descente entre les vignes. Est-ce pour ça que je me suis porté
devant ou parce que l'on arrive dans mon secteur ? Un peu des deux sans
doute.
Après un détour qui nous impose
une première grimpette un peu appuyée près de Sury, on plonge (par la
route !!!!!) sur « Les Vallées », un cul de vallon dont on ne
s'extrait que par un passage sur le petit plateau pour une montée assez
régulière mais qui donne bien le ton et où, je pense, chacun veille à ne pas
trop « taper dedans » comme dit Eric, pour en garder pour la suite.
On va replonger un peu plus loin sur Maimbray par une descente dans les cailloux
de vignes absolument idéale, simplement légèrement gâchée par une hésitation
sur la direction à prendre au premier tiers… Seulement, maintenant, il
faut remonter de l'autre côté par cette côte bétonnée qui prend le versant un
peu en biais, heureusement (il y en a qui le prennent tout droit, et
là, c'est quasiment du domaine de l'escalade !). Faut simplement
trouver une vitesse et un rythme et ça se monte… en y laissant sûrement des
plumes quand même, car, alors que nous attendons de nous regrouper en haut, on
voit Roger(?) qui arrive à quatre pattes et grimaçant sous les crampes. Mal
pour lui !
Comme on suit le haut pour gagner le « Graveron »
au-dessus de « Chavignol », voilà Michel-Léopold qui s'y colle pour
la crevaison symbolique du jour (il en faut bien un !) et qui commence à
avoir de sérieux doutes sur l'efficacité de son produit anti-crevaison !
« Le Graveron » ;
deuxième photo de groupe sur fond de Sancerre. On est plutôt dans les temps et
l'on peut se permettre le petit détour que Michel-Léopold et moi avons
programmé et reconnu mardi dernier.
Un bout de route sur le haut qui
nous permet de profiter d'un des plus beaux panoramas de la région (et pourquoi
pas de France ? Hein ?
Allez, oui, de France !) nous gagnons le raidillon qui descend sur
« Chavignolet », celui près de la croix de pierre dont je te parlais
l'autre jour. Ça c'est de la descente technique, pas très longue mais quand
même… Et on la suit jusqu'en bas, avec délices, sans se soucier de prendre le
chemin escarpé à gauche. Ouaouh ! Plaisir pur !
On s'attend en bas comme après
une montée… Puis on gagne « Amigny » en traversant les vignes… C'est
pas du beau chemin ça ?
Dans la descente, ma roue arrière
a dû se desserrer et une plaquette frotte singulièrement, j'ai du mal à
remonter directement sans trop appuyer sur les premières maisons d'Amigny. Je
recale ça comme je peux, mais je redoute que cela ne m'ennuie pour la suite. Il
y a encore à grimper tu sais !
Pour le moment il s'agit de
descendre et on le fait, non pas par cette longue descente droite qui revient
presque sur la route de « Chavignol », mais par une alternative que
nous avons trouvée Michel et moi l'autre jour et que je n'avais encore jamais
parcourue… en près de 20 ans de VTT dans le coin!!!
On prend à gauche dans les vignes
et la descente zigzague délicieusement (faut sortir un pied si tu y vas
carrément !) vers le « Clos St Martin » un assez joli domaine
avec son pigeonnier. Du fond où nous arrivons, on regagne le carrefour de
chemins dont l'un monte à droite vers les caves de la Mignonne avec,
au-delà, la montée du cimetière et son final redoutable.Une discussion
s'établit sur l'option à suivre pour grimper à Sancerre et sur les difficultés
de chacune d'entre elles. Côte du Cimetière ou, plus loin, côte des
Blanchisseuses, dont les cuisses de certains ont gardé le souvenir depuis l'an
passé. (Quoi ? Non, j'ai pas parlé des cuisses des blanchisseuses, où tu
vas encore, toi ?)
Option est prise pour les
« Blanchisseuses », moins habituelle que l'autre. Mais chacun doit
s'interroger sur la façon dont il passera l'épreuve.
Perso j'avais réussi à l'éviter
pendant des années (sans doute un souvenir difficile d'une grimpette avec
Manu, je crois, sur le Sunn 5000, sans doute) et j'ai été surpris de la
grimper mardi dernier sans y mourir. Mais qu'en sera-t-il aujourd'hui, après
plus de soixante bornes et des efforts qui ont dû entamer les réserves ?
Arrivons au « Petit
Morice ». On quitte le goudron, le chemin est là qui monte tout droit
entre deux haies. Impressionnant.
Juste comme j'attaque la
grimpette, après avoir soigneusement choisi mon développement, je
ressens une contraction inquiétante de l'adducteur de la cuisse gauche. Ah
non ! Pas de crampe ! Pas déjà ! Pas juste au pied de la
côte ! J'essaie de contrôler la contraction, me cale différemment sur
la selle, sans grand espoir d'ailleurs. Je trouve quand même le moyen de souffler à ceux qui me doublent de
faire gaffe à la route.Car on coupe la route principale qui monte à Sancerre.
Grosse circulation garantie. À ma grande surprise, je l'atteins sans que la
crampe redoutée ne m'ait bloqué. Après la route, le chemin reprend, tout aussi
pentu, tout aussi rectiligne. Appliqué, réussissant à garder la plus grande
couronne en réserve derrière pour les cinq derniers mètres, je progresse. Le début
de douleur a maintenant disparu, sous l'effort semble-t-il, et je n'y pense
plus, attentif à mon pédalage et à choisir ma trace entre ornière,
cailloux et herbe. Ça grimpe
sévèrement mais régulièrement. Je suis surpris de ne pas voir plus de
monde me passer devant (il y a la place, pourtant) et aussi de voir, devant, de
bien plus affûtés que moi mettre pied à terre. Le chemin se termine en tournant
un peu à droite pour arriver sur une route, et en passant un bout de
canalisation qui entrave un peu plus la progression. Passer la toute petite
vitesse gardée en réserve, se glisser entre ceux qui marchent, accrocher le
terrain et appuyer au max… Ouf !
On croit en avoir terminé. On
n'est qu'à la moitié de la montée. De l'autre côté de la route, le chemin continue
en devenant la « Rue des Blanchisseuses », goudronnée.
Ouohhh, à l'aise, sur le goudron, tu parles ! En plus,
regarde, c'est le trajet de la « Loire à Vélo » !
Mais oui ! Tu parles !
C'est vrai qu'au début tu en profites un peu pour mettre de la régularité dans
ta respiration, pour tenter (je dis « tenter », c'est pour te
dire !) de regagner quelques dents derrière. Mais tu continues à
moissonner de la courbe de niveau à tout va ! Et puis dans les,
quoi ? cinquante ? cent derniers mètres ? la route se cabre,
fait un virage pour te faire croire que c'est fini alors qu'il reste encore le
pire. Je m'accroche, couché sur mon cadre et arrive, la gueule ouverte comme
tout le monde, sur la rue principale, plate à cet endroit. Des gars reviennent
de la droite… Déjà arrivés et tournant sur place en attendant ou bien passés
par la route plus bas ?
Cette fois on est arrivés. La rue
remonte doucement vers la terrasse et le belvédère où nous attend le fourgon.
Pause de midi. 69 km , on parle de 970 et quelques
mètres de D+ en prenant l'apéro. Chacun se trouve un coin pour casser la croûte
en profitant du paysage. Sais-tu ? On cherche l'ombre !
Bon, la suite ? Tu
crois ?
Tu sais ce ça fait presque quatre
heures que je suis là-dessus ?
Je ferais pas mieux de passer ce temps-là sur le vélo, non ?
Surtout par ce soleil ! Je crois, moi… Je vais voir ce que je peux faire,
je vais déjà te mettre l'aller on the web ! A+
Bon, après la troisième photo de
groupe sur fond de Val de Loire, obligégatoire, évidemment, on repart, trop
vite pour moi, qui suis toujours si lent (oui, là aussi !) à manger, même
si je n'ai avalé que la moitié de ce que j'avais prévu.
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| jeudi 05 mai 2011, a 22:19 |
| Défilé du 1er Mai ! (retour) |
Eh, oh ? T'es toujours là ? Parce que j'ai pas fini, moi. V'là le retour.
Donc, après la troisième photo de groupe sur fond de Val de Loire, obligégatoire, évidemment, on repart, trop vite pour moi, qui suis toujours si lent (oui, là aussi !) à manger, même si je n'ai avalé que la moitié de ce que j'avais prévu. On repart en faisant un petit tour dans les rues de Sancerre, que m'a demandé Michel-Léopold, histoire de donner un petit vernis touristiquo-culturel à notre sortie. C'est vrai quoi, on va pas avoir fait 70 bornes sur un VTT, grimpé je ne sais combien de côtes pour s'en tenir, à propos de Sancerre, à un casse-dalle furtif (comment « Oh ! » ? Si, si, furtif… enfin, presque…). Tour près de la tour (des fiefs) de l'église, maison des Sancerre etc… puis on dévale par le single vertical (ou presque) qui arrive au « col » entre la colline de Sancerre et celle de l'Orme au Loup. Encore une petite variante que nous avions programmée avec Michel-Léopold et qui amène, ça fait plaisir, un sourire qui découvre toutes les ratiches des copains qui ont dévalé le passage. Pour certains, c'est surtout le « ouf » d'être arrivé entier en bas qui amène le sourire, je me trompe ? Voilà, à partir de maintenant, finie la fantaisie ? On rentre à la maison. Fin de la descente vers St Satur, crochet par le port de St Thibault et le camping. On commence à traverser le Golf quand, en passant près du parking, j'aperçois le fourgon noir (j‘ai pas dit le fourgon mortuaire, hein ?) du Thom' qui doit être quelque part sur le pré à taper dans la baballe. Je m'arreuille autant que je peux pour essayer de l'apercevoir parmi tous ces petits bonshommes marchant sur la verdure fraîchement tondue, quand mon bigophone sonne. Arrêt en grimaçant : quel est le con… ? Réponse : Le Thom', évidemment, qui nous a vu passer depuis le club-house, où il se goberge goulûment, sans doute, et m'appelle pour nous saluer. Je coupe court autant que possible car tu parles qu'en une minute seulement, le groupe a fait du chemin sur ce passage roulant ! Le temps de ranger le bigo, de remonter on the bike et de retrouver un tempo normal, tu parles que j'ai un sacré retard. Essayer d'aller plus vite ? Je vais me crever à gagner 20 mètres au kilomètre, tu parles ! Donc je roule, c'est tout. De toute façon, ce tracé, je le connais comme ma poche. J'ai peut-être une chance de rejoindre le groupe au prochain arrêt prévu au « Petit Pont » de Cosne. Tiens, au fait : c'est vrai que la question n'avait pas été tranchée : je fais le parcours intégral ou je m'arrête à Cosne ? L'an passé, gêné par des Pb mécaniques et vaguement souffreteux, j'avais bifurqué au passage devant Cosne, pour renter at home au plus vite. Et j'avoue que, il y a une semaine encore, je n'envisageais pas vraiment de faire autre chose cette année. De plus, Actif-Michel et Anne avaient carrément prévu de s'en tenir (si on peut dire) à ça aussi, quitte à aller chercher la voiture à Gien dans l'aprème. Alors… Mais mes dernières sorties m'ayant un peu ragaillardi, j'ai donc dit : on verra en fonction du temps et de l'état du bonhomme à Sancerre. Côté temps : rien à dire malgré le ciel se couvrant un peu par le Sud. Côté forme, la première partie était assez encourageante, il y avait un peu l'envie d'oublier l'année passée, de faire le « geste » de l'intégral (j'ai pas dit comme sur une plage naturiste, quoique…), comme elle brame, l'autre « Pour la beauté du geste… » Alors, bon, c'est plutôt parti pour retour à Gien. Michel m'a passé la clé de la voiture, alors, forcément, rien que pour pouvoir conduire « l'Espace » (je rigole !) Bonne surprise : Papy Eric et Pascal se sont arrêtés m'attendre. Du coup, évidemment, j'appuie un peu plus, avec l'impression que ça va bien. Et nous retrouvons les autres, arrêtés au bord du canal à Bannay. Donc, bords de canal, puis la levée, sur le goudron jusqu'au Petit Pont (aussi appelé « pont de la Petite Loire »). Arrêt fourgon. Nous quittons, les larmes dans les yeux, (quoi j'en fais trop ? Faut être littéraire, non ?) Actif et Anne qui passent le pont pour renter à Port Aubry… Ben… on roule… Et puis on roule… Tu sais, c'est pas folichon, le Val, entre Cosne et Belleville. Mais c'est bien : c'est plat et je crois que personne ne serait partant pour se faire une côte supplémentaire. Mais ça roule. Lionel, en président responsable, a annoncé la couleur : on roule raisonnable sans bourrer. Jusqu'ici, ça me va. Je vais même te dire que, du côté de Léré, je roule devant, drivant le groupe au GPS, à côté du local de l'étape, en la personne de « Pieds Nus », qui est ici chez lui. J'ai l'impression d'être OK, mais je devrais me méfier : j'enroule avec application, sans me disperser à discuter, un peu le nez dans le guidon au fond, je suis sans doute déjà sur la réserve. Après l'arrêt de Sury-près-Léré, nous passons au pied de la centrale, dans une épaisseur de bourre de fleurs de peupliers qui évoque la neige. Amusant. C'est la centrale qui les fait soudain avancer à ce rythme ? Sur les larges chemins blancs qui mènent vers Beaulieu. Je me mets à avoir du mal à suivre le groupe. Ça roule à 25 et je suis à 23. C'est tout. J'ai bien tenté de me fourrer dans le paquet qui pourrait m'emmener mais j'étais en surrégime. Pour le moment je suis un peu derrière, mais ça ne devrait pas s'arranger. Vais-je faire comme Coralie tout à l'heure à Cosne, puis Pierre à Belleville qui ont, successivement (avec raison sans doute) grimpé dans le fourgon après avoir attaché le vélo sur la remorque ? Peut-être, mais je pense avoir encore un peu de marge, d'ailleurs, il y a un peu de monde avec moi. Nous franchissons la Loire pour passer côté Bonny/Loire. Le petit single avant le camping est bien sympa et je regrette de ne pas le goûter comme il devrait l'être. Nous allons maintenant suivre le « sentier à Manu » comme l'avait baptisé le Grand Marsu Jean-Pierre. Un single entre Loire et Cheuille amusant, mais casse pattes parfois aussi. Pourquoi, au moment de bifurquer à gauche pour le prendre ai-je, quasi involontairement, tourné à droite pour passer la Cheuille sur le petit pont de pierre et suivre la route d'Ousson ? « Je vais les attendre au gué de Cheuille un peu plus loin » ai-je pensé, simplement histoire de m'éviter quelques fatigues sur ce passage et, surtout, rejoindre le groupe qu'il est si dur de se résigner à voir partir devant. Et puis, en arrivant au gué, je me dis que je vais prendre, doucement, un peu d'avance, ce sera toujours ça…Je mouline autour de 20 km/h sans forcer, en pensant que ce n'est pas sympa de n'avoir pas prévenu que je partais devant. Ça ne rate pas et, logiquement, Michel m'appelle pour s'enquérir de ma situation alors que je passe à Ousson. Pas malin de ma part. Je gagne le pont de Châtillon en roulant sur la levée. Ils devraient me rattraper à ce niveau. Sans doute rouleront-ils côté Loire, et je les verrai en dessous. Je n'ai bien sûr pas quand même pas pris la route goudronnée de l'autre côté ! Je retrouve le fourgon, Pierre et Coralie qui préparent le ravito à l'entrée du camping. Les autres arrivent (par la ROUTE !!!) comme j'ai fini de me restaurer. Alors, je pars devant, certain que, sur la longue ligne droite archi-roulante du bord du vieux canal, ils vont rouler comme des malades. Par contre je roule un peu comme un malade, moi. J'ai les adducteurs des deux jambes qui frémissent des prémices de crampes et j'ai tombé la vitesse en dessous de vingt. Il s'agit maintenant pour moi d'essayer de rallier le point de départ, point barre, qu'importe la vitesse, et que je n'en vienne pas à jeter mon vélo dans le canal, de rage, de désespoir… (Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? qu'il se lamentait, le pauvre Don Diègue, du Cid de Corneille). Vains dieux qu'elle est longue cette ligne droite vers Briare, elle n'en finit pas. Parfois, je me retourne pour apercevoir la troupe qui va fondre sur moi et je m'attends, d'un instant à l'autre à sentir une main me taper sur l'épaule, en passant comme une fusée. Sympa, mais je le redoute aussi. Pourtant la ligne droite s'achève et j'atteins Briare. Sans encombre d'ailleurs, les trucs sucrés que j'ai avalés y sont-ils pour quelque chose ? Les quais, le pont du Baraban, le camping. Passer, au bout, ce passage délicat fait d'une brève descente suivie du raidillon qui remonte sur quelques mètres pour passer l'entrée d'un vieux canal ? Très peu pour moi ! Je contourne par le pont, un peu plus à droite et… me plante bêtement en repartant à gauche. J'ai pris un chemin au large et dois, à vue de nez, rejoindre le single des bords de Loire un peu plus loin à gauche. J'y arrive justement quand, sur le single, à ma gauche, surviennent les premiers du groupe. Tu crois que je les laisse passer, logiquement, pour ne pas les freiner et suivre ensuite ? Ben non ! Me v'là parti dans les zigzags du single, juste devant leur nez. Je me traite de con, bien sûr, car il me faut essayer d'appuyer un peu plus. Tu vois bien que c'est n'importe quoi ! Et ben, mes cannes, contre toute attente, répondent ! C'est pas du feu, mais ça marche, je passe entre les frondaisons assez vite et réussis le délicat franchissement du bras asséché entre deux levées de pierre sans coup férir et je rejoins le chemin plus large où je peux laisser aller devant les quatre ou cinq avions (pas plus) lancés vers Gien. Un peu plus loin me passeront encore deux autres. Curieusement, j'ai retrouvé un semblant de pêche et tourne autour de 25 km/h de nouveau, mais bon, je suis endolori de partout et, surtout, suis épuisé : j'ai l'impression de me vider à chaque tour de pédale. Pourtant j'avance et, d'ailleurs, ne me fais pas rattraper par d'autres encore. Je gamberge aussi, je ne fais que ça depuis trois quarts d'heure que je suis à rouler seul. Je me jure bien de ne jamais recommencer ce truc de oufs qui n'est plus pour moi, je peste contre ce retour-maison bête qui ne présente aucun intérêt (je devrais dire : auquel je ne suis plus capable de trouver de l'intérêt !) et qui me fait bêtement rouler seul (ben, justement, tu roules à ton rythme, comme ça, homme stupide !). Enfin, bon, tu vois… J'arrive en vue des tours de Gien et commence par prendre le single qui tortillonne dans les fourrés plutôt que le chemin des bords de Loire, puis traverse un campement gitan pour continuer par un chemin inconnu (pourtant je suis passé pas mal de fois dans le coin) pour finalement me retrouver sur les quais du Port aux Bois que j'attaque avec hargne. Je crois bien qu'il n'y a plus grand monde derrière moi, car Michel et Pieds Nus et les autres sont arrivés, après m'avoir passé sans doute tandis que je tournicotais dans mes variantes improbables avant l'arrivée. Je suis plus soulagé que satisfait d'être arrivé et les 130 km qu'affiche mon compteur me semblent un peu ridicules. Tout ça pour ça, en somme ! Nous trinquons de cidre frais, bien agréable et l'on se sépare vite. Pas de photo des rescapés, cette fois : on est pressés de rentrer à la maison. C'est vrai qu'une bonne douche… Pourvu que je ne m'endorme pas au volant en rentrant… Ce serait dommage pour la voiture d'Anne et Michel ! Voilà de voilà. Je me rends compte que j'ai pratiquement passé autant de temps à raconter tout ça que j'en ai passé sur le vélo (environ 7h 30!), ce qui me conforte dans mon souhait de faire des sorties plus courtes! Enfin, j'espère que tu apprécies le double effort! Si avec ça tu ne me laisses pas un commentaire, quelle ingratitude!
Si j'arrive à remonter sur le vélo (je te rassure, je dis ça pour la forme, c'est déjà fait, même si j'ai passé je ne sais combien d'heures devant l'ordi) j'irai à Donzy dimanche prochain pour le « Rallye des monts et des Villages ». Attention, l'accueil se fait à la Maison des Associations, boulevard d'Osmond, un peu avant la place Gambetta, et pas au stade ! |
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| jeudi 28 avril 2011, a 15:29 |
| Y’ a Pâques le VTT… |
Rendez-vous chez le Manu
« Mansonnien », ou, pour l'heure, le Manu «
Buétois ? Buéton ? (Quand buéton ?) », puisque c'est à Bué
(C'est à Bué, à Bué, à Bué-é, C'est à Bué-é qu'il nous faut, oh !
oh ! oh ! oh !…) (T'arrête un peu, Bill ! On verra ça t't' à l'heure !) que nous nous retrouvons, Actif-Michel et moi
pour une petite SEC locale. On fera court, du moins raisonnable, en temps, car
nous sommes jour de Pâques et, on a dû faire comprendre à pas mal de vététistes
que, en ce jour de fête familiale, y'a « Pâques » le VTT dans la
vie !
Le ciel est un peu chagrin et
l'on a tous les trois prévu un truc imperméable sur le dos ou dans le sac. Il a
dû pleuvoir un peu en fin de nuit et il tombe une goutte ou deux de temps à
autre. Rien de méchant puisque le terrain est encore bien sec, comme nous le
constatons dès que nous attaquons notre premier chemin entre les vignes.
Nous avons tout de suite refusé
d'attaquer par la montée vers le "Carroué de Marloup", que le Manu
aime bien nous servir en guise de hors-d'œuvre lorsque l'on quitte son Bué natal, ou lorsque, tels les loups, nous sortons du Bué,
quoi… Pour te dire, tu connais le site de Bué : un profond amphithéâtre de
vignes, ouvert vers le Sud et aux flancs méchamment relevés. Le fond semble a
priori moins pentu mais le chemin qui en suit la ligne de pente directe, s'il
démarre bien gentiment, se redresse de plus en plus (t'attends que je te sorte
une grosse blague, hein, vieux grivois ? Mais je ne donne pas dans la
facilité triviale, moi !) si bien que, quand tu arrives en haut, pas de
Pb, t'es chaud ! Ça fait deux fois que le Manu nous fait le coup. C'est
bon.
On a donc tendance à regarder
vers l'Ouest, voire le Sud, genre « Veaugues » etc…et on part vers le « Briou » (ou le
« Petit Senais », c'est à côté), en montant doucement entre les
vignes, histoire de ne pas coller à la route de Bourges. Parfait pour un
échauffement « humain ». On arrive même à monter au « Petit
Senais » en évitant le Grand (du même nom) au pied de l'autre, et donc
l'affreux petit raidillon qui sépare les deux lieux-dits. Arrivés sur le haut,
nous considérons moins l'horizon terrestre que les cieux, après tout c'est
Pâques, un peu d'élévation ne fait pas de mal… Plus matériellement, nous
guettons plutôt les sombres nuées, dont certaines semblent bien prolongées d'un
rideau de pluie… Bon pour les jardins, moins pour les randonneurs. Si on
gagnait la « Tour de Vesvres » ? Voilà un petit prétexte
touristique sympa : c'est plat de chez plat dans ce coin, qui, par voie de conséquence, est même profondément humide, si tu vois ce que je veux dire. C'est d‘ailleurs
de ce fait que le lieu tire son nom de « Vesvres » qui désignait un
endroit marécageux. On l'a peut-être abusivement apparenté à
« Vouivre », sorte de dragon légendaire vivant près de l'eau, quoique
les origines des noms soient différentes.
Bon, c'était la séquence culture,
tu n'y échapperas pas !
Donc, habituellement très
z'humide, mais aujourd'hui c'est juste nickel : on roule sur le dur et
seuls les profonds « roins » desséchés nous rappellent la chance que
nous avons de rouler dans ces conditions. Deux bouts de champs, des sous-bois,
nous naviguons « au pif », en bons familiers de la région que nous
sommes. On essaie des chemins inconnus, des options possibles, ce qui nous conduit
inévitablement, tu t'en doutes, à des demi-tours dans des culs-de-sac
inévitables.
Tiens ? Une petite
côte ? Pas normal, on a dû rater notre objectif. Une brève ouverture entre
les arbres, maintenant bien feuillus, nous permet d'entrevoir la Tour plus à
gauche et, bien sûr, en contrebas. Nous arrivons à "Villeprevoir" (il
n'y a pas qu'à côté de Cosne qu'il y en a un !) et obliquons pour
atteindre ce site médiéval remarquable que constitue la « Tour de
Vesvres » : le mot « massif » vient immédiatement à
l'esprit, face à cette espèce de donjon quadrangulaire, au toit à coyaux, et
qui fait l'objet d'une restauration (très) progressive et aussi de recherches
archéologiques poussées : c'est un des rares lieux dont l'occupation
continue depuis le 9ème siècle est avérée, (la tour elle même est du
XIIème). Les gens qui s'en occupent sont vraiment des passionnés, va visiter le
coin quand tu pourras, ou au moins, jette un coup d'œil à ce site :
http://www.latourdevesvre.com/ C'est Denis, un copain, qui a réalisé (je
te raconte pas le travail !) les reconstitutions en 3 D de la tour et du
site.
On tourne tout autour de la tour, du pigeonnier, on aperçoit
l'antique motte castrale, et puis, quoi, on roule.
Avec toujours un œil fixé sur ce
sacré nuage au nord-ouest qui a l'air de bien faire pleuvoir en dessous. Où
est-il ? Au dessus de
Sens-Beaujeu, ou plus loin ?
Téméraires en diable, nous nous
risquons presque dans sa direction, en remontant derrière
« Crézancy ».
C'est un autre danger, bien réel, que nous allons affronter.
Comme nous montons doucement par
un large chemin, nous passons près d'une habitation (« Le
Grand-Champ » ?) d'où surgit soudain un clebs pas vraiment sympa.
Me demande pas ce que c'est comme
race (je suis pas raciste) mais c'est du mastard, du lourd, du tout noir, qui
vocifère un max et dont on voit bien les crocs, vu comme il retrousse les
babines. Heureusement, il n'y en a qu'un.
Devant moi, Michel a pris
l'option d'appuyer sur les pédales et de passer en force, en quelque sorte.
Le gaille se jette vers lui et
s'apprête (je suis juste derrière, donc je peux témoigner) à te lui enlever un
bout de mollet, quand Michel a le réflexe de lui fiche une tarte juste sur la
truffe !
Les crocs ont claqué dans le
vide, tout juste peut-être mordu la chaussette. Le bestiau agressif se retourne
vers nous : « Ces deux-là, je vais me les faire ! » que je
te traduis vite fait son regard.
Pas question de passer. Je joue
l'esbroufe en gueulant un « Couché !!!» Qui ne l'impressionne
que très très moyennement. Reste l'ultime ressource : pied à terre et vélo
en rempart, tu sais, façon crucifix contre le vampire : « V'la des
rétros Satanas !!! ». Manu, me semble-t-il , n'écoute que son courage
et reste à l'abri derrière moi (il va pas me contredire, il est encore parti
dans les îles, à c't'heure). Les proprios du molosse tardent à sortir et,
surtout, à se faire obéir, je trouve. Z'ont pas les yeux plus amènes que leur
monstre et ça ne servirait à rien de leur dire un mot pour leur faire prendre
conscience (en ont-ils une ?) de leur responsabilité. Je crois qu'ils
aboieraient aussi. Merci de votre aimable hospitali…sation, oui !..
Nous continuons notre montée vers
les hauts de Crézancy, avec un regard envieux vers les hauteurs de « la
Borne », à gauche, si riches de chemins et sentiers variés. Nous grimpons
sans difficulté et plutôt de bon train, régulièrement et pendant un bon moment.
Nous atteignons les
« Mauvrins », où j'ai de bons copains qui feront, c'est sûr,
chanter le mot « hospitalité », cette fois-ci !
Mais nous trouvons, c'est
exceptionnel, porte close.
Force est donc de se rabattre sur
nos barres de céréales et le jus de Camel, avant de continuer.
Du nanan maintenant, puisque nous
avons atteint le niveau le plus élevé du secteur. Nous suivons cette ligne de
hauteurs, par les « Épinettes » puis les « Epsailles »,
dont tu aperçois les maisons,
depuis la route de Bourges, perchées tout en haut des vignes, au bout de ces
chemins blancs qui escaladent les coteaux et qui t'attirent et t'effraient à la
fois. Nous dominons un paysage ‘achtement étendu, avec, en bas, des noms comme
« Champtin » ou « Reigny » qui t'évoquent bien des côtes
qui ont vu transpirer et souffrir plus d'un vététiste, les contraignant souvent
à la marche à pied !
Après avoir continué sur notre
chemin des crêtes en surplombant « Bué », nous atteignons le
« Carroué de Marloup » et la route de Vailly. Manu nous interroge : à gauche, pour gagner
sagement les vignes de Verdigny, ou à droite par le raidillon de
« Chavignolet » ?
« C'est tout de même plus
marrant par là ! » conclut-il en s'engageant sur le single qui part à
côté d'une croix de pierre qui est là, peut-être, pour que certains en
profitent pour une rapide recommandation avant de se risquer dans le plongeon
rocailleux !
Car la descente est sévère, avec
caillasse heureusement assez stable, et écoulement d'eau sur la partie la plus
acrobatique. Sympa, non ? De plus, un arbre s'est récemment couché en
travers, te laissant à peine de quoi passer en dessous.
Bon, la descente c'est une chose,
mais faisable quand même. Le plus siouxxx, c'est qu'il faut à la fin du passage
le plus délicat, bifurquer à gauche pour escalader soudain un raidillon
particulièrement bien senti. Là, c'est technique comme manœuvre !
En gros il faut se placer à
droite du sentier qui descend, passer sur un très petit développement, et
tourner comme tu peux à gauche, le plus à gauche possible, pour réussir à
attaquer la pente caillouteuse en gardant son équilibre et en appuyant au maxi.
Tout ça, je le sais, tu
parles ! Devant, Manu a réussi le passage qu'il connaît comme sa poche, vu qu'il le pratique depuis
qu'il sait tenir en équilibre sur un vélo. Moi, j'ai tout bien préparé et
go !
Mais j'ai eu tort de prendre le
tout petit : il fallait pouvoir, d'abord, se lancer un peu puis, ensuite
et rapidement, commencer à grimper. Il m'a manqué un peu de vitesse pour ne pas
être chahuté par ce caillou qui a roulé sous mon pneu avant et m'a
irrémédiablement contraint au honteux pied à terre. J'enrage. Impossible de
repartir dans cette pente. Il me faut faire quelques pas en poussant la bête,
avant de trouver moyen de remonter sur le spad et finir quand même la montée
sur le vélo.
Nous continuons sur ce chemin qui
débouche du sous-bois en un superbe surplomb de « Chavignol », dans
son vallon, avec Sancerre, derrière, se détachant sur le Val de Loire. Une des
plus belles perspectives sur ce site.
C'est juste après que nous
tombons sur trois collègues en rade, suite à une crevaison d'une roue arrière
non pourvue d'un serrage rapide (eh oui, ça existe encore !). Z'ont pas de
clé, of course ! Arrêt, tentative (vaine) d'aide. Pendant que certains s'escriment sur
l'écrou récalcitrant, le groupe se grossit de nouveaux arrivants. « Eh,
salut Bill ! » : grâce à ce blog, on est en pays de
connaissance. Sympa. Puis surviennent, en sens inverse, « Pieds
Nus » & fiston en recherche de dénivelés positifs et
pourcentages. Quelle affluence !
Le spot Chavignolesque serait-il aussi couru que celui du
« Salagou » ? C'est à croire !
Après les saluts d'usage et les
conseils au malchanceux du jour, nous poursuivons notre chemin en balcon
au-dessus du vallon, à mi-hauteur de la Côte des Monts Damnés. Le chemin y est,
c'est exceptionnel, complètement sec : pas une flaque !
On enquille la descente
délicieuse qui nous ramène sur la route de « Chavignol » et on file
droit sur les « Caves de la Mignonne ». Droit mais pas vite,
forcément, car la grimpette commence bien avant l'esplanade des Caves qui ne
constitue, en l'occurrence, qu'un bref répit avant la montée du cimetière. Tu
connais cette grimpette qui s'accentue peu à peu pour t'estoquer dans les
derniers mètres, en ajoutant à la pente accentuée, une difficulté à bien placer
sa roue. Michel, qui nous avait devancé, attend en haut, appareil photo à la
main.
Bien sûr, Manu réussit le
passage, sans encombre mais en tirant la langue. Et je tente de suivre. J'ai
dosé la montée, gardant la plus grande couronne pour les derniers mètres. Les
conditions sont idéales, pas d'humidité. En lâchant dans les derniers mètres
plus d'énergie que n'en fournit la centrale d'à côté en un an, je réussis le
petit exploit ! Content quand même, voilà longtemps que je n'avais réussi
à passer. Je risque de le payer plus loin !
Car nous ne sommes pas au
bout : il faut redescendre de l'autre côté de Sancerre pour remonter la
longue côte en travers de l' « Orme au Loup ». Pour la première
fois d'ailleurs, nous ne réussissons pas à passer sur le vélo la zone de petits
cailloux roulants du bas. Sûr que je sens maintenant mes efforts de tout à
l'heure car même le bout de route pour atteindre le « col » me semble
dur.
Choisissons de redescendre sur la
route de Vinon par le côté sous-bois, plus amusant, malgré les arbres couchés
depuis un fameux coup de vent. Il faut bien voir si le passage s'y est un peu
frayé depuis notre dernier passage.
Nouvelle montée, ensuite, par le
petit single qui permet de regagner la route de Bourges, si amusant à
descendre, et que nous montons sans difficulté avec ce sol bien sec.Mais, là
encore, il faudrait avoir l'idée, le courage, de venir avec les outils
appropriés pour dégager deux arbres couchés et élaguer un peu les côtés sur le
haut. Si tu as un cintre de 70, tu as du mal à passer, je te dis !
Revenons sur « Bué »
par le chemin du tacot, large, roulant et doucement descendant. L'occasion
d'user un peu les dents de la plaque, ce qui n'est pas si courant dans le
coin., Et nous voilà à « Bué ».
« C'est à Bué, à Bué, à
Bué-é… » bon, OK, Manu s'occupe de cet aspect-là des choses et nous voilà
bientôt autour des verres.
Une première fois.
Parce qu'au retour, je passe chez
Michel et Anne
Ça fait deux.
Et qu'ensuite je rentre à la
maison.
Et de trois !
Y'a Pâques le VTT, quoi !
Dimanche 1er
Mai : dimanche + fête du travail, si, avec ça, tu vas au taf…
Si tu tiens absolument à la
traditionnelle cueillette, tu vas à la « Rando du Muguet » (t'es
quasiment assuré d'en trouver) de Jouet-sur-L'Aubois, dans le Cher, un peu en
face de La Charité. Mais il y a aussi la rando de « La Vaillante » à
Blancafort, dans le Cher itou. Et puis on est quelques-uns sur le
Gien-Sancere-Gien, qu'organisent, en interne, les « Gien-Relax » un
fameux challenge…
Y' a de quoi faire pour ce jour
dit de repos !
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| vendredi 22 avril 2011, a 18:53 |
| Du Raffut dans les ruffes |
Ce dimanche matin, tu vois, j'ai pas trop la frite, un
vague blues rampant qui n'incite pas à bondir sur le vélo. C'est quoi,
ça ? Au pays des spots VTT géniaux
où je me trouve, je devrais être, au contraire, impatient de rouler,
alors quoi ?
Justement, j'ai passé une partie
d'hier à consulter tout ce qui était possible de calendriers VTT, sans rien
trouver d'organisé dans le coin : pas une rando ! J'ai appelé les
OTSI : rien. Les clubs, même, où l'on ne m'a pas même proposé de venir
rouler avec eux (s'ils roulaient d'ailleurs), du coup j'ai dû forcer un
peu trop sur l'aïoli hier soir et en suis encore un peu écœuré ce matin.
Mais, bon, je même seul, j'y vais
quand même, non, mais !
Bizarrement, de plus,
depuis l'accident de Jean-Paul, je répugne à prendre la voiture pour me transporter sur un coin sympa
où rouler : et si j'ai besoin qu'on vienne me chercher, hein ? Alors
j'ai choisi de refaire un parcours
que j'avais essayé en février : rallier Lodève à Clermont-L'Hérault
en passant par les villages au-dessus de la vallée, puis sur les bords du Lac
du Salagou en cherchant à améliorer encore le parcours. Et puis, comme je ne
veux pas prendre la voiture, je partirai de la maison directo à spad et je
gagnerai Lodève depuis Aubaygues sur le spad : 7 bornes en descente
légère, cool. Un peu de route pour s'échauffer, je tâcherai de trouver plus
vététistique une autre fois.
Faut pas croire que j'apprécie
trop ce début roulant : c'est un peu frisquet, j'ai l'estomac en biais et
je rumine : pourquoi trouve-t-on, chez nous, des randos quasiment tous les
dimanches, alors que dans ce pays béni de dieux du VTT, personne n'organise rien ?
La réponse est peut-être
justement dans la question !
Je halte à Lodève. (Quoi ?
On doit dire « Je fais halte » ? Et alors ? Me cherche pas
ce matin, je suis grognon, ça m'a plu, soudain de simplifier la langue
française, voilà, et pis c'est tout !). Je halte donc chez mon
copain boulanger, véritable personnage pagnolesque, qui me propose avec sa
gouaille méditerranéenne, un pain au chocolat. Sachant que ceux-ci font au
moins deux fois la taille des plus gros croissants que tu aies jamais vus, tu
parles que je décline l'offre. Par contre je ne refuse pas le petit café, plus
propice à me restituer une forme qui m'échappe.
Deux trois galéjades plus tard,
me voilà quittant la ville par la petite route entre des vestiges industriels
miteux. Un peu plus loin à droite, c'est l'évasion : un chemin assez large
avec ce qu'il faut de cailloux, qui escalade la colline de façon régulière et
pas trop excessive, entre les petits chênes qui couvrent toutes les pentes
autour. Deux trois lacets, et salut la civilisation ! La petite halte
amicale et le café salvateur ont eu raison de mon état physique et moral bien
médiocre et je me délecte de cette montée.
Un peu plus loin, je quitte cette
voie principale pour m'engager, cette fois, carrément à couvert, sur un autre
chemin, un peu plus étroit qui pique droit vers le haut : la pente s'est à
peine accentuée mais, maintenant, je roule sur le rocher et il faut choisir sa
trace, donner parfois un peu plus de watts pour traverser un secteur plus
difficile.
Les arbres se clairsèment et je
débouche sur une toute petite route, à l'entrée d'
« Olmet »(prononce de « t »), un village minuscule perché
sur une petite bosse, pour être à l'écart du val, insalubre autrefois, ou
peut-être plutôt des visiteurs aux mauvaises intentions, comme semble
l'attester une vieille tour médiévale qui somme la butte, et autour de laquelle
se pressent les quelques maisons du village.
Je suis la route sur quelques
mètres et enquille une autre plus petite (presque un chemin) qui descend
doucement sur la gauche. Puis je plonge à droite sur un single très étroit et
caillouteux, plutôt technique. Comme je connais, j'ai anticipé et passé
« tout à gauche » ou presque, car en bas, après un bref gué, il faut
réescalader par un raidillon pas bien long mais bien senti.
Le souffle un peu court, je suis
la toute petite route où j'ai abouti en haut. Fait chaud dis-donc ! Je
pose le vélo le temps d'adapter ma tenue, en m'emplissant le regard du panorama
de cette espèce de cirque de hauteurs devant et à droite, dominant une sorte de
plaine suspendue au-dessus de la vallée à gauche et où perchent, ou
s'accrochent, quelques villages. C'est là aussi que commence le pays des
« ruffes ». Tu ne peux pas ne pas être surpris par ces flancs de
collines ravinés par l'érosion, où le sol mis à nu et creusé a des couleurs qui
varient du brun au rouge. Très « arizonien » en diable ! Et
attirant aussi !
Un peu de route, puis un single
pas bien facile, où, si tu ne t'appelles pas David (voir plus haut l'été
dernier) il te faudra à un moment ou un autre poser le pied, et j'arrive au
pied du « Puech », le « village rouge » puisque bâti avec
les pierres du coin. D'ailleurs, tout en grimpant à l'assaut des rues du
village, je regarde mon pneu avant déjà coloré par cette poussière
caractéristique. « Et les plaquettes ? » Aussi, aussi sans doute…
J'évite le court single qui monte
au-dessus du village (praticable, en faisant gaffe, juste dans l'autre
sens !) et contourne par la route. Ce n'est d'ailleurs pas ennuyeux du
tout : je profite du paysage, sur ma gauche : avec
« Olmet » et sa tour, un peu plus loin les maisons au-dessus de
Lodève et, fermant l'horizon, les pointes calcaires des falaises du « Pas
de l'Escalette » qui annoncent le plateau du Larzac. Tout ça sous le
soleil. Chouette. Une bosse à gauche, qui porte l'inévitable petite antenne. Le
chemin qui l'escalade d'une traite a été, sur le haut, recouvert de béton, du
coup, le bas s'est trouvé raviné (et quand ça dégringole ici, ça ne fait pas
les choses à moitié !) et un deuxième chemin, parallèle, s'est créé à
côté. A l'attaque !
Cette vue 360°, en haut !!
Tiens , à droite, entre deux buttes, le lac de Salagou. C'est pour tout à
l'heure.
Je goûté la descente, assez
douce, qui m'amène près d'une chapelle perdue dans la garrigue et dont le toit s'est effondré, comme découpé à
l'ouvre-boîtes. Du coup, celui qui vient s'y recueillir n'a qu'à lever les yeux
pour être en prise directe avec le Très-Haut !
J'y croise un vététiste
(tiens ?), première âme qui vive que je rencontre depuis le départ. On
échange quelques mots et je continue ma descente (délectation) qui m'amène au
hameau des « Hémies ». Deuxième petite bosse, similaire à celle que
je viens de franchir, avec sa petite antenne aussi et au profil également
dissymétrique. De là-haut je domine directement la vallée et le monde
autoroutier et supermachéisé et, tout en descendant doucement sur l'autre flanc
de la bosse, j'ai une drôle d'impression. Je suis saisi par le contraste entre
ce lieu idyllique où je suis, ce chemin pittoresque à souhaits, tracé dans
cette végétation typique, cette nature on ne peut plus sauvage et, en contrebas,
en dessous littéralement, (mais aussi moralement non ?) cette autre vie,
faite de voitures bruyantes qui suivent leur double ruban de goudron, où la
seule fleur n'est que celle dessinée par un échangeur, ce parking bondé autour
d'un énorme supermarché que l'on a construit là, récemment, au milieu de rien,
entre les deux villes de Lodève et de Clermont-l'Hérault, au bord de
l'autoroute. Comme je me sens au-dessus de tout ça ! Et pourtant...
pourtant, je l'ai bien appréciée cette autoroute qui m'a permis de venir jusqu'ici
depuis mes terres du noooord, alors, hein ?
N'empêche qu'en ce jour des
«Rameaux », je suis sûr qu'il y a largement plus de monde sur le parking
du supermarché que sur celui de la Cathédrale St Fulcran de Lodève, on
parie ?
Moi, en tout cas je roule au
milieu des buis ! C'est la végétation locale !
J'ai bifurqué à droite sur un
chemin qu'il vaut mieux n'utiliser qu'en version descente : que du
cailloux. Un régal, tu parles ! Même si je ne me lâche pas (qui viendrait
me chercher là en cas de pépin?), je goûte le plaisir de choisir le passage de mes roues entre
les cailloux qui roulent et sur les dalles brun rougeâtre qui forment des
marches à l'envers dont l'attaque peut-être délicate. Sans être spécialiste de
géologie, on distingue clairement le caractère sédimentaire de ces
« ruffes » : les couches s'empilent pire que sur les
millefeuilles de mon copain de Lodève !
Ce passage est un grand moment,
mais trop court : un gué, des maisons, j'arrive au hameau de
« Rabejac », rouge sur du rouge, bien sûr. Je suis, un moment, avant
de passer sur un pont, le mini ravin creusé dans cette roche par un quelconque
cours d'eau : il doit bien y avoir moyen de descendre là-dedans et d'y
faire quelque chose sur le vélo. Tout ce secteur est à ré-explorer et j'ai le
souvenir d'être déjà passé quelque part par ici, mais où ? Plus bas ?
Plus haut ? C'était il y a quelques années.
Allez, zou ! Je coupe la
route qui file vers « Octon », à l'autre bout du lac, pour rejoindre
le fameux sentier du Tour du Salagou, qui s'écarte de la rive, justement par
ici, pour contourner une butte. Comme j'arrive sur le sentier, je laisse passer
quatre gars lancés sur leurs vélos….Vous avez dit
« autoroute » ?
Je le suis sur cette portion
légèrement montante qui revient vers le lac et que tu montes comme si c'était
une descente.
« Euh… Mais comment pouvez-vous, Monsieur le
Professeur, vous l'éminent exégète de la pensée Billienne, expliquer pour nos
lecteurs ce que l'auteur a voulu exprimer par ces mots : « qui se
monte comme une descente» ?
« Eh, bien, en toute
modestie et, grâce à la pratique
que j'ai de toute l'œuvre de Bill, je ne crois pas me fourvoyer en estimant que
ce grand chantre de la pratique vététistique (!!!)
traduisait par cette expression quelque peu paradoxale, n'est-ce pas, hmm… que
l'on pouvait trouver, éprouver, les mêmes sensations, voire, si j'ose, les
sensations mêmes (hu, hu…) que l'on
aurait lors d'une descente… n'est-ce pas ? Mais vous comprendrez
certainement qu'il m'est toutefois difficile d'être beaucoup plus clair sans
dénaturer ce qui fait l'essence même du style du Maître, vous saisissez, je suppose… etc… etc…»
C'est le genre d'endroit, où tu
ne sens pas ta fatigue, tant c'est amusant de monter une petite marche, de
prendre un appui en virant, de choisir tel ou tel passage. À ce petit jeu, j'ai
passé les deux derniers du groupe de devant, un peu cuits sans doute, et arrive
sur le vaste espace dégagé qui sert de parking au bord du lac, juste au moment
où trois autres gars arrivent en sens inverse. Ben y' a du monde, dis donc…
Mais se lancer à contresens du cheminement habituel, c'est un peu risqué pour
eux, je trouve, moi, ce matin.
Car sur le parking, il y a
quelques bagnoles et vélos. Je ne m'attarde surtout pas et me lance sur le
sentier qui, cette fois, après le camping, s'amuse en bord de lac.
Quand tu arrives ici, du moins
est-ce mon cas à moi, tu dois t'arrêter un instant, sur un petit tertre de
préférence, pour panoramiser le paysage, profiter des eaux bleues où se
reflètent les rives rouges et vertes (ben oui, les p'tites feuilles, ça y va aussi, par ici). Comme je déguste la
vue, arrivent vers moi deux VTT. Ce ne sont pas des jeunots du tout et il y a
de la place en veux-tu en voilà, mais le premier me passe derrière au ras du
guidon avec autant de considération que si j'étais un chien (et encore) et le
second (ce con ?) m'arrive sous la moustache dans le même état d'esprit.
« BONJOUR ! » que je lui fais, pour lui monter qu'entre le
pithécanthrope (même « errectus ») dont il se montre le digne
descendant et ma pomme, il y a une certaine marge. Il me répond, un peu surpris
semble-t-il. Je les laisse prendre du champ (« dans le pré »
ajouterais-je volontiers, pour te rappeler ce cher Bobby Lapointe, mais il n'y
en a pas, de pré !) et je continue pénardos. Pas question de faire de
vitesse là-dessus : ce n'est que technique, marches, dévers où tu croises
les doigts (pas facile tout en te cramponnant au cintre !) pour que la
gomme de tes pneus adhère davantage que les vététistes sancerrois à l'U.M Veaugues,
coups de culs qui réclament une décharge de watts brutale, passages dans les
cailloux aussi, car, curieusement, semant le sol dense et rouge, on trouve de
gros cailloux gris qui semblent complètement étrangers à cet environnement.
Explication (que tu trouves tout seul un peu plus loin): des épanchements de
lave sont venus (à l'ère…secondaire, p'tête ben) recouvrir partiellement
la région, protégeant certains endroits de l'érosion, ce qui a formé quelques
buttes épargnées, avec un dessus parfaitement plat, comme on en voit en
Auvergne (exemple : Gergovie), on trouve donc, entre autres, ces cailloux
de basalte un peu partout.
Moi, je me régale là-dedans, tu
penses et me rends à peine compte que je suis sur les talons des deux gugusses
de tout à l'heure. On arrive au moment où le sentier quitte le bord immédiat de
l'eau pour escalader la rive, en passant près de la chapelle de ND des Clans.
Ça se grimpe sur du petit et en choisissant bien l'endroit où tu poses les
pneus, sinon t'es à pinces. Je rigole quand je vois, devant moi, les deux
autres dans ce cas. Tu parles que je m'applique (pas question de poser un
pied !) et que je trouve un peu de souffle pour leur faire, au moment où
je leur passe sous le nez : « C'est le juge de paix, cette grimpette,
hein ? »
La montée permet de rejoindre une
large route blanche qui continue le tour du lac en le surplombant de plus en
plus. C'est la partie la moins sympa, vététistiquement parlant, de ce fameux
tour dont je n'emprunte que la fin aujourd'hui. Les rouleurs y trouvent leur
compte, mais, on ne s'y ennuie pas pour autant : les points de vue y sont
tout le temps remarquables. On aurait tort pourtant de ne pas tourner la tête
du côté du versant, car on y trouve la preuve de ce que je te racontais tout à
l'heure : l'existence d'anciennes coulées de lave dont la cristallisation,
en cours de refroidissement, a créé de superbes prismes en forme de colonnettes
rocheuses qu'on appelle des orgues. Il y en a plusieurs au bord du chemin.
J'arrive à l'endroit où l'on
surplombe de quelques dizaines de mètres le barrage qui a formé ce lac
artificiel dans les années cinquante : Pb, pour l'atteindre, il faut
passer une zone de portage assez acrobatique, pour descendre, justement
l'épaisseur d'une de ces couches de lave. Je profite à loisir de la vue avant
de m'y lancer, car tout un groupe de marcheurs arrive à contresens, puis, le
vélo accroché à l'épaule, en m'aidant d'une branche ici, d'un appui d'une main
là, je descends le chaos rocheux. Les cales glissent un peu sur la roche et les
genoux souffrent, mais je m'en sors et essaie de profiter de la descente
caillouteuse et délicieuse qui suit, malgré le monde qui fréquente le chemin
(jamais tant vu !).
Comme je rejoins le bout de
bitume qui va m'amener à la digue, je stoppe près d'un vététiste solitaire,
arrêté sur son vélo, les coudes appuyés sur le cintre, la tête penchée sur sa
roue avant. Il récupère ? Il attend quelqu'un ? Il prie ?
Il est plongé dans une méditation
profonde
Sur l'aspect fugitif des choses de ce
monde (Brassens, t'auras reconnu)
Ou bien, il constate les dégâts
faits sur sa roue avant par la caillasse locale…
Je m'enquiers auprès de lui de la
possibilité de descendre autrement du chemin du haut.
Bref on papotte un peu, quand un
claquement sinistre déchire l'air et ébranle l'éther sombre (emprunté cette fois-ci au père Hugo, pas Boss, non,
l'autre, celui de l'école…
Hein ? Et du boulevard du même nom, oui…)
Les gens dans la nature ont dû
croire à un remake de « Coups de feu dans la Sierra »
Le collègue et moi, vieux
briscards, on n'a pas plus bougé que Clint Eastwood (non, il ne jouait pas dans
«Coups de feu dans la Sierra », c'est pas la peine de chercher sur
internet !).
On sait.
« C'est moi qui ai tiré le
premier » que je lui fais …
« Ouaip ! Old boy, mais
c'est toi qui es touché ! »
Dis donc, toi qui sais tout et me
lis avec avidité, dis- moi pourquoi ce pneu, il éclate A L'ARRÊT ?
Hein ? Encore, en pleine descente, je ne peux pas dire que j'aimerais
mieux, ça non, mais au moins je comprendrais, mais là ! C'est vrai que ça me rappelle un
certain Gien-Sancerre-Gien d'il y a deux ans, où ça aurait bien fait
« Règlement de comptes à OK Corral » tellement ça éclatait !
« T'as de quoi
réparer ? » que me fait le collègue, aussi placidement que s'il
mâchait une chique en regardant le soleil se coucher sur la Prairie…
Je répare. Le pneu arrière est
ouvert sur 6 ou 7 cm, au ras de la tringle. Je glisse un rectangle de
caoutchouc que je garde pour ce genre d'échéance et mets une chambre…Tu me diras qu'avec un billet de 100 pions voire 500, ça le fait aussi, mais, coup de pas d'bol, exceptionnellement, je n'en ai pas sur moi et le collègue ne m'en propose pas non plus... l'entraide entre vététistes se perd ma bonne dame! Enfin, bon... Je
regonfle, pas trop car je sens bien que ma réparation ne va pas durer (à Argent
sur Saudre) autant que les contributions. Justement, le passage sur le barrage
et la route qui suit se font sur le goudron. Mieux vaut ne pas chahuter ma
roue. Mais ça tient bien. À tel point que je me prends à chercher le chemin qui
part à gauche vers Clermont-L'Hérault. Si, Si !
Comme je m'y engage, je pose le vélo pour appeler, comme
prévu, la voiture qui viendra me chercher à Clermont. Ma Douce me répond
qu'elle est déjà là, au bord du lac, à deux ou trois cents mètres, au milieu de
tous les vététistes…
Ah bon ? Ma foi, en jetant
un œil sur mon pneu arrière qui commence à re-bailler sérieusement, je me dis
que c'est finalement pas plus mal.
Je gagne donc le parking, très tranquillou, pour constater
qu'effectivement, c'est là que converge (j'aime bien ce mot, il sonne pas mal,
tu trouves pas, Manu ?) apparemment tout ce que la région compte de VTT.
Il est près de midi et ça range, plie, nettoie un peu la poussière…
Au fond, j'ai peut-être ici la
réponse à mon interrogation initiale : pas besoin d'organiser des randos
dans la région, la nature a tout prévu, il n'y a qu'à se servir…
À monter sur le spad et appuyer
sur les pédales… |
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| mercredi 13 avril 2011, a 15:37 |
| Imphy soit-il ! |
« Diguiling » (c'est à
peu près ça, je crois, ou alors « clingueling, »peut-être bien aussi)
voilà un mms de Manu (le « Mansonnien » comme il dit se dit,
préférant là « Le Parisien »), qui me donne ses impressions (avec
photo à l'appui, tu parles !) sur une boucle qu'il vient de faire sur
sonVTT, autour de Gordes…
Évidemment, il y
a de quoi baver, parce que le Luberon, avec le beau temps que nous avons
eu ces temps derniers c'est carrément paradisiaque ! Surtout vu sous
l'angle du VTT ! Ces chemins, ces singles et, quand tu roules du côté de
Roussillon et des anciennes carrières d'ocre, tu changes de planète !
Enfin, va voir pas mal en arrière sur le blog tu pourras lire un article que
j'avais écrit après un séjour là-bas. Il est encore temps de prévoir tes
vacances et, si tu hésites encore sur ta destination, ça te donnera des idées.
Mais, enfin, de notre côté, ce
dimanche, on n'a vraiment pas de quoi se plaindre et heureusement ! Tu
sais que l'on a besoin de ça un peu pour se consoler de la semaine
dernière ? Et comment ! Alors soleil, sol sec, températures idéales,
terrain de jeux nickel, à notre messe du dimanche matin, on peut dire sans
hésiter: « Imphy soit-il » !
Car je suis à Imphy, bord de
Loire un peu en amont de Nevers. Si je te dis que l'on va rouler sur un secteur
parcouru par les boucles de la « Sauvignoise », tu auras compris de
quoi est constitué le menu du jour. Dans ces conditions, essaie de m'expliquer
pourquoi, alors qu'il fait, je te l'ai dit, un temps idéal, que les conditions
de température et de pression sont quasi analogues à celles de la Sauvignoise,
explique-moi un peu pourquoi, donc, on se bouscule à Sauvigny, au milieu de
centaines de participants et qu'aujourd'hui à Imphy les organisateurs auront à
peine cent cinquante clients, et ce qui est un peu moins encore que
d'habitude ? L'organisation est O.K, qu'est-ce qui fait la
différence ? La foule attire la foule, c'est vrai, et le vététiste,
souvent, moutonne lui aussi bêtement. Mais il n'y a pas que cette espèce de
snobisme, quand même, alors quoi ?
Enfin, bon, perso ça ne me
dérange pas, je serai plus pénard sur les chemins, où l'on ne risquera pas la
bousculade. Plus pénard mais un brin seulabre, quand même, car je ne connais
aucun des gars qui s'inscrivent. En partant je croiserai juste Jean Baptiste du
VTT Nivernais, mais sinon, c'est vraiment pas la population que l'on croise
habituellement, pourtant je ne suis pas plus loin de ma base que bien souvent…
Mais bien qu'en bonne terre nivernaise, je ne me sentirais bien presque pas
chez moi. Zarbi, isn't it ? Les compères z'habituels sont, eux, loin de
leur base ou bien retenus sur une sortie des « Gien-Relax » qui ont
entrepris d'aller rendre visite à Jean-Paul, avec ravito « home
made », histoire d'aller le réconforter en lui montrant comme on est bien
à faire du VTT de ce temps-là... heuh... Tu crois pas que c'est pas un peu
retourner le bazooka dans la plaie ? Aussi un peu, sans doute, mais
il sera content de voir les copains et leur monter ses belles béquilles. On a
testé la sortie, jeudi dernier, avec Michel-Léopold. C'était bien agréable.
Accessoirement, ça me sera utile aussi aujourd'hui d'avoir quelque peu mouliné
cette semaine, pour affronter les collines locales.
Je te disais donc, oui, que les
autres sont r'tenus. Reste que les « Marsus » brillent par leur
absence.Ils seraient tous à St Loup ? Peut-être, mais j'en ai déjà vu
faire cette rando d'Imphy.
En fait, non, ce sont les petits
nouveaux qui montrent l'exemple, nos trois nouveaux « Frapadingues »
tout neufs de la semaine dernière, sont là. Bravo ! Comme je ne veux pas
tarder au départ et que je suis confiant en leurs jeunes guiboles, je pars
devant, en leur donnant rendez-vous pour plus loin et zou !
Deux trois rues pour sortir des
maisons, un pont au-dessus de la nouvelle déviation et l'on entre dans le bois.
Ça n'a pas traîné, en quelques centaines de mètres, on est à pied
d'œuvre ! Et l'on se régale, je te dis ! Parce que non seulement on
roule tout de suite sur du sentier un peu sinueux, sympa question VTT, mais, de
plus, on en prend plein les yeux : on ne parle déjà plus de bourgeons,
mais de feuilles et les sous-bois, encore clairs, sont déjà verts. Le soleil
joue à travers les branches et, s'il fait un peu frais, on sent bien que
bientôt on tombera les manches
et/ou une épaisseur, surtout dès qu'il faut un peu appuyer sur une
petite bosse. Car on ne risque pas l'ennui ou la monotonie : passage près
d'un étang embué de la brume du matin, puis on tourne d'un côté, de l'autre,
on grimpe, descend… Comme je roule seul, je me fais mon rythme, dans tout ça,
sans me sentir non plus esseulé quand même: de toute la rando, on aura
toujours plus ou moins quelqu'un devant ou derrière. C'est sympa sans être du
tout la cohue. Ici ou là on tombe sur une baignoire à sangliers, que l'on évite
en général par une variante dans les feuilles mortes, ou un passage en
équilibre au bord de la flaque. Il faut un peu être attentif, bien sûr, mais ça
n'empêche pas d'admirer le sous-bois, d'être étonné de voir encore épanouies
les petites anémones blanches que l'on avait remarquées à la rando de Pilou.
Elles tiennent un bout de temps dis donc, alors que, si on les cueille, comme
on faisait pour en rapporter à la maman quand j'étais minot, elles sont
fanées avant d'être sorti du bois !
Et puis, voilà le muguet qui
pousse... mais, attends, j'ai pas la berlue ?
J'ai stoppé illico et je
m'areuile : entre les feuilles, ce sont bien les premiers brins de muguets
qui pointent et, tiens-toi bien, les premières clochettes sont ouvertes !!!
Le 10 Avril !!! Que le muguet de jardin soit tôt éclos, passe encore, mais
celui des bois à cette époque, perso, je n'ai jamais vu !
Tu parles que je ne résiste pas
et en cueille un brin pour ma belle, que je place délicastement dans mon Camel : il trônera dans mon
intérieur dès cette aprème !
Tu vois, le muguet, la fraîcheur
des feuilles vertes, les grandes forêts de feuillus, ça, tu ne trouves pas du
côté de Gordes… C'est pas mal non plus.
J'ai continué ma chevauchée
solitaire et, devant, voilà que l'on aborde un passage pour lequel on nous a
mis en garde au départ : une descente très raide et délicate, copieusement
annoncée par des panneaux « danger »… On va voir. C'est vrai qu'il ne
vaut mieux pas trop se lancer au départ car la pente s'accentue de plus en plus
et que, pour corser la chose, c'est assez plein de cailloux roulant sous les
feuilles mortes. Mais bon, bien calé en arrière sur le spad, attentif à la
trajectoire et mesuré sur les freins, ça se passe bien et c'est même plutôt
bien amusant, gaffe quand même en bas, on part à 90° à droite.
Sortie du bois, coup d'œil
circulaire : si on pensait au ravito ? Ben, justement, tout en haut
près des maisons, un groupe, dirait-on. Il va falloir le mériter le
ravitaillement ! Sur un
chemin large, bien dur mais bosselé un max, on grimpe en moulinant petit et
sous le soleil. Comme par hasard, le hameau auquel on accède après tous ces
efforts s'appelle « Chiffort ». Logique ancestrale…
Pendant que je me restaure, au
soleil et après avoir tombé une tenue, arrivent mes trois collègues
néo-Frapadingues et aussi un maillot vert : le Manu du Berry !
On repart tous ensemble à travers
les champs vallonnés en direction de Thiernay, mais, rapidement, on ne se
retrouve plus qu'à deux, Manu et moi : quid des trois autres soudain
disparus ? Ils nous apprendront à l'arrivée qu'une crevaison les a
arrêtés.
Je dis « à l'arrivée »
car ils ne reviendront pas sur nous. Il faut dire que, en me retrouvant seul
avec Manu, je m'interroge : s'il roule, je ne suivrai pas, et je risque de
me retrouver vite cuit si je cherche à le faire, or il nous reste plus de la
moitié du chemin ! Je roule donc peut-être un peu plus que je ne l'aurais
fait seul et je verrai bien…
On se dirige vers « La
Fermeté », par des chemins et petites routes que je reconnais bien
maintenant : on a déjà suivi ce parcours la dernière fois où j'ai roulé
ici. Pas d'ennui pour autant : on a bien failli se faire surprendre, tout
à l'heure, lancés que nous étions dans une petite mais large descente, lorsqu'il
a fallu bifurquer légèrement sur un petit single dans l'herbe, à gauche. Si je
te parle de descente, ça veut dire qu'on a l'équivalent en montées. On se cogne
deux ou trois raidillons bien sentis, dont un qui nous amène ensuite à suivre
une série de « Chemins de Découverte », ponctués de panneaux
explicatifs sur la flore locale. Sympa, Manu, de son côté, roule un peu en
dedans et nous pouvons rester ensemble sur ces beaux chemins, en sous-bois le
plus souvent. Un gué ici, un raidillon dans la caillasse qui contraint tout le
monde à la marche à pied, mais aussi une série de longues descentes assez
douces qui, sans être rectiligne du tout, permettent de passer sur la
plaque pour le plaisir d'être à fond (et monter un peu la moyenne). C'est quand
même une performance pour les traceurs que d'avoir su nous faire rester en
sous-bois les trois quarts du temps sans jamais rouler une fois sur une grande
allée forestière, large et rectiligne et donc, forcément, un peu
ennuyeuse !
Après le deuxième ravito, où nous
retrouvons peu ou prou les mêmes mecs qui ont roulé devant ou derrière nous
depuis le début, le relief s'adoucit un peu. Encore une petite bosse à passer,
sans grosse difficulté, pour quitter les environs de Sauvigny-les-Bois et
retrouver le val de Loire. Quelques passages à couvert, encore, et puis nous
rejoignons un chemin/route qui surplombe la Loire que nous apercevons entre les
arbres sur notre droite. Imphy est là et bientôt nous longeons l'importante
zone des aciéries, pas très bucolique tout ça, mais nous sommes vite arrivés.
On « fait » la sortie de la messe en passant devant l'église
(« Imphy soit-il, je t'ai dit !), pif paf et nous sommes à la salle
d'accueil : pot, tombola et puis voilà. Il n'est pas midi, 40 bornes, D+
de 600m et moyenne correcte d'un peu plus de 15km/h. On discute bien un petit
peu, de droite et de gauche, mais moins que lorsqu'on connaît la moitié des
participants. Encore un p'tit coup rosé ? Amen !
Dimanche prochain :
« la Poyaudine » à Bléneau, organisée, je crois, par le « Pied
Levé » de Lavau. Il y a aussi une rando à « La Guerche » près de
Nevers, pour ceux que tente le Sud. À ce propos, c'est vers le Sud (un peu plus
loin quand même), que je pars quelques jours (avec le spad, évidemment). On se
retrouvera peut-être pour le jour de Pâques (je voyage avec les cloches !)
pour une SEC quelconque, car rien n'est à mon calendrier VTT ce
dimanche-là !
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| mardi 05 avril 2011, a 23:05 |
| Randonnée des baignés |
Bon alors,, comment je vais
commencer ?
Te dire un peu tout bien comme le
printemps, c'est magnifique ! Imagine un peu les chemins secs où les
crampons accrochent bien, les bourgeons qui éclosent justement ces jours-ci,
que t'as envie de te poster le nez dessus à les regarder s'ouvrir et voir les
jeunes feuilles grandir, tellement tout ça va si vite que le temps que tu te
retournes tout a changé ! C'est vrai que ça verdit à une vitesse pas
croyable, pire que Michel-Léopold dans une descente ! (Non, non, c'est pas
lui qui verdit !)
Et pis le soleil et pis, surtout,
les p'tites fleu-fleurs dont au sujet desquelles je t'écrivais déjà la semaine
dernière et pis la clarté de l'air, et pis… et pis…
Qu'est-ce qu'on en a bien
profité! Qu'est ce qu'on s'est régalé! Qu'est ce qu'on était bien, entre
copains, à rouler!..
Vendredi et Samedi…
Parce que Dimanche…
Là, tu vois, si je ne pleure pas
c'est pour ne pas ajouter à l'humidité ambiante… Remarque, ça planterait le
décor aussi !
Bien sûr, on savait… On avait
regardé, écouté, lu tout ce qui comptait de bulletins météo et faut bien dire
que c'était plutôt l'unanimité : la flotte ! Mais quand tu vois que
la veille, il fait si bon, que c'est si sec, tu ne peux t'empêcher d'espérer.
L'espérance, mon vieux, c'est comme les berniques sur les coques de bateau, ça
tient bien. Alors on se disait (aux deux sens : entre nous et à soi-même)
ça ne sera peut-être pas trop fort, genre giboulées qu'on n'a pas eues en mars,
ou bien même, la perturbation aura traîné un peu en chemin et arrivera plus
tard. On supputait (« Ah , tu sues, pute ? » que tu vas me
répondre, tel que je te connais!), on regardait les panaches de la centrale
(celle-là, on la regarde d'un drôle d'œil depuis quequ's temps…), enfin,
l'espoir, quoi… Les plus pessimistes escomptaient quand même que ça
n'arriverait pas sur les coups de sept heures, parce que là… (voit ce que j'en
ai dit la semaine dernière, je crois).
5h 30. Tu parles que je suis
debout, ça fait déjà une plombe que j'ai l'œil ouvert. Je n'ose pas ouvrir les
volets. Mais à l'oreille, ça va. Bon, je regarde : humide bien sûr, mais
rien ne tombe.
Sur le trajet vers Annay, les
essuie-glaces font un aller-retour pour trois gouttes de temps en temps. Rien
de méchant.
À l'arrivée, mes phares balaient
la place du village où deux ou trois voitures de marcheurs attendent. C'est un
peu agaçant, car on n'ouvre les inscriptions qu'à sept heures trente, mais
c'est plutôt bon signe. Je m'équipe (avec imper façon
« Aigoual »quand même), avec mon sac à dos garni de piquets, marteau,
rubalise, bouteille de plâtre (+ une dans le porte-bidon), pochette à flèches
de direction à cheval sur le cadre
et je vais jusqu'à la salle d'accueil qui s'est éclairée. Faut dire que le jour n'est pas levé et
je me demande ce que je vais y voir sur les chemins. Je salue les filles, leur
dit que je pars ouvrir un circuit et je sors…
Au propre (pas pour longtemps)
comme au figuré : c'est la douche !!! Qu'est-ce qu'il tombe !
Au pire moment ! « La Soudure » et « Marmiton » arrivent, je les salue tout en serrant les dents de
rage.
Bon, ben…
Je passe la capuche sur le casque
et démarre. Qu'est-ce que je vais trouver !
Faut que je te dise aussi :
mon spad est chez le Dr Tony pour faire enfin changer l'élément du triangle
arrière fissuré depuis un bail quand même, et Actif-Michel m'a passé son mulet,
tu sais un « Cannondale » quasiment rigide, puisque sans suspension
arrière et en guise de fourche, le pivot de direction un peu télescopique. J'ai
roulé avec, ces derniers jours et, finalement, j'y ai trouvé de
l'agrément : bien réactif, le biclou, bonne géométrie aussi, plaisant bien
que tape-cul, tu t'en doutes. Et puis côté cassette, c'est un peu juste, tu
vois… Du moins pour mon niveau.
La brave bête ne renâcle pas en
traversant les premières rigoles, car tu parles que ça descend le chemin !
Du moins pour ce que j'en vois à travers les lunettes embuées, le rideau de la
pluie et l'obscurité qui ne veut rien céder au jour.
Bon, ce chemin qui monte
au-dessus d'Annay, c'était le seul qui soit pas bien bon encore, que je me
console. Ensuite c'est de l'herbe, pas de boue non plus…. Que j'essaie de me
remonter le moral, tout en vérifiant le balisage. Un peu de pâtre ici et là
mais c'est OK.
Le sous-bois : dans les
feuilles, ça va. Je me reprends à espérer : si ça s'arrêtait maintenant,
il n'y aurait pas trop de mal de fait, comme on dit.
Faut avouer que cette partie de
circuit, on l'a reconnue avec Didier et Claude, en décembre. On l'a défendue
contre ceux qui redoutaient un bourbier puis re-parcourue et, enfin, je l'ai
balisée avant-hier, dans des conditions idéales. « Qu'est-ce qu'ils vont se régaler, ici » que je
me disais comme si j'avais préparé un bon plat pour les copains (alors que ça,
c'est pas trop mon truc, pas vrai ?). Les profondes ornières devenaient un
jeu, un passage un peu technique où il y avait matière à s'amuser. J'avais
trouvé une petite musse sur le côté, façon « variante », et puis dans
le bois, tout à l'heure, j'avais pu prolonger l'allée par un single un peu
improvisé, où nous avions, avec Francis, sécurisé un petit passage un peu
délicat.
Et bien maintenant, même sous
l'averse, je me surprends à y trouver du plaisir, à cette portion. C'est un
petit peu plus glissant, bien sûr, il faudra faire gaffe un peu, mais c'est
jouable. Je me reprends à espérer.
Passage sous l'autoroute :
je rigole (si, si !) : le seul endroit sec du parcours, que je me
dis… Plus loin je sens bien sous les roues que c'est devenu plus collant, mais
je me mens, je mets ça sur le compte du vélo, par exemple. De temps en
temps, je jette un coup d'œil à la montre : les copains sont peut-être
arrivés…huit heures et demie, ils vont monter bientôt sur les vélos…
À l'étang de Marvy, je m'arrête
faire coucou aux cygnes, des cygnes de pluie sans doute, et les remercie de venir faire le spectacle, ça
compensera un peu, du moins pour les marcheurs, parce que, les vététistes, eux,
la flotte dans les yeux en bas d'une belle descente, ils vont surtout faire
gaffe aux énormes flaques qui envahissent le chemin. Pas de signe aux cygnes
sans doute…
La descente est pour moi, une côte, mais
caillouteuse, ça va. En haut, on approche les premières maisons de Neuvy, c'est
là que le balisage a dû souffrir : déjà, hier, en deux heures de temps, ça
avait changé. Dans le haut de l'ancien parc du château (ancien « parcours
de santé » aussi je crois), je replante une ou deux flèches et vois
arriver une silhouette : qui se balade par ce temps ? C'est Francis
qui vient de faire la vérification du bas du secteur. Je dois l'apitoyer, avec
mon harnachement et ma tête de chien mouillé car il m'accueille d'un :
« Ah, Bill, le vieux soldat fidèle !… » qui me fait plaisir,
malgré le « vieux », superflu à mon avis, mais qui m'évoque le vieux
hussard du père Hugo, poème qu'on a tous dû apprendre durant notre période
scolaire, célèbre avec son fameux « Caramba ! ».
Bon, j'en ai presque fini de mon
secteur et je passe à la salle polyvalente de Neuvy, lieu principal de
ravitaillement du jour. On va en apprécier l'abri aujourd'hui, même si ça nous
a causé de sacrés problèmes de fléchage en ville !
J'arrive aux nouvelles, car,
isolé sur mon parcours, je ne sais rien de ce qui se passe. Tous sont
tip-top ; les plateaux avec les piles de mini-sandwiches calibrés et
rangés, les gobelets alignés les assiettes de fruits secs... Ils peuvent voir
venir ! D'ailleurs « Pharmaton », d'expérience, dit :
« Pour le moment il y a deux ou trois personnes, mais tout à l'heure les marcheurs vont arriver
comme des sauterelles… »
Il faut dire que les portables
passent mal, ou pas du tout, ici…
Comme je pense rentrer à la base,
arrivent les deux z'Éric de « Gien-Relax », ça fait plaisir.
Ils m'annoncent Michel-Léopold, Pierre et Christian. Je les attends et les
remercie d'avoir bravé les éléments. Quasiment venir de Montargis pour Pierre,
pour rouler de ce temps.. C'est vraiment sympa ! Ils compatissent, étant
bien placés pour comprendre notre désillusion. On blague quand même :
finalement, ce sont eux qui ont le pire, en roulant aujourd'hui, vu que nous, on
a roulé par beau temps hier…Ça fait drôle de les voir repartir sans rouler avec
eux. En me goupillant mieux, peut-être que j'aurais pu…
Mais il y a sûrement à faire. Je
rentre à la salle d'Annay, en croisant des gars sur le vélo qui partent à près
de 9h 30. Sont pas rentrés dis donc !
C'est sur place que je réalise
l'ampleur du drame : il peut les attendre de pied ferme, ses
sauterelles, le « Pharmaton » ! On ne fait pas le tiers des
participants de l'an passé ! Eh ben…Et puis, coup de masse, voilà « Pieds
Nus » qui arrive, crotté bien sûr : « Il y a toute une bande de
Quads qui vient de passer sur le chemin, dans le bois après l'autoroute, ils
ont tout défoncé ! » . Oh non ! MON chemin ! Manquait plus
que ça !
C'est sûr que, du coup, on ne court pas partout : pas de
souci d'accueil, de ravitos à approvisionner etc… Je tâche de reprendre une
figure un peu plus humaine en me nettoyant un minimum et me changeant (pas de
douche ici).
Bon, et ben, moins il y a de
monde, plus on se doit de soigner ceux qui sont venus. Tous ceux qui passent la
porte du retour sont accueillis comme s'ils avaient traversé l'Atlantique à la
nage, au moins, et l'on s'empresse autour d'eux, pot, sac garni de beignets,
conversation… Même Madame le Maire d'Annay participe à l'accueil.
Je retourne (en voiture) jusqu'au
ravito. On gaverait bien tous ceux qui y passent. On ne risque pas de
manquer. Coup de bol, j'y retrouve mes équipiers qui reviennent de la
boucle du Cher. Arrivent aussi Actif-Michel et Anne qui, en raison de la visite
de copains, les ont amenés faire la marche… Z'étaient vraiment partants les
copains, ou c'était menu imposé ? Du coup Noëlle a marché avec eux. Bien
sympa tout ça…
Comme ils repartent, je cours
faire quelques photos dans la partie un peu technique du parc du château. Et
puis retour à la base. On rangeotte déjà un peu et puis, surtout, on assure
l'accueil, comme je t'ai dit. Nous, on remercie, et l'on nous console :
« Mais si, c'était bien » que certains arrivent à dire
« pas si terrible que ça… C'est à peine s'il a plu.. tout juste un
peu glissant…», « Et puis les p'tites feuilles, les fleurs, les cygnes...
(Ah ? Tiens ?) ». Et puis sais-tu ? On gagne trois nouveaux
adhérents… c'que c'est quand même !
On se rend bien compte quand même
que beaucoup sont venus pour nous, par amitié, et ça fait du bien. Alors on trinque. Et l'on retrinque
etc…Tu sais que c'est technique aussi l'accueil ? Glissant, oui…
Et puis la salle se vide un peu,
les gens des ravitos rapportent les surplus, on trinque encore en attendant
deux ou trois improbables, photos pour le journal et l'on met la table, parce que, quoi, faut se
remonter un peu, non ?
Curieusement beaucoup rentrent à
la maison, et l'on ne reste qu'une dizaine. Comme on va passer aux choses
sérieuses (l'apéro par exemple), voilà deux vététistes tout crottés qui
s'annoncent. Il est 13h 30 ! Jacquy avait bien dit avoir vu sur le grand
circuit deux gars de Montargis…
En fait, ils sont de Lorris et
c'est Michel-Léopold qui les a informés de notre rando !
Et ben les gars !
Chapeau ! Ceux-là ils ne doivent pas craindre grand-chose, je te dis, moi !
Bien sûr, il faut arroser ça,
et puis aussi les nouveaux adhérents … Côté arrosage, c'est le jour, il faut
dire !
Alors l'ambiance est plutôt sympa
lors du petit mangement. Et la lecture commentée que je fais des appréciations
et mots gentils que j'ai recueillis (presque de force !) sur le Livre
d'Or, donne l'occasion (on en avait besoin) de bonnes rigolades.
Finalement, dans la salle,
maintenant, je vais te dire : il fait très beau !
Bis repetita… dimanche
prochain ? Je t'assure que, la météo est moins folichonne dimanche que les
jours de part et d'autre. On va pas remettre ça quand même ! On verra à
Imphy (20 et 40km) mais il y a aussi une « Rando de Printemps »
à St Loup (juste à côté de Cosne) avec un petit 23 km (8h 30 au foyer). Les « Frapadingues »
sont sans doute capables d'allonger la sauce à volonté, parce qu'il y en aura
eu plus qu'il ne fallait, dimanche dernier… de la sauce ! |
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| mardi 29 mars 2011, a 15:39 |
| Chez Riton le quatrième, pas de poule, mais du pot ! |
Sais-tu que j'ai une petite goutte de sueur qui me coule
le long de la colonne vertébrale en arrivant au stade
d'Henrichemont ?
Personne ! Une voiture seulement et, devant moi, Pieds-Nus qui se
gare justement. Je me serais trompé ? J'aurais envoyé les copains sur une
rando qui n'avait pas lieu, les poussant ainsi, qui plus est, à se lever matin
le jour où la nuit (si l'on ose dire) a été plus courte, du fait du
passage à l'heure d'été ? Je culpabilise à mort et m'enquiers au plus vite
auprès de la dame qui semble arriver aussi. Elle me rassure en nous disant
qu'elle est venue donner un coup de main. Donc ça doit bien avoir lieu, et,
même si Pieds Nus affirme que les organisateurs d'ici ne sont jamais très en
avance, à huit heures, quand même…Car il n'y a aucune animation…
Mon téléphone m'appelle :
c'est Michel-Léopold qui nous donne la clé du mystère. Le lieu d'accueil a
changé et se trouve non plus côté gymnase, mais à l'autre bout du stade, près
de baraques modulaires. Nous l'apercevons tout là-bas nous faire de grands
signes. Ouf ! Heureusement que ma voiture est repérable !
Changement de parking, où ce
n'est d'ailleurs pas la crise du logement, même si ça arrive régulièrement. Il
est vrai que la randonnée est exclusivement pour les vététistes et que ceux-ci arrivent rarement
(surtout ce matin !) avant huit heures (sauf, Pieds Nus qui est là, donc
et Pilou, qui, lui décompresse après un an de stress, pas loin).
Je vais te dire : on est le
nez sur le ciel. Car la météo annoncée pour de ce dimanche matin était
franchement exécrable : rien moins que la flotte malgré une belle douceur,
rageant après la semaine de vrai printemps que nous venions d'avoir ! Et
ben, mon vieux, pas une goutte ! Même les averses de la veille, car il y
en a eu, semblent avoir épargné la ville de Sully. Le pot, non?
Alors quoi, Sully ou Henri
IV ? Ben, c'est Sully qui a
fait construire ex nihilo cette petite ville au plan symétrique, aux rues qui
se coupent à angle droit, et l'a dédiée à son roi, d'où le nom de « mont
d'Henri »et celui de « Ronde de Sully » de la rando du
jour. Woilà ! Tu te sens plus riche (mont), culturellement parlant,
j'espère ? Mais je t'en remettrai une petite couche tout à l'heure, tu ne
perds rien pour attendre.
Inscriptions, quelques
discussions autour du café. C'est bien, le café de départ, tu sais, Pilou, ça
permet d'attendre ceux qui se préparent, de se regrouper, d'échanger aussi avec
les copains et autres connaissances avec qui l'on ne va pas forcément rouler. Finalement
c'est encore au départ que l'on a le plus de chance de voir tout le monde.
L'arrivée se fera selon le circuit choisi ou l'allure menée au long de la
sortie…
Discussions donc où l'on commente
la dernière sortie, on raconte Donzy, on se fait raconter les Coteaux de
Morogues, avec des passages boueux qui ont surpris organisateurs et
participants.
Ben, justement, si on ne traînait
pas ? Pour le moment il fait vraiment bon. D'ailleurs, on commence à
adapter l'équipement mais, vu ce qui est annoncé, plus on roulera tôt, moins on
aura à en faire sous la flotte !
Comme nous quittons le stade, nous faisons un arrêt près d'un équipage pas ordinaire, comme tu peux voir, tu le reconnaîtras peut-être. Nous y croisons le Manu du Berry qui arrive. Il promet de nous rattraper et l'on
peut lui faire confiance !
D'ailleurs c'est tout juste si on
peut parler de groupe, vu que notre formation s'est réduite aujourd'hui à un
trio ! Pieds-Nus, Michel-Léopold et ma pomme ! Ben et les autres ? Jean-Paul n'est
pas là évidemment, Maurice soigne encore son genou, Actif et Anne partis en
Auvergne, Pierre retenu, du coup Christian n'a pas fait le
voyage ! Ça a fondu avec la douceur de la saison, dirait-on. Les
« Abeilles » sont en « Transcoralie » et les « Marsus
» sans doute à Bouhy…
Allez, roule !
On contourne Henrichemont par le
bas, côté Ouest, vers Boisbelle. À ce propos, Pieds Nus, qui regarde autour de
lui, m'a glissé tout à l'heure : « Eh, t'as vu les panneaux qui
parlent de la Principauté de Boisbelle » ? Faut en parler dans le
blog ! »
Donc, deuxième page
culturelle : la Principauté de Boisbelle occupait autrefois, en
gros, le territoire des communes d'Henrichemont, Achères, Quantilly et, en
partie, de Menetou-Salon, ses habitants étaient exemptés de taxes au royaume,
comme quoi les paradis fiscaux ça ne date pas d'aujourd'hui... Mais pourtant ça
n'a pas duré autant que les contributions, tu t'en doutes.Toujours est-il que
l'origine du nom "Boisbelle" viendrait du bon roi Henri qui, souhaitant se
désaltérer à une fontaine, et
toujours sensible au beau sexe, se serait effacé devant une jeune
bergère en lui disant : « Bois, Belle ! », la fontaine
aurait gardé ce nom. Si la jeune bergère passa ou non ensuite à la casserole
du Vert Galant n'est pas dit dans la chanson, mais c'est peut-être aussi
l'origine de la « poule au Pot » non ?
Bon, on parle un peu VTT, parce
que quoi, quand même…
Hé, c'est parce que Pieds Nus…
Pis tiens, justement, c'est pas fait exprès, (on suit le circuit) eh ben, on
passe juste devant la fameuse fontaine… si, si, donc râle pas, c'est le
parcours !
On est donc partis sur le schéma
de base de la « Ronde de Sully » une boucle qui, en gros, va des Bois
de la Borne (tiens, justement, "la Borne", c'était la limite de la fameuse
principauté, d'où le nom du patelin… oui, oui, j'arrête !) jusqu'à l'autre
colline allongée parallèlement à la première qui porte les bois de
Sens-Beaujeu, en traversant le large val de l'étang de Morue, avec retour dans
l'autre sens, un peu plus loin. Un parcours en général bien sympa, dans un site
vraiment joli. Aujourd'hui, on le fait dans le sens des aiguilles d'une montre,
c'est peut-être la meilleure option.
Alors, tout ça bien sûr se fait
avec variantes selon les années et les traceurs te trouvent toujours, ici et
là, de quoi te dépayser. Il y a tellement de chemins sympas dans le coin !
Justement, tu vois, je ne
reconnais pas tout à fait les chemins que nous parcourons, mais toujours est-il
qu'ils sont larges, pas trop techniques et SECS de chez secs. Un vrai
régal ! Le seul point technique est de ne pas se faire enfermer dans
les roins durcis, mais on connaît. Les roins durcis, ça ne fait pas si
longtemps, c'était dû au gel ! Ça a drôlement changé en pas
longtemps ! Pas de difficulté particulière, on roule pas mal tous les
trois, du moins j'ai l'impression, parce que le Manu du Berry nous a rattrapés,
tôt fait ! Ce qui relativise l'impression que j'ai. Mais je n'ai pas
l'intention de me crever la paillasse : on est partis pour 45 km et, même
si, pour le moment, c'est assez cool, on aura, c'est sûr, deux trois occasions
de puiser dans les réserves.
D'ailleurs je me demande si ça ne
va pas bientôt se concrétiser parce que voilà que notre parcours s'incurve et
qu'on se retrouve avec l'antenne TV en point de mire, là-haut sur sa colline.
On n'a pas la carte du parcours, mais on a étudié ça de près avant de partir
et, normalement, la grimpette aux « Poteries », c'est pour le retour.
Pour le moment, on se contente de parcourir les orées de bois, quelques friches
où nous dérangeons deux trois chevreuils,
des sous-bois piqués d'anémones blanches. D'ailleurs le printemps
est au boulot et ça y va ! Les coucous sont déjà fleuris sur les talus,
les primevères garnissent les pelouses, toutes les haies se couvrent de blanc,
seul moment où ces damnées épines noires, si redoutables, ont un côté un peu
sympathique, et, si les forêts sont encore brunes, on voit bien déjà qu'un
brouillard vert y gagne. Bref, on se régale !
On peut pas en dire autant au
niveau du ravito : c'est correct mais un peu limité. J'en profite pour
demander le numéro de téléphone de l'organisation que nous avons bêtement
oublié de noter au départ (et, malheureusement, on a vu combien c'était
indispensable !), et ben, je n'ai pas de réponse… Curieux et moyen moins,
je trouve…
Une toute petite route tranquille
nous conduit au « Sanglier ». C'est un tout petit hameau, où vivent
des gens amoureux de tranquillité : le coin est vraiment chouette, en lisière
d'un bois où poussent les jonquilles et, au mois de mai, le muguet. On y
franchit un petit ruisseau qui s'y prend pour une rivière en s'étalant et y
prenant son temps. Pas étonnant que la rando pédestre organisée aujourd'hui à
partir de Neuilly-en-Sancerre ait choisi d'amener ses participants par ici.
Nous commençons à les croiser.
Sur un chemin caillouteux à souhait, on gagne, sur le plat,
l'étang de Morue. Voilà encore un endroit où il ferait bon se poser un instant.
Comme nous croisons une marcheuse de ma connaissance, je m'arrête pour une
bise, escomptant que mes
collègues s'arrêteront et
que, du coup, je pourrai faire une belle photo sur fond d'étang… Mais j't'en
fiche ! Ils ont continué et, comme de bien entendu, c'est à partir de
maintenant que l'on commence la remontée de l'autre côté, vers les bois de
Sens-Beaujeu, pour quitter la Plaine de Morue. Car ça sent la Morue autant que
dans la chanson de Brel : un hameau sur deux porte ce nom dans le
val : deux « Morue » + une « Ferme de Morue » + un
« Moulin de Morue » ! Bonjour le boulot du facteur ! Et je
ne sais pas d'où vient ce nom, quelqu'un peut me le dire ? (remarque, tu
sais qu'il y a aussi un hameau qui s'appelle « Les Poissons » ?
Si, je t'assure, un peu plus vers Neuilly).
Toujours est-il que mes trois
acolytes sont devant moi, à une centaine de mètres : je n'ai bien sûr
aucune chance de les rejoindre durant la montée, alors c'est inutile de forcer
bêtement. On passe aux Girardins
(non, ça ne s'appelle pas « Morue », mais on est déjà un peu
plus haut…) où un bien beau ravitaillement attend… les marcheurs de l'autre
rando !.
On s'élève assez doucement :
l'abord des hauteurs de Sens-Beaujeu par ce côté-là est beaucoup plus aisé que
dans l'autre sens par exemple, du côté des « Petits ». Mais bon, faut
appuyer sur les pédales d'un côté et de l'autre, et recommencer ainsi de suite
consciencieusement quand même ! Michel doit m'attendre un peu, car il me
semble revenir doucement sur lui et il a laissé partir devant Manu et Pieds
Nus. Nous terminons la montée ensemble et, lorsque nous atteignons la voie
forestière toute droite qui suit, un peu en dessous, la ligne de hauteur
jusqu'au-dessus des « Petits », nos deux lascars disparaissent au
bout.
Du coup, nous roulons à notre main, conscients qu'il faut
en garder sous la pédale, mais quand même ! Par exemple, la longue
descente vers les « Petits » et au-delà jusqu'à la route
de Neuilly, on ne va pas manquer ça ! Il y a juste un petit replat qui
permet le coup d'œil sur le panorama de tout le val et de la Motte d'Humbligy, qu'il faut
marquer, même furtivement, et l'on repart… pas si à fond que l'on aimerait,
car les marcheurs viennent dans l'autre sens, alors…
Un petit bout de chemin et l'on
retrouve une petite route qui va nous permettre de remonter vers « Les
Poteries », le hameau qui se situe quasiment au pied du relais TV dominant
la région. Une bonne grimpette, qui s'accentue peu à peu jusqu'au sortir du
hameau. Après tout, le fait de suivre une route adoucit l'épreuve. De toute
façon, il n'y a pas grand-chose d'autre pour monter là-haut. On quitte la route
pour continuer à monter dans la forêt derrière le hameau, en passant juste
au-dessus d'un lieu pas ordinaire : il s'agit de la
« Cathédrale » de Jean Linard, potier-sculpteur, artiste polymorphe
comme on dit, qu'il avait édifiée autour de sa demeure. Le lieu impose
l'arrêt-photo bien sûr ! Puis nous continuons à monter, sans excès mais
régulièrement : on arrive ainsi au point culminant, à un ou deux mètres
près. Il paraît (faudrait vérifier) que c'est le plus haut point du quart
Nord-Ouest de la France… En tout cas le chemin en sous-bois est superbe et je
n'en finis pas de pleurer de joie de rouler sur un sol sec… non, tu crois que
c'est l'air qui passe derrière les lunettes ? Ah bon…
Une fois là-haut, cherche pas sur
la carte : le coin est farci de petits chemins et sentiers qui n'y
figurent pas et que nous avons tous parcourus lors des randos des Aix ou
d'Henrichemont. Comme on est plutôt profil descendant, on s'amuse comme des
fous à filer entre les houx (les Bois de la Borne en sont pleins). On
tourne-vire pour arriver finalement aux "Pellets" : deuxième ravito et l'on
continue vers le village de « La Borne » que l'on contourne par un
joli sentier, bien des fois parcouru aussi, mais où j'ai la petite satisfaction
de passer près d'une maison dont le jardin est un très coloré tapis de
primevères, et que l'on connaît pour la raison que j'évoquais tout de suite.
Passage de la route et, de nouveau, série de pifs-pafs sur
des chemins en sous-bois sur un profil évidemment en faux-plat
descendant : on se sent costaud là-dessus ! On repasse la route (au
fer réglé sur 4, 5, pas plus !) et l'on finit par arriver, par la route
des Aix, en vue de l'entrée
d'Henrichemont : joli site du Lac aux Fées, puis détour par un petit
chemin qui nous amène direct au
stade : on a failli sentir l'odeur du boudin avant d'arriver ! En
tout cas il était temps : quelques gouttes semblent précéder une petite
pluie (annoncée et redoutée) qui nous laissera le temps de profiter à loisir
d'une table d'accueil, cette fois-ci particulièrement soignée (et encore, on ne
participera pas à l'apéro-récompenses, à l'intérieur, qui
semblait attendre les officiels).
Je t'assure que cette rando était
vraiment plaisante. Les presque 45 km se sont bouclés bien avant midi, avec une
moyenne honorable et malgré un
dénivelé de plus de 650 m, respectable, non ? Et sans être, à l'arrivée,
et comme il arrive parfois, complètement cuit (comme la fameuse poule au
pot) !
Je ne sais pas si on réussira à te proposer aussi bien (on a
le cadre qu'on peut, ou alors il faut délocaliser) pour la «Rando des
Beignets » des Frapadingues, dimanche prochain 3 avril… En tout cas
on t'attend à partir de 7 h 30 à la salle des fêtes d'Annay !
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| mardi 22 mars 2011, a 14:58 |
| Donzy, et outre …cool, en Père Roi sans se faire Ciez, quoi ! |
Ouf ! Enfin, je l'ai eu mon château dans la collec'
que nous fait Pilou au fil des
ans, au fil du « Zan », oui, cette espèce de réglisse en ruban noir,
ça valait bien les « Mistral gagnant », non ?
Mais stop : me voilà déjà, à froid comme ça, à te
jouer du violon nostalgique, hé... on n'est pas encore partis !!
D'ailleurs, il faut déjà gratter le pare-brise, avant de
partir ce matin, parce que, équinoxe ou pas, même si le « Printemps
revient » (« La la lalalala »… bon, arrête la guitare bon
sang !…Va falloir que je me surveille, to day !). Euh…Oui, ça ne fait
pas vraiment chaud du côté du petit vent d'Est, même si on a un ciel superbe.
Toujours est-il que Actif-Michel et Anne ont revêtu la tenue hivernale façon
« Neiges d'antan » et qu'on en fait presque tous autant…qui n'emporte
pas le vent, hélas !... (s'cuse, ça m'est sorti comme ça, sur le clavier)
Tous, car on est un paquet ! J'avais un peu prévu le coup et étais
arrivé de bonne heure, sachant que j'aurais pas mal de mains à serrer mais je
n'avais pas prévu de croiser un copain qu'on m'avait dit un pied dans la tombe
à l'automne. Choc !
Enfin avec tout ça, c'est tout juste si je suis dans
l'étang, euh… dans les temps, oui. Dommage quand même que le Pilou, il ne
prévoie pas un ch'tiot café pour avant de partir, ce matin ce serait bien venu.
Ça permettrait de croiser un peu plus longuement les copains : il y a par
exemple une dizaine de « Marsus » aujourd'hui, joli score, mais qui
partent en petits groupes. Attends que je te recense notre peloton :
Christian et Pierre, sans Maurice qui soigne son genou, Manu de Paris qu'on
voit trop rarement, Anne et Michel je t'ai dit et puis Michel-Léopold avec une
brochette d' « abeilles » de Gien-Relax : Dudu, Pascal et
The Président Lionel, arrivé au moment où on allait se mettre
en action…Manque Jean-Paul, évidemment…
C'est pour ça que l'on part si vite ? Le temps pour
moi, de régler rapidement un léger souci de dérailleur et les voilà tous en
haut de la première petite côte, et qu'il me faut m'essouffler, à froid, pour
essayer de les rejoindre ! Heureusement qu'une brève erreur de direction
se produit pour m'aider.
Question tracé, il démarre fort aussi, le Pilou : tu
crois qu'on aurait pu suivre la vallée de la Talvane, tranquillou ?
Penses-tu ! On est partis au-dessus de Donzy, par là derrière le collège
et le château, que le clocher semble déjà en dessous de nous et puis, petit
single ici et là et l'on regrimpe par une allée privée vers un petit château
que je n'avais jamais vu ; Il l'a fait construire quand celui-là, exprès
pour l'occasion ?
On est redescendus et l'on remonte maintenant, cette fois
pour passer au ras des ruines superbes de l'abbaye de l'Épau, tu sais celles
qui ornaient les étiquettes des « coulommiers » fabriqués à la
laiterie de Couloutre. On les voyait à peine émerger des arbres à l'époque, de
quoi rêver, imaginer toutes les « fêtes étranges » Grand Maulniennes…
Quoi, j'ai dérapé ? Ah mon vieux, faut t'y faire, aujourd'hui on roule sur
les chemins de l'enfance alors, c'est la faute à Pilou aussi, je t'assure qu'il
a joué dessus, tu vas voir !
N'empêche que l'Abbaye de l'Épau, présenté sur son petit
tertre et illuminé par le soleil matinal mériterait bien un petit arrêt, mais
bon, t'as vu l'heure ? On démarre à peine…Pourtant, le proprio avait
organisé, tout seul comme ça, un petit ravito sauvage, sympa, non ? On ne
s'est pas arrêté non plus...
Retour sur le chemin classique qui remonte doucement le
val de la Talvane. Bon, cool… et ben,
non ! On s'écarte soudain pour monter dans le bois, sur la gauche, pour
faire plus qu'un petit crochet.
Comment nous a-t-il trouvé ça, le Pilou ? Jamais fait
encore ! Chouette…
Je m'imaginais qu'on allait tout de suite basculer de
l'autre côté. Mais non, le sentier redescend un peu, histoire de retrouver
les vieux lavoirs du bord de la Talvane. Le groupe commence à s'égrener quelque
peu, sur ces coups-là et heureusement que, un peu plus loin alors qu'on est à
nouveau remontés sur le côté de la vallée, d'une part Manu se trompe de route
et d'autre part, Christian crève. On souffle et l'on se regroupe, alors que
Christian, pour mettre l'ambiance, nous dit : « On est en train
de suivre le même scénario que la
semaine dernière… » Euh, on ne pense qu'à ça, c'est sûr, mais de là à en
rajouter !.. Il faut bien faire sortir ses angoisses après tout…
Cette fois-ci on grimpe pour de bon. Sur le bitume
d'abord, puis en sous-bois, on va s'élever d'un coup de près de 200 m :
aux « Péniciaux », on
peine, et à « La Montagne » on monte… heureusement, on va bientôt
couler doucement vers Couloutre. Car on est maintenant proche du point
culminant du coin entre 350 et 400m, dans les bois de Couloutre… Je ne vais pas
te parler des affouages, quand on courrait entre les stères de bois et les
troncs abattus pour évaluer les lots attribués aux habitants, avec le conseil
municipal, le casse-croûte ou le repas en forêt, apportés par le boulanger, où,
bien sûr, il n'y avait pas autre chose que du pinard à boire !
Je distingue,
à travers l'orée du bois, les maisons de « Bouillant » et du
« Four aux Prêtres », que l'on découvre en sortant du couvert des
arbres. Dans son petit vallon, là-bas, le château où nous avons rendez-vous
pour le ravito. Il en faisait une tête le Pilou quand, à l'automne, je lui ai dit que les
« Coteaux de Morogues » avaient été fixés le même jour que Sa
rando ! De crainte que je ne lui fasse faux-bond, il m'avait dévoilé
qu'enfin, il avait réussi à nous faire passer par le château de Couloutre. Je
ne pouvais pas ne pas être là ! Ça aurait été ma fête !
Remarque, tu vas voir, c'est un peu ce qui m'attend…
Depuis cette arrivée au-dessus de mon village, dont le
clocher se distingue à peine là-bas, il me trotte dans la tête :
« Mais quand reverrai-je de mon petit village / Fumer la cheminée et en
quelle saison ? »…Je me sens tous sens en éveil : je tâche d'en
percevoir le maximum et, d'abord, par où va-t-on arriver ? Bien sûr, j'ai
couru, joué, roulé (et oui, du VTT déjà) dans ces bois, mais, réflexion faite,
on ne s'aventurait pas tant que ça hors de nos coins connus. Il y avait pour
nous de grandes zones de « terra incognita », finalement…
En tout cas, cette grande allée forestière ne me dit rien
du tout, mais existait-elle jadis ?
Puis, soudain, on bifurque en descendant à gauche et,
brusquement, c'est comme une image que l'on met au point : là, à gauche,
il y a sûrement encore le cul de basse-fosse d'une vieille tour médiévale et
puis là, à droite, si on fait cent mètres, on doit trouver cette espèce de fossé
circulaire qui ceignait une butte assez haute qu'on escaladait à quatre pattes,
et où se jouaient de sacrées batailles… Une motte castrale, tu crois ? Les
restes d'une tour effondrée ? Je n'ai jamais su… Mais j'aimerais y courir… Attendez-moi, Alain, Pierrot, Daniel,
Jack et les autres, j'arrive !!!
On débouche entre le vieux château, une ferme alors, et
l'édifice plus récent, encore baigné de ses douves décoratives. Pour accéder au
ravitaillement, il suffit de passer le pont (…« c'est tout de suiteu
l'aventure… » pom pom, pom pom…) sur les susdites douves, les tables sont
dressées au soleil, devant la porte, ça donne tout de suite un air
« garden party chez Madââme la Barooone », n'est-ce
pas ?.. Là-dessus retentit un carillon très... carillonnant, quoi,
notes claires et belles, c'est quoi ça ? Un peu sur le qui vive (un pied
sur le qui vive, un pied sur le pont), je redoute quelque facétie de Pilou…
mais non, à deuxième vue, il s'agit de l'heure de l'office pour la communauté
traditionaliste qui réside en ces lieux, le clocher-campanile non plus que les
cloches n'existaient pas d'mon temps…
Par contre, côté facéties, le Pilou s'est lâché : je
tombe sur un écriteau avec ma trombine et des extraits choisis de ce blog,
parlant de mon souhait de passer un jour ici pour une rando. Un autre,
accroché à la porte d'une des tourelles, me demande de m'exécuter dans
l'exercice qui consiste à faire tournoyer une laitière en alu (pleine et sans
bouchon bien sûr) sans laisser échapper son contenu. La laitière en question
m'attend juste en dessous. Je suis époustouflé de ce que dont est capable le
Pilou ! Force m'est de m'y coller, bien sûr, aux risques et périls des
assistants. Mais le geste, au demeurant pas bien compliqué, ne s'oublie pas et
la laitière joue bientôt les pales d'hélicoptère. Et je dois répéter l'opération deux ou trois fois pour les
uns ou les autres. De plus, comme
je me faufile à l'intérieur pour y jeter un coup d'œil, c'est à peine si j'ai
le temps de me sustenter. Il faut déjà repartir : c'est vrai que cette
première partie nous a pris du temps, nous sommes loin d'avoir moitié fait.
Nous quittons le site en passant près de cette espèce de
bâtiment circulaire que nous appelions le pigeonnier, une chapelle peut-être,
plutôt, et que l'on dirait retapé. Tout cela mériterait de s'attarder un peu,
ou plutôt de revenir. Passons près de la ferme, Ma maison d'école, Mon clocher
et descendons vers le Nohain… Tout à tourner la tête en tous sens, je traîne en
arrière, juste accompagné de Manu à qui je ne peux m'empêcher de seriner
bêtement : « Dis donc, là c'était....etc… ». Mais Pilou m'a
devancé ! Dans la brève côte de la « Rue Creux », un nouvel
écriteau, du même tonneau que les précédents, avec, cette fois, un extrait où
je racontais mes efforts sur mon petit vélo, bleu déjà, dans cette côte
peut-être (et même certainement).
Il faut s'extraire de la vallée du Nohain et nous
continuons de grimper un peu en laissant la ferme de Montaubri à droite. En
passant près d'un bosquet, nouvelle pancarte narrant un épisode où il était
question de faire tourner (la tête d')une (jeune) laitière (à
jupons !)…Eh, Pilou ! Elle est où, cette fois-ci, la laitière,
que je puisse aussi recommencer ?
Il est temps de quitter le territoire de la commune !
Nous traversons des champs dégagés où l'on sent bien, de
face, le petit vent d'Est, plus gênant que vraiment froid. En point de mire : le site de la
carrière de Jussy, dont nous apercevons depuis un moment la saignée blanche
dans la végétation. Nous y montons peu à peu et le vent contraire ne m'aide pas
à suivre le groupe qui s'est d'ailleurs considérablement allégé :Pierre et
Anne ont bifurqué sur le 35, mais où ? Occupé en arrière, je n'ai rien vu.
Pascal à dû rouler devant, restent Christian, qui disparaît là-bas au loin,
Dudu, Lionel qui, avec Michel-Léopold et Manu me devancent un peu, et derrière
lesquels je fais l'élastique, selon la pente et puis Actif-Michel, qui n'est
pas plus à la fête que moi. Comme nous abordons la carrière, nous choisissons
sans hésiter le tracé qui en fait le tour.Je sais, par un passage ici avec
Pilou en juillet, je crois, que l'arrêt vaut le coup. Nous posons les vélos à
un endroit qui nous permet de franchir la clôture pour nous approcher du
précipice (c'en est un !) et d'embrasser du regard l'ensemble qui évoque
le Colorado ou quelque planète désolée. Michel-Léopold est à son affaire,
familier des lieux qu'il a été, de par son boulot dans les BTP. Photos puis
"dépattage" des pieds pour rechausser les pédales !
Nous étions au point culminant de cette deuxième partie du
parcours. Cette fois nous revenons vers Donzy, accompagnés, un bref moment, par
le « Barbu », des Frapadingues, qui vient de nous rejoindre. Nous
roulons toujours à travers de grands champs, mais, cette- fois-ci, le vent dans
le dos. Et comme c'est roulant (chemins bien secs ou petites routes) nous
avançons bien. Enfin, moi je trouve, parce que je tire un peu la langue alors
que Dudu et Lionel partent devant ! Lors des passages sur le bitume, nous évoquons le souvenir de la chute
de Jean-Paul... du moins aujourd'hui n'est-ce pas mouillé !
Un hameau, un autre… j'avais un bon copain de collège ici…
jamais revu…
Une grosse ferme et, derrière, le château de la Garde,
dont le propriétaire, conseiller général, remet son mandat en jeu aujourd'hui.
Nous traversons le parc et admirons la bâtisse et la chapelle tout éclairées de
soleil.
Le village de Perroy, puis nous filons le long du Nohain
vers le château de la Motte-Josserand. Nous contournons sans nous y arrêter la
massive et impressionnante forteresse médiévale où Pilou, il y a déjà au moins
six ans, avait organisé un ravito. Une petite montée qui tire sur les pattes,
puis passage de l'ancienne voie ferrée et, de nouveau, la petite route.
Maintenant Donzy est à côté, mais je freine Michel dans son élan :
connaissant Pilou, on devrait prendre à gauche pour traverser la cour de ferme
et monter au-dessus pour arriver par le vieux Donzy… Bien parié : il nous
faut, une ultime fois, solliciter nos mollets, ce qui est fatal à ceux
d'Actif-Michel que les crampes guettaient : il ne nous suivra pas sur
l'option « réservée aux vététistes avertis » dont Pilou nous a
gratifiés en final. Un petit
single le long de clôtures et surplombant immédiatement l'eau du Nohain. Faut
pas se rater, mais, comme dit Manu, il est des coins où ce type de passage
constitue l'essentiel de la rando ! Reste que le passage est pittoresque à
souhait avec ses arrières de maisons dont le luxe était un lavoir intégré à la
construction !
Nous déboulons juste devant l'école et retrouvons tout le
monde dans la cour. Pot, grignotages, heure des bilans : 45 km, D+ de
550m, 115 vététistes (un peu plus que de marcheurs c'est rare !). On félicite les organisateurs et Pilou qui a repéré et balisé seul
tous les circuits et l'on commente largement sans oublier de passer chercher
son lot à la tombola : cela va du sac de voyage au pâté de canard, en
passant par casquettes et T-shirts, mais certains se voient gratifier d'un CD
de Johnny ! Ben… s'il s'agissait de tubes des années soixante, ça aurait
été la cerise sur le gâteau, moi qui twistais alors sur les chansons de l'idole
des jeunes… Mais il aurait peut-être fallu, là aussi, que je fasse une
démonstration !
Dimanche, Henrichemont pour la « Ronde de
Sully » ou bien Bouhy pour une rando ponctuée de crêpes que nous avons
connue en Janvier, époque où, presque systématiquement, nous avons dû affronter
la neige. Épique ! Espérons que ce ne sera pas le cas encore mais, que ce
soit à Bouhy ou à Henrichemenont, il faut prévoir quelques bonnes
grimpettes !
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| mercredi 16 mars 2011, a 20:00 |
| Argent : chute du cours ! |
Encore une sortie sous la pluie, quel pas de bol après
cette semaine si printanière ! Je trouve même que, dans les nombreux
virages entre Cosne et Vailly, il y aurait bien parfois un peu de flou dans la
direction, sur le goudron humide. Mais bon, tranquillou, j'arrive bien avant 8
h devant la belle salle des fêtes d'Argent. Des marcheurs, mais pas encore
beaucoup de vététistes, il est vrai qu'avec ce temps… Y'a pas… si, en se
levant, le gars voit la pluie
tomber, une pluie, de plus, annoncée, il y a bien des chances, s'il n'est pas
attendu par des copains, qu'il retourne rejoindre madame sous la couette. Ce
n'est pas à 8h 30, qu'il ne faut pas qu'il pleuve, c'est à 7h ! Après, une
fois parti…
Nous serons quand même 80 sur les vélos. Pas mal
non ?
En attendant les copains, je me prépare en discutant avec
les Gérard père & fils, grands organisateurs de la
« Menetou-Sancerroise » et aussi des « Coteaux de
Morogues » de dimanche prochain. Si bien que, lorsque Michel-Léopold, Pierre,
Christian et Jean-Paul arrivent fin prêts, je n'ai pas encore eu le temps de
boire le café. Il faut dire que les « abeilles » de
« Gien-Relax » forment un bon groupe, paré pour le départ et que l'on
dirait bien que nous allons rouler avec eux. J'ai bien précisé : les
« abeilles », car peu portent des impers sur leur maillot aisément
reconnaissable : ça doit être étanche, ces bêtes-là…
C'est parti pour le 42 km, en confiance : dans le
coin, les côtes sont rares, et le sol est plutôt sain. On nous a, de plus,
garanti du roulant et puis, de toute façon, au pire, le circuit de 32km
revient au départ et c'est une boucle supplémentaire qui forme le grand
parcours. Astucieux.
On est donc un bon
groupe à traverser le parc pour quitter l'aire de départ. Manquent Anne
et Actif-Michel bloqué par un mal de dos, et Maurice qui souffre d'un genou.
Départ sur une petite route où ça roule bon train sans
plus, en prenant le temps de discuter à droite à gauche. Puis on arrive sur les
chemins en sous-bois. Ça reste roulant, assez peu mouillé et plutôt
joli malgré le temps faiblement pluvieux, finalement.
Un appel en arrière : crevaison.
C'est Michel, dont le produit spécial anti-crevaison
semble faire merveille, au grand dam d'Eric-Œil de Lynx. En fait, sur une petite
entaille, due peut-être à l'un des nombreux silex du chemin, le produit ne peut
faire de miracles. Les rouleurs
noirs et jaunes sont repartis et nous restons à aider Michel.
On repart, peut-être un peu plus tranquillement, mais sans
traîner non plus. D'ailleurs, on est assez surpris, au sortir d'un petit bois,
de découvrir dans le gris général, le clocher d'Aubigny-sur-Nère. On a fait
vite quand même !
Nous ne faisons qu'effleurer les faubourgs pour revenir
vers le nord-est. Sans vouloir évidemment chercher à rejoindre le groupe
« Gien-Relax », comme nous en soupçonne Pierre, nous maintenons un
bon train, si bien que, alors que nous arrivons sur une petite route, je ne
vois plus Pierre derrière lorsque je me retourne. Pb ? Mais il arrive
vite. Vite des deux façons : sans attendre et rapidement, car alors que
nous avons presque stoppé, il nous dépasse à fond et, en repartant au train,
nous ne revenons pas sur lui. Bon, faut s'en occuper un peu : étant
devant, j'appuie un peu plus, passe sur la plaque et mets le nez dans le
guidon. Ce que voyant, Jean-Paul, fin technicien, vient se caler en relais
devant moi, appuyant un peu plus et jetant parfois un coup d'œil rapide
par-dessus l'épaule pour vérifier que nous sommes bien dans sa roue : pas
de problème, je ne quitte pas son abri et je suis suivi de Michel et Christian
tout aussi appliqués. Le compteur grimpe vite vers les 35 km/h. Ça usine
bien. À cette vitesse, Pierre devrait vite être rejoint : nous le voyons,
devant, bifurquer à droite sur une toute petite route en légère descente et
nous abordons à notre tour la bifurcation en angle droit.
Jean-Paul n'a pas ralenti nous l'abordons vite…
Je redoute toujours le bitume, surtout mouillé, et me suis
relevé en laissant une ou deux longueurs à Jean-Paul. Bien m'en prend.
Dès le début du virage, je vois la roue arrière de
Jean-Paul décrocher brutalement : ça se passe comme tu le vois à la TV (la
veille justement sur Paris-Nice !) le vélo se couche et Jean-Paul chute
lourdement sur le côté, que ça fait mal rien que de le voir. Il doit glisser
longtemps aussi, je suppose car, tu vois, j'ai enregistré tout ça et je
visionne aussi en anticipation ma propre chute : car immédiatement je me
suis vu percuter le vélo ou le bonhomme. Coup de guidon à gauche, frein, dérapage
en catastrophe, ça passe tout juste ! Et, derrière, Michel se sauve in
extremis en dérapant un peu aussi. Ça glissait drôlement le coin !
On abandonne les vélos pour se précipiter vers Jean-Paul
qui grimace salement sans cesser de gésir (ben, oui, il « gît » et ne
se relève pas, c'est ce que je voulais dire). On tente un bilan : côté
déchirures sanguinolentes, pas grand-chose, un peu sur le coude, mais Jean-Paul
semble sonné. Sa tête a heurté la route, merci le casque ! Surtout, il se
plaint de la hanche droite sur laquelle a porté la chute. Pendant qu'il
recouvre un peu ses esprits, on fouille les sacs à la recherche de premiers
secours. Pochettes antiseptiques, ou contre les meurtrissures, mais c'est plus
pour avoir l'impression de faire quelque chose car, au vu de la tête du blessé,
ça semble assez dérisoire. Et, déjà, on en vient à se dire qu'il faudrait
peut-être appeler l'organisation pour faire récupérer un Jean-Paul qui ne
semble pas bien en mesure de repartir, il est encore assis sur le sol et son
beau bronzage de skieur dissimule mal un teint plutôt cireux. Pendant que je
sors le téléphone, Jean-Paul se fait aider par Christian et Michel pour se
relever et tenter un appui sur sa jambe gauche.
«On vient juste le chercher ou l'on appelle les pompiers ? »
me fait la voix au téléphone
« Oh, p'têt pas les p… »… mais Jean-Paul vient
de tourner de l'œil et s'effondrerait s'il n'était accroché au cou de Christian
et retenu par celui-ci et Michel qui me jette un regard significatif! Ouh
là là !
« Euh, si ! si ! le 18, oui ! »
On s'empresse, en essayant de maintenir Jean-Paul
conscient. Michel sort opportunément une couverture de survie dont nous tâchons
d'emmailloter le blessé.
« Dring !»
Les pompiers au téléphone, puis le SAMU. Nous décrivons
l'état du bonhomme, puis attendons une voiture. Des vététistes passent,
s'informent parfois, ont un regard compatissant toujours…
Arrivent deux
organisateurs de la rando. Puis nous entendons un teuton, pardon un
deux-tons, qui semble chercher son chemin avant d'arriver : un simple
« Kangoo »… euh, ça fait un peu juste, non ?
En fait ils nous annoncent une ambulance qui vient
d'Aubigny et se chargent des premiers renseignements, sortent une couverture
plus large qui permet un abri plus conséquent, car un petit vent frisquet
commence à être sensible et Jean-Paul commencerait bien presque à grelotter.
Arrive enfin l'ambulance : brancard, déplacement
délicat du bonhomme, coquille. Sans aller mieux, Jean-Paul est tout de même
plus conscient. Un bon moment, nous restons à attendre dehors que les premières
auscultations soient faites à l'intérieur. Nous ne sommes pas trop optimistes,
d'autant que l'ami Jean-Paul nous
a glissé qu'il pensait bien s'être cassé quelque chose.
Pourtant, lorsque le fourgon s'ouvre c'est :
« Apparemment rien de cassé, donc direction Gien.». Tant mieux à tout
point de vue… L'ambulance s'en va, nous chargeons le vélo de Jean-Paul dans la
remorque des organisateurs et l'on se retrouve seuls.
Bon, ben ? On n'a pas bien chaud… coup d'œil à la
montre… On pourrait peut-être continuer un peu la rando plutôt que de
rentrer direct ?
On repart donc avec un sentiment
un peu bizarre, gênés que nous nous trouvons peut-être de pouvoir, nous,
continuer à rouler…
Premier ravito, après avoir
doublé les avant-derniers randonneuses, qui deviennent, par voie de
conséquence, les derniers. Les ravitailleurs, (-illeuses, en fait !) nous
attendent pour plier les gaules. On nous dit que Pierre a été mis au courant de
l'accident.
On continue en retrouvant un
parcours maintes fois suivi lors de précédentes éditions. Deuxième ravito, puis
nous rejoignons vite Argent. Il n'est pas trop tard, mais tous les participants
en ont déjà fini depuis un peu et nous cherchons notre bonheur dans les restes.
Pas de coupe du plus ancien : Maurice n'est pas là (!) et pas de
récompense pour le plus malchanceux du jour non plus, là ils auraient pu faire
un geste, je trouve.
Z'auraient pu aussi attendre un
peu avant de ranger les tuyaux car, lorsque je reviens du parking où j'ai
accompagné Michel, je n'ai plus moyen de laver mon spad. Là c'est pas
top ! Heureusement que la boue légère d'ici se nettoiera facilement à sec,
c'est pas plus mal au fond.
Voilà je te donne les dernières
news du blessé: il faudra sans doute un moment avant de le revoir sur le
vélo car la tête du fémur est cassée, difficile à réparer. L'opération d'hier mardi
a donc consisté à lui poser une prothèse pour remplacer. Tout s'est bien passé
et Jean-Paul adresse un salut à tous.
On roulera dimanche, bien sûr, et
on donnera des nouvelles. Il faut aller à Donzy pour la "Rando des
Écoles", la rando à Pilou, qui nous aura sûrement trouvé quelque château
pas encore visité pour le ravito. Mais il ne vous en voudra pas trop si vous
décidez d'aller aux Aix d'Angilon pour les justement fameux « Coteaux de
Morogues » ! |
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| Présentation |  Bill
Après avoir beaucoup aimé le Commençal Doktor n°138 qui a fini en Z, roule maintenant sur un "Elément 70" de Rocky Mountain avec une fourche Fox RLC, un amorto Fox Float RP3 et des freins Hope Mono mini.
Pratique: la rando, le plus possible avec des potes des clubs de la région (bords de Loire, Sancerrois,Puisaye, Gâtinais) avec une préférence marquée pour l'Auvergne ou les terres du sud (sèches!)... et les raids sur plusieurs jours!
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